Article publié le 6 avril 2007
Mais qu’est-ce qui peut motiver des organisations internationales à dépenser des milliers de dollars pour vouloir protéger un animal qui n’est pas menacé ? Face à tant d’émotions et d’irrationalité on est en droit de se poser la question. Le Sénateur Céline Hervieux-Payette, leader de l’opposition au Sénat du Canada, signe la présente réflexion. Selon le Sénateur, cette guerre du phoque ouvre le débat du discours moral de ces organisations et de leur vision de l’Homme dans son milieu naturel.
D’abord rappelons quatre choses essentielles : premièrement, le phoque du Groenland et le phoque à crête, concernés par la chasse au Canada, ne sont pas menacés loin s’en faut : leur population a triplé en trente ans (près de 6 millions de têtes en 2007). Deuxièmement, le « bébé » phoque ou blanchon est interdit de chasse depuis 1987. Troisièmement, les techniques d’abattage ont été certifiées sans cruauté par l’association canadienne des médecins-vétérinaires. Quatrièmement, le Canada est signataire de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique et qu’à ce titre le Canada s’oblige à garantir la diversité des espèces vivantes et à puiser de manière durable dans ses ressources.
Cependant, pour nous, citoyens d’Amérique ou d’Europe, urbains pour l’essentiel, tout se passe comme si nous découvrions une loi fondamentale vieille comme le monde : l’espèce humaine survit parce qu’elle se nourrit d’autres espèces vivantes (animales ou végétales) et se développe en en faisant commerce.
Nos villes aseptisées nous ont progressivement éloignées de cette réalité où l’Homme puise dans son environnement les ressources dont il a besoin. Que l’on ne s’y méprenne cependant : cette réalité n’a jamais disparue. Mais nos modes de vie occidentaux ont réduit ces récolteurs de ressources à une toute petite minorité, presque invisible pour la grande majorité de bénéficiaires que nous sommes.
Oui nous mangeons les autres espèces vivantes pour exister. Oui nous faisons commerce de ces autres espèces vivantes pour prospérer.
Le discours de la Humane Society of the United States (HSUS) et ses alliés propose donc une autre vision morale de l’Homme dont il convient de s’interroger sur ses caractères sectaire et religieux : « souligner qu’il existe un avantage économique ne constitue pas une justification morale suffisante [...] » écrivait le révérend Andrew Linzay, dans un document publié en 2005 par HSUS, « Public Morality and the Canadian Seal Hunt ». Également PhD et membre de la faculté de Théologie à l’Université d’Oxford, le révérend ajoute : « il n’existe aucune justification morale pour la chasse aux phoques. »
Dans ce nouvel ordre moral, l’animal a des droits et étonnamment pas de devoirs car, comme le dit le révérend : « sur le plan moral les animaux sont innocents ». La pureté de l’animal s’oppose ici à l’Homme, auteur du péché originel, corrupteur du Jardin d’Éden. Est-il donc moralement acceptable que l’Homme puisse froidement enlever la vie pour subvenir à ses besoins, se comportant comme un apprenti créateur capable de tous pouvoirs ? « Parler des phoques comme une ressource est sous-éthique » répond le révérend Linzay, ajoutant : « l’instrumentalisation des animaux prévaut toujours dans le monde d’aujourd’hui ».
Suggérer, alors, que l’homme puisse être supérieur à l’animal relève, dans cette vision des choses, du blasphème. Mais les faits sont là : l’Homme est une espèce qui a su surpasser toutes les autres. Cela lui donne une immense responsabilité : garantir la pérennité du vivant et des ressources inertes tout en agissant avec sensibilité et compassion. En outre, l’Homme a organisé ses relations avec ses congénères dans des rapports qui se sont affranchies de la loi du plus fort : le concept de justice est, en effet, inconnu de la vie sauvage. Nous aurions donc tort de succomber à cette nouvelle définition du bien et du mal qu’implicitement nous livrent HSUS et ses alliés. D’après eux, « les animaux qui ne peuvent donner ou refuser leur consentement, vulnérables et sans défense, » représentent le bien tandis que l’homme, usant de sa toute puissance de manière supposément barbare est le mal.
Or, toute la manipulation de l’information tient dans cette dissimulation : en se posant comme le défenseur des espèces et de l’environnement, HSUS et ses alliés évitent ainsi soigneusement de parler de sa vision morale de l’Homme tout en fédérant l’opinion publique à sa croisade.
On comprend donc toute l’ambigüité du discours : lorsque HSUS et ses alliés parlent de protéger le phoque, ils évoquent officiellement une menace sur l’espèce - ce qui est scientifiquement faux - alors qu’officieusement, il faut comprendre qu’ils remettent en question le positionnement de notre humanité dans son milieu naturel selon lequel l’Homme peut tuer des animaux - de manière durable et en évitant toute souffrance - pour vivre, commercer et prospérer. Comment expliquer, sinon par cette logique, la position de Brigitte Bardot lançant une pétition contre la consommation de cheval ou intégrant le végétarisme comme revendication dans son rassemblement national en France le 24 mars 2007 ?
L’usage de l’image du phoque blanc, capable d’émouvoir - l’émotion étant le contraire de la raison - alors qu’il n’est plus chassé depuis 1987, s’intègre dans cette stratégie de la manipulation d’un discours environnementaliste au service d’une idéologie moralisatrice.
Au cœur de ce système de pensée se trouvent ceux que l’on appelle les animalistes, non des experts mais des extrémistes de la cause animale. Leur doctrine s’appuie sur une armée de bénévoles et de supporters à travers le monde, que je qualifierais d’ « animaleux », c’est-à-dire des citoyens ordinaires mais dont les penchants anthropomorphiques sont soigneusement flattés.
Cet amalgame entre la science et le sacré, la raison et la spiritualité est le trou noir de cette guerre du phoque : il en est le cœur tout en demeurant invisible. Que des sociétés souhaitent librement adhérer à cette vision, on peut le déplorer mais cela reste légitime. Vouloir l’imposer relève d’un fanatisme bien dangereux qu’il convient de combattre avec détermination.
Cette vision du monde antropocentrisme vient en droite ligne de la pensée judéo-chrétienne, qui a pris toute son envol avec la violence du patriarcat. Depuis trop de millénaires,les humains s’arrogent le droit de se sentir supérieurs et de détruire tout ce qui leur semble inférieur, que ce soit d’autres humains, des animaux ou la planète. Au lieu de vivre dans un cercle, ces humains arrogants et méprisants se pensent les Rois|Reines de la Création, siégeant en haut d’une pyramide. Cette vision n’a fait qu’engendrer exploitations, massacres, esclavages et holocaustes. La sénatrice et son valet qui signe cet article en sont les tristes représentants. Vu l’état de notre planète dévastée, il est plus qu’urgent d’évoluer et d’ouvrir notre conscience à une non-violence globale. De refuser toutes les chasses barbares comme celle des phoques et de voir ceux et celles qui portent de la fourrure comme des genres d’hommes|femmes des cavernes qui sont restés philosophiquement et éthiquement au stade des cavernes...
Tout à fait d’accord avec Marjolaine Jolicoeur. rien de plus à dire.
Je suis parfaitement en accord avec la sénatrice : la chasse aux phoques doit avoir lieue tant pour équilibrer les stocks de poissons dont se gavent abondamment les phoques, pour permettre aux pêcheurs de vivre décemment que de contrôler la croissance d’un animal sauvage nullement menacé. La chasse faite dans l’Atlantique est nécessaire et les campagne d’images fausses et dépassées utilisées par des organisations qui se préoccupent beaucoup plus de leur image que des causes qu’elles représentent doivent être dénoncées vigoureusement.
Les américains devraient se préoccuper bien plus de la santé de leur population pauvre et des effets de leur guerre injustifiée que d’une campagne démagogique et basée sur des informations erronées et incomplètes.
Monsieur, votre commentaire révèle tout simplement votre manque total d’amour pour les animaux. Vous êtes quelqu’un d’insensible et de profondément nuisible. J’ai lu votre commentaire à plusieurs reprises pour être sur que je ne rêvais pas, ou que je ne cauchemardais pas plutôt, la vie d’un animal à fourrure n’a vraiment que peu d’intérêt pour vous dès lors qu’elle va habiller des nantis, dont vous faites certainement partie. Cette race de Seigneur qui veut dominer la planète au grand dam de l’humanité et de la faune. Cette fourrure qui va servir de manteau n’est que du sang, et vous vous faites le complice de ces tueurs qui tuent impunément pour de l’argent. Ce manteau n’est que le sang d’un petit bébé phoque trop innocent. La glace en deuil est son linceul et vous en êtes le croquemort. Monsieur, vous pouvez bien rire aux éclats en lisant ce commentaire, et en étalant tous vos carats, vous ne valez pas l’animal, vous n’êtes que les fleurs du mal. Ludovic Freppaz
Je suis également en plein accord avec Marjolaine Jolicoeur. L’homme doit arrêter de se sentir supérieur aux animaux, de quel droit il l’est ?? Et le végétarisme est le plus sain des régimes alimentaires, pensez-y !
Si je suis le raisonnement de certaines personnes, on devrait arrêter de tuer tous les êtres vivants soit animaux et plantes comprises (et oui mesdames les végétariennes, les plantes ça respire et ça vit aussi). Car toutes les plantes et les animaux de la planètes seraient nos égaux, n’appartiennent à personne, n’ont pas demandé d’être tués ou récoltés et ont probablement une âme à vous lire. Et je vous donne en mille les conséquences de ce raisonnement débile : l’humanité n’a plus qu’à crevé car jusqu’à preuve du contraire on n’est pas fait pour manger des cailloux. Parce que oui, on mange du phoque, on en fait des oméga-3 aussi et on utilise la fourrure. Mon dieu quelle horreur la fourrure, hein ? Parce que vos chaussures en cuir c’est pas de la peau de vache ou d’agneau peut-être ? Et votre sac à main et votre sofa en cuir, c’est fait avec de la poudre de perlimpimpin ? À moins que vous ne préfériez le simili-cuir fait avec ce bon pétrole tellement plus écolo ! Mais au cas où vous l’avez oublié, l’humanité a toujours existé en faisant du commerce des ressources puisées dans son environnement. Pas toujours de manière durable, j’en conviens. Mais le phoque n’est pas menacé bien au contraire ! Alors si vous voulez ne manger que de l’air ça vous regarde mais n’obligez pas la planète à faire comme vous. Soyez plus démocrates ! Quant à la supériorité de l’homme c’est une évidence mais cela ne lui donne pas le droit de tout détruire au contraire : cela lui donne la responsabilité de gérer son environnement et les espèces vivantes de manière durable, avec sensibilité. Car oui, même si on doit s’en excuser, l’humanité existe et elle a un impact sur son environnement. Et il n’y a que dans le monde merveilleux des bisounours que l’on croit que si l’homme ne touchait à rien, s’il vivait suspendu dans les airs ou sur un nuage alors la nature tellement pure et gentille vivrait en paix. Donc à vous qui pensez que les animaux sauvages ont inventé la justice sociale en condamnant la loi du plus fort et souhaitez vivre au plus proche de cette nature, commencez par jeter votre ordinateur qui est fait à base de pétrole et votre réfrigérateur et votre TV qui consomment de l’énergie nucléaire et puis arrêtez donc de marcher sur l’herbe : ça écrase le gazon qui n’appartient à personne, qui vit et qui n’a rien demandé !!
Le "raisonnement débile" c’est de comparer la souffrance d’un phoque avec celle d’une carotte. Dire que qu’une plante souffre tout autant qu’un mammifère doté d’un système nerveux, qui crie quand on le tue ou qui cherche à défendre son petit démontre bien, malheureusement, toute l’étendu de votre soi-disante supériorité !
Va-t-il falloir tuer tous les animaux marins qui consomment du poisson - requins, baleines, tortues de mer, oiseaux, ect. sous prétexte que les poissons n’appartiennent qu’aux humains ?
Les humains peuvent très bien vivre sans manger de poisson, pas les animaux vivant dans les océans. Certains scientifiques prédisent que d’ici 2050 il n’y aura plus de poissons "mangeables" dans les océans,à cause de la pêche bien entendu. Il serait peut-être temps de vous habituder tout de suite à vous nourrir de végétaux, de céréales, c’est meilleur pour le coeur, cela détruit moins les ressources planétaires et cela permettrait une meilleure redistribution des céréales et de l’eau potable aux humains affamés. (Si toutes les céréales utilisées pour le bétail étaient consommées directement, elle pourraient nourrir 800 millions d’humains-David Pimental,Cornell Institute. Il faut 7 kilogrammes de céréales pour produire l kilogramme de boeuf-World Watch Institute, ec.)
Personnellement, je ne mange pas de viande, de poisson et je ne porte pas de fourrure ni de cuir depuis de nombreuses années. Si vous en faisiez autant CanadianHeart vous pourriez ainsi démontrer une réelle ouverture de votre coeur envers la souffrance des animaux mais aussi des humains et de la planète. .










