Article publié le 27 février 2008
Perdue aux confins de l’Asie centrale, à cheval entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, la Mer d’Aral autrefois quatrième plus grande mer intérieure au monde est aujourd’hui le symbole par excellence de la tragédie écologique...
Ici, des bateaux fantômes jonchent de leurs carcasses oxydées les herbes sèches et les sables brûlants, là encore, un port solitaire surmonté de ses grues paraît attendre, enveloppée d’un silence morbide, le retour d’une improbable marée.
On devine encore les anciennes rives de la mer asséchée, battues par les vents.
Des
vents qui, au hasard de leur souffle arrachent à la terre flétrie et
acide, des morceaux de sel qu’ils se chargent de répandre à des
kilomètres à la ronde, jusqu’aux portes des vallées fertiles de
l’Amou-Daria et du Sir-Daria.
Depuis
des millions d’années, la mer n’avait pas bougé, abritant le long de
ses côtes des populations ancestrales de pêcheurs et d’agriculteurs.
Ce n’est qu’au cours des années 60 qu’un fataliste vous direz que "tout a fini" pour la mer d’Aral.
Alors
que l’Ouzbékistan est encore une république de l’Union Soviétique,
Moscou décide de la transformer en un vaste champ cotonnier, engageant
pour l’occasion des travaux d’irrigation colossaux.
On détourne
littéralement les eaux des deux principaux fleuves qui alimentent alors
la mer (le Syr Daria et l’Amou Daria) afin de subvenir aux besoins de
près de 2 millions d’hectares de terres cultivées en plein désert
ouzbek. Les conséquences de ces actions humaines sur le niveau de
l’Aral ne tardent pas à se faire sentir.
La décennie 70 voit les eaux de la mer intérieure disparaître sous l’effet combiné de l’évaporation et de la diminution du débit des deux fleuves. A partir de cet instant, tout va très vite au point, qu’en à peine cinq années, certains villages côtiers se retrouvent les pieds dans le sable, la mer refluant parfois à plus de 100 kilomètres du rivage initial. En 1980, l’Aral reçoit dix fois moins d’eau douce qu’en 1950, sa superficie est divisée par deux et son volume, par trois.
Dans
les années 90, la mer et son écosystème sont ravagés par l’augmentation
du taux de salinité qui atteint des sommets. La faune et la flore,
qu’elles soient terrestre ou maritime subissent les assauts du sel et
des vents souvent chargés de pesticides subtilisés au grès des champs
de coton.
Les poissons meurent asphyxiés et seules deux espèces parviennent encore à survivre dans la Grande Aral suffocante.

Aujourd’hui, la quasi totalité de cette Grande Aral est condamnée à une mort certaine.
Cependant,
la vie au même titre que l’eau, semble revenir dans ce que l’on
appelle la Petite Aral et qui constitue l’extrême nord de la mer.
Depuis
quelques années, un souffle nouveau gagne la ville d’Aral et ses 70 000
habitants. Pour trouver les raisons de cette renaissance, il ne faut
pas aller sur l’ancien port, car vous n’y verrez que le décor habituel
de sable et de bateaux éventrés par la rouille. Non, pour trouver ces
raisons, il vous faut suivre les odeurs, remonter jusqu’à la source des
effluves,...
Depuis septembre 2006, la ville accueille une nouvelle usine de traitement du poisson.
Fermée
depuis le milieu des années 80 faute de travail, cette usine a rouvert
ses portes grâce à l’aide d’une ONG danoise et au retour du poisson en
quantité dans la petite mer. Equipée de congélateurs, l’usine peut
aujourd’hui fonctionner toute l’année et stocker plusieurs dizaines de
tonnes de produits.

Lorsque
vient l’hiver et que la couche de glace qui recouvre les eaux est
suffisamment épaisse, de petits groupes de pêcheurs partent tendre
leurs filets à une trentaine de kilomètres de la ville. Depuis le
retour de la mer et du poisson, beaucoup d’entre eux ont pu retrouver
une vie descente. Certains ont même pu s’acheter une maison...
Une
renaissance des hommes et des activités qui n’est nullement le fait du
hasard et qui se trouve directement liée aux travaux d’aménagements de
la Petite mer, entamés à la fin des années 90 par la Banque mondiale.
La Petite Mer semble sauvée, et les activités séculaires vont pouvoir reprendre sur ses rives.
Pourtant,
la mer d’Aral est aujourd’hui défigurée, réduite quasiment au quinzième
de sa superficie d’origine et ce n’est certainement pas son
"appendice" restant qui va pouvoir garantir la survie d’un bassin qui
regroupe actuellement une population de 50 millions d’habitants.
- D’eau salée...
- Article très complet des "mouettes vertes".
- Le drame de la mer d’Aral.
- Aral, la renaissance.
- Une question de gestion de l’eau.
- Vidéo
Merci c’est passionnant
j’adore ma vie et je la protege .je suis pour l’initiative qui me semble interressante.je suis donc dans le parti écolo.
a vous de faire le part des choses. la mort pour nous ou nos enfants.†
et apres on va dire que ce n’est pas la faute de l’homme ...
Oui, mais,
Communisme capitalisme...même dégats... !
Non Lisa si dans certain cas on peut parler de dégâts en ce qui concerne le monde libre encore il faut bien les analyser.Il est intéressant de s’apercevoir qu’il s’agit pratiquement toujours de désastres sans commune mesure en ce qui concerne le monde dictatorial qui a sévit dans l’Est Européen actuellement libre.Quelques exemples:Tchernobyl,pollutions chimiques dans pratiquement tous les centres industuelles des ex démocraties populaires etc...Renseigne-toi
Le sujet c’est la mer d’Arral, donc la politique je vois pas trop ce que ça vient foutre ici. Pour satisfaire nos besoins capitalistes, on rase bien des forêts, on éteint des espèces animales, alors pour l’idée "communisme=pire idéologie de l’histoire", il repassera "l’antireac". Ou pour être moins hypocrite, on pourrait dire que l’homme est le pire parasite que la Terre ait jamais porté. Là ou je voulais en venir, c’est que son commentaire est complètement à côté de la plaque.
Bien qu’un mort soit toujours un mort de trop, vous arrondissez légèrement sur les 100 millions non ? ou alors faîtes une extension dans le temps et vous comptez également le Cambodge, la Chine, ... On parle bien de la Russie là. Rajoutons alors le Timor, le Venezuela, l’Argentine, le Vietnam, le Japon aux notes de frais du capitalisme. On est pas là pour compter les points de toute façon donc pardon. ;-)
Nous, en temps que Français, peut-être pas, on a pas vraiment était touché par le communisme mais...demandez à ma femme qui est de nationnalité Ukrainenne ce qu’elle pense du communisme ! Sous Staline, la moitié de sa famille a était déportée dans les goulags Russes et exterminée !
Il y a toutes une série de catastrophes écologiques en gestation, Aswan, l’Amazonie, la région des Trois-Gorges.... et bien sûr le réchauffement planétaire. Choix calculé de privilégier ce qui est en deça de l’horizon politique des décideurs... Capitalisme et communisme, même combat.
Pierre JC Allard http:nouvellesociete.org/415.html
pour le lien cidessus : http://nouvellesociete.org/415.html
et les millions qui ont été massacrés dans les colonies par le capitalisme c’etait de l’angelisme !
...faut-il encore rappeler les génocides des peuples Russe (sous Staline), Chinois (sous Maô Tsé-Toung), la famine artificielle provoqué par Staline (encore lui) en Ukraine dans les année 30, le massacre des cambodgiens par les kmer rouge, les dictatures de Fidèl Castro à Cuba, de Ceausescu en Roumanie...etc...et celles encore en place aujourd’hui en Corée du Nord et ailleurs au nom de cette idéologie barbare ; non, je supose !
Je n’encourage pas pour autant le colonialisme mais il ne faudrait pas confondre capitalisme et impérialisme !
Je pense qu’il faut assécher ce qu’il reste. On devrait débloquer des fonds pour ça, et fermer cette usine de poissons puante ! Pour nos enfants...
Le sable c’est beau. :-|
C’est un thème que j’ai abordé avec mes secondes.... et je dois dire qu’ils étaient assez effarés. Cependant, même si la tentative de la banque mondiale est louable, il n’en demeure pas moins que les résultats sont assez insignifiants au regard des dégâts causés....
C’est un thème que j’ai abordé avec mes secondes, et je dois dire qu’ils étaient atterrés devant l’ampleur du désastre.... Cependant, malgré les louables efforts de la banque mondiale, il faut relativiser les résultats au regard de l’énormité du désastre....
Et si l’on élevait notre regard ? on pourrait découvrir l’incroyable ! Il y avait des rapports qui arrivaient en Europe et était traduits dans les années 1977 qui parlaient de cette mer et également de la mentalité des riverains ; ils doivent pouvoir arriver avec internet ou même pouvoir être retrouvés tout simplement au fond de certains greniers ou caves ou encore plus simplement dans les archives de l’ex URSS ,mais alors pas en Français. Je ne pense pas que ce soit un problème avec tout le dévouement qui nous entoure. On dit " qu’un vol de papillon au Brésil peut déclencher une tempête au Japon " (ouf...pas en France ! )et bien si l’Homme est un créateur dans le monde de la pensée , si c’est vrai ...il peut alors assécher une mer par les résultats de sa pensée ! sa mauvaise pensée ...autre piste pour le réchauffement climatique ? Si le réchauffement n’était qu’une conséquence logique de cette loi de cause à effet qui a bien l’air de s’appliquer impitoyablement dans ce cas précis, en tous les cas, il y a une singulière concomitance .
Merci pour ce très bon résumé, bien nuancé, du plus grand désastre écologique de tous les temps. Je vous invite à faire un tour sur la page consacrée à la mer d’Aral sur mon site, j’y ai notamment répertoriés de nombreux liens. Cordialement.
L’auteur de l’article a oublier de mensionner la catastrophe technologique, en effet sur l’île de Vozrozhdeniya située au milieu de la mer d’Aral,le gouvernement communiste a effectué des essais nucléaires et des essais d’armes chimiques et bactériologiques, de plus après l’éffondrement du communisme, elle a tout laissé en place : je vous laisse deviner la pollution occasionée et l’empleure de la catastrophe. La population mange du poisson pollué, de la nourriture polluée,de l’eau polluée et respire de l’air pollué, conséquence : de graves pathologies ( fausses couches, malformations congénitales, maladies du foie, des reins et la tuberculose)
Donc Mer d’Aral : une catastrophe écologique ET HUMAINE dévastatrice.
ridicule... j’aurais espéré que ce soit de l’ironie enfin si vous voulez revenir avec un cancer ceci est votre affaire sur ce, bonne vacances n’abusez pas des coktaïls radioactifs, lisez bien les inscriptions en bas du voyage il est noté : ’’vivre près de la Mer d’Aral tue’’."aller sans retour"
Bonjour ;
Pourquoi ne pourrait on pas sanctionner par un vote électronique en temps réel, le président que l’on a élu, en fonction d’une mauvaise politique... ? Pourquoi notre progrès informatique ne nous donnerait-il pas le droit citoyen de reprendre les voix que l’on a accordé à l’auteur de promesses non tenues... ? autre exemple...
http://www.alterinfo.net/Monsanto-a...
Bon, pas de panique, nous serons tous sauvés par la banque mondiale...
:-)) Merci encore pour ce petit rappel sur l’actualité dans les PVD de l’est, à savoir les ex-territoires comunistes de l’URSS, aujourd’hui tous deux redevenus des PVD. J’ai envie de dire que ça fait du bien d’avoir des nouvelles des catastrophes écologiques quotidiennes, mais non, moi j’aime pas. :/-)
:-p Perso j’irai bien avec ma petite famille faire du tourisme là bas ! je vous rapporterai de belles photos de ports déssechés et de bateaux rouillés, ainsi que des fleurs de sel, achetées aux enfants qui doivent probablement courir pieds nus la dedans... Ca peut pas faire de mal aux miens, ils me casseront plus les pieds avec des baskets nike de mes 2 après avoir vu ça...
Sur la route du retours (parcequ’on ira en voiture, dépaysement assuré !) on fera une halte à Tchernobyl, plusieurs agences de tourisme ont ouvert la-bas et on peut y déguster dans la cantine de la centrale les plats typiques de ce pays (soupe froide et choux rouge cuit). On terminera par une visite de la centrale et un tour en bus dans les rues de Pipriat, avec à la fin un pillage en règle des jouets d’enfants et autres vêtements contaminés abandonnés dans les buildings (pour les plus téméraires). Sensations fortes assurées !
En conclusion, moi je suis contre le misérabilisme et pour le tourisme de la misère, car il rapporte malgré tout de l’argent aux peuples locaux qui en ont bien besoin. J’espère n’avoir choqué personne, parceque quand je regarde les nouvelles sur n’importe quelle chaîne, ça en devient d’une telle banalité ç force d’entendre toujours les même choses, on devient blindé à la fin.
:-)) La mer d’Aral est morte, vive la mer d’Aral ! :-))
C’est marrant ce que tu dis scavenger parcequ’en rédigeant ce billet j’ai pensé à ça... C’est vrai qu’après tout, découvrir des épaves au beau milieu du désert doit être une chose presque surréaliste qui mériterait d’être découverte ! pOURquoi ne pas faire un tourisme des catastrophes ? Ca se fait déjà à la Nouvelle Orléans...
Av a annulé mon commentaire parce que j’ai voulu dénoncer l’idéologie responsable de ce désastre,Av c’est nul.
Mais pourquoi on ne rétablit pas tout simplement l’ancien cours des fleuves pour re remplir la mer ??
On ne ferait que déplacer la catastrophe : 2 millions d’hectares et les gens qui en vivent cesseraient d’avoir de l’eau, et leurs terres redeviendraient désertiques. La ressource en eau est tout simplement trop faible pour faire vivre en même temps l’ ancien et le nouveau.
Cordialement.
On ne peut pas rétablir l’ancien cours des fleuves car les pays que le fleuve traverse utilisent cette eau pour la riziculture... parfois la seule ressource du pays, tu penses bien qu’ils ne vont pas vouloir changer leurs habitudes... richesses privilégiées à l’environnement... le monde d’aujoud’hui quoi !
@ IP:xxx.x5.32.25
Rétablir le cours des fleuves ne changerait pas grand chose au sud de la mer... La catastrophe est déjà faite et l’écosystème de la Grande Aral est dévasté. Cela serait un gâchis ( c’est triste à dire) de plus que de consacrer l’argent et le temps long au re-remplissage de la mer. Aujourd’hui, ce qui préoccupe d’avantage les acteurs politiques "locaux", les "aménageurs" et les institutions internationales, c’est la bonne gestion de ses ressources d’eau douce. cE qu’il faut savoir c’est que les habitants qui vivent aujourd(hui sur les bords de la grande mer sont touchés par de nombreuses épidémies causées par ENTRE AUTRE par l’absence d’eau potable. Il importe donc d’avantage de rétablir un système qui va garantir la bonne qualité et distribution de l’eau plutôt que de s’acharner à redonner un semblant de "naturel" à la mer déjà saccagé par la folie des hommes.
pas de sommités françaises pour nous faire leur grand numéro, pas de Hulot, de Yann Arthus, pas de grenelle européen, normal région trop pauvre...
pas d’intérêt géopolitique, pas assez de vagues pour faire du surf :-/
enfin dommage pour la population locale...
le sujet a été archi traité dans les médias depuis un paquet d’année surtout (qqn au dessus mentionne 1977, ça me surprend pas plus que ça). la news est intéressante car elle parle de faits nouveaux. mais le reste, la catastrophe avec ses images a déjà fait recette.
Ce n’est pas parce que l’asséchement de la mer d’Aral a été fait par les communistes qu’il faut conclure que le capitaliste ne fait pas de connerie.
D’abord il ne fait pas être bien intelligent pour ne pas savoir que dévier des masses d’eau qui vont vers une mer intérieur vont faire baisser le niveau de la mer.
Il ne faut pas conclure qu’un prélèvement d’eau sur un cours d’eau est donc sytématiquement mauvais .
Sur tous les cours d’eau de la planète qui ne vont pas vers des déserts ou des mers intérieures il est donc possible de détourner de l’eau dans la mesure où on perturbe pas les activités avales.
On peut même dire que la pire manière de gaspiller l’eau est de la laisser aller à la mer et qu’il est préférable de la dévier dans un canal pour l’évaporer ou l’infiltrer dans le sol du bassin versant ou même des bassins adjacents. Cet élargissement de l’espace du cycle de l’eau dans une direction verticale permet de recharger les réserves souterraines et de faire remonter les débits d’étiage.
Pour l’instant on déplore mais on interdit pas le pompage de l’eau dans le sol car le niveau des réserve descend . Alors pourquoi ne pas obliger une gestion de l’eau qui déplacerait le trajet de l’eau pour la transporter à travers le sous sol des zones et des périodes pluvieuses vers des zones et des périodes déficitaires ?
http://perso.wanadoo.fr/biefs.dupilat/
Gestion globale de l’eau pour restaurer le climat de la planète.
L’assèchement des terres a deux origines. L’une vient des activités humaines telles que la déforestations ou la surexploitation des nappes d’eau souterraine pour ne citer que celles-la. Le problème c’est que le cycle de l’eau n’est pas attirer pas les déserts et les zones arides quand le sol est trop chaud. Les nuages sont repoussés pas la chaleur des sols et vont plus vite vers les zones de condensation. L’activité Humaine , en agissant sur les cycle de l’eau , accèlère les vitesses de circulation de l’eau dans un espaces atmopsphèrique qui se réduit . L’eau va trop vite aux pôles et sur les sommets et amène de la chaleur qui fait fondre les glaces et neiges. Avant l’eau retombait et se réévaporait plus avant d’atteindre les pôles. L’air qui transporte l’eau revient des pôles plus vite et ramène de la sècheresse et le froid ( mais moins froid qu’avant ). Ces retours d’eau froids ont des couloir de circulation sur les continents comme l’Australie et L’Argentine qui sèche plus qu’avant et oblige l’activité humaine à aggraver le phénomène d’assèchement. Cette deuxième raisons d’assèchement des terres semble naturelle mais est en fait d’abord causé par les activités humaines.









