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Les OGM, on peut aussi en parler calmement...

Article publié le 11 octobre 2007

Les OGM, on peut aussi en parler calmement...
  • La preuve par le Muséum

A l’issue de la semaine de la science 2006, l’Association Nantes Atlantique pour l’Information Scientifique (ANAIS) décidait de faire des OGM le thème central de sa participation 2007. Comme chaque année, le rendez-vous était donné pour une conférence suivie d’un débat au Muséum d’Histoire Naturelle à Nantes. Elle invitait pour cela le biologiste Louis-Marie Houdebine membre du conseil scientifique de l’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS) dont l’association ligérienne forme un comité départemental.
Directeur de recherche à l’INRA, Louis-Marie Houdebine est un spécialiste de la transgénèse animale qu’il pratique dans son laboratoire depuis 1986. Il siége en tant qu’expert dans de multiples commissions de biosécurité à échelle nationale et internationale. Il est notamment membre de la commission biotechnologies de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) pour laquelle il est l’un des auteurs du rapport « OGM et alimentation : peut-on identifier et évaluer des bénéfices pour la santé ? ».

  • Un voyage au cœur des plantes

C’est devant une assistance nombreuse pour une conférence scientifique que Louis-Marie Houdebine s’excusait de ne pouvoir éviter une introduction un peu didactique. Cette présentation débouchait sur la caractérisation tant attendue par le public de ce qu’est une plante génétiquement modifiée : alors que la sélection classique se réalise en partant du constat des effets sur les plantes de mutations inconnues qui se produisent de façon aléatoire lors de la reproduction, une plante transgénique est une nouvelle variété de plante obtenue par l’ajout d’un gène connu à une variété plus ancienne pour obtenir un effet désiré ; par de nombreux exemples, végétaux et animaux, le conférencier illustrait que ces deux techniques non seulement ne s’opposent pas mais se complètent.

Ces bases données, Louis-Marie Houdebine dressait alors un rapide un état des lieux : plus de 10 millions d’agriculteurs dans 22 pays ont cultivé, en 2006, plus de 100 millions d’hectares plantés en semences transgéniques. Le soja est la plante génétiquement modifiée la plus cultivée dans le monde, suivie du maïs, du coton et du colza. En France les seules variétés cultivées sont celles de maïs assurant leur autodéfense contre la chenille de la pyrale : la plante produit par elle-même une protéine qui s’attaque au système digestif de l’insecte ravageur, rendant inutile l’épandage de la même toxine produite par le Bacille de Thuringe (Bt), bactérie très commune des sols, comme pratiqué en agriculture conventionnelle ou biologique.

Après un examen critique des procédures en vigueur, Louis-Marie Houdebine abordait enfin les différentes questions sanitaires et environnementales portées au centre des controverses et polémiques actuelles. Rejetant la problématique du « bien » et du « mal », l’expert s’en tenait délibérément à démêler le vrai du faux. C’est ainsi qu’il récusait ce qu’il caractérisait comme rumeurs voire comme mensonges (par exemple l’histoire souvent propagée de rats affectés par la consommation de maïs Mon863) mais qu’il dénonçait pareillement ce qu’il décrivait comme de mauvaises pratiques environnementales ou agronomiques acceptées par quelques pays : la culture intensive du colza au Canada (le colza , contrairement au maïs, est une plante disséminante) ; la commercialisation d’une variété de gazon résistant au Roundup aux Etats-Unis ; la croissance non maîtrisée de la monoculture du soja en Argentine.

  • Grenelle au Muséum.

Lorsque le thème « OGM » avait été retenu pour 2007, il n’était alors nullement question ni d’un éventuel Grenelle de l’environnement, ni de la forte demande par les agriculteurs français de maïs Bt, ni du revers électoral de la Confédération Paysanne, ni encore d’une radicalisation dans la campagne anti-OGM. Par contre dès que le débat au Muséum s’est engagé, il était clair que l’actualité de ces derniers mois avait rattrapé les organisateurs.

La discussion se structurait tout d’abord autour des arguments sanitaires et environnementaux des quelques militants anti-OGM présents, mais il apparaissait rapidement que la salle ne leur était guère acquise et la perception d’un rapport des forces équilibré contribua probablement à une confrontation ferme mais correcte. Moins prolixes que leurs détracteurs, quelques agriculteurs et acteurs de la filière biotechnologique montraient en effet dans la discussion qu’ils étaient bien, eux aussi, présents au Museum.

Majoritairement l’assemblée se montrait fort curieuse et attentive, posait des questions qui sortaient des sentiers battus des credo militants, et cherchait à se faire une idée par elle-même. La posture de Louis-Marie Houdebine dans le débat contribuait à sa réussite : c’était celle d’un chercheur de la recherche publique ; « moi, je n’ai rien à vendre », affichait-il de façon ostensible tout en considérant qu’il faisait partie de ses obligations tant citoyennes que contractuelles de faire partager ses connaissances et expériences à la collectivité nationale qui l’emploie.

Les organisateurs se félicitaient, en réunissant dans un amphi des convictions par tant opposées, d’avoir fait la preuve que « les OGM, on peut aussi en parler calmement » dès lors que l’on emploie « la science comme méthode et la raison comme outil ».

La conférence au muséum avait été précédée plus tôt dans la journée d’un forum à la FNAC de Nantes autour du livre « OGM, le vrai et le faux », lui aussi de bonne tenue, ainsi que d’une conférence de presse de l’association nantaise permettant de présenter le numéro spécial de la revue Science et pseudo-sciences éditée par l’Association Française pour l’Information Scientifique, numéro intégralement consacré aux OGM et intitulé « OGM : menace, fléau ou source de progrès ? ». Ce numéro (72 pages, 5,00 euros) est en vente chez les marchands de journaux ou au siège de l’association, 14, rue de l’école polytechnique, 75005 Paris.

Dossier OGM de l’Association Française pour l’Information Scientifique

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30 votes

commentaires
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par jcm (IP:xxx.xx0.67.13) le 11 octobre 2007 à 12H28

Calmement, une pierre (de plus) dans le jardin des OGM Bt (producteurs de la protéine Bacillus thuringiensis comme insecticide) : OGM : le maïs transgénique Bt affecterait la faune aquatique.

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par Michel Naud (IP:xxx.xx5.242.51) le 11 octobre 2007 à 16H58

Vous m’excuserez de vous reprendre pour simplement être plus précis dans la formulation. Bacillum turingiensis (Bacille de Thuringe, ou Bt pour les intimes) n’est pas une protéine, ni a fortiori « la » protéine mais une espèce de bactéries. Cette bactérie a été isolée pour la première fois en 191 par le bactériologiste japonais S. Ishiwata.

La variété de maïs Mon863, celle de la saga des rats, est résistante grâce au gène cry3Bb1 transféré de la sous-espèce kumamotoensis de B.thuringiensis.

De même la variété de maïs Mon810, celle qui est autorisée et cultivée en France est effectivement construite à partir d’un autre gène de B. thuringiensis, le cry1Ab, codant une autre protéine à l’action mortelle pour le système digestif des insectes ravageurs du maïs (la pyrale (Ostrinia nubilalis) mais également la sésamie (Sesamia nonagrioides) qui est relativement proche), à savoir une des plus de 170 toxines (pour les insectes) que l’espèce B. thuringiensis produit naturellement.

Ci-après un lien sur une page de l’INRA (organisme de recherche publique, je le rappelle) : http://www.inapg.inra.fr/ens_rech/b...

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par jcm (IP:xxx.xx0.67.13) le 11 octobre 2007 à 20H34

Soyez clair et précis : récusez-vous ou non, et pourquoi, les résultats de l’étude mise en lien, qui porte sur les insectes aquatiques ?

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par Michel Naud (IP:xxx.xx6.87.54) le 12 octobre 2007 à 10H46

je vais être clair et précis autant que je peux l’être ; je ne m’amuse en général pas à récuser une publication que je n’ai pas (encore) lue ; je suis allé lire le lien que vous proposez et j’ai appris d’expérience qu’il convient de se méfier de la façon dont ce journaliste rapporte l’actualité scientifique relative aux OGM ; j’irai donc lire calmement la publication originale dès que je pourrai y avoir accès.

Tout au plus puis-je donc vous donner mes premières impressions.

Ce que je constate d’abord c’est que la brève de Jean-Luc Goudet ne précise pas de quel maïs Bt on parle ; en France on parle "du" maïs Bt car seul un maïs, le Mon810 produit par Monsanto est autorisé ; aux Etats Unis de nombreux maïs Bt sont autorisés, mobilisant plusieurs gènes différents, quelquefois en même temps, et de plusieurs fabricants (il n’y a aucun monopole, ce qui serait d’ailleurs interdit par la loi antitrust) ; donc la première remarque c’est qu’on ne saurait parler des OGM en général, ni des plantes Bt en général (je vous ai dit que ce bacille très commun produit dans ses différentes sous-espèces plus de 170 toxines), etc. Donc premier point : établir de quoi on parle.

Deuxième point : personne n’a jamais dit qu’en ajoutant un gène à une plante on ne tuait qu’un seul insecte ; la meilleure preuve c’est que le gène apporté au maïs Mon810 permet d’éliminer aussi bien la pyrale que la sésamie ; c’est donc toute la famille d’insectes qui partagent la même sensibilité à l’action de la protéine codée par le gène en question qui est touchée ; ces insectes peuvent très bien vivre en bordure des rivières comme dans les champs de maïs ; ce qui est dit c’est que le spectre d’action est beaucoup plus étroit que lorsque sont répandus des pesticides qui éliminent non seulement les insectes de cette famille (dont le ou les insectes spécifiquement visés) mais de nombreuses autres espèces (insectes ou non) de la faune.

D’autre part, ce qui est dit c’est que l’impact (en terme d’étendue) est beaucoup plus limité ; je ne sais si vous avez déjà assisté à un épandage par hélicoptère (car c’est comme cela que cela se pratique) mais, même si les pilotes sont très bons (et ils le sont) ça arrose quand même de bon coeur ...

En bref nous ne sommes pas dans un combat du bien contre le mal il s’agit d’instruire sur la base des faits et non de fantasmes ; toute pratique d’agriculture à un impact sur l’environnement ; il ne s’agit pas de dire que telle ou telle culture de plante génétiquement modifiée n’a aucun impact sur l’environnement : de toute évidence elle en a ; la question est de mesurer les différences d’impact entre cette pratique et les pratiques conventionnelles ; en l’occurence, pour les produits pour lesquels un avis favorable, en France, a été remis, l’impact environnemental des plantes génétiquement modifées concernées est plus faible (cela va clairement dans un sens favorable) que celui des pratiques conventionnelles.

Je ne me prononcerai pas en général sur toutes les plantes autorisées aux Etats Unis car nous savons que le degré d’exigence des commissions de biosécurité nord-américianes est moindre que le nôtre (français et européen) ; donc impossible, sauf à tirer plus vite que son ombre car on aurait déjà décidé indépendemment de toute information qu’on était "pour" ou qu’on était "contre", de porter un jugement clair et précis sur une brève aussi imprécise.

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par Michel Naud (IP:xxx.xx6.87.54) le 12 octobre 2007 à 11H08

Plutôt que de longs discours en réponse à votre interrogation sur la recherche publique, je vous suggère de lire un excellent article du biologiste Marcel Kuntz (CNRS, qui écrit aussi souvent dans nos publications ; son article est intitulé "Recherche publique et OGM" et vient d’être publié dans le dernier numéro (84, 8 octobre 2007) du magazine de la caisse d’entraide du CNRS et disponible en ligne (au format .pdf) :

http://www.caes.cnrs.fr/Publication...

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par Michel Naud (IP:xxx.xx6.87.54) le 12 octobre 2007 à 16H08

Extrait de la lettre infopgm 107 du 12 octobre

http://tamise.ujf-grenoble.fr/wws/i...

PROTEINE INSECTICIDE Bt et ORGANISMES AQUATIQUES

Une étude a estimé les quantités de matériel biologique dérivées de maïs Bt dans les fossés de drainage en bordure des champs. La sensibilité à la toxine de 2 insectes aquatiques présents dans ces fossés a également été mesurée (uniquement en conditions de laboratoire). Une croissance ralentie a été observée pour l’une des espèces, sans mortalité accrue. Une mortalité accrue a été observée pour la deuxième mais à des concentrations de toxines 2 à 3 fois plus élevées que celles constatées sur sites. Les auteurs en concluent que l’évaluation des risques pour les insectes non ciblés devrait inclure des organismes aquatiques pertinents.

La publication originale :

Toxins in transgenic crop byproducts may affect headwater stream ecosystems E. J. Rosi-Marshall et coll. Proc. Natl. Acad. Sci. USA, 10.1073/pnas.0707177104 http://www.pnas.org/cgi/content/abs...

Je suis allé chercher l’Abstract : Corn (Zea mays L.) that has been genetically engineered to produce the Cry1Ab protein (Bt corn) is resistant to lepidopteran pests. Bt corn is widely planted in the midwestern United States, often adjacent to headwater streams. We show that corn byproducts, such as pollen and detritus, enter headwater streams and are subject to storage, consumption, and transport to downstream water bodies. Laboratory feeding trials showed that consumption of Bt corn byproducts reduced growth and increased mortality of nontarget stream insects. Stream insects are important prey for aquatic and riparian predators, and widespread planting of Bt crops has unexpected ecosystem-scale consequences.

La version intégrale est payante mais l’abstract et la synthèse de la lettre infopgm de l’université Joseph Fourier de Grenoble sont assez clairs pour se risquer au commentaire perso suivant : ceux qui vont réaliser un contresens en croyant avoir trouvé enfin quelque chose de sérieux vont se faire piéger de la même façon qu’ils se sont fait piéger avec la saga du Monarque. Il ne s’agit nullement de la mise en lumière d’un impact réel et décelé sur des organismes aquatiques en condition sauvage, il s’agit uniquement de la mise en lumière, en laboratoire, d’un impact théorique, mise en lumière qui justifie – telle est la recommandation des chercheurs – d’étendre la surveillance à un ensemble pertinent d’organismes aquatiques.

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(IP:xxx.xx2.109.12) le 11 octobre 2007 à 12H29

Je regrette de ne pas avoir été mis au courant de cette conférence, surtout au vu du bilan que vous en faites. En conséquence de qui, je m’interroge sur des points qui ont déjà dû être évoqués au cours de celle-ci :

- pourquoi considére-t-on comme rumeurs ou mensonges l’histoire des rats affectés par du mon863 ?
- Pourquoi désapprouve-t-on l’usage du gazon résistant au Round-up ?
- pourquoi, au niveau des risques biologiques et sanitaires, fait-ton une distinction entre l’épandage de toxine Bt et sa production par des plantes ?

Après avoir jeté un coup d’oeil sur pseudo-sciences.org (site de l’AFIS), je remarque que celle-ci (ou au moins un de ses membres) contredit la thèse de la FAO selon laquelle l’agriculture biologique suffirait à nourrir le monde, car cela contraindrait l’humanité à réduire sensiblement sa consommation de viande et de produits laitiers. Je n’ai pas lu le rapport de la FAO, donc je ne sais pas si cela fait partie des conditions exigées. Mais si tel est le cas, pourquoi considérer cette contrainte comme, disons, inenvisageable ?

Il est pourtant admis (je peux citer des sources) que notre la viande et les produits laitiers prennent une place trop importante dans notre alimentation, et qu’en de telles quantités, ils augmentent les risques pour notre santé. De même, on sait aujourd’hui que l’élevage se fait dans des conditions qui ne sont pas tenables à long terme, favorisant la déforestation dans certains pays, la dégradation des sols et le déséquilibre des écosystèmes dans la plupart des cas.

Je ne comprends donc pas pourquoi l’AFIS tient cette position.

Désolé si je soulève des question auxquelles vous avez déjà répondu au cours de cette conférence

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par Michel Naud (IP:xxx.xx5.242.51) le 11 octobre 2007 à 13H41

Bonjour,

Je regrette que vous n’ayez pas appris l’existence de la conférence mais il faut reconnaître - c’est un simple constat - qu’aucune des annonces par voie de presse que nous avons communiquée n’a été publiée ; ne l’ont su que ceux qui lisent soit nos médias soit les programmes officiels de la fête de la science. Pour répondre de façon courte à vos questions

Pourquoi considére-t-on comme rumeurs ou mensonges l’histoire des rats affectés par du mon863 ?

Parce que cela en sont… Que voulez-vous que je vous dise ? Des différences entre des valeurs jugées non statistiquement significatives par les experts, des incohérences entre les valeurs suivant les doses consommées, l’absence de manifestations biologiques cohérentes chez les animaux prétendument affectés… Plutôt que de longs discours je vous incite à lire ce qu’en disent : Louis-Marie Houdebine (INRA) : http://www.pseudo-sciences.org/spip... Marcel Kuntz (CNRS) : http://www.pseudo-sciences.org/spip... Marc Fellous (CGB) : http://bl-o-g-m.neufblog.com/blogm/...

Pourquoi désapprouve-t-on l’usage du gazon résistant au Round-up ?

Parce que, contrairement au maïs, ce gazon peut se disséminer et croiser avec les plantes sauvages.

Pourquoi, au niveau des risques biologiques et sanitaires, fait-t-on une distinction entre l’épandage de toxine Bt et sa production par des plantes ?

Parce que l’insertion du gène codant la protéine est une action ciblée pour un insecte particulier (en l’occurrence la pyrale du maïs) et se limitant à cet insecte (et ceux qui en sont suffisamment proches sur le plan biologique), et que d’autre part les protéines sont très instables comme le montrent les analyses des sols réalisés. Une action d’épandage – absolument indispensable dès lors qu’on est dans une zone où le climat est favorable au développement de l’insecte ravageur, ce qui est le cas pour le sud de l’Europe en ce qui concerne la pyrale d’où l’extrême sensibilité des agriculteurs espagnols ou du sud-ouest qui cultivent du maïs – même d’un produit « naturel », comme l’est effectivement cette toxine produite par une bactérie très banale et commune, amène inévitablement l’épandage d’un produit à spectre beaucoup plus large et ayant beaucoup plus d’impact sur l’environnement (faune et flore) tout comme, d’ailleurs, sur les conditions d’exercice du travail de l’agriculteur. C’est bien la réduction drastique de la quantité de pesticides répandus et l’efficacité accrue pour la santé de la plante – et donc le rendement – qui font que les agriculteurs qui l’ont essayé en redemandent ; en ce qui les concerne ce n’est pas pour protéger l’environnement c’est parce que, bien que la semence soit (bien évidemment) plus chère, les bénéfices qu’ils en retirent sont bien plus grands encore (réduction de coût – épandage – et rendement accru).

Votre commentaire sur les articles de Luc Guéguen.

Si dans nos contrées (pays riches) il est assez largement admis que notre alimentation est « trop riche » au regard des besoins optimaux de l’organisme, il est assez largement admis que cela est très loin d’être le cas pour la majorité de la population de la planète, tant en quantité (la faim est encore un problème très actuel) qu’en qualité (les carences alimentaires restent un très large problème là où la quantité n’est plus problématique), et nombreux ceux qui s’interrogent sur les moyens à mettre en place pour nourrir la planète à horizon quarante ans. Ce que nous combattons dans nos publications c’est avant tout le dogmatisme ; si vous lisez bien ce que dit Luc Guéguen (http://www.pseudo-sciences.org/spip...) il pointe avant tout les contradictions du discours et sa conclusion me paraît très pertinente.

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(IP:xxx.xx2.109.12) le 12 octobre 2007 à 12H01

Merci pour ces réponses très instructives, qui contiennent des informations que je n’avais pas trouvé ailleurs.

Par ailleurs, la conclusion de Luc Guéguen me paraît également très pertinente. :-)

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(IP:xxx.xx8.162.15) le 11 octobre 2007 à 13H28

Parler calmement des OGM alors qu’on ne nous les injecte par la force en contaminant à notre insu graduellement nos champs, nos aliments et ceux des animaux ?

D’accord, vous êtes les plus forts et vous avez les moyens de continuer vos injections le plus calmement et le plus insidieusement possible. Avec toutes sortes d’opérations d’intox, souvent sans qu’on s’en rende compte, y compris en polluant des sites qui se réclament de l’écologie et de la nature.

On aurait pu en parler calmement si vous n’aviez pas commencé votre envahissement. Maintenant que vous nous cernez de partout, nous sommes nombreux à dire : non, nous ne discuterons pas avec ceux qui défendent de telles méthodes. Et nous soutenons les faucheurs volontaires et tous ceux qui s’opposent à la violence insidieuse que vous déployez.

Am.

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par JPO (IP:xxx.xx0.166.7) le 11 octobre 2007 à 15H39

Bravo Michel ! Belle initiative ! Quand on peut s’expliquer, même si on n’est pas d’accord, c’est déjà un grand pas pour la science.

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par JPO (IP:xxx.xx0.166.7) le 11 octobre 2007 à 16H52

Euh.... Günter Grass, c’est pas ce grand écrivain qui a cherché à cacher pendant des années qu’il faisait parti des Hitler Jünge, se permettant par la même occasion de donner des leçons de morale à la terre entière ? On comprend qu’il ait besoin de redéfinir la notion de raison pour nous expliquer les "raisons" de ses petites cachoteries.

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par mathieu Hangue (IP:xxx.xx7.171.238) le 12 octobre 2007 à 09H12

Je ne sais pas si Günter Grass était dans la Hitler Jugend comme tous les gens de sa génération, le pape actuel compris ! Par contre, il a été aussi membre de la Waffen SS et ne l’a révélé que dans son dernier ouvrage.

Mais tout cela n’empêche pas - 60 ans plus tard ! - que sa phrase décrit parfaitement ce qu’est devenu la science.

On confond de plus en plus ce qui est techniquement faisable avec ce qui est socialement souhaitable ou raisonnable de faire...

MH

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par mathieu hangue (IP:xxx.xx7.171.238) le 11 octobre 2007 à 16H41

Extrait du texte : « les OGM, on peut aussi en parler calmement » dès lors que l’on emploie « la science comme méthode et la raison comme outil »

L’autre jour sur Arte, il y avait une rediffusion du dialogue entre Günter Grass et Pierre Bourdieu et Grass a prononcé la phrase suivante :

"Le problème de notre époque est la réduction de la Raison à ce qui est techniquement faisable"

Merci à Mr Naud de nous fournir un exemple qui illustre bien le propos de Günter Grass et ce qu’est malheureusement devenu la Raison dans bien des milieux scientifiques...

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par Science sans conscience n’est que ruine de l’âme (IP:xxx.xx5.7.163) le 12 octobre 2007 à 09H58

Je ne mets pas forcément en doute la sincérité de l’auteur mais cet article manque d’un véritable sans critique, d’une vision globale et apporte une simplification dangereuse et/ou manipulatrice... De plus l’argument chercheur public concernant Monsieur Houdebine ne signifie pas nécessairement indépendance ou bon sens, la recherche fondamentale en biologie et génétique disparaissant sérieusement au bénéfice de la technoscience utopiste... Mais là non plus je ne remets par en cause la sincérité de ce monsieur...

Ceci étant dit, pour alimenter le débat et aller plus en profondeur voici les fabuleux dialogues Sciences-Planète avec des scientifiques sérieux, consciencieux, à l’esprit critique et engagés socialement. A découvrir et partager absolument, sans modération : Les dialogues sciences-Planète

Petit extrait de l’intervention de Christian Velot, généticien, qui faut lire évidemment en entier sur le site proposé ci-dessus :

"Un jour avec Jacques (Testart, biologiste), on était témoins tous les deux à un procès de faucheurs à Toulouse. On sort, on était interviewés par des journalistes et je réponds à quelqu’un et puis j’étais parasité par Jacques à côté qui répondait à un gars de France 3 qui lui dit « Mais quand même, Monsieur Testart, on va pouvoir faire des maïs qui poussent sans eau ! », et Jacques répond « Oui, si ma tante en avait... ». Parce qu’effectivement, on est toujours dans l’utopie. Croire que l’on va résoudre le problème du stress hydrique, c’est-à-dire de la résistance d’une plante au manque d’eau, en mettant un gène, voire 2 gènes, voire 3 gènes dedans, c’est complètement croire au Père Noël encore une fois. Parce que ce sont des mécanismes extrêmement complexes qui font appel à un nombre de gènes dont on n’en connait qu’un fifrelin, et croire qu’on va résoudre ça comme ça, c’est totalement illusoire. Alors, il y a quelques essais qui sont faits par-çi par-là. Par exemple on a fait un maïs avec des gènes de sorgho dedans, parce que le sorgho consomme moins d’eau que le maïs. Donc on cherche à calquer le métabolisme du maïs sur celui du sorgho. Alors il y a peut-être une autre solution, ça serait peut-être de planter du sorgho, par exemple. Et puis comme le disait mon collègue Jean-Pierre Berland de l’INRA, le maïs qui pousse dans le désert ça existe déjà, ça s’appelle des cactus. Et pour être plus sérieux, si on va dans le berceau du maïs qui est le Mexique, il y en a des maïs qui poussent avec très peu d’eau. Il y a des maïs qui sont le résultat de la sélection des paysans pendant des millénaires — ce qu’on appelle la sélection massale — et qui poussent avec très peu d’eau. Donc on ne réinvente même pas l’eau chaude, on réinvente l’eau tiède."

Extrait tiré de la transcription de la session d’ouverture des dialogues Sciences-Planète.

Un événement de la Fondation Sciences Citoyennes avec le soutien de la Ville de Paris en partenariat avec Le Monde, Le Monde Diplomatique, Politis, LaRevueDurable, La revue Ecorev’, WWF, Les Amis de la Terre, Ingénieurs Sans Frontières et Global Chance.

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par Michel Naud (IP:xxx.xx6.87.54) le 12 octobre 2007 à 12H41

Bonjour, par erreur j’ai posté une réponse à votre interrogation sur la recherche publique plus haut dans cette ligne de message. Je renouvèle ici mon conseil de lire l’excellent article qui vient d’être publié par le biologiste Marcel Kuntz (qui écrit régulièrement dans les publications ou sur le site de l’AFIS) dans le magazine n°84 de la Caisse d’entraide du CNRS - le numéro vient de sortir -. L’article est intitulé "Recherche publique et OGM" et, tout en retraçant l’histoire des OGM, s’interroge sur le rôle des chercheurs du service public (de la recherche comme des commissions de biosécurité). Il est disponible en ligne au format .pdf

A lire absolument :

http://www.caes.cnrs.fr/Publication...

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par Jean Suquet (IP:xxx.xx0.161.184) le 15 octobre 2007 à 11H07

Vous avez dit 0,9% !!!

1°-Imaginons que j’aille uriner dans le "tank à lait" d’1m3 de Mr Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA. Son lait contiendra environ 0,025% d’urine, donc bien inférieur à 0,9%. Je suppose que Mr Lemétayer ne verrait pas d’opposition à ce genre d’action ?

2°-Les assureurs (dont Groupama) vous assurent pour tout, dans la mesure où ils peuvent calculer les risques. Alors pourquoi ne veulent-ils pas assurer contre les risques de pollution par le pollen de maïs OGM ??

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par gerard marc liebskind (IP:xxx.xx5.60.125) le 25 octobre 2007 à 16H32

je ne peu que repondre que cet article est courtois ;mais malhonnete comme l’est systematiquement jean marie HOUDEBINNE pourquoi n’a-t-il jamais accepté un debat contre christian VELOT,chercheur comme lui,mais qui n’a pas un labo ayant des liens financiers direct avec les ogm. pourquoi ne jamais parler des etudes du laboratoire d’urbino e,n italie,des travaux du labo national de SYDNEY en australie ,ni de la manière qu’ont mr houdebine et ses amis pour donner des avis sur les ogm dans mles agences nationales dans lesquelles il pratique. pourquoi ne jamais dire que ce sont les obtenteurs qui font les expertises,et que ceux-ci ne se tirent pas de balles dans le pied non n’avoir choisi qu’un intervenant,et HOUDEBINE EN PLUS,peut etre le plus intellectuelement malhonnete ne vous fait pas honneur gerard liebskind un citoyen en colère


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