Article publié le 2 avril 2008
“Je pense que le XXIe siècle sera un siècle de restructuration autour d’un nouveau modèle qui verra l’homme placé au coeur des préoccupations. La question des OGM est un combat d’arrière-garde, mené par ceux qui pensent encore que l’économie l’emporte sur l’homme : des obscurantistes qui ferment les yeux sur le devenir du monde.”
“Il faut continuer la recherche et ne pas se précipiter dans la prise de décision. J’ai eu le privilège de vivre le Grenelle de l’environnement de l’intérieur, en tant que président du groupe sur la biodiversité et de l’intergroupe sur les OGM. J’en ai tiré la conviction que la biodiversité doit être protégée à tout prix et que les OGM constituent un inconvénient à ce niveau. Leur intérêt est plus que douteux, y compris pour les agriculteurs.” Voilà ce qu’a déclaré Jean-François Le Grand à Gilles van Kote, dans le Monde de ce soir. Il affirme aussi qu’il ne va pas renoncer à faire valoir son point de vue au sein de son parti (l’UMP) lors de la seconde lecture de la loi au Sénat : “je déposerai à nouveau des amendements et j’essayerai d’expliquer posément à mes collègues pourquoi je ne suis pas d’accord avec eux. Lors de la première lecture, certains se sont réfugiés dans une attitude confortable qui consiste à chasser en meute plutôt que de se poser les questions de fond. J’ai retiré mes amendements pour obliger le groupe UMP à se retrouver face au gouvernement. En un week-end, j’ai reçu 1 700 mails d’encouragement. L’Elysée et Matignon m’ont fait passer des messages dans le même sens.”
Je trouve cet homme courageux, car la pression qu’il doit subir au sein de son propre parti sur cette question est assurément forte. Il souligne aussi sans ménagement les tractations faites par la firme Monsanto auprès des autres membres de la Haute Assemblée : “Certains ont fait main basse sur l’UMP afin de défendre des intérêts mercantiles, “ripolinés” pour les rendre sympathiques : on a parlé de l’avenir de la science, de celui de la recherche… La force de frappe de Monsanto et des autres semenciers est phénoménale. Il fallait voir la violence des réactions de Bernard Accoyer (président de l’Assemblée nationale) et d’autres au lendemain de l’avis rendu par le Comité de préfiguration. Il suffit de comparer les argumentaires des uns et des autres - identiques - pour comprendre l’origine de leur colère. Ils ont été actionnés. J’ai été approché par Monsanto, et j’ai refusé de leur parler. Je veux rester libre.”
Ainsi qu’il le reconnaît lui même, sa participation au Grenelle lui a aussi insufflé de nouvelles convictions. Et en ce sens on ne peut que l’applaudir. Espérons qu’il va réussir à convaincre d’autres membres de l’UMP maintenant !
A noter également : l’obligation d’enthousiasme mise en valeur récemment par Jean-Louis Borloo. Le Grenelle semble l’avoir profondément convaincu et son dernier discours était, des dires de Ripe Green Ideas, un vrai discours de politique environnementale tels qu’il en faudrait tous les jours ! A l’evidence, les difficultés sont désormais du côté des députés et sénateurs. Monsanto l’a bien compris.
Plus d’info : Jean-François Legrand, et ses interventions concernant la question des OGM.
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il est évident que le moratoire sur la culture des OGM doit être maintenu . je soutiens mr Legrand . il y as trop d’inconnues , et de pressions .
il faut un délais d’analyse avant de prendre une nouvelle décision .( mise en place du laboratoire de l’Afsa )entre autre !!!
qui as du temps nous . rappelons au passage que de grandes coopératives comme TERENNA en pleine expansion ! ont pris des décisions ; pour eux c’est non .les " poulet de loué " aussi .
en tant que citoyen , je ressentirais comme une atteinte à mon droit , une décision contraire . c’est le pouvoir de la societé civile . ELLE DOIT ETRE RESPECTEE .si non mon vote sanctionneras mon député durablement.
A quand un débat de société sur les lobbies ?
Nous prétendons être en démocratie, c’est à dire dans un régime ou le pouvoir appartient au peuple et en même temps nous tolérons que les décisions de nos "représentants" soient influencées par des groupes de pression défendant des intérêts privés.
La question des OGM en est un parfait exemple. Les citoyens y sont dans une large majorité opposés (à tort ou à raison, là n’est pas la question), alors que les choix politiques sont largement orientés en leur faveur.
Je pense que le lobbying devrait être condamné légalement pour entrave au bon fonctionnement de la démocratie.
Entièrement d’accord avec Shadock & seik.
Quand va-t-on arrêter de laisser des groupes industriels décider à la place des gens que nous avons élus ?
Quand l’intérêt de quelques milliardaires cessera-t-il de passer avant l’intérêt général ? (et je ne suis pas forcément de gauche en disant cela !)
Quand les politiciens écouterons enfin ce que veut la majorité de la population et le bon sens pour des questions aussi sensibles que la sécurité alimentaire ?
Le lobbying s’apparente en effet à du trafic d’influence et donc de la corruption, doit donc être interdit, éradiqué et puni.










