Une eau vert émeraude, des rochers rouges brique qui plongent fièrement dans la mer, balayés doucement par une mer d’huile, le cri des goelands mêlé au chant des cigales, le tout sous un soleil bronzé de promesses... Bormes les Mimosas, tout comme le reste de cette côte d’azur, cache bien son jeu, et une dure réalité montre le bout de son nez à celui qui ne se laisse pas tromper par cette apparence si merveilleuse.
En effet, la pollution la plus insidieuse qui soit a frappé durablement ce petit coin du paradis. Cette pollution a un nom : les Tensio-actifs.
Ce nom barbare correspond tout simplement à ces agents moussants et parfumés présents dans la quasi totalité de nos lessives.
Ils sont redoutables, car ils sont pratiquement indestructibles, et ont de graves conséquences sur toute la flore et les arbres du bord de la mer.
Pour
le Pin maritime, par exemple, ils dégradent la cuticule des aiguilles
de pins, laquelle n’ayant plus la moindre protection, est tuée par
l’air humide marin chargé de sel.
Les aiguilles tombent, et l’arbre finit par mourir.
Lorsque vous posez la question à l’un des responsables de Port Cros, il vous affirme sans le moindre sourire que tous ces arbres que l’on a coupé étaient mort de vieillesse et qu’il était beaucoup plus sage de les couper.
Malgré la dilution de ces produits chimiques dans l’eau de mer, les tensio-actifs font des dégâts de plus en plus préoccupants.
Mais continuons la promenade...
Lorsque vous vous promenez dans le Gaou Béna, au large de Bormes les Mimosas, zone de propriété privée dont l’accès vous sera interdit si vous n’êtes pas l’un des 700 privilégiés de ce petit paradis, vous découvrirez que le chant des cigales a disparu.
La raison est simple : ces riches propriétaires ne veulent pas être incommodés par les moustiques, et ordonnent régulièrement des dispersion d’insecticides, au-dessus des pins maritimes, le tout par hélicoptère bien sûr. Les moustiques sont toujours là, mais les cigales ont disparu.
Mais ne nous arrêtons pas là, descendons au bord des plages privées, ou reste un minuscule chemin piétonnier, que vous pourrez quand même emprunter.
Minuscule, car les 2,5 mètres que les propriétaires ont l’obligation de vous laisser, sont parfois réduits à la portion congrue, car pour grignoter quelques mètres carrés supplémentaires, ces riches propriétaires volent allègrement un mètre ou plus sur le domaine public.
Regardez bien l’eau : elles est d’une pureté incomparable, mais pureté trompeuse, car en y regardant de plus près, toute vie a disparu.
Il y a quarante ans, sur les rochers immergés, il y avait jusqu’à 30 cm d’épaisseur de couches de moules et autres coquillages.
Il n’y en a plus une.
Plus un crabe non plus...
Pour finir en beauté, la posidonie, plante sympathique et bien pratique, puisqu’elle pousse en bord de mer, et a pour mission de fixer le sable des plages, est en train de mourir, n’offrant plus le moindre refuge aux poissons qui aiment s’y abriter.
Alors, le 24 juin, ne soyez pas surpris si sur cette plage, vous découvrez une montagne de sable fin.
Ce sable fin a été extrait du port de Bormes, qui est en train de s’ensabler, et dès le 1 juillet recouvrira les galets et les posidonies mortes, pour que le vacancier puisse bronzer à son aise.
Le 24 juin, deux enfants de 10 ans à peine, venaient de pêcher sous mes yeux une minuscule murène, qu’ils avaient assommé, et qui bougeait encore un peu.
Cette fin prématurée était au fond préférable pour ce poisson puisqu’il échappait à un destin sûrement plus tragique.
Je vous souhaite de bonnes vacances.
Triste constatation en effet ! J’ai remarqué les mêmes changement de Nice à Saint Raphaël, ça flanque vraiment la trouille de voir la nature atteinte à ce point en un demi siècle.. La durée d’un éclair à l’échelle de la planète… Je ne sais combien de temps, il va falloir pour une prise de conscience sur ces agents tensioactifs que l’on balance dans la nature depuis des années, tout en connaissant les effets pervers.
Ecoeuré ! Je suis écoeuré ! Voici bien un exemple de l’inconscience de l’être humain... il se répète malheureusement dans tous les domaines... ou presque ! Ah, présentez-moi des Pierre Rahbi... Dites-moi que nous pouvons encore (sur)vivre dans un espace civique, à défaut d’être civilisé. Bien cordialement.
affligeant ! que restera t il pour nos enfants ?












