Les médias, les groupes de travail du Grenelle de l’environnement sont tous focalisés sur le réchauffement climatique, les gaz à effet de serre, le développement durable, les OGM... et c’est une très bonne chose. Mais n’oublions pas le parent pauvre de cet élan environnemental, qui pourtant est imbriqué dans l’ensemble de ce schéma, la biodiversité.
Ce patrimoine historique et culturel s’appauvrit de jour en jour : chaque année, 50 à 100 000 espèces disparaitraient dans le monde. Pour le citoyen, une espèce disparaît et bien... une espèce disparaît, et alors ? En réalité, une espèce disparaît et une chaîne alimentaire est déréglée.
Dans les années 1920, le dernier loup du Parc de Yellowstone fut abattu. Quelques décennies plus tard, le nombre des trembles (arbres aux si jolies couleurs automnales) a fortement régressé, les castors ont disparu, le visage du parc est métamorphosé. Pourquoi me direz-vous ? Parce que les loups disparus, leurs principales proies à savoir les élans, se sont multipliés. Pour se nourrir, ceux-ci ont brouté les jeunes pousses d’arbustes (dont les trembles) et les bosquets en bordure de rivières qui permettent de maintenir les berges en place. Avec les arbres, les castors ont aussi disparu alors que la population des coyotes, elle, croissait, diminuant ainsi les populations de rongeurs et ainsi celles de leurs autres prédateurs. Depuis 1995, on a réintroduit avec succès le loup et les diverses populations se rééquilibrent.
Et l’éléphant d’Afrique ? Le mammouth a bien disparu et la Terre tourne encore ! L’éléphant est un symbole mais a-t-il lui aussi son utilité ? 40 % de ce qui est ingurgité par le pachyderme n’est pas digéré dont un bon nombre de graines. Les excréments reprennent donc quantités de celles-ci et se trouvent être un excellent substrat pour leurs pousses. Ainsi, l’éléphant détruit mais participe en même temps à la diversité et à la replantation et propagation de certaines espèces de plantes et arbres. Les familles d’éléphants sont dirigées par une matriarche, garante de la mémoire qui, durant les étés chauds, sait où creuser le sol avec ses défenses et trouver des sources. C’est pourquoi, bien souvent, durant ces étés où il est difficile de trouver de l’eau, vous verrez une cohorte d’espèces suivre les groupes de pachydermes pour profiter de leurs trouvailles.
Les requins, tant redoutés et tout autant appréciés pour leurs ailerons contribuent eux aussi à l’équilibre. Dans certains lieux comme la mer des Caraïbes, leur disparition engendre l’augmentation du nombre de raies pastenagues, une de leurs principales proies. Cette dernière entre donc en concurrence avec l’homme dans la pêche aux crustacés. Plus proches de nous, les hérissons pâtissent de la présence de l’homme (voitures, mets de choix pour certains, intoxications chimiques...) alors que leur maintien dans nos jardins permettrait de diminuer l’utilisation de pesticides et autres anti-limaces et donc la pollution de nos terrains. Les chats qu’on abandonne aux vacances et qui se multiplient ou encore les chats domestiques qu’on laisse divaguer ont besoin de se nourrir. Une concentration trop importante de chats provoque ainsi rapidement la disparition des petits passereaux et autres oiseaux qui ont pourtant eux-aussi leur place à tenir dans un écosystème équilibré.
Lorsqu’on parle de réchauffement climatique, la majorité entend survie de la Terre. La biodiversité est essentielle à notre vie et constitue un patrimoine dans lequel l’homme puise tous les jours sa pitance et son inspiration. Des vagues de disparitions d’espèces ont déjà eu lieu mais sur des laps de temps beaucoup plus longs, laissant ainsi le temps à la biodiversité de s’adapter. Aujourd’hui, on ne lui laisse pas ce luxe. N’oublions pas une chose, la Terre en a vu d’autres et elle survivra à l’apparition de l’homme et à sa disparition !
Il y a un groupe de travail sur le thème de la biodiversité. C’est le groupe 2 et il fonctionne avec efficacité. Le cahier de propositions présenté par FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT (et LPO et LIGUE ROC) contient des mesures à débattre dans le groupe. Elles sont issues du travail intense des élus bénévoles et des salariés des associations membres. Pour avoir toutes les informations sur les négociations, lire le cahier de propositions et consulter les compte-rendus filmés des réunions des groupes de travail : rendez vous sur : http://fne-grenelle.blogspot.com/ cordialement Nelly












