Les ours des Pyrénées refont parler d’eux, enfin surtout Franska, ourse slovène réintroduite il y a un an, et qui est devenue ces derniers jours le bouc émissaire de la colère des éleveurs. Mercredi ils manifestaient devant la préfecture des Hautes-Pyrénées à Tarbes pour demander que cesse le programme de réintroduction et pour qu’on les débarrasse des ours vadrouillant déjà dans les montagnes et accusés de décimer les troupeaux de brebis.
Deux
camps irréconciliables se font face, les pro et les anti-ours, deux
visions de la nature et de la place de l’homme. D’où une présentation
des faits souvent déformée, faisant la part belle à l’émotion mais peu
à la réflexion. L’homme et l’ours sont tous les deux des prédateurs et
visiblement le partage de territoire pose problème. L’ours a besoin
d’espace, de nourriture suffisante et de tranquillité pour mener sa
vie. Or les Pyrénées sont de plus en plus fréquentées pour diverses
activités (pastoralisme, tourisme vert, randonneurs, pêcheurs,
chasseurs...), difficile pour ces pauvres ours d’avoir la paix. Alors
ils se débrouillent.
Depuis son lâcher, Franska a bien compris que
les zones d’élevage extensif où les troupeaux ne sont pas protégés
sont un garde-manger facile d’accès, elle en profite. Qui pourrait la
blâmer. Sommes-nous prêts à laisser un peu de territoire aux autres
espèces, celles qui sont différentes de nous ? Nous avons déjà bien du
mal à accepter la différence entre humains alors les non-humains…
Dans
ce dossier ours il ne faut pas oublier non plus le poids de la
tradition. Dans certaines vallées pyrénéennes, on se transmet de
génération en génération la haine de l’ours, un ennemi commun qui
permet d’exorciser les démons et d’éviter de se remettre en question.
Commode, non ? Et si c’était justement le système pastoral pratiqué
dans les Pyrénées qui était à revoir comme certains le préconisent ? Il
faut se moderniser, un mot que l’on aime pas beaucoup en France.
Le
pourcentage de brebis tuées par les ours sur une année est ridiculement
faible. Chiens (errants ou de touristes), maladies, accidents, orages
et conditions climatiques sont beaucoup plus préjudiciables aux
troupeaux que tous les ours (ou loups dans les Alpes) réunis. Dans
d’autres pays européens, la présence d’animaux sauvages n’est pas
incompatible avec l’élevage.
Quant à l’hostilité manifestée à
l’encontre des écologistes, qualifiés de « parisiens », ne connaissant
pas le terrain, elle s’explique certes par l’histoire centralisatrice
de notre pays et l’incompétence de pas mal de bureaucrates mais
l’argument ne suffit pas pour convaincre. Ce n’est pas parce qu’on est
né et qu’on a toujours vécu à la campagne qu’on est forcément
respectueux de l’environnement. Toutes les traditions ne sont pas
bonnes.
Le site du ministère sur la réintroduction de l’ours
Le pays de l’ours (Pétition contre la capture de Franska)
Bandeau réalisé à partir d’une affiche pour une manifestation organisée en 2006 par Pays de l’ours
Thèmes
Le berger français a oublié la Tradition indo-européenne qui fait de l’Ours ou du Loup un animal "totémique". Le judéo-christianisme, dans un premier temps, puis l’élevage intensif ont fait de nos deux amis, des parias. Il est temps que l’Homme "moderne" redécouvre la voie de Gaïa... Salutations lupines. Le Klan du Loup http://leklanduloup.free.fr












