Article publié le 27 mai 2008
Les pécheurs sont en grève et bloquent les ports français pour cause de prix très élevé du gazole mais aussi parce que les quotas de tel ou tel type de poisson sont très difficiles à appliquer. Pour le prix du gazole je crains qu’il n’y ait pas grand chose à faire dans les règles de concurrence qui sont les nôtres, à part un traitement social du problème comme l’annonce très précautionneusement Michel Barnier, qui connaît bien Bruxelles.
Pour nos médias qui ne semblent pas avoir de curiosité, il serait pourtant intéressant de savoir si les espagnols qui ont la plus grande flotte de pêche d’Europe, bloquent aussi leurs ports et si non qu’est ce qui différencie les problèmes et les attitudes d’un coté et de l’autre des Pyrénées ?
Revenons sur le problème des quotas. Vous avez peut-être eu comme moi l’occasion de voir une émission sur la pêche dans laquelle on voyait les pêcheurs, en relevant leur filets, faire le tri de leurs prises et rejeter à la mer les cabillauds qu’ils ne peuvent pêcher. Cabillauds dont il ne paraissait pas évident, une fois rendus à leur élément naturel, qu’ils y survivraient longtemps. Peut-être les pécheurs et les journalistes voulaient-ils forcer le trait pour leur cause mais en tous cas, cela traduisait bien l’illogisme d’une réglementation qui demande de trier les prises à posteriori alors que dans la mer toutes les espèces sont mélangées.
Un des patrons pêcheurs m’a paru, par contre, présenter une idée qui permette de protéger les espèces en danger de disparition tout en permettant aux pêcheurs d’exercer leur métier dans des conditions normales. Il s’agissait de mettre en place en mer des zones de jachères c’est à dire dans lesquelles il serait temporairement interdit de pêcher. Comme sur la terre ferme où nous avons défini des zones non cultivables. Au lieu de pêcher ces espèces jusqu’à certains quotas et de devoir les rejeter au dessus avec le déchet que l’on imagine, on offrirait aux poissons des zones où ils ne seraient pas pêchés du tout et d’autres où la pêche se ferait sans précautions particulières.
D’après le patron pêcheur en question, cette pratique de partage des zones de pêches existe depuis longtemps entre pêcheurs anglais et français des deux cotés de la Manche et fonctionne à la satisfaction de tous. On peut en plus faire tourner les zones de jachères, années après années.
Il n’est bien sur pas évident de faire respecter un tel système mais à l’époque des GPS et des balises Argos, il ne me paraît pas particulièrement difficile à mettre en place et à faire respecter.
Transmis aux autorités de Bruxelles, à l’Ifremer et à tous les experts qui se penchent sur le problème. Les idées les plus simples sont parfois les meilleures…
lien image : http://images.google.fr/...
les idées ne manquent pas, encore une fois c’est la volonté qu’il faut,...
Il y aurait certainement beaucoup mieux à faire qu’une simple jachère, et j’expose cela dans "Ravageurs des mers".
Il s’agit de favoriser la productivité des mers, et c’est tout à fait possible.
Nous avons dans ce domaine quelques siècles de retard sur les japonais : il nous sera difficile de le rattraper mais c’est à tenter.
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