Article publié le 20 septembre 2007
La forêt ombrophile ou pluvieuse occupe un peu moins d’un dixième de la superficie de toutes les forêts, soit 12,3 millions de km², mais elle abrite largement le plus de biodiversité spécifique. Ces forêts dites tropicales humides, ou ombrophiles, ou rain forests se situent entre les deux tropiques et sont donc dites intertropicales, elles suivent globalement l’équateur thermique (ou météorologique).
- En Amérique du Sud, ces forêts sont très présentes - notamment dans le bassin de l’Amazone et le plateau des Guyanes -, elles occupent plus de 5 millions de km² soit près d’un tiers du continent.
- En Amérique centrale, ce biome est observable dans toute la partie sud de la région.
- En Asie, il y a près de 3,5 millions de km² de forêt ombrophile, elles sont dans le Sud-Est asiatique, à l’exception d’une partie centrale de l’Indochine occupée par des forêts tropophiles, elles s’étendent de la Chine septentrionale à la Nouvelle-Guinée et laissent parfois la place aux mangroves sur les côtes.
- Sur la côte ouest de l’Afrique elles couvrent la zone située sur l’équateur, de la Guinée au Gabon puis elles remontent quelque peu le cours du Congo toujours en suivant le parallèle 0°.
- Sur le littoral est, la forêt tropicale se fait plus rare, elle n’est plus représentée que près du littoral kenyan, proche des mangroves ainsi que sur la côte Est de Madagascar et les îles avoisinantes comme l’île de la Réunion. En raison de la dense forêt, la lumière y pénètre difficilement. Même si ce biome est le plus riche et le plus complexe de la planète, le sol de la forêt pluviale n’en reste pas moins fragile, mince et pauvre étant donné que les éléments nutritifs sont captifs de la végétation. Tout élément décomposé est en effet réutilisé rapidement et remis en circulation ou entraîné dans les eaux souterraines.
- Biodiversité, cycle de l’eau, exploitation forestière, produits non forestiers, pharmacopée, puits de carbone… La déforestation concerne plus de 10 millions d’hectares par an de forêt primaire. Toutes les forêts équatoriales du globe sont concernées. 180 000 espèces d’arthropodes (embranchement d’animaux articulés) par an, 300 espèces d’arbres par an…Sources : World Conversation Union, FAO.
Les conséquences de la déforestation
L’abattage des forêts supprime des habitants naturels et menace gravement la flore et la faune présentes. Il conduit à la réduction de la biodiversité. Dans des régions comme l’Amazonie, où vit une flore variée et unique, on craint une véritable catastrophe pour notre patrimoine mondial. Les forêts absorbent beaucoup de lumière du soleil pour la photosynthèse et seulement environ 12 à 15% de lumière est reflétée. Les grandes quantités d’énergie absorbées par les forêts agissent pour stimuler les courants de convection dans l’air qui augmentent ainsi, la production des précipitations. Les forêts tropicales sont en particulier des endroits très humides. Les régions déboisées, en revanche, reflètent environ 20% de la lumière du soleil. Les régions déboisées par conséquent, peuvent devenir plus sèches en raison de la perte de végétation, augmentant le risque de désertification.
La corrélation entre les déforestations dans le monde et les modifications climatiques semble être une des principales causes de modifications climatiques de la planète. La déforestation entraîne la désertification ! Exemple : le Sahara avance chaque année et réduit ainsi l’espace vie, de millions de personnes. Famines, mouvement de populations, déstabilisations politiques, deviennent sources de préoccupations mondiales. Beaucoup de gens ne se rendent pas compte que l’avancée inexorable, du Sahara joue un rôle considérable dans le changement climatique général de l’atmosphère ! Depuis une dizaine d’années, il n’y a jamais eu autant de bouleversements climatiques. La fonte des glaciers, le réchauffement de la planète, les inondations, les records de chaleurs, les tempêtes... D’ici moins de 100 ans, certaines îles risquent de disparaître à cause de la montée des eaux si rien n’est fait.
Les arbres absorbent également le dioxyde de carbone de l’atmosphère pour la photosynthèse, et aident donc à réguler l’effet naturel de serre. Le déboisement enlève un puits potentiel pour le dioxyde de carbone que l’homme libère dans l’atmosphère. En outre, si des forêts sont retirées par le feu, du dioxyde de carbone supplémentaire emprisonné dans le bois des arbres est retourné dans l’atmosphère en venant s’ajouter au dioxyde de carbone déjà trop important, la faune, les ethnies locales, la pollution du sol et sous sol( mines) … Je peux continuer ainsi sur des pages et des pages…
Le plus grave : Les forêts tropicales vont commencer à dépérir, particulièrement en Amazonie en raison d’une diminution des pluies et d’une augmentation des températures de 7°C. Cette augmentation est la conséquence du changement climatique provoqué par les hommes. Source : Revue Sciences.
Pourquoi la déforestation ?
Les pays en développement utilisent le bois issu de la déforestation pour son exportation (pour les bois précieux : acajou etc.) vers les pays riches et payer ainsi la dette externe. Ils l’utilisent aussi, pour se chauffer (pas de gaz, ni d’électricité, ni de pétrole). Les pays riches l’utilisent pour faire du papier (avec des arbres à croissance rapide, et donc de faible valeur). Comme le dénonce Greenpeace, les compagnies détruisent les forêts primaires (forêt non touchée par l’exploitation), et agissent parfois dans la plus profonde inégalité. Ces compagnies ont en plus un effet d’entraînement négatif car elles facilitent le déboisement en construisant des routes permettant un accès encore plus important. Dans certains cas, la déforestation peut s’avérer bénéfique, il est possible que cela représente une solution pour utiliser la terre de façon plus productive. Mais ce qui est tragique, c’est que la plupart des terres qui ont été déboisées au cours des dernières décennies ne conviennent pas à l’agriculture ni à l’élevage à long terme et qu’elles se détériorent rapidement une fois les terres forestières déboisées et brûlées. Nicolas Hulot, s’indignait en 1997 : “Non seulement, en dévastant la forêt équatoriale l’Homme commet un sacrilège, anéantissant les plus belles expressions de la biodiversité, mais de plus il commet la plus belle des bourdes à l’égard de l’Humanité car son sort est indissociable de celui de la grande forêt.”
Mais il faut croire que cela n’émeut pas tout le monde. Ainsi, à Paris, le parvis de la Bibliothèque Nationale de France a été construit avec ces bois exotiques : il s’agit notamment d’ipé venant du Brésil. De ces bois tropicaux on en trouve, un peu partout, notamment dans les constructions publiques, ce qui montre que la protection de l’environnement n’est pas prise en compte. Les Etats membres de l’Union européenne contribuent à la déforestation des pays pauvres par l’importation massive de bois issu d’une exploitation illégale des forêts en Asie, en Amérique latine et en Afrique. (WWF).
Les mesures permettant de limiter la déforestation
Une réunion et un grand plan mondial, est obligatoire et d’extrême urgence ! Implication réelle de l’ONU… Une des mesures permettant de limiter la déforestation est la replantation. Mais celle-ci ne résout pas forcément les problèmes des forêts. En effet lorsqu’on replante, on ne rétablit pas toute la biodiversité ce qui entraîne des forêts beaucoup plus fragiles. A ce problème s’ajoute le fait que la replantation augmente paradoxalement la déforestation, la logique économique l’emportant une fois de plus sur les consciences environnementalistes. Mais il existe aussi des solutions, celles-ci passent par une intervention des états. Ainsi il est nécessaire que des lois mondiales soient prises pour limiter l’ampleur de la déforestation. Il faut planifier un temps entre chaque coupe (de l’ordre de 20 à 30 ans) et un meilleur respect de la forêt lors de son exploitation. Il faudrait empêcher la conversion des forêts, créer de nouvelles réserves de carbone. Interdire les importations de bois provenant des forêts primaires, réduire la consommation, plus de satellites pour la surveillance et études, recherche sur des produits de substitutions, Demander une augmentation des certifications du bois. On connaît aujourd’hui toute l’importance de la provenance des produits pour les consommateurs si bien qu’en 1993 a été crée la Forest Steward Council (FSC) pour appuyer les demandes de certifications. Développer le commerce équitable comme le café ou les bananes, pour les pays concernés, aider les associations et ONG, etc.
C’est un minimum pour la continuité du genre humain.
Très bon plaidoyé pour l’intérêt de sauvegarder NOS forêts tropicales.
Mais, hélas, trois fois hélas, je crains le pire !
J’ai en effet récemment entendu des "responsables" arguer que vu la croissance des pays "émergeants", les besoins alimentaires augmentaient corollairement, et que donc on allait devoir "augmenter les surfaces cultivables" : suiver mon regard !
D’autant que l’épuisement progressif des ressources pétrolières incitait les Etats à faire produire par leurs agriculteurs des "agro-carburants" !
Ceci ajouté à cela je crains pour les forêts, même non tropicales...
Les chinois veulent manger de la viande comme les européens, c’est ça le problème, cherchez pas plus loin. Il faut 7 fois plus de surfaces cultivables* pour nourrir un omnivore que pour subvenir aux besoins d’un végétarien ... et je ne vous parle pas du gachis d’eau et d’emmission de méthane.
Je me doute que ça vous gave d’entendre ça mais le problème n’est pas ailleurs.
Selon la formule du directeur général du Centre international pour la recherche forestière, David Faimowitz, "nous pouvons dire que les éleveurs transforment les forêts de l’Amazonie brésilienne en viande hachée."
http://www.delaplanete.org/Rien-de-...
On en revient toujours au meme .... maitenant la culture du soja (destiné a 90% à nourrir le bétail occidental)... "L’Amazonie asphyxiée par le soja" http://www.lemonde.fr/web/article/0...
dont le journaliste n’a pas eté jusqu’a faire le lien avec son repas de la veille.
Denoncer c’est bien ... agir c’est mieux. Devenez végétarien ou diminuez au moins votre consomation de viande, ca coute moins cher et vous serez en meilleur santé (donc economie sur le dos du medecin). C’est pas un bon plan ça pour les econo-écolo ?
Exact pour la viande : dépense importante d’énergie pour nourrir le bétail (en comparaison des protéines végétales), émission de méthane et coût de la viande par rapport aux végétaux. C’est définitivement écono et écolo. Article sur ce thème : http://www.econo-ecolo.org/spip.php...
C’est un peu plus pire que ça et vous oubliez de préciser que l’on vit tres bien* sans consommer de viande du tout, mais c’est un bon début.
Bonne continuation !
*Mieux meme selon la majorité des instituts de dietetique ie L’American dietetician association (eatright.org) ou dieteticians of canada, british medcal journal... y en plein d’autes mais je les connais pas tous
Merci encore pour cette article.
Un tout petit geste simple, rapide : www.therainforestsite.com C’est quand même 28 000 de km carrés qui auraient été préservés en 1 an par des "clicks"
La course aux biocarburants constitue une vraie menace pour les foret ;provoquant une accéleration sans précédent à la déforestatin.
Combattre la déforestation couterait moins cher que d’en subir les conséquences.
À AGOUZAL, qui a écrit « La course au biocarburants constitue une vraie menace pour les forêts »
C’est pourquoi le terme « biocarburants » est impropre et même dangereux puisqu’il confère aux « agrocarburants » une qualité qu’ils n’ont pas et fait croire à un pouvoir illusoire.
Leur pouvoir destructeur ne se limite pas à l’extinction des forêts, puisque, par les bénéfices que leur culture engendre, les « agrocarburants » menacent l’ensemble de la nature, y compris les terres réservées, jusqu’à présent, aux cultures alimentaires. Dans les pays pauvres, cela pourra occasionner de véritables drames.
Et, de toute façon, l’ensemble des terres cultivables converti en culture « d’agrocarburants » ne suffirait pas à produire suffisamment pour remplacer les combustibles fossiles.
Il est donc essentiel de ne pas se laisser entraîner par l’effet de mode et la promesse fallacieuse d’une bonne conscience, et de maintenir la culture des "agrocarburants" dans des proportions raisonnables.
à econo-ecolo qui a écrit : « Les pays en développement utilisent le bois issu de la déforestation pour son exportation (pour les bois précieux : acajou etc.) vers les pays riches et payer ainsi la dette externe. Ils l’utilisent aussi, pour se chauffer (pas de gaz, ni d’électricité, ni de pétrole). Les pays riches l’utilisent pour faire du papier (avec des arbres à croissance rapide, et donc de faible valeur). Comme le dénonce Greenpeace, les compagnies détruisent les forêts primaires (forêt non touchée par l’exploitation), et agissent parfois dans la plus profonde inégalité. »
Lorsque je suis allé travailler en Côte d’Ivoire, en 1962, les forestiers trouvaient trois fûts abattables par hectares à quelques dizaines de kilomètres d’Abidjan.
Lorsque j’en suis parti, en 1981, les forestiers ne trouvaient plus qu’un seul fût exploitable par hectare, et il fallait aller le chercher à plus de cent kilomètres.
Ce n’est pas en enlevant un, ni même trois arbres par hectare qu’on détruit une forêt.
Les « compagnies » (je suppose d’exploitation forestière) que se plait à "dénoncer" Greenpeace n’agissaient pas de leur propre gré, mais après accord officiel octroyé (à titre onéreux) par l’administration du pays concerné(1). Le gouvernement taxait également le bois à l’exportation, touchant ainsi des deux côtés.
Seul le gouvernement construisait des routes.
Les « compagnies » d’exploitation forestière se contentaient de tracer des pistes, le moins large possible pour amoindrir leur coût, sans revêtement. La trace de ces pistes s’efface en quelques mois, remplacée par une végétation nouvelle.
Durant ces vingt années, la lecture des journaux locaux et internationaux m’apprenait que le gouvernement se glorifiait de mettre, chaque année, plusieurs centaines de milliers d’hectares de forêt naturelle (ou dite « primaire ») en culture.
Parce que je lisais les journaux commerciaux internationaux, je peux dire que cela s’est produit dans toute l’Afrique tropicale, à la satisfaction quasi générale, et mes contacts me disent que ce modus operandi est toujours en vigueur sans que personne s’en offusque, sauf que certains organismes multinationaux continuent à stigmatiser les pratiques, pourtant parfaitement légales et peu pénalisantes pour la forêt, des « compagnies » d’exploitation forestière.
Par ailleurs, il est exact qu’une partie non négligeable de la forêt naturelle (que certains disent « primaire ») part allègrement en fumée, le bois de chauffe étant très utilisé en Afrique, à défaut d’une énergie moins chère.
(1) utiliser le verbe "dénoncer" alors qu’il s’agit d’opérations parfaitement légales et aucunement immorales, est un abus de langage confinant à la calomnie










