V’là-t-y pas (du verbe v’là-t-yper) qu’on reparle de la forêt amazonienne.
Une équipe de chercheurs du Hadley Centre - un des hauts lieux de la climatologie mondiale - a établi une
relation assez directe entre l’élévation de la température du globe et la surface forestière de l’Amazonie.
En résumé : à +2°C au-dessus du niveau pré-industriel - comme on est
déjà à + 1°C, c’est une hypothèse tellement optimiste qu’elle est
probablement irréaliste - on perdrait entre 20 et 40% de la forêt. A
+3°C, on verrait 75% de la forêt disparaître, et à 4°C, l’hypothèse à
laquelle on se prépare discrètement, on irait
jusqu’à 85%.
Bon, rassurez-vous, cela mettra un siècle pour survenir. Inutile de
sauter d’urgence dans le premier avion pour Manaus pour rapporter de
quoi vous construire vos derniers meubles en teck.
Au-delà de la perte majeure de biodiversité qui en découlerait, il est
probable que la réduction à peau de chagrin d’une telle surface boisée
modifierait encore plus le système climatique mondial.
Voilà de quoi donner du travail aux ingénieurs
agronomes : une solution pour limiter les dégâts serait de reboiser
industriellement l’Amazone plus vite qu’elle ne s’étiole naturellement.
Autrement dit, de faire ce qu’on a fait dans les Landes - un massif
seulement... mille fois plus petit - il y a un siècle et demi.
Evidemment, cela n’aura pas la richesse de l’original, mais ce sera
mieux que rien.
Nous changeons de planète, que nous le voulons
ou non. Pour rester en Amérique Latine, quand Cortés le conquistador
décida de brûler ses vaisseaux pour forcer ses hommes à débarquer, la
stratégie gagnante ne fut pas de rester à bord et d’essayer d’éteindre
le feu avec des protocoles et des produits dérivés...
Pour les non-lusophones : bem-vindo à Amazônia signifie bienvenue en Amazonie (merci Google)












