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Ma vision de l'alimentation santé & plaisir

Article publié le 13 décembre 2010

La perception relative à l’acte alimentaire et à l’acte culinaire est globalement de plus en plus tournée vers le plaisir, devant la praticité et l’éthique. (Source extrait du Panorama Mondial de l’Innovation 2010 XTC)

Parallèlement, la propagande médiatique de la politique de santé publique est devenue un des principaux déclencheurs de la prise de conscience d’un risque alimentaire chez les individus. Cette tendance est le marqueur d’une plus grande prise de conscience de l’importance d’une alimentation saine. Cette prise en compte du facteur santé s’assortit d’un attachement au plaisir, parfois associé au fait de faire la cuisine. Telle est ma démarche en tant que médecin nutritionniste : optimiser la qualité et la quantité des ingrédients sains dans l’alimentation sans sacrifier la gourmandise. Je vous donne ma recette pour vous accompagner dans le dédale de l’alimentation santé : démarche quotidienne, regroupement des acteurs et… plaisir.

Ma vision de l'alimentation santé & plaisir

I/ Un besoin réel d’alimentation saine

Il saute aux yeux que la prise de conscience autour de l’alimentation est une préoccupation d’ordre général, des personnes souffrant de troubles pathologiques aux individus sains.

 

Description générale et problèmes

Malgré la prédominance du modèle alimentaire français qui limites les troubles liés à l’obésité, les comportements alimentaires subissent les exigences du travail, de la crise du modèle familial et de la simplification des repas en conséquence. La consommation hors-repas, bien que plus faible qu’aux Etats-Unis, est le principal abus responsable de la fragilisation de ce modèle référent.

 

« Selon les travaux sociologiques récents, le temps consacré à l’alimentation est abordé dans les pays latins comme une limite au temps consacré aux autres activités, tandis qu’aux États-Unis, se nourrir est considéré comme un acte technique, reposant sur une conception fonctionnelle de l’alimentation. La prise alimentaire n’est pas valorisée en tant que telle, elle peut donc se faire parallèlement à d’autres activités ou être brève et fréquente » Source : CRÉDOC, Enquête CCAF 2007.

Ces facteurs pris en considération, il en ressort un réel besoin et surtout une volonté admise d’alimentation saine. Le « bienmanger », devra ainsi s’intégrer dans le modèle social acceleré d’aujourd’hui.

Aller mieux quand on va déjà bien (prendre soin du bien portant)

Soigner des troubles métaboliques ou des pathologies se juxtapose à une certaine volonté d’aider les individus sains à aller encore mieux. Cet aspect prend la forme d’une nouvelle mission médicale, et d’une motivation propre venant des bien portants en quête de mieux vivre. En effet, l’acte alimentaire est une occasion de manger sainement (même rapidement), et d’agir sur des tourments venant altérer le quotidien : troubles du sommeil, fatigue, système immunitaire affaibli, stress, constipation. Un repas léger pris deux heures avant le coucher facilite sommeil et digestion, tandis que le manganèse, les vitamines B9 (viande, œufs, légumes verts) et B5 (avocat, champignons) fortifient le moral.

Il s’agit donc pour tous, d’entrer ainsi dans l’ère du « manger mieux », avec des aspirations à consommer plus sain et positif, sans sacrifier le plaisir.

 

II/ L’individu maître de son corps

Si beaucoup manifestent l’envie d’« aller mieux lorsqu’on va déjà bien », cette aspiration peut trouver sa source dans la volonté de chacun de devenir maître de son corps.

Une personne, un type d’alimentation (mode de vie, physio, goût)

La consommation alimentaire s’inscrit alors dans la sphère des besoins propres à chaque individu, à chaque physionomie et à chaque mode de vie. Tout comme il existe des aliments-santé, des aliments-plaisir et des aliments-commodité, il existe une typologie des comportements alimentaires, selon les âges, et les modes de vie.

Le plaisir de l’humain (gastronomie, distinction)

L’alimentation répond à un besoin fondamental, primaire, et cyclique de la vie. D’un point de vue phylogénétique, si la gastronomie est un des éléments qui différencie l’humain de l’animal, le plaisir est la signature identitaire et culturelle de l’homme. L’émergence du thème du plaisir s’inscrit tantôt comme une revendication identitaire, tantôt comme dépassement des contradictions de la médicalisation de l’alimentation.

Le baromètre ci-dessus indique aisément que la gastronomie, intimement liée au plaisir de la nourriture, à la cuisine et à la convivialité, occupe la plus grande place dans l’alimentation, bien qu’elle demeure attribuée à la tranche d’âge des seniors davantage préoccupés par leur santé. La gastronomie semble porter les habitudes alimentaires des seniors, et des français en général, salués pour la convivialité de leurs repas favorisant une discipline collective qui réduit le risque de comportement compulsif.

 

III/ Rassembler les métiers pour rendre accessible un savoir

L’alimentation santé s’associant de plus en plus au plaisir, l’objectif est de s’éloigner de certaines injonctions nutritionnelles par l’établissement d’une contribution dirigée vers les acteurs qui peuvent apporter un bénéfice concret pour la mise en pratique des grands principes nutritionnels (Diététiciennes, chefs de cuisine, grand public...).

 

Démocratiser les bonnes pratiques

Par une démarche rassembleuse, il est possible d’étendre des bonnes pratiques alimentaires en faisant s’étendre les procédés d’un métier à un autre. En effet, les mangeurs sont quotidiennement confrontés aux lieux d’achats ou de consommation comme les commerces de proximité, et surtout les restaurants. Ces derniers peuvent représenter un point de départ pour une éducation et l’introduction de techniques d’élaboration de menus et plats sains pour faire le lien entre eux. La rencontre des métiers de l’alimentation , la collaboration entre médecins, professionnels et consommateurs pour une offre globale et collective d’alimentation saine est l’occasion de démocratiser le « bienmanger ».

 

Enseigner, éduquer, faire comprendre

Toute éducation consiste dans un effort continu pour proposer des manières de voir, de sentir et d’agir auxquelles l’individu ne serait pas spécialement arrivé. Plus qu’une éducation du consommateur vis à vis de son assiette ou de sa barquette individuelle, il s’agit d’apporter un enseignement qui rend concrètement possible une alimentation au service de la santé et du plaisir, sans les dissocier. Les gastronomes à la française, qui comptent 40 % de la population, ont le régime alimentaire le plus diversifié, attestant de leur solide connaissance de la culture alimentaire française. De ce point de vue, ils assurent la jonction entre le quotidien et le festif dans l’alimentation.

Si le modèle alimentaire français semble être un repère relatif de bonnes pratiques, il n’en demeure pas moins que la prise de conscience vis à vis du risque alimentaire est collective et établie. Cet archétype est ainsi fragilisé par les mauvaises habitudes alimentaires qui perdurent, en raison du rythme social effréné d’une grande partie de la population.

Pour accompagner un consommateur parfois isolé et souvent confus dans son processus de choix, il est nécessaire de transmettre et de rassembler les professions autour de l’alimentation pour garantir la démocratisation du « bien manger » et prouver qu’il existe une façon de manger sain, diversifié, et convivial. Dans cette mesure, que pourrons-nous imaginer du mode de consommation dichotomique à la française dans les dix prochaines années ? Les rues françaises seront-elles semées de cantines saines, un nomadisme viable aura-t-il remplacé les barquettes sur les étalages ou bien achèterons-nous le dîner dans un distributeur automatique ?

Source image : http://www.inpes.sante.fr

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