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Le bio c'est tabou, les médias en viendront tous à bout !

Article publié le 21 juin 2011

Le bio c'est tabou, les médias en viendront tous à bout !

Ce matin à la lecture de cette tribune du rédacteur en chef des échos, David Barroux qui évoque dans une tribune le “mythe bio“, vous comprendrez que je suis un peu devenu vert à lire tant de lieux communs dans un article d’un journaliste d’un journal si respecté…

Prenons-les un par un :

“Dans les tests à l’aveugle, les consommateurs sont loin de préférer le bio au non-bio” Oui oui, il n’y a pas de releveur de goût, d’arômes chimiques ajoutés et tant d’autres choses ajoutés dans l’agroalimentaire. Mais manger bio c’est aussi réadapter son palais à des choses dont on avait perdu le goût.

“En termes de santé, l’exemple allemand vient malheureusement de prouver la dangerosité potentielle des élevages ou cultures biologiques” Alors c’est carrément de la foutaise, rien ne prouve que c’est dans l’exploitation que la contamination s’est produite et donc le mode de production biologique qui soit en cause. La ferme ayant même été disculpée

“le bilan écologique n’est guère plus séduisant : pour produire autant quand les rendements sont faibles, il faut souvent utiliser bien des heures de tracteurs”C’est à dire de quoi part-il pour arriver à une telle conclusion ? Les fermiers biologiques vivent aussi avec leur temps et utilisent des outils modernes pour cultiver comme les tracteurs, certes mais ils vont quand même pas y aller avec leur bite et leur couteau, non ?

Je ne sais pas si des bilans carbone ont été faits sur les fermes bio mais ce n’est pas l’usage d’un tracteur (si celui-ci est adapté à la taille de l’exploitation) qui fera perdre tous les bienfaits pour l’homme et la nature d’une exploitation bio comme la préservation de la biodiversité avec l’aménagement de haies pour que différents acteurs de la nature (rongeurs, insectes, végétaux) puissent aider l’agriculteur dans ses cultures par exemple.

Prenons des exemples dans certaines vignes bio où le désherbage est fait de manière naturelle avec des troupeaux qui viennent manger l’herbe.

- “Ou il faut importer de loin” Oui, il faut importer mais la faute à qui. La surface agricole utile est d’à peine 3% en bio en France, 11% en autriche et quelques dizaines dans des pays comme l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne. Le grenelle de l’environnement avait fait mille promesses non tenues. La politique agricole commune ne verse des subventions qu’aux grosses exploitations notamment céréalières en ne tenant compte que de la surface cultivée en ha. Les exploitations bio sont souvent de petites tailles et cela n’incite donc guère les agriculteurs à se convertir en bio, vu qu’ils n’ont quasiment pas d’aide et que la conversion dure 3 ans et qu’il faut avoir les reins solides… De plus concernant l’importation, tout dépend ce qu’on appelle importation si c’est pour des pommes bio venant du chili, tout ce que l’on peut produire dans notre pays ne devrait pas être vendu mais le commerce est libre et les supermarchés ne jouent pas le jeu.
Par contre s’il s’agit de fruits et légumes cultivées en bio qui n’existent pas dans nos contrées, les importer en privilégiant un affrètement par bateau est aussi un acte militant de commerce équitable pour soutenir des agriculteurs (et la communauté qui les entoure) souvent dans l’hémisphère Sud qui ont choisi la bonne voie et qui ne sont pas mains et poings liés avec l’industrie agro-chimique.

“Surtout, le bio, quoi qu’on en dise, n’a pas réussi à se couper totalement de l’usage des pesticides. Et pour remplacer certains produits de synthèse, il a massivement recours au soufre et au cuivre, dont l’utilisation comme fongicide n’est pas inoffensif pour les terres.” D’une part le soufre et le cuivre font partie d’une liste positive du cahier des charges de l’agriculture biologique européen et d’autre part si on prend le cas du cuivre qu’on utilise dans une préparation appelée Bouillie Bordelaise, les usages sont réglementes, il ne faut par exemple pas dépasser l’utilisation de 6 kg/ha/an toujours selon ce cahier des charges. Le massivement dans le texte de M. Barroux est tout simplement calomniant…

“Economiquement, l’agriculture bio, très intensive en main-d’oeuvre, favorise enfin les exploitants basés hors de nos frontières.” Oui et alors, si le nombre de fermes bio se multipliait dans nos pays européens, cela créerait justement un marché bio du travail. Ne pas faire le raccourci et l’opposition entre différents pays, ce n’est pas très libéral de la part d’un journaliste travaillant dans un journal aux tendances plutôt néo-droitières.

“Plus coûteux enfin, ses produits restent réservés à une clientèle qui a un certain pouvoir d’achat.” On revient toujours au même problème que cité auparavant, si on veut consommer bio des produits que l’on achetait dans les supermarchés, cela restera toujours plus cher. Cependant en rédapatant ses rations alimentaires, on peut consommer bio sans se ruiner (cf. ce billet). Le mode production bio et tout ce qui a été cité ci-dessus explique de fait le coût du bio : pas assez de production, importations, main d’oeuvre, culture plus fragiles (pas d’usages de pesticides), payer le prix vrai.

M. Barroux dit en conclusion de son article (billet, tribune ce que vous voulez) qu’il faut pas opposer bio/agrochimistes. Cependant avec un tel pamphlet contre l’agriculture bio, je trouve que son travail journalistique n’a pas été fait avec recul et parcimonie en ne prenant que le bio en gros c’est dangereux, juste avec ces histoires de graines germées bio. Vous ne pensez pas ?

Au passage, je ne suis pas journaliste, je suis blogueur et ce billet est comme il est indiqué d’humeur, je m’exprime comme citoyen à la lecture d’un truc qui me déplait. Donc pour le recul, on repassera ;)

Source image : http://universnature.files.wordpress.com

Thèmes

Bio Agriculture biologique

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commentaires
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(IP:xxx.xx1.130.186) le 22 juin 2011 à 11H42

"""un article d’un journaliste d’un journal si respecté…""" Mais est-il, en fait, respectable ? Vous semblez en être un lecteur...depuis combien de temps ? Vous devinez que je ne connais pas ce journal et ne peut donc donner un avis. Vous semblez bien jeune et je vous en félicite mais, un journal ne vaut que par les inclinations qu’il a fait prendre à ses lecteurs à mon avis.

L’information a un cout et de mauvaises informations ont un cout pour les lecteurs. Par contre, il est impossible de ne jamais se tromper dans une activité humaine qui traite dans l’urgence surtout et les erreurs dans les journaux nous l’indiquent bien. Courageusement, ils se corrigent du reste et j’admire cette attitude.

Pour ma part, je préfère me souvenir de l’horreur de l’extinction de toute culture possible de la pomme de terre au Pérou suite à des traitements chimiques. Seule la compétence du centre recherche du Pérou a permis la réintroduction de cette culture, sans produit chimique, mais en gardant dans chaque village au moins trois variétés de pomme de terre. C’est la première fois que j’ai remis en cause vraiment l’ intelligence avec gros ’QI’ que notre éducation nationale sélectionne pour en faire nos élites et nos chercheurs. Cette intelligence peut nous être nuisible jusqu’à en affamer un peuple. Un peu d’histoire nous indique que cela ne date que depuis les années 1974 avec nos énarques qui d’administratifs plus que compétents deviennent des décideurs. Les chiffres laissés dans les comptes de l’état sont assez explicites pour que nous le petit peuple comprenions qu’il y a confusion des genres car en plein développement mondial il n’y avait aucune raison que notre pays recule à ce point.

Je pense que vous pourriez garder en mémoire ce fait pour juger par vous même et que les décideurs ne sont pas vraiment responsables mais que ce sont ceux qui les ont sélectionnés et formés qui sont responsables de cette façon de cultiver la terre en pleine période d’abondance. Encore une fois, les chiffres sont bien là. Enfin, pour vous prouver que votre titre peut être modifié, vous pourriez vous rapprocher de chercheurs de pays à "gros développements" qui ont des responsables qui savent gérer leur population et la terre de leur pays. La bonne question devient :"Vont-ils conserver nos modes de cultures stérilisantes pour imposer sans difficulté leur empire par la faim et pourquoi pas finir par envahir notre sol ?"...comme nous l’avait promis les dirigeants de l’URSS en son temps.

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par Littlecelt (IP:xxx.xx6.232.80) le 22 juin 2011 à 15H01

Merci pour ce commentaire plein de perspicacité. Pour ma part, je ne suis pas un lecteur des échos particulièrement mais de la presse en général et si cela n’avait été qu’un point dans l’article qui avait été un contresens, je n’aurais pas écrit ce billet.

Mais tant de contre-vérités m’ont poussé à réagir et loin de moi, l’idée d’avoir la vraie parole... qu’elle soit bio ou pas.

Concernant le titre du billet, n’y voyez ni plus ni moins que du racolage avec ce titre provocateur "le bio c’est tabou etc.". La presse je la respecte et je vous invite à visitermon blog pour voir que je m’y réfère très souvent. Journaliste est un métier des plus sérieux.

Merci en tout cas pour votre éclairage.

Ps : message au prochains commentateurs (au cas où), l’acceptation du débat de la confrontation d’opinions est une chose que j’accepte mais lisez l’article en entier avant de me tomber dessus, ce billet n’est qu’un opinion, une réaction pas une définition encyclopédique....

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par Ma Cantine Bio (IP:xxx.xx5.163.55) le 23 juin 2011 à 10H12

Je trouve au contraire votre réaction très saine et votre travail de déconstruction d’un discours mensongé sur le bio est tout à fait pertinent. C’est un travail que je m’emploie parfois aussi à faire sur mon blog. Bien que je m’attache surtout à produire un discours positif sur le bio afin de montrer (en creux) les méfaits de l’agro-industrie. Pour en savoir plus : http://macantinebio.wordpress.com/

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(IP:xxx.xx3.222.245) le 9 septembre 2011 à 18H37

Nos chers médias ne se sont pas étendus sur l’histoire de la tapenade d’olives vertes à la botuline faite maison par un petit artisan local..... N’aurait-elle pas été "bio" en plus ? Cà l’histoire ne le dit pas mais vu le silence assourdissant qui a entouré l’affaire, çà se pourrait bien.....

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par jordan sneakers cheap (IP:xxx.xx5.90.52) le 16 août 2013 à 23H34

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