Article publié le 8 février 2008
Promenade sur le littoral picto-charentais : ce que nous pouvons voir de "la nature", de notre "civilisation" en une image ambiguë..
Inquiétante, cette "image d’Epinal" du littoral de Charente Maritime, cette carte postale de pêcheries qui évoquera peut-être d’heureuses vacances : quel que soit l’angle sous lequel on voudra photographier ces curieux édifices (que l’on voit d’ailleurs rarement en action) il faudra prendre soin du cadrage ou pratiquer de savantes retouches pour que ne soient pas visibles le tronçon de bouteille et le sac plastique, ou les débris de filets, de cordages, les déchets de toutes sortes.
Cette image a été réalisée en "Réserve naturelle de la baie de l’Aiguillon", une zone encore assez riche en flore et en faune mais pour combien de temps ?
Cette image nous montre un fragment de littoral d’un des pays dits "civilisés" de ce monde qui peut nous apparaître tour à tour comme une merveille ou comme une poubelle : impossible de ne pas avoir ce diagnostic, de ne pas penser à ce choix entre deux visions, après quelques heures de promenade au pied des falaises.
Nous avons récemment appris qu’un monstrueux amoncellement de déchets, assez comparables à ceux que l’on rencontre sur le littoral français, flotte au beau milieu du Pacifique.
En se dégradant ou en relâchant leur contenu ils dispersent des molécules de toutes sortes dans l’océan, un cocktail chimique d’une extrême variété qui provoque diverses sortes de maladies chez les organismes vivants : cancers et malformations affectent poissons et crustacés...
Enfin... ce qui reste de poissons et de crustacés, bien sûr, et comme il en restera probablement de moins en moins au fil du temps le problème sera en quelque sorte réglé sans que nous n’ayons rien à faire.
Car nous avons également appris que la désertification se développe dans les mers et océans : "Dix années d’observations spatiales du satellite SeaWifs ont montré l’extension des zones à très faible production planctonique." lisait-on en chapeau d’un récent article de Futura Sciences.
Cause probable : le réchauffement des eaux, celui du climat donc.
Du même Futura Sciences : "Les coraux devraient avoir complètement disparu de la Terre à la fin de ce siècle si l’augmentation de la pollution atmosphérique par le CO2 se poursuit selon les projections actuelles, conclut une équipe internationale de scientifiques.".
Or les milieux coralliens sont exceptionnellement riches en espèces diverses et fournissent à l’humanité une bonne part du poisson qu’elle consomme.
Un article du Monde interrogeait en Décembre dernier : "2050 : un monde sans barrières de corail ?", et c’est une question pour demain à l’aube, l’échéance est terriblement proche...
Réchauffement, acidification, pollution chimique des eaux... : les océans sont aujourd’hui gravement malades et le font savoir.
Il se produit partout dans le monde d’inquiétantes proliférations de méduses, et elles peuvent attaquer en masse.
Cela s’est produit le 13 Novembre 2007 près des côtes irlandaises : en une nuit les 100 000 saumons d’un élevage ont été dévorés par des méduses qui formaient un banc gigantesque (25 kilomètres carrés sur 13 mètres de profondeur).
Le lendemain 140 000 juvéniles de saumon y passaient à leur tour, on lire cela dans "Le Point" sous le titre "La revanche des méduses".
Comme je l’écrivais plus haut nous avons donc d’excelentes raisons de penser que le problème de la toxicité des déchets qui tournent en rond au milieu du Pacifique se réglera seul...
Car s’il y a ce qui se voit et peut se montrer comme le fait la photo ci-dessus, il y a ce qui ne se voit pas et qui pèse lourdement sur notre avenir.
Chaque fois que nous voyons un papier, un plastique, un déchet... dans la rue, dans un pré, un chemin, sur une plage... nous pouvons le voir comme un symbole du fait que notre planète est devenue une dangereuse poubelle, une poubelle qui pourrait bien nous engloutir.
Songeons un instant à ce qui nous manquerait si soudain les océans étaient déserts...
Nous devons voir chaque déchet qui traîne dans "la nature" comme l’arbuste de saleté qui cache une forêt de pollutions dangereuses par les métaux lourds, par les molécules de synthèse (la consommation des anguilles est interdite dans un nombre croissant de bassins) utilisées à diverses fins, les médicaments n’étant pas absents de cette pollution et ayant des effets prouvés même si les doses détectées sont infimes, par nos émissions de gaz carbonique, et jusqu’à nos dispersions d’azote ("Une augmentation, même faible, des dépôts atmosphériques d’azote sur la végétation et les sols favorise la disparition d’espèces végétales, révèle une étude du magazine Nature à paraître jeudi.", c’est ce que nous apprend l’Agence France-Presse en ce début Janvier).
Mais nous devons aussi regarder ce déchet que nous plaçons dans notre poubelle comme à la fois un symbole identique de la maladie des écosystèmes de notre planète et sa cause.
Car si nous savons produire et "consommer" tout et n’importe quoi en très grandes quantités, nous nous donnons peu de peine pour faire disparaître avec soin et un minimum d’élégance les sous produits de cette consommation, ses rebuts, ses trop pleins.
Une des causes des proliférations mondiales de méduses pourrait se trouver dans la présence d’œstrogènes que nos stations d’épuration ne savent pas filtrer...
Maintenant que nous avons songé à adopter un tel regard nous pouvons nous demander s’il est bien prudent de persévérer à disperser absolument partout tant de substances avec autant d’insouciance.
Et si nous en venons à nous poser cette question nous aboutirons immanquablement à ces quelques interrogations :
- que faire pour arrêter ce cycle mortifère ?
- une société de croissance continue est-elle compatible avec l’arrêt de ces diverses pollutions ?
- quel prix payer pour sauver ce qui peut encore l’être ?
- que changer dans nos comportements, dans nos désirs, dans nos "besoins" ?
- il y a une relation assez directe entre notre "pouvoir d’achat", le rythme de notre consommation et l’intensité des pollutions que produit chacun d’entre nous. Sur quels leviers agir afin que ces pollutions diminuent puis cessent ?
lien sur la revanche des meduses evoque dans cet article : http://www.lepoint.fr/content/socie...
sinon tres bon article... on finira bien par avoir ce que l’on merite... :-/
@ Traroth :
Inutile désormais d’aller en Sibérie ou ailleurs, car même si l’on n’y voyait pas le symbole (le sac plastique ou autre déchet) sous la forme d’un vestige visible de notre "civilisation de consommation" les différentes formes invisibles de pollution seraient présentes.
Celle du C02 ou du méthane, causes de réchauffement climatique, mais aussi de nombreuses autres molécules transportées tout autour de la Terre sous forme d’aérosols (des études tendent à montrer que les jet streams sont d’excellents facteurs de dispersion circumterrestre, une sorte de mutualisation des polluants...).
Nous sommes cernés, aspergés, concernés, que nous le voyons / sachions ou non, où que nous soyons !
Le même constat vaut un peu partout : j’ai fait du canoé sur la Dordogne cet été, et, s’il est vrai que ce cours d’eau est encore préservé, puisque considéré comme le deuxième plus propre de France, même là, on voit, rarement, mais de temps à autre, un bidon, un sac plastique ou une bouteille. A se demander si la nature vraiment pure existe encore dans notre pays ou s’il faut vraiment aller en Sibérie ou dans la forêt amazonienne (ou ce qu’il en reste) pour la trouver !
Votre article est interessant mais habitant à FOURAS en charente maritime je peux vous assurer qu’il y a de trés jolies photos de pontons à faire et qu’ils sont réguliérement fréqentés contrairement à ce que vous pouvez en dire
Et quelque miracle aurait fait que Fouras serait épargné par ce cordon littoral de déchets en tous genre, peut-être ?
Avez-vous bien observé le haut de l’estran ?
jeter un papier parterre, peut sréer un emploi...peuchère !
Interdisons la fabrication et l’usage de tous les produits comportants des solvants "cancérigénes" donc l’usage de tous les plastiques etc...
Bonjour,
Internet est extraordinaire. C’est la dixième fois que j’entends parler de cette histoire de huitième continent. Etrangement, non seulement, ce continent n’ a pas apparu l’année dernière, mais en plus, aucune vraie vue satellite ou vue d’avion n’est visible nulle part, ni d’ailleurs sur google earth ! Cela me fait dire que quand l’actualité parle d’un problème, c’est la goutte d’esu qui déborde du vase, l’arbre qui cache la forêt, la partie immergée de l’iceberg... !
Tous ces satellites fantastiques et pas une image...Etrange, non !
C’est vous dire le rapport entre l’information destinée au peuple, et la réalité !
Mais oui alors, c’est un scandale, rien sur Google Earth...
Si ça se trouve ce continent a des montagnes, des vallées, des pics à 8000 mètres qu’on ne nous montre même pas !!!!
Bon, on peut aussi penser que c’est un amas diffus de débris flottant près de la surface, concentré par l’effet des courants dans une zone de l’océan.
Avec une concentration suffisante pour que l’on puisse détecter une grande quantité sur une grande surface, mais parfaitement insuffisante pour que l’on puisse se permettre de quitter le bateau et marcher dessus sans risquer le grand bain.
Cela aide-t-il votre imaginaire à mieux vous figurer le phénomène, Lisa Sion ?
Une description du phénomène : Un océan de déchets.
Extrait : "Larmes de sirènes
Les débris de plastique causent la mort d’un million d’oiseaux de mer et de 100 000 mammifères marins chaque année, selon le Programme des Nations unies pour l’environnement.
Car sous l’effet de l’eau, le plastique se fragmente en particules microscopiques : les larmes de sirènes.
L’an dernier, une équipe de scientifiques britanniques menée par le Dr Richard Thompson a révélé qu’on retrouve 300 000 particules de plastique par kilomètre carré en surface et 100 000 par kilomètre carré de lit marin."
La lecture de ces commentaires montre encore une fois la façon dont nous nous comportons les uns par rapport aux autres . Nous semblons, nous (l’Humanité)nous tenir en équilibre- en survie - les uns par rapport aux autres, par le "CONFLIT". Du genre, Moi d’abord ,Centre du Monde, et pour le reste c’est pour qu’ils me viennent en aide si mes comportements dans ma vie me portent vers la décrépitude,uniquement par manque de chance ! pourtant, l’Humanité est dans le même bocal . Si un pisse dedans ,ça ne se voit pas, mais..si plusieurs s’y mettent, les aliments qui vont pousser dans le bocal seront pollués et tout le monde sera empoisonné . Il faut vraiment être énarque pour ne pas comprendre ce phénomène : nous sommes tous sur terre, donc dans le même bocal ! il faut donc trouver un autre moyen que le conflit pour nous aider à tenir en équilibre les Uns par rapport aux Autres. J’ai lu à plusieurs reprise la "notion de justes relations Humaines" qui me plait ; les riches Allemands n’iraient plus mettre leur fric dans un pays voisin-tirelire...l’argent redeviendrait une simple énergie ,la pollution serait comprise puisque polluer le voisin revient à me polluer moi-même et mes enfants. Mes enfants que j’adore alors vraiment puisque je cesse de les assassiner dans le sens " tuer par trahison " .










