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Adieu Franska

Article publié le 10 août 2007

Adieu Franska

Introduite dans les Pyrénées le 28 avril 2006, l’ourse slovène Franska est morte, heurtée vers 6h30 ce matin par une voiture militaire (source : NouvelObs).

Accusé d’avoir tué des dizaines d’ovins, la majorité des bergers n’ont jamais accepté la présence de l’animal, faisant souvent preuve d’une violence aussi inouïe que primaire. Rappelons que Roland Castells, le maire de Bagnères-de-Bigorre ayant accueilli Franska, recevait des lettres anonymes remplies d’hameçons et de verre pilé et que François Arcangeli, maire d’Arbas favorable à la réintroduction de l’ours, avait vu sa mairie maculée de sang de brebis.

Petite histoire d’ours brun des Pyrénées...
Pourtant, l’ours peuple les Pyrénées depuis plus de 600.000 ans, mais l’action humaine n’a eu de cesse de diminuer drastiquement sa population depuis un siècle. De 150 ours au début du XXe siècle, il n’en restait qu’environ 70 en 1954 et... 7 ou 8 au début des années 1990. L’État décide alors de renforcer les populations en relâchant 3 ours slovènes en 1996-1997. Fin 2005, une quinzaine d’individus sont dénombrés sur l’ensemble des Pyrénées mais le nombre de femelles étant insuffisant (surtout avec la mort de Cannelle), 4 femelles slovènes (dont Franska et Palouma, morte 4 mois plus tard d’une chute mortelle) et un mâle sont lâchés en 2006. A présent, la population d’ours bruns des Pyrénées compte à peine une vingtaine d’individus.

L’homme "moderne" a perdu toute notion de vie en équilibre avec la nature, développant une haine et une envie de se débarrasser de tout ce qui le dérange. Or, bien que craintif, l’ours est un grand prédateur opportuniste. Là où de la nourriture est à sa portée, l’ours ira. Autrement dit, restreignez son territoire et offrez lui des troupeaux et l’ours, naturellement, se servira (nous en ferions tout autant). Or, les bergers ont cette fâcheuse manie d’omettre systématiquement de mentionner que les troupeaux touchés sont avant tout ceux qui ne sont pas protégés (la problématique est exactement la même avec les loups).

Ah mais gare ! Nous sommes des citadins idéalistes qui ignorent que 1/ La profession de berger n’est plus prisée et le personnel manque (depuis quand les patous(*) signent des contrats d’embauche ?) et 2/ Il est plus facile du fin fond des villes de plebisciter l’ours plutôt que d’y être confronté sur le terrain. Or, dans les parcs nationaux américains où les ours sont nombreux, les accidents sont rarissimes. J’ai moi-même eu la chance de voir un ours au détour d’une petite route dans le Yosemite Park - une rencontre dont peu de bergers français peuvent se vanter, tant l’observation des ours pyrénéens est difficile !

Il y a des règles à respecter pour vivre en harmonie. Cela fait bien longtemps que l’homme les a impunément bafouées. D’un côté il en paye les conséquences en mettant des troupeaux sous le nez des prédateurs (à jouer avec le feu, on se brûle), mais il a l’hypocrisie d’accuser le prédateur d’être responsable (si vous vous brûlez, c’est la faute au feu). Le simple fait de voir certains bergers, accusant les pro-ours de ne pas réfléchir, mettre du verre pilé dans une enveloppe (sous prétexte qu’ils sont à bout) prouve à quel point ce débat est déplacé.

Alors oui, l’introduction d’ours a coûté 2,2 millions d’euros, une somme qui aurait pu être investie dans d’autres projets liés à la nature (et porter plus de fruits). Pour autant, doit-on accepter l’égoïsme humain comme une fatalité et laisser des espèces périr sous le seul prétexte qu’après avoir été décimées lamentablement, leur sauvegarde n’est plus rentable ? L’espèce humaine accepterait-elle d’être réduite à néant si un prédateur plus féroce décidait de se débarrasser de nous ?

(*) Les patous sont des chiens de berger. Lire l’article "A propos du patou, des ours et des loups" sur le site www.loup.org

Sources :
- "Franska est-elle psychopathe ?", magazine Le Point (19 juillet 2007)
- "L’ours brun", brochure du Ministère
- "Le patou", brochure du Ministère

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commentaires
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par MAZ (IP:xxx.xx1.37.206) le 10 août 2007 à 13H37

"L’espèce humaine accepterait-elle d’être réduite à néant si un prédateur plus féroce décidait de se débarrasser de nous ?"

Mais tout le monde sait qu’il n’y a pas plus grand prédateur que l’homme. Ainsi, continuons à décimer tout ce qui nous gêne, personne ne nous arrêtera.Nous pouvons dormir lamentablement sur nos deux oreilles !

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par tsé (IP:xxx.xx5.140.248) le 10 août 2007 à 23H21

mais pourquoi mettre des ours slovènes dans les Pyrénées françaises, alors qu’en Slovénie ils vivaient paisiblement ? L’irresponsabilité n’est-elle pas dans le camp de ces apprentis sorciers qui ont introduit une espèce dont ils ne connaissaient pas le comportement, ni la capacité d’aptation ?
Pourquoi avoir arraché cet animal à son milieu natif ? Où est le respect de l’animal qui serait "déplaçable" au gré des lubies politiciennes ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Je sais que ce n’est pas l’auteur qui peut répondre à ces questions, mais pourquoi ne se les pose-elle pas ?
Comment lorsque l’on abuse de la citation sur "l’effet du battement d’ailes d’un papillon", être incapable d’imaginer les conséquences d’une ingérence humaine grave dans le cours normal de la vie d’un animal déplacé ?
Peut-on ignorer que l’ours de Slovénie n’est pas de la même souche que l’ours des Pyrénées ? Non.
S’est-on demandé pourquoi les ours pyrénéens ont émigré dans le versant espagnol où ils vivent bien ? Non. Pourquoi alors insister, pour y faire vivre, MAL, des ours d’une autre souche ? Pourquoi faire mine d’ignorer la densité importante d’activités humaines des Pyrénées françaises (dont le tourisme) et ne pas vouloir en tenir compte ?

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par Essem (IP:xxx.xx4.177.73) le 11 août 2007 à 12H15

Il y a un prédateur bien plus terrible que l’ours ou le loup pour le mouton français, c’est le mouton Néo-zélandais ! L’ours n’est qu’un bouc-émissaire. Lorsque l’on est au bord de la faillite on devient violent de peur de voir disparaître ce que l’on aime, les éleveurs tout comme les écologistes aiment la nature, qu’ils se mettent donc ensemble pour exiger enfin des mesures qui protègent ces métiers. Augmentations des taxes sur le mouton étranger par exemple, que le métier d’éleveurs français redevienne rentable et la perte de quelques moutons dû aux prédateurs sera secondaire. Et ceci s’applique à tellement de métiers dans notre pays, qui sont en train de disparaître parce que le discours politique actuel est "on-ne-peut-pas-faire-autrement-face-à-la-mondialisation", et ces lâches(ou opportunistes) nous le disent et re-disent constamment jusqu’au lavage de cerveau, ainsi on n’a plus qu’à mourir en silence ! comme l’ours.

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par Alain (IP:xxx.xx9.134.132) le 16 août 2007 à 18H39

Il y a beaucoup de réactions à la mort par accident de la route de l’ourse Franska. C’est bien de s’émouvoir, c’est bien de se sentir concerné par la réintroduction de l’ours des Pyrénées. C’est encore mieux de se préoccuper des espèces en voix d’extinction avant qu’elles disparaissent, et là, vous admettrez avec moi que les bobos de l’écologie politique, si prompts à s’émouvoir, sont plutôt aux abonnés absents. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a d’autres problèmes environnementaux beaucoup plus important que la réintroduction de l’ours ou du loup. Bien a vous http://alain.polu.over-blog.fr

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(IP:xxx.xx3.87.162) le 17 août 2007 à 17H58

La vie n’est pas statique ,alors, il n’y a plus de dinosaures non plus . Un jour l’homme est arrivé en "matière" sur la terre ,un jour il pourra avoir la joie d’en repartir ayant accompli sa tâche ! ...(ou bien la peine de ne pas avoir rempli son rôle.)— Pourquoi vouloir réaliser nos caprices ?


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