
Photographie : Olivier Martin Delange
Aux petites échelles de nos appartements même en pleine zone urbaine, il est possible de favoriser la biodiversité de multiples manières, sans pour autant renoncer à des ambitions de jardinage classique.
Pour exemple, ces jours-ci, j’avais collecté deux chenilles vertes sur
mon Echium pinana. Je me doutais bien d’une attaque de cette nature
face aux trous caractéristiques qui ponctuaient les feuilles les plus
basses, mais jusque là les chenilles étaient trop petites pour que je
les remarque sans chercher avec méticulosité. Finalement ayant atteint
une taille de déjà plusieurs centimètres je ne pouvais plus faire comme
si je ne les avais pas vu ! Je leur ait donc fait subir le traitement
par lequel passent toutes les chenilles que je trouve sur mes bords de
fenêtre : l’isolement dans un petit vivarium. C’est un compromis, je
les nourri à partir de la plante sur laquelle je les ait trouvé, mais
ainsi au lieu de les laisser trouer toutes les feuilles au risque
d’abîmer la plante, je sélectionne quelques feuilles, que je leur donne
morceau par morceau, chaque soir, et je vaporise tôt le matin le
vivarium (une petite boite de plastic avec des trous au-dessus) pour
imiter la rosée. Ainsi, l’élevage de ces deux chenilles ne m’aura
coûter que deux feuilles ! Et ma Vipérine géante a gardée toute sa
beauté, et quasiment toute son intégrité.
Cette méthode d’élevage a été un grand succès l’an dernier lorsque
presque chaque matin je pouvais libérer les papillons qui venaient de
sortir de leur chrysalide. Mais c’était alors des piérides du chou, qui
se régalaient de feuilles de mes capucines.
Sur une plante urticante et coriace comme ma vipérine, je me demandais bien quel papillon allait en émerger…
J’avoue que je ne suis pas très informé en lépidoptère et je suis bien
incapable d’identifier les deux charmants papillons de nuit que j’ai pu
libérer hier matin. Mais en dépit de la simplicité de leur robe et de
la forme en copeaux de bois qu’ils prennent avec leurs ailes repliés,
je les ai trouvé particulièrement jolis, ponctués de petits points
métalliques et très brillants dans la lumière dont on aurai juré qu’il
s’agissait de petit rond de feuille d’or.
Autre exemple, des larves de hannetons peuples mes balconnières, mes
plantes ne s’en trouvent pas si mal et grâce au sacrifice de quelques
racines j’ai la chance de voir, parfois, apparaître un de ces gros
insectes marron aux antennes si amusantes.

Il parait si simple de favoriser la vie, même là où on ne l’attendrait pas. Et pourtant, malgré les modèles de jardinage, d’agriculture ou de sylviculture durable, on en est aux OGM…
Quelle population d’insectes diversifiée pourrait peupler Paris si chaque fenêtre était le lieu de quelques plantes et un peu de terre sans engrais ni insecticide ? Quelle quantité de miel pourrions-nous produire par exemple ? Quel volume d’air assainit ? Les solutions les plus simples sont parfois d’une efficacité inattendue.
A quand le « verdissement » de cette triste et minérale Tour Eiffel ?
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Nous sommes ravi que des échiums pininana soient si bien élevées et chouchoutées.Passionné, et passionnée, voila le site et bon surf.












