"Greening the world..."
Article publié le 2 mai 2007
Dans le contexte du changement climatique et de la flambée du baril de pétrole, le recours à des énergies alternatives est très attendu.
Jatropha curcas est une plante des zones tropicales arides dont les fruits sont riches en huile et qui permet d’envisager des rendements supérieurs à 1800 litres d’huile à l’hectare. Avantage considérable par rapport au Colza ou au Tournesol : sa culture n’entre pas en compétition avec les cultures à vocation alimentaire ou avec les forêts à biodiversité élevée.
Jatropha curcas (également appelée pourghère, pignon d’Inde ou médicinier), est une euphorbiacée aux propriétés médicinales originaire d’Amérique centrale et aujourd’hui répandue dans le monde entier. Cultivée en Amérique centrale depuis l’époque pré-colombienne, elle est appelée bagani en Afrique, piñon de tempate, coquillo, coquito, ou encore cotoncillo dans le monde hispanophone et Pinhão de Purga ou Pinhão de Paraguai dans le monde lusophone (Brésil, Cap vert, Portugal). Le mot tempate dérive d’un mot náhuatl (la langue des aztèques) qui signifie médecine de la bouche, en référence à l’usage de la plante pour soigner des infections buccales.
Composition chimique et utilisations de la plante
Au marché des plantes médicinales de Ver-o-Peso de Belém, Brésil, cette plante est vendue mélangée avec la cucurbitacée Luffa operculata et utilisée lors de rituels afro-brésiliens. L’écorce contient un saponoside stéroïdique. Le fruit, la graine, l’écorce et les racines contiennent de l’acide cyanhydrique, extrêmement toxique, ainsi qu’une lectine, plus précisément une toxalbumine très toxique appelée curcine, molécule proche de la ricine du ricin (les lectines sont des protéines qui ont la capacité de se lier à des glucides et qui sont utiles à la protection de la plante, par exemple contre les insectes). Les fruits (ainsi que les 2 ou 3 graines qu’ils contiennent) ont des propriétés contraceptives.
Au Gabon, les graines moulues et mélangées avec de l’huile de palme sont utilisées pour tuer les rats. Plusieurs intoxications sévères furent décrites dans la littérature chez de jeunes enfants mais tous eurent une issue rapidement favorable. Cependant, la très forte toxicité de la curcine rend toujours possible un décès par consommation de Jatropha curcas. Du fait de la mauvaise odeur que dégage la plante et de sa toxicité, les animaux ne la consomme pas et elle est donc utilisée, au Mali par exemple, pour faire des haies.
Jatropha curcas produit un fruit riche en huile (le fruit entier contient 25% d’huile et les graines 37%). L’huile est non siccative et est constituée des glycérides des acides stéariques, palmitique, myristique, oléique et linoléique, d’une résine amorphe et un sistostérol, d’un mucilage composé de xylose, rhamnose, acide galacturique et enfin de curcine.
L’huile peut être utilisée pour produire du carburant vert, des substituts d’huiles industrielles, du savon (avec de la soude caustique, ou, de manière plus rustique, avec des cendres de bananes brûlées), des bougies ou encore du vernis (après oxydation avec des oxydes de fer). Elle est par exemple utilisée pour l’éclairage public de rues près de Río de Janeiro et pour alimenter des groupes électrogènes de nombreux villages au Mali. Les fruits séchés et couverts d’huile de palme s’utilisent comme torches qui peuvent être utilisées même avec des vents puissants. L’huile est aussi utilisée comme purgatif, par exemple au Portugal (huile produite au Cap vert)...Mais à utiliser en très petite quantité, la méthode est radicale et la consommation d’une trop forte quantité est très dangereuse. Elle est aussi utilisée pour soigner des maladies de la peau et pour calmer les douleurs rhumatismales. Le latex possède également des propriétés antiseptiques.Un extrait éthanolique de Jatropha curcas a été confirmé in vitro et in vivo efficace contre la leucémie.
Le jus de la feuille a une couleur rouge et colore les tissus d’une couleur noire indélébile. L’écorce contient 37% de tanins qui donnent une couleur bleu obscur (le latex contient également 10% de tanins). Les tourteaux obtenus après extraction de l’huile par pressage à froid sont de très bons fertilisants (teneur en azote égale à celle des fiante de volaille). La plante est fixatrice d’azote (bactéries symbiotiques au niveau de son appareil racinaire). Détoxifiés, ils peuvent servir pour nourrir le bétail ou les volailles compte-tenu de leur teneur protéique élevée (55-58%). Cette plante qui pousse en zone tropicale aride ou semi-aride permet de lutter contre l’érosion des sols et est utilisée à cette fin en zone sahélienne, au Cap Vert et en Bolivie. A Madagascar, elle sert de tuteur pour la culture de vanille.
Jatropha : l’or vert du désert
L’énorme avantage écologique de Jatropha curcas dans la perpective d’une production en masse de carburants verts est que sa culture en zone aride n’entre pas en compétition avec les cultures alimentaires ou les forêts. Le développement des carburants verts classiques a un impact environnemental non négligeable : en Malaisie, des forêts très riches sur le plan de la biodiversité et habitat notamment de l’Orang outan sont détruites pour planter des palmiers à huile. Au Mexique, le prix de la tortilla, aliment de base de la population, a flambé récemment du fait de l’achat du maïs par les USA pour produire de l’éthanol).
Le rendement moyen en huile avec Jatropha curcas est de 1892 litres d’huile pas hectare et par an mais des rendements 4 ou 5 fois supérieurs sont possibles (rendement en huile du Colza : 572 litres/ha/an ; du tournesol : 662 litres/ha/an ; du soja : 446 litres/ha/an). Si seulement 3% de l’Afrique était plantée en pourghère, cela lui fournirait un revenu annuel de plusieurs dizaines de milliards d’euros. L’Inde a lancé un programme de plantation à grande échelle de cette plante et sélectionne actuellement les cultivars aux meilleurs rendements. L’objectif est de cultiver avec Jatropha curcas 11 millions d’hectares (à comparer à la perte annuelle de 2,4 millions d’hectares de forêt amazonnienne, notamment pour cultiver de la canne à sucre pour produire de l’éthanol). D’important projets ont également été lancés à Madagascar et dans d’autres pays africains (entreprise anglaise D1 Oils, entreprise israélienne Tom Investment, filiale de Madagascar Mineral Fields, etc.). A Madagascar, le litre d’huile de Jatropha est vendu entre 0,20 à 0,28 dollar. En Inde, il coûte 0,40 dollar.
Exigences écologiques de Jatropha curcas (paramètres climatiques et édaphiques dans les conditions naturelles) :
- Précipitations annuelles : 300 à 1000mm (et plus si sol bien drainé)
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Période sèche : 3 à 6 mois
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Altitude : 0 à 1500 mètres
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Température maximale moyenne du mois le plus chaud : 34°C
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Température moyenne annuelle : 18 à 28°C
Où la plante croît-elle le mieux ? A une altitude inférieure à 1000 mètres, dans des secteurs arides ou humides, en plaine ou sur des collines, avec des précipitations de 600 à 1200mm et des températures de 18 à 28°C, même si elle peut être plantée sur des sites où la température moyenne mensuelle monte à 34°C. Elle aime les sols pauvres mais les préfère bien drainés. Des sols trop compacts limitent la croissance racinaire. Cet espèce au port arboré ou arbustif qui peut atteindre 8 mètres de haut produit des fruits pendant quarante ans environ et ses qualités insecticides et fongicides conduisent à un usage limité de pesticides. L’espèce peut être attaquée par Lagocheirus undatus, Panthomorus femorauts, Leptoglossus zonatus, Pachycoris torridus et Nezara viridula
Références : - Oxford Plant Systematics - Jatropha curcas :
http://herbaria.plants.ox.ac.uk/adc/downloads/capitulos_especies_y_anexos/jatropha_curcas.pdf - Site de référence, créé par le Reinhard K. Henning, le père du Système Jatropha :
http://www.jatropha.net - Site indien de promotion de Jatropha curcas,
Greening the earth, earning the resources for rural masses :
http://www.jatrophabiodiesel.org - Forum francophone sur Jatropha curcas :
http://jatropha.forumactif.com
Reinhard K. Henning
Thèmes
Biodiversité Plantes Végétaux Climat Transports Huiles végétales Guérir Agrocarburants Energies renouvelables
Bonjour,
Le magazine Effervesciences (bimestriel) consacre également un dossier sur cette plante. A trouver (rarement) en librairies, un magazine très, très intéressant !
Bonjour, j’ai fais une étude complète sur la production de l’huile de Jatropha de façon industrielle. Je dispose de 5OOOha de terre au Bénin. Je recherche un partenaire financier pour la production et la transformation du JATROPHA. Nous pouvons avoir en moyenne 1200 Litres d’huile par hectare soit 6 millions litres d’huiles au total. Je vous rappelle également que le Bénin consomme 16,830 baril par jour de pétrole.
Pour tout vous renseignements sur le Jatropha n’hésiter pas à me contacter. Amzath1@yahoo.fr
j’aimerai avoir l’adresse de fournisseurs de semence de jatropha. je suis trés interéssé par cette culture.
Je crois que la culture de cette plante dans les pays du sud sahelien,peut apporter un soulagement aux paysans des contrés lointain la ou la population n’a pas assez des moyens pour s’acheter du petrol lampant.En plus l’huile provenant du jatropha curcas, sera d’une utilitée pour la cuisine d’ou arret net de la deforestation des forets. Je pense que les pays riches devraient decaisser quelques millions d’euros pour aider les pays pauvres à créer des plantations de jatropha.
Thank you for your article on Jatropha curcas. With interest I read that Jatropha curcas can produce 1892 liters of oil per hectare per year.
In order to improve drought tolerance in plants I founded Flourishing Desert in 2005.
Technically it is possible to make plants that use less water by using cactus-DNA. The advantages are great because there is so much arid land on our planet currently underutilized.
Any target crop can be treated to make it more drought tolerant.
Jatropha curcas may be interesting. I am looking for a crop of which not only the fruits but (as much as possible) the whole plant can be used for the production of biofuels.
When we use arid land for the growth of drought tolerant plants we can get food and biofuels. Indeed, we do not ’steal away the tortilla’s from the Mexicans’ nor ’do we destroy the habitat of the orang utangs’. On the contrary.
This is also a good way of tackling the ’CO2-challenge’. A plant uses CO2 and produces O2, so a plant does the opposite of what for instance a car engine does.
There are billions of euro’s to be put in all sorts of funds to deal with the CO2 problem, but the solution or at least part of the solution ’only’ needs euro 25 million.
Please respond. I am looking forward to your reply.
Yours sincerely,
Wichard A. de Waard
nous sommes convaincu le jatropha peut aider la Cote d’ivoire à s’iscrire dans le developpement durable en protégeant l’environnement et en participant à l’amélioration des revenus des populations. voila pour quoi nous offrons les semences, boutures et pépinières au populations. appelez le +225 09 15 67 96 ou le +225 08 25 67 23 ou ivoire_jatropha@yahoo.fr
merci
Mon approche a évolué à propos de Jatropha depuis mai 2007 :
La culture de Jatropha curcas, plante qui peut pousser dans des conditions difficiles, a un intérêt pour les populations défavorisées qui ne peuvent pas, par exemple, acquérir des panneaux photovoltaïques pour produire de l’électricité. Avec l’huile, ces populations peuvent alimenter un groupe électrogène. L’électricité obtenue permet de répondre à des besoins de base : produire du froid (réfrigérateur) pour conserver médicaments et aliments, alimenter un ordinateur pour avoir accès à l’information etc. L’huile peut aussi servir à alimenter le moteur d’une pompe à eau ou d’une plateforme multifonctionelle.
En Afrique, Asie et Amérique du sud, l’exploitation des terres et des populations locales défavorisées par des compagnies qui vendent l’huile de Jatropha aux USA ou en Europe pour en faire des carburants automobiles est un non-sens total sur le plan social et écologique.
A noter que des plantes type Pongamia pinnata ont non seulement un rendement à l’hectare en huile supérieur à Jatropha curcas, mais de plus un intérêt écologique considérable via la fixation de l’azote atmosphérique
Quelques notes à propos de ce billet, 2 ans après !
"L’énorme avantage écologique de Jatropha curcas dans la perpective d’une production en masse de carburants verts est que sa culture en zone aride n’entre pas en compétition avec les cultures alimentaires ou les forêts."
Maheureusement, les pratiques actuelles font que sa culture entre en concurence avec les cultures alimentaires. De bonnes terres sont utilisées car en zone très aride, le rendement est trop faible.
"Le rendement moyen en huile avec Jatropha curcas est de 1892 litres d’huile pas hectare et par an mais des rendements 4 ou 5 fois supérieurs sont possibles"
Ces données sont très sur-estimées. Le rendement moyen est de 500 litres (plus d’informations ici : http://www.electron-economy.org/art... )









