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La Grande Bleue lave plus blanc

Article publié le 20 décembre 2007

Notre Méditerranée dont la couleur a inspiré tant de chansons, est en train de vivre un des plus cruels épisode de son existence.

La Grande Bleue lave plus blanc

Scène étrange au bord de la grande bleue : une lavandière, fichu retenant les cheveux, est accroupie au bord de la plage, son panier de linge à coté d’elle, la planche à laver plongée dans la mer, frotte énergiquement son linge à grand renfort d’une mousse blanche, présente à perte de vue sur le bord du littoral.

Au promeneur qui s’ en étonne, elle répond :

« non, non, cette mousse, ce n’est pas moi qui l’ait fait, elle est là depuis longtemps, et j’en profite pour laver gratuitement mon linge ».

cette scène jouée pour les besoins d’un film à venir, la lavandière étant comédienne, pourrait devenir réalité demain, car la mousse elle, est bien là, et vient des détergents de nos lessives.

S’il faut en croire le professeur Henry Augier (et bien d’autres scientifiques), ex directeur du laboratoire de biologie marine fondamentale et appliquée, ex directeur du CERIMER, puisque retraité aujourd’hui, les tensio-actifs, c’ est à dire les détergents de nos lessives (qui sont des hydro-carbures, comme chacun ne sait pas), se sont tellement accumulés au cours des dernières decennies, que la faune et la flore marine et littorale, sont en train de dépérir.

Tout y passe, le Pin, le Chêne vert, le Laurier rose et le Laurier noble, le Troëne, etc.. sont tant agressés par ces détergents qu’ils disparaissent lentement.

Et dans la mer ce n’est pas mieux, cette pollution touche le plancton, les algues, les poissons, les coquillages, et la célèbre posidonie.

Cette dernière disparition pourrait poser un gros problème au tourisme local, car outre le fait que la posidonie abrite et nourrit de nombreuses espèces marines, elle a une autre utilité.

Ces rhyzomes plongeant profondemment dans le sable fixent le sable de nos plages.

Si la Posidonie disparaît, le sable des plages glissera doucement vers le fond, et les dites plages rétréciront comme peau de chagrin, diminuant d’autant les touristes venus se bronzer.

Le professeur Augier a constaté déjà ce phénomène aux Saintes Maries de la Mer.

Pour l’instant, les municipalités ont trouvé une parade : dès que la saison est finie, ils vont puiser le sable dans les ports en train de s’ensabler, et entassent ce sable sur les plages en gros tas, lequel sera réparti sur la surface des plages dès les premiers beaux jours.

Mais on peut s’interroger aussi sur les conséquences de ces tensio-actifs sur nos propres poumons, car s’ils sont capables d’agresser les branchies des poissons, pourquoi ne seraient-ils pas capables de menacer notre propre santé ?

Il faudrait pour le prouver déclencher une enquête épidémiologique, mais cela n’est pas à l’ordre du jour.

Ce problème abordé il y a quelques années devant dominique Voynet, alors Ministre, a amené un grand sourire hilare sur sa façe toute ronde.

Les solutions passant par les stations d’épuration, même les plus perfectionnées, ne seront pas totalement efficace, d’après Gérard Monnier Desombes, ex député écologique européen, et chercheur ayant travaillé longuement sur ce problème.

Il pense, comme d’ailleur Henry Augier, qu’il serait bien plus intelligent d’empêcher la pollution à la source, puisqu’aujourd’hui on sait faire des lessives avec des tensio-actifs « mous », c’est à dire d’origine naturelle, et totalement bio dégradables, mais pour cela, il faudrait qu’un règlement européen soit voté et appliqué, et cela n’est pas à l’ordre du jour.

Alors comme disait un vieil ami africain :

« on peut tout sonder, sauf le silence d’un homme ».

Thèmes

Mer Pollution Chimie

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commentaires
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par Marsupilami (IP:xxx.xx0.224.37) le 20 décembre 2007 à 17H20

@ L’auteur

Merci pour ce bon article documenté... et aussi pour ce très beau proverbe qui le clôt. Les horreurs que tu racontes me rappellent un texte prophétique (souhaitons qu’il ne soit qu’alarmiste) de Jéronimo :

"Quand le dernier arbre aura été abattu ; quand la dernière rivière aura été empoisonnée ; quand le dernier poisson aura été pêché ; alors on saura que l’argent ne se mange pas".

Faudrait des hordes jéronimiennes pour pourchasser impitoyablement les pollueurs et au minimum les scalper.

Chauve qui peut !

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par Atlantis (IP:xxx.xx3.70.22) le 20 décembre 2007 à 22H28

ça me rappelle la tronche de la loire au niveau d’orléans certains jours (il y a encore 2-3 ans, depuis je sais pas si c’est mieux). ces jours là on aurait pu jouer la lavandière effectivement ...

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par meinsola (IP:xxx.xx1.224.225) le 21 décembre 2007 à 10H18

Pour ce qui est des rhisomes qui fixent le sable de nos plages. je suis perplexe !! Lorsque tu vois ces immenses plages sans aucune végétation, on ne peut pas dire que ce soit les racines des plantes qui fixent le sable. Par contre en ce qui concerne les dunes, là je veux bien... mais dunes et plages sont bien différentes... une dune n’attire pas autant de touriste qu’une plage. Et il faut bien se mettre dans la tête que tensio-actifs ou pas, hydrocarbures ou pas, la mer rogne les terres jours après jours, c’est un processus naturel.

Concernant l’impact sanitaire sur les poumons, ce n’est pas parcequ’un produit est agressif sur des branchies qu’il le sera sur des poumons (dois-je rappeller que ces deux organes sont largement différents ??) et les tensio-actifs ne se balladent pas dans l’air comme il le font dans l’eau.

Sur le fond de l’article, je suis néamoins d’accord avec toi.. la pollution doit être supprimée à la source.

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par olivier cabanel (IP:xxx.xx8.254.144) le 21 décembre 2007 à 13H32

pour votre information, les posidonies sont dans la mer, et non pas sur la plage. comme le professeur henry Augier l’a constaté aux saintes maries de la mer, lorsque la posidonie disparait, les plages s’en vont avec.

mais ce qui devrait plus vous inquièter est rapport aux branchies des poissons attaquées par les détergents.

sachant que la pollution dégagé par ses tensio actifs se renforce lorsqu’elle est libérée dans l’atmosphère, nos poumons devraient aussi en supporter les conséquences.

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(IP:xxx.xx1.131.204) le 21 décembre 2007 à 11H43

La Posidonie ne pousse pas sur la plage, mais dans l’eau. Sa présence favorise la dissipation de l’énergie de la houle et des vagues, ce qui effectivement participe à limiter l’érosion. A certains endroits elle forme carrément des récifs, comme les barrières de corail. De plus, les feuilles mortes de posidonies qui s’accumulent sur les plages forment une sorte de tapis protecteur, et créent du lien entre les grains de sable qui sont alors plus difficile à enlever de la plage. Cela favorise également les accumulations de sable, créant une sorte de mille-feuilles sable / feuilles de posidonies, ce qui favorise la reconstitution d’une plage après une tempête. La disparition de la posidonie provoquera bien la mort de certaines plages, même s’il est vrai que ce n’est pas la seule raison qui aggrave l’érosion (les barrages et l’artificialisation des bassins versants jouent aussi un rôle dans l’érosion en diminuant les apports de sédiments). L’érosion est certes un phénomène naturel, aggravé et déséquilibré par l’homme, tout comme l’effet de serre par exemple.

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par olivier cabanel (IP:xxx.xx8.254.144) le 21 décembre 2007 à 13H38

d’accord avec votre commentaire qui vient enrichir le débat.

c’est vrai que les parties mortes de la posidonie viennent former des couches dans le sable.

c’est vrai aussi que la posidonie crée une zone tampon permettant d’atténuer les tempètes.

mais la place étant limitée dans un article a 3000 signes, je n’ai pas jugé bon de développer cet aspect, considérant que la santé des plantes et des poissons, et des hommes était une priorité.

j’en profite pour rectifier une erreur sur le nom cité dans l’article : il fallait lire Monier-Besombes et non pas Monier-Desombes.

ce chercheur ayant eu son programme stoppé (!) il gagne aujourd’hui sa vie différemment , et c’est bien dommage qu’un pays comme le notre néglige autant ses chercheurs.

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par gordzol (IP:xxx.xx5.220.83) le 21 décembre 2007 à 12H09

Que la mort des posidonies dérange le tourisme, c’est un point de vue ; le plus grave étant qu’elles sont une ressource constante en oxygène, si elles sont vivantes et abondantes . Jeronimo ne parlait pas directement des plages et des touristes dans son adage, mais quand l’argent ne se mangera plus, on s’en tamponnera des locations de transats et des marchands de glaces .

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(IP:xxx.xx3.186.88) le 23 décembre 2007 à 20H38

http://www.humanite.fr/1999-06-26_S...

C’est l’Amiral suisse Cousteau ... un affairiste crétin au cv a la "Rachida". Monaco et son araignée devra payer pour la Caulerpa taxifolia lâché dans la nature http://www.polmar.com/pollution/bio... http://fr.wikipedia.org/wiki/Cauler...

qui tue ces herbiers de http://fr.wikipedia.org/wiki/Posido...

Quant aux "détergeants’ http://www.dow.com/surfactants/prod... Un vrai surfactant pulmonaire pour pallier son absence dans la mucoviscidose n’a pas encore été trouvé... Tensioactif "naturel" ne signifie de loin pas plus inoffensif ou plus biodégrable. Et l’algue de Cousteau continue de verdir et pourrir la Méditerranée.

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par olivier cabanel (IP:xxx.xx8.254.144) le 24 décembre 2007 à 10H19

à l’évidence, la pollution liée aux détergents que nous utilisons n’est pas le seul responsable de la disparition des posidonies, mais, comme l’ont prouvé les nombreuses enquètes de Cerimer, en est un des plus important facteur.

bien sur l’"algue tueuse" que vous citez y contribue, mais il faudrait ajouter à cette liste tous les autres polluants, pesticides et compagnie qui n’arrangent rien à l’affaire.

le problème soulevé par les tensio actif (détergents d’origine hydrocarbures) ne touche pas seulement les posidonies, mais aussi les poissons, la végétation, (les enquetes sont formelles), et si demain une enquète épidémiologique est lancée sur les atteintes à la santé humaine des riverains, on risque d’avoir de grosses surprises.

comment ne pas imaginer que des produits attaquant les branchies des poissons, ne soient pas redoutables pour nos organismes ?

donc je m’inscrit en faux, il ne s’agit pas de désinformation.

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