Depuis le début de l’année, le baril de pétrole brut a augmenté de plus de 60 % et pourrait atteindre la barre très symbolique des 100 dollars dans les prochaines semaines. Aujourd’hui ce sont les professions grosses consommatrices, tels que les marins pêcheurs, qui crient à l’asphyxie. Mais demain, ce seront les particuliers. Une situation aussi dramatique que paradoxale. Cette hausse des coûts n’est pas conjoncturelle mais bien structurelle. Une vérité qui dérange, connue depuis près de 30 ans.
Les pêcheurs bretons ont multiplié au cours de ces derniers jours les appels à l’aide qui prennent des allures de véritable SOS. Malgré un prix de gazole détaxé à 30 cents le litre, leur métier n’est plus rentable. Comble de l’ironie sous un mandat présidentiel qui promettait travailler plus pour gagner plus, plus les forçats de la mer travaillent, plus ils perdent d’argent. Et dieu sait pourtant qu’en terme de pénibilité et de dangerosité leur profession est bien placée.
Cette situation n’est pas l’apanage d’une seule profession. Les carburants à la pompe ont augmenté de plus de 11% depuis le début de l’année. Les produits dérivés du pétrole suivent la même tendance. L’incendie est allumé, il est voué à se propager. Le pays de Descartes a été incapable d’anticiper sur un scénario dont la seule inconnue n’était pas de savoir si le pétrole passerait un jour la barre des 100 $, mais quand. Dans ce scénario catastrophe, les plus faibles, les plus démunis sont les plus exposés. Selon ses revenus on n’appréhende pas de la même façon la hausse du coût d’un bien essentiel, l’énergie, et ses répercussions sur la valse des étiquettes des produits courant.
Par un effet mécanique, ce sont tous les produits indexés sur le cours de l’or noir, ou qui en sont dérivés, qui sont amenés à connaître une augmentation. Le fioul domestique a pratiquement doublé depuis 1999. Les tarifs du gaz seront revus fin novembre par GDF. Pour les produits finis, si la hausse du coût des matières premières ne devrait théoriquement se faire sentir que d’ici 6 mois, il y a fort à parier qu’industriels et distributeurs seront tentés par une juteuse anticipation. Le discours responsable selon lequel une partie des hausses serait absorbée en partie par une réduction des marges prête à sourire. Tout aussi utopique que l’idée d’un appel à la responsabilité des compagnies pétrolières pour enter d’enrayer les hausses. Dans notre monde voué aux seules Harpies de l’attelage du libéralisme et de la mondialisation, la seule régulation peut venir du marché lui-même.
Les taxes sur les produits pétroliers sont énormes, jusqu’à 150 % du prix de vente. La tentation est donc grande de demander leur réduction. Ce serait oublier un peu vite que cette manne financière est indispensable à un Etat exsangue et surendetté.
Pour autant, la question ne peut être écartée d’un revers de main en se contentant, à la façon de Christine Lagarde Ministre des Finances, d’inviter les Français à sortir leur vélo. Ce genre de réponse peut être assimilée à une non assistance à personne ou profession en danger. Il faudra donc obligatoirement trouver des reconversions, des solutions alternatives.
Le pari de l’intelligence, du saut technologique est désormais une obligation. Il passe par l’octroi à la recherche de véritables moyens et pas d’une aumône. Gérer, c’est normalement prévoir, anticiper. A ce titre les différents gouvernements qui se sont succédés depuis 20 ans ont fauté, préférant une politique à la godille à une navigation au long cours.
Thèmes
Les poissons sont nos amis, on n’y touche plus. :-|
A vrai dire il n’y a aucune solution !, sinon de s’adapter. (et de se mettre au velo selon la sinistre de l’économie)
Pour les pecheurs : arret des peches au chalut trés goumandes en fioul et très destructrices pour l’écosysteme (çà c’est une bonne chose que ce type de peche devienne non rentable). Création de récifs artificiels pour fixer la biomasse prés des cotes. Controle de la pollution et rehabilitation des nurseries : etang cotier, estuaires mangrove etc
Et augmentation du prix du poisson !
La seconde profession qui va raler, utilisatrice de qaz oil detaxé : les agriculteurs Arret de labour profond, changement de technique culturelles et diminution de la puissance des tracteurs
et augmentation du prix des denrées alimentaire !
Bref baisse du pouvoir d’achat ! pour tout le monde ! et dans ce super systeme ultraliberal, ou l’impot ne jouera plus son role d’amortisseur les pauvres verront leur train de vie baisser plus que les riches !
Et pourquoi ils en reviennent pas aux campagnes de pêche à la voile ??? C’est un exemple typique de vision à court terme, on "modernise", on mécanise, et on finit par arriver plus vite sur les limites ... Sans parler de 100% voile, on pourrait diminuer la consommation en gasoil par une assitance à la voile
Je n’ai que un à deux commentaires à faire : dans les années 80 40000 pécheurs canadiens ont vu leur emplois supprimé de tel manière à permettre la reconstition du stock de morue dans l’Atlantique Nord. Malgré cela la morue n’est plus au rendez-vous. Les pécheurs français devraient vite abandonner leur chalut car le gazoil augmentera inexorablement(tant mieux on se démerdera sans, même s’il y a crise dure) et le poisson disparaitra. La Morue salée aujourd’hui est à 16-20 euros le kilo. C’est pas les pauvres qui en mangent. Le poisson est un luxe. Moi qui ne suis pas pauvre au sens où je ne compte pas encore les centimmes d’euros pour me permettre d’acheter de la nourriture, je n’en mange plus et me porte aussi bien, même si j’aime le poisson. Foutez la paix aux poissons ils sont en train de disparaître ! C’est clair ? Alors les pêcheurs on s’en tape. il ne sont pas les seuls à souffrir mais continuent à croire que leur rôle est essentiel. Ce ne sont,par la force des choses, la construction de notre économie et notre mentalité de prédateur, les fossoyeurs de la mer.
Léonard
Léonard
Tout à fait d’accord : les pêcheurs au chalut, les baleiniers les chasseurs de dauphins ou de requins, les chasseurs de gorilles ou de tigres vont disparaître, le transport routier de substitution au rail ? Laissons les crever ! On n’a pas besoin de ces ordures...












