Les orchidées de nos pays, souvent bien plus discrètes que celles des tropiques, sont peu connues alors qu’elles affichent des fleurs magnifiques, pour attirer des insectes pollinisateurs.
Les orchidées exotiques, somptueuses par les formes et les couleurs et souvent très grandes, attirent tant l’attention que leurs sœurs de nos pays, plus modestes par leurs dimensions, sont souvent méconnues.
Elles n’ont pourtant rien à leur envier en matière de beauté ; j’aimerais en donner ici un petit aperçu.
Il existe en France quelque 150 espèces différentes d’orchidées, qui croissent dans des environnements très différents. Certains de ceux-ci sont souvent menacés, pour diverses raisons, et les plantes associées en voie de raréfaction, quand ce n’est pas de disparition comme celles des tourbières et marais, que l’homme s’attache à faire disparaître.
Certaines orchidées se rencontrent dans les sous-bois ou à leur lisière. C’est le cas de l’orchis provençal (orchis provincialis), méridional peu fréquent et de l’epipactis à larges feuilles (epipactis helleborine), qui abonde un peu partout en France.

Un genre particulièrement intéressant est celui des ophrys (du grec signifiant sourcil, tant le pétale principal, appelé labelle, est souvent poilu). Ces petites plantes, parfois très discrètes, ont un petit nombre de fleurs assez lâches et souvent splendides. Elles poussent en général dans des lieux herbeux, souvent sur des pelouses sèches menacées d’embroussaillement par manque de fauche et de pâture. Regardez-les de près, car souvent chaque fleur ne mesure en hauteur que 3 à 5 cm...
L’ophrys petite araignée (ophrys araneola), très précoce, et l’ophrys mouche (ophrys insectifera), qui imite étonnamment bien un insecte, sont assez fréquents.

L’ophrys abeille (ophrys apifera), commun, présente la particularité de s’autoféconder systématiquement, ce qui entraîne une absence quasi totale d’hybridation. La photo en tête de l’article montre les sacs de pollen, appelés pollinies, descendant pour aller féconder l’ovaire, dont le stigmate se trouve au-dessus de la zone orangée.
Sa variété l’ophrys abeille bicolore (ophrys apifera var. bicolor), rare, présente un labelle divisé en deux zones unies. L’ophrys bourdon (ophrys fuciflora), fréquent, possède un labelle très large et richement coloré.

L’ophrys splendide (ophrys splendida) et l’ophrys aurélien (ophrys aurelia) sont deux beaux provençaux très modestes puisque très localisés.

L’ophrys bécasse (ophrys scolopax) et l’ophrys de la Drôme (ophrys drumana) sont d’autres méridionaux, plus ou moins fréquents.

Dans d’autres genres, la céphalanthère rouge (cephalanthera rubra), jamais bien courante, est une de nos plus belles orchidées ; elle affectionne les bois clairs. Le sabot de Vénus (cypripedium calceolus), la plus grande plante de la famille sous nos climats, rare et heureusement protégée, est la récompense de tous les orchidophiles !

Pour ceux qui voudraient approfondir le sujet, voici quelques pistes :
- la Société française d’orchidophilie, 17 quai de la Seine, 75019 Paris, regroupe les amateurs ; elle publie le bulletin « l’Orchidophile ». Site : http://www.sfo-asso.com/
- une bible : « Les Orchidées de France, Belgique et Luxembourg », de Bournérias M., Prat D. et al. (collectif de la Société française d’orchidophilie), deuxième édition, Biotope, Mèze, (Collection Parthénope), 2005.
- une seconde bible (les amateurs ont de la chance !) : « Guide des Orchidées d’Europe, d’Afrique du Nord et du Proche-Orient » de Pierre Delforge, 3e édition, Delachaux et Niestlé, Paris 2005.
- un excellent livre magnifiquement illustré : « Les Orchidées Sauvages de France grandeur nature » de Rémy Souche, Les Créations du Pélican, Paris 2004.
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