La forêt de l’Irian Jaya ou Nouvelle-Guinée occidentale
L’Irian Jaya, la province la plus orientale de l’Indonésie, s’étend sur environ 50% du territoire de la Nouvelle-Guinée, l’autre moitié étant occupée par l’état indépendant de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Lorsque les Portugais ont vu l’île pour la première fois, ils l’ont nommée Ilha dos Papuas (« l’île des chevelures crépues »), du malais papuwah. Plus tard, les explorateurs hollandais l’ont appelée Nouvelle-Guinée car les habitants de couleur noire leur rappelaient la population de la Guinée, en Afrique.
Irian est un terme provenant de la langue Biak, qui signifie « terre brûlante émergeant de la mer ». Sous la colonisation hollandaise, l’Irian Jaya était connue sous le nom de Nouvelle-Guinée hollandaise et lors du transfert de la souveraineté à l’Indonésie, elle a été rebaptisée Irian Jaya (jaya signifiant « victorieux »).
En décembre 2005, l’organisation écologiste Conservation International, basée à Washington a organisé pendant quinze jours une expédition au plus profond de l’Irian Jaya dans ce que son principal organisateur, Bruce Beehler, a appelé « le dernier jardin d’Eden » de la Terre.
L’expédition, qui comptait vingt-cinq chercheurs dont un bon nombre étaient issus de l’Institut scientifique indonésien (LIPI, Lembaga Ilmu Pengetahuan), a découvert vingt espèces inconnues d’amphibiens, quatre espèces de papillons, cinq de palmiers, et reconnu des centaines d’espèces d’oiseaux rares ainsi qu’une quarantaine d’espèces de mammifères très peu observés.

Champignon endémique à l’Irian Jaya
Les naturalistes ont ainsi observé une espèce d’oiseau de paradis (Parotia berlepschi) qui n’avait plus été vue depuis plusieurs décennies. Examiné un kangourou arboricole qu’on n’avait jamais aperçu dans l’île. Découvert une grenouille de 14 millimètres de long. Recensé Plus de 2.770 espèces d’orchidées ont été documentées pour 134 genres, dominé par la Dendrobium et la Bulbophyllum ainsi que plus de 250 espèces différentes de rhododendron. Identifié une espèce de hérisson si placide que les scientifiques ont pu ramasser un couple et le ramener au camp pour l’étudier.
Ce manque de méfiance de la part de ce couple de hérissons à l’égard des humains est un signe, pour les chercheurs, de l’absence de présence humaine dans ce lieu, que même les guides papous ne connaissaient pas. Située dans le massif montagneux de Foja, la région explorée couvre près de 300.000 hectares de forêt primaire (c’est-à-dire n’ayant jamais été exploitée) à des altitudes atteignant 4.000 mètres.
Seul un savant, Jared Diamond, avait auparavant parcouru ces montagnes, en 1979 et 1981. Elles ont été classées par l’Indonésie comme sanctuaire national.
« Cette région est un étonnant laboratoire de l’évolution, écrit Bruce Beehler dans le quotidien britannique The Independent. Elle nous donne un regard sur la façon dont peuvent apparaître de nouvelles espèces dans une montagne isolée. » Aux marges de la région visitée vivent des tribus Kwerba et Papasena. Selon Bruce Beehler, « ils nous ont dit qu’aucun de leurs clans n’avait jamais pénétré dans cette zone ».
Le varan crocodile ou crocodile des arbres
Le dragon de Komodo est considéré comme le plus grand lézard du monde, mais l’est-il vraiment ? Mark Strickson expert en reptile et réalisateur se lance, avec le scientifique allemand Thomas Schultze-Westrum, dans les profondeurs de la forêt de l’Irian Jaya à la recherche d’un autre lézard géant connu sous le nom de " crocodile des arbres ". Et le trouve... Même si force est de constater qu’il n’a pu le voir à sa taille ultime, le specimen rencontré atteignait toutefois déjà 4 mètres de long. Ce qui ferait de ce lézard le plus grand du monde, tient surtout à la longueur de sa queue dont il se sert pour assurer son équilibre en grimpant aux arbres.
C’est un animal magnifique, que j’ai pu observer au travers du reportage filmé lors de la visite de Mark Strickson, reportage diffusé sur la chaîne Animaux. Sa tête est plus longue et plus fine que celle du Varan de Komodo, son corps également plus fin, lui permet, même en atteignant une taille "gigantesque" pour un lézard, de se mouvoir dans les arbres. Ce qui a caractérisé son deuxième nom de "crocodile des arbres". Il faut le voir grimper à la fois lentement mais également d’une manière assurée et rapide lo long des gros troncs de ces arbres gigantesques composant la forêt de l’Irian Jaya. Les recherches se sont révélés fort difficiles, dans un premier temps, par la nature même de l’environnement de ce lézard, la forêt de l’Irian Jaya qui est un des derniers joyaux des forêts tropicales d’Asie, mais également et malheureusement, par la destruction de cet environnement, la forêt d’Irian Jaya faisant l’objet d’une destruction systématique et massive... Encore une...
Après plusieurs semaines de recherches, c’est avec regret que Mark Strickson se voit dans l’obligation de partir, mais le scientifique allemand Thomas Schultze-Westrum est lui, resté sur place afin de continuer ses recherches. Celles-ci, en apportant la preuve de l’existence de ce lézard géant, permettrait, semble-t-il, de faire cesser l’infernale destruction de cette magnifique forêt. Sans oublier que d’autres espèces animales (dont un kangourou arboricole jamais vu ailleurs jusqu’alors) et végétales sont particulièrement endémiques à cette île, et que nos deux scientifiques ont pu certains jours, et avec l’aide de certains autochtones, établir l’existence de nouvelles espèces, d’ores et déjà menacées d’extinction par la destruction de leur environnement. On prend les mêmes et on recommence !
Le Varanus salvadorii nommé varan crocodile ou " crocodile des arbres " pour sa dentition, son museau, ou sa taille, ce varan est assurément singulier. Il semblerait, au vu du reportage de nos deux scientifiques, qu’il puisse dépasser les 4 mètres. Dans tous les cas, la queue représente plus des deux tiers de l’animal. Arboricole, il est assez svelte pour un lézard de cette taille. Vif et observateur, c’est un superbe animal qui conserve ses couleurs à l’âge adulte. Endémique à la forêt de l’irian Jaya, presque rien n’est connu de ce géant dans la nature.
L’Irian Jaya est également un formidable réservoir d’espèces marines. La densité de vie marine est impressionnante avec de nombreux bancs de plusieurs espèces de poissons, carangues, fusiliers, chirurgiens, ludjians, barracudas etc.. Les thazars, thons et grosses carangues chassent sous l’oeil curieux des mérous et l’indifférence des tortues et des massifs perroquets à bosse. Malheureusement, comme partout en Asie du Sud-Est, la pêche à la dynamite entraîne des dégats irréparables sur les espèces ainsi que sur les récifs de corail, qui comme on le sait, sont déjà fort fragilisés. Sans omettre le fait qu’il faut des milliers d’années au corail pour se former.
Dans l’Irian Jaya, près de 200.000 km2 de forêt primaire, soit la moitié de la région (421.000 km2), ont déjà disparu, du fait de l’industrie du bois tropical, de la pollution minière (argent, cuivre et or) et des cycles de sécheresse.
Les forêts exploitables sont estimées couvrir 54 % du territoire d’Irian Jaya. Depuis ces dernières années, la province augmente considérablement sa production, en modernisant ses techniques. Les exploitations forestières sont ainsi en nombre grandissant. Dans le même temps, des lois sur la reforestation existent mais ne sont pas appliquées.
L’Irian Jaya cherche à augmenter son infrastructure, en perçant des routes, en ouvrant des mines, en accroissant l’exploitation forestière et l’industrie papetière ; il est certain que nombre de problèmes écologiques et humains se poseront très rapidement.
L’Irian Jaya est très peu peuplé. Certains endroits sont totalement inhabités, la densité moyenne étant inférieure à six habitants au km2.
900.000 Papous environ y vivent, essentiellement de chasse, de pêche et d’une culture semi-itinérante de maigre rapport. Sagou, taro et patate douce constituent pour eux les principales ressources.

Tribu de l’Irian Jaya (des Papous)
Les insulaires peuvent se diviser en plus de deux cent cinquante sous-groupes qui comprennent les Marind-ahims, les YahYravs, les Asmats, les Mandobos, les Danis et les Alyats. Les habitants des hautes terre centrales ont su maintenir leurs coutumes et traditions pratiquement vierges de toute influence étrangère. Les différentes tribus ont vécu, pour la plupart, en autarcie complète, isolées les unes des autres et, a fortiori, du monde extérieur. Il en est résulté une incroyable diversité culturelle. A titre d’exemple, le peuple Asmat, qui vit le long de la côte sud-est, est réputé pour ses sculptures sur bois "primitives". Les Asmats, autrefois cannibals et chasseurs de têtes, abandonnent peu à peu leur style de vie nomade pour s’installer dans des villes bénéficiant d’écoles financées par le gouvernement.
Les tribus de la vallée de Baliem, que l’on regroupe sous le nom " Danis ", se sont farouchement accrochées à leur coutumes traditionnelles, et les efforts investis pour les modifier, comme le programme destiné à faire oublier le port des célèbres gourdes à pénis, se sont avérés largement inutiles. D’une façon générale, les peuples de l’Irian Jaya n’ont aucune parenté ni dans le physique, ni dans la culture, ni dans la langue avec les Indonésiens malais et se rapprochent beaucoup plus des Aborigènes australiens.
Le gouvernement indonésien essaye depuis une vingtaine d’années de mettre les terres en valeur, et de construire quelques barrages pour produire de l’électricité. L’exploitation du sous-sol a commencé il y a une centaine d’années. Or, uranium et surtout cuivre sont l’objet d’une extraction intensive. Les mines de cuivre des monts Ertsbey, découvertes en 1936 dans la région de Tembagapura, figurent parmi les plus grandes du monde. Autre ressource non négligeable, le pétrole, dont d’importants gisements, aussi bien terrestres que maritimes, sont exploités depuis une vingtaine d’années. Selon des estimations fiables, les réserves seraient supérieures à celles de Sumatra. La forêt, où abondent les bois rares et précieux, est également explorée et certaines régions, en particulier dans le Sud, dans la région asmat, commencent à être la proie de compagnies étrangères, japonaises surtout.
Malheureusement ces richesses naturelles ne profitent pas aux autochtones ; les Indonésiens ? et au premier titre les Javanais ? et les grandes compagnies étrangères, américaines et japonaises en majorité, recueillent seuls les dividendes du sol. Les Papous, eux, continuent de mener une existence précaire, beaucoup n’étant pas encore sortis de la préhistoire. Un tel décalage ne peut que déboucher sur des mouvements revendicatifs et indépendantistes qui s’appuient sur un profond sentiment d’injustice.
La modernité représente aussi une menace pour l’Irian Jaya et ses habitants. Au coeur d’une région montagneuse, une mine géante, gérée par une compagnie américaine, est le plus gros gisement d’or au monde et se classe au troisième rang pour le cuivre. Le problème, ce sont les résidus de la mine puisque seulement trois pour cent (3 %) de ce qui est extrait constitue le véritable minerai, le reste étant répandu dans le paysage, étouffant ainsi la végétation. Certains autochtones revendiquent la propriété des terres exploitées et veulent des redevances. La compagnie minière reste sur ses positions, mais en planifiant d’exploiter la mine pour les 30 prochaines années, certains pensent qu’elle devra soigner ses relations avec les autochtones.
Les grandes plaines sont rares en Indonésie et généralement marécageuses : on y retrouve donc la principale plaine orientale au sud de l’Irian Jaya ainsi qu’ un des plus longs fleuves d’Indonésie : le Mamberamo - 690 km.
L’Irian Jaya porte la cicatrice d’une subduction et se trouve hâché par de grandes failles transformantes induites par les mouvements locaux des plaques. Il en résulte que la moitié nord ainsi que l’extrêmité ouest de l’île appartiennent à la plaque pacifique, tandis que le reste appartient à la plaque indo-australienne.
Liens :
Tout sur la biodiversité de l’Irian Jaya (en anglais) - http://members.tripod.com/wwfsahul_cs/ffij.htm
Les Papous dépossédés de l’Irian Jaya - http://www.monde-diplomatique.fr/1996/10/PATAUD_CELERIEZ/7283
Les ressources de l’Irian Jaya, territoire à fort potentiel économique - http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/irianjaya
Source :
http://www.ese.u-psud.fr/
http://www.mpl.ird.fr/
http://www.radio-canada.ca/
http://www.indonesia-mrs.com/
Crédit photos :
http://www.mpl.ird.fr/
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Thèmes
"D’une façon générale, les peuples de l’Irian Jaya n’ont aucune parenté ni dans le physique, ni dans la culture, ni dans la langue avec les Indonésiens malais"
So far, so good.
"et se rapprochent beaucoup plus des Aborigènes australiens"
Pas le moins du monde ! Ni par le physique, ni par les langues. Si les aborigènes australiens ressemblent à autre chose qu’eux-mêmes, c’est aux habitants du sud de l’Inde (et encore, avec une sérieuse dose d’imagination !) qui parlent des langues dravidiennes, c’est-à-dire non-indoeuropéennes.
Les Papous d’Irian Jaya, eux, ressemblent comme autant de gouttes d’eau à leurs cousins de Nouvelle-Guinée, comme de bien entendu, la scission entre Nouvelle-Guinée Occidentale (alias Irian Jaya) et Nouvelle-Guinée Orientale (alias Niu-Gini) n’étant qu’un artifice du colonialisme indonésien (dont verrez tant beau génocide en Timor, mais poinct n’en entendrez fort parler, et toujours pouvetz voir tant beau génocide en Nouvelle-Guinée Occidentale, mais poinct n’en entendez parler non plus. Hé ! olketa blakpela tasol).
On entends presque pas parler de la Papouasie Occidentale (Irian Jaya) mais c’est une véritable colonisation qui a lieu la depuis les années 60, on (les USA et d’autres pays occidentaux) a laissé l’Indonésie s’emparer de l’Irian Jaya comme calcul géopolitique, car on avait peur que l’Indonésie se rapproche trop de la Chine communiste... Alors on a laissé un autre peuple les coloniser, peuple qui lui meme a été victime de la colonisation hollandaise... C’est le seul point commun entre Irian Jaya et le reste de l’Indonésie, et c’est pourquoi l’indonésie a réclamée cette partie de la Papouasie, car l’Indonésie est un pays totalement nouveau qui regroupe les territoires qui faisaient partie des Indes Néerlandaises.
En fait, les Hollandais considérait que c’a n’avait rien à voir avec l’Asie et faisait partie de la Mélanésie, mais comme la présence Néerlandaise était très faible en Papouasie, ils n’ont pas jugés nécessaires d’mainistrer séparement cette partie du territoire, et l’on administrée depuis Batavia. (maintenant Jakarta)S’ils l’avaient administrée séparément, les revendications Indonésiennes n’aurait eu aucun poids. Et l’intégration et la "libération" de la Papouasie Occidentale est devenu un cheval de bataille d’abord de Sukarno puis de Suharto, qui a unis toute la nation pour "aider" les papous à se débarasser des "vilains" Occidentaux colonisateurs.... Alors qu’en fait les Hollandais étaient prêts a donner l’indépendance aux Papous !! Mais les Indonésiens disaient que c’était des atteinte à l’intégrité du territoire Indonésien... Mais en fait, on a pas daignés demandé aux Papous si ils voulaient devenir indonésiens ou pas. :-((
L’indonésie menaçait de faire la guerre si on ne lui donnait pas la Papouasie Occidentale, et envoyait des troupes de manière régulière pour essayer de prendre le territoire. C’est dans ce contexte qu’Il y a eu un vote truqué "surveillé" par l’ONU, seul 1 millier de personnes on pu voté, très démocratique. :-(( Ces 1000 personnes étaient des chefs tribaux, et avant de voter, l’armée Indonésienne les a menacés de mort s’ils ne votaient pas pour faire partie de l’Indonésie. :-((
L’histoire se répète, dans l’indiférence générale... :/-) Il paraîtrait même que le gouvernement Indonésien serait en train de commettre un génocide ! Il y aurait de nombreux crimes contre l’humanité, massacres de villages entiers, femmes papous violées systématiquement... En tout cas, le gouvernement contrôle étroitement qui peut aller sur l’île, ce qui laisse penser qu’il doit s’y pâsser des choses pas très belles quand même... :-| Et puis quand on voit se qui s’est passé au Timor Oriental... C’est vraiment honteux...
Voici un article qui parle de ce génocide http://www.jakouiller.com/index.php...
Un génocide ignoré en Papouasie-Occidentale
Par Jakouiller le samedi 29 juillet 2006 à 19:20 Cette région du monde est souvent présentée comme l’un des dernier paradis sur terre, fourmillant d’espèces animales uniques, enveloppé d’une forêt tropicale luxuriante. Les médias nous font admirer de magnifiques photos. La réalité est tout autre…
Goliar Tabuni est l’un des hommes les plus recherchés d’Indonésie. Il est l’un des chefs de la guérilla en Papouasie-Occidentale, la partie ouest de l’île de Nouvelle-Guinée. Cela fait des dizaines d’années qu’il se bat en vain contre les milliers de soldats Indonésiens qui occupent son pays. Ses hommes se battent avec des arcs et des flèches, quelques fusils cabossés, et ils ne peuvent pas gagner. Ils meurent les uns après les autres, et le reste du monde n’est même pas au courant. « Tout ce que nous voulons, c’est la liberté. La liberté. Dis-leur, dis-leur, en Europe, ce qui se passe ici. Si tu leur dis, ils nous aideront, n’est-ce pas ? » dit-il à l’écologiste Paul Kingsnorth, de l’ONG « Free West Papua » qui ne sait quoi lui répondre.
On parle rarement de la Papouasie-Occidentale dans les médias. Quand cela arrive, c’est pour annoncer de nouvelles espèces d’oiseaux de paradis ou de kangourous arboricoles ont été découvertes dans des forêts « inconnues » nichées dans des paysages montagneux. On parle du paradis de l’âge de la pierre des tribus de Nouvelle-Guinée. La Papouasie-Occidentale est, il est vrai, une région extraordinaire, dans la deuxième plus grande forêt tropicale du monde après l’Amazonie, elle abrite 250 tribus qui y résident depuis quarante mille ans et parlent 300 langues distinctes.
La réalité est tout autre car la Papouasie-Occidentale est un pays occupé, où, à vouloir se battre pour la liberté on risque la torture, voire la mort. C’est un pays interdit aux journalistes étrangers et aux représentants des droits de l’homme, rempli de militaires Indonésiens bien armés et à la gâchette facile au moindre signe de dissidence.
Jusqu’au milieu du XXe siècle, ce territoire faisait partie des Indes orientales néerlandaises. En 1949, les Hollandais cédèrent la quasi-totalité de leur empire au nouvel Etat-nation d’Indonésie. Défendant néanmoins l’idée que la Papouasie-Occidentale se trouvait en Mélanésie et ne devrait par conséquent pas être rattachée à l’Asie, ils lui accordèrent l’indépendance en 1961. Trois mois plus tard, l’Indonésie envahissait le jeune pays. L’intervention des Nations unies qui s’ensuivit n’eut que peu d’incidence : en pleine guerre froide le bloc de l’Ouest avait à coeur de ne pas froisser l’Indonésie de Sorkarno, qui était courtisée par l’URSS et la Chine. Pour « sauver la face », il fut conclu que l’ONU superviserait un référendum devant permettre aux Papous de choisir entre l’indépendance et le rattachement à l’Indonésie. En 1969, sept ans après l’invasion, l’ONU assista au trucage du vote sans ciller. En déclarant que les Papous étaient trop « primitifs » pour se faire à la démocratie, le gouvernement de Jakarta sélectionna 1.026 leaders papous « représentatifs » et les menaça de mort avant de leur demander de voter. Le résultat fut donc sans surprise.
L’Indonésie s’engagea ensuite dans une campagne de destruction de la culture papoue. Ceux qui résistaient étaient tués, torturés ou bien « disparaissaient ». Au moins 100 000 Papous ont été tués par les Indonésiens depuis le début de l’occupation. D’après certaines organisations de lutte pour les droits de l’homme, on serait en fait proche des 800 000 victimes. Les richesses naturelles locales (or, cuivre, bois, pétrole, gaz) ont été vendues à des sociétés indonésiennes ou étrangères. Des millions d’hectares de terres ont été confisqués et les opposants passés assassinés. Les soldats Indonésiens ont tué, violé, torturé et brutalisé les Papous en toute impunité, et le massacre continue aujourd’hui. Des dissidents sont tailladés au rasoir ou brûlés vif par les militaires. Des hommes sont jetés en prison pour dix ans simplement parce qu’ils avaient brandi le drapeau de la Papouasie-Occidentale en public. Mais les choses sont peut-être en train de changer. Dans le monde, des organisations apparaissent qui s’efforcent de sensibiliser la communauté internationale. Au Royaume-Uni, une poignée de citoyens a fondé l’initiative Free West Papua.
Le monde doit savoir ce qui se cache derrière les images paradisiaques.
Le racisme tue en Papouasie
’En Papouasie occidentale, les massacres sont motivés par le racisme’, John Rumbiak, militant des droits de l’homme, 2001
Les atrocités commises à l’encontre des Papous, sont dans leur quasi totalité motivées par un racisme profondément ancré à tous les niveaux de la société. Le racisme n’est pas seulement une offense faite au peuple papou, il est surtout utilisé pour justifier l’appropriation de leurs terres et la mort d’un nombre de personnes que l’on estime à près de 100 000. Le génocide continue.
Le postulat raciste qui suppose que les Papous sont des êtres ‘primitifs’, incapables de décider eux-mêmes de leur avenir, a dans un premier temps conduit la communauté occidentale à autoriser la manipulation indonésienne du référendum sur la question de l’indépendance. Le résultat de cela n’est pas moins de 30 années d’oppression et de brutalités perpétrées par l’Indonésie.
‘Je ne peux pas m’imaginer les Etats-Unis, le Japon, la Hollande ou l’Australie mettre en danger leurs... relations avec l’Indonésie sur des questions de principe concernant un nombre relativement limité d’individus extrêmement primitifs’ Diplomate britannique, 1968
Le point de vue raciste qui voudrait voir ‘disparaître les Papous par métissage’ en installant en Papouasie des personnes, ‘plus civilisées’, venues de l’extérieur, a conduit le gouvernement indonésien à mettre en place la désastreuse politique de transmigration. En plus de l’expulsion des Papous de leurs terres, elles risquent également de les rendre minoritaires dans leur propre pays.
‘[La transmigration] était problablement le seul moyen d’assimiler ces individus primitifs, attardés, datant encore de l’âge de pierre, au développement indonésien.’ Mochtar Kusamaatmadja, ministre du gouvernement, Indonésie, 1985
La croyance raciste selon laquelle les Papous ne seraient guère plus que des animaux est utilisée par les soldats indonésiens pour justifier leurs terrifiants actes de violence.
‘Nous ne pouvons rien faire. Tout le monde sait ce que fait l’armée. Ils nous tuent comme des bêtes. Si l’on proteste, d’autres personnes encore seront assassinées.’ Famille du jeune Weni Tabuni, assassiné, 1997 Cette conviction raciste de l’infériorité des Papous permet aux compagnies internationales d’ignorer leurs droits sur des terres qu’ils occupent depuis 40 000 ans.
‘Les étrangers ne nous considèrent pas comme des êtres humains mais comme des créatures dont la suite de l’évolution devrait enfin mener à l’étape d’humain. C’est pour cette raison que ces personnes, et plus particulièrement les compagnies et le gouvernement indonésien, nous traitent comme des animaux, et usent de mesures brutales et cruelles.’ Tom Beanal, chef Amungme, 1999























