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Un point sur l'alimentation : le respect de l'environnement a t-il des limites ?

Article publié le 25 février 2008

Un point sur l'alimentation : le respect de l'environnement a t-il des limites ?

Après les spécialistes en alimentation, ce sont les écologistes qui voudraient nous indiquer comment il faut se nourrir car il semblerait que l’agriculture soit le secteur le plus actif en émission de gaz à effet de serre. Ca serait donc à nous, consommateurs, de changer nos habitudes alimentaires. Pour cela, il faut connaître les principales sources condamnables, puis les limiter au maximum.

Prenons tout d’abord ce que les différents modes de conservation apportent comme gaz polluants. Evidemment la conservation des produits industriels semble la plus sale… Par exemple, la congélation. L’inventeur du Bilan Carbone, jean marc jancovici, annonce que toutes les étapes (de la surgélation au congélateur familial) sont très gourmandes en énergie du fait du maintien, pour la chaîne du froid, des températures négatives. De plus, les fluides réfrigérants sont tout simplement des gaz à effet de serre. Par ailleurs, dans la plupart des supermarchés, les bacs sont ouverts ce qui pousse à une consommation accrue d’énergie pour garder la température intérieure assez froide.

Ce n’est pas tout ! Si tout ceci est vrai pour la congélation, il n’y a aucune raison que ça ne le soit pas pour la réfrigération. Gare aux produits frais conservés très longtemps en chambre froide (l’exemple repris le plus souvent sont les pommes conservés en hangar afin d’étaler la distribution toute l’année. Mais pourquoi n’inclurais-je pas le tofu bio que je garde au frigo pour mon repas d’anniversaire la semaine prochaine ?) : ils détruisent la couche d’ozone ! Je m’égare...

…Et me retrouve en bateau, en avion, en camion. Ces moyens de locomotion sont les plus utilisés pour transporter les produits venant du monde entier pour diversifier nos étals. Certes le bateau est le moins polluant, 300 fois moins que l’avion par exemple. Mais les écologistes voudraient qu’on vise plutôt les produits nationaux et de saison : ça éviterait tout grand transport motorisé (sinon, c’est toujours possible d’utiliser un attelage à vélo ! Qu’en pensent les industriels ?). Ça limiterait aussi l’énergie dépensée pour chauffer les serres dans lesquelles poussent des légumes… toute l’année, même pendant les grands froids.

Nous devrions donc nous rapprocher des producteurs et les écologistes seraient contents ? Eh bien non ! Un problème majeur persiste : comment allons-nous chez le vendeur ? La voiture est ce qu’il y a de plus pratique (je réitère quand même ma proposition du vélo pour les plus courageux !). Mais à quel prix ? D’après le Bilan Carbone, c’est justement ce trajet, effectué par le consommateur entre le commerce et son domicile, qui détiendrait la première place de polluant dans le processus d’achat.

Les emballages sont également une problématique polluante de taille pour les écologistes. Ils sont de plus en plus nombreux car la dose individuelle fait rage dans le monde moderne. Privilégier les grands formats ou mieux, les aliments en vrac, à la coupe etc… diminuerait fortement la pollution par les emballages. L’ADEME nous sermonne surtout au sujet de l’eau en bouteille. Pourquoi créer un emballage pour un produit qui existe naturellement au robinet ? Le dernier conseil touche les sachets plastiques des supermarchés. De plus en plus, ils sont remplacés par des cabas réutilisables et l’ADEME souhaiterait voir cette pratique se développer encore plus. Je finis sur des recommandations (choix des matériaux par exemple) qui ne concernent pas le consommateur. Ouf ! Pour une fois, on ne peut rien nous reprocher !!

Sommes-nous prêt à être vigilants et cibler nos achats ? : finies les tomates en hiver, moins de viande de ruminants (le bœuf en particulier) qui dégagent un maximum de gaz polluant (ben non, voir roter une vache n’est pas si drôle !)  Mais avant de nous précipiter sur les autres viandes (françaises bien sûr ! j’ai de bons réflexes écolo, vous voyez ça un peu ?!), regardons de près de quoi les animaux ont été nourris et comment ils ont été élevés. Et le poisson ? Ah non ! il disparaît doucement de la planète…

Résumons :

Pour être en bonne santé, il faut manger des fruits et légumes. Mais ces aliments ne doivent pas avoir été cultivés sous serre, ni venir de l’étranger, ni avoir été conservés au frais, encore moins congelés ni même emballés ou emboîtés. Attention, il ne faut pas non plus avoir été les chercher en voiture, les avoir transportés dans un sachet jetable. Réfléchissons…il nous reste quoi ? Ah oui ! on peut les cueillir dans notre potager bio. Tout le monde a ça bien sûr ! Si si, sur le toit de mon immeuble au cœur de la capitale, je cultive mes fruits et légumes.. .

Bon je suis sarcastique là. Il y a malgré tout des mesures intéressantes dans tout cela. Effectivement, si on a la chance d’habiter dans une région où les nappes phréatiques ne sont pas trop polluées par les nitrates (l’île de France en fait partie en 2007), il est possible de boire l’eau du robinet.

On peut également utiliser des sacs réutilisables pour porter ses courses et prévoir la taille familiale des produits dont on se sert souvent et/ou qui se conservent longtemps.

On peut aussi et là, je donne mon soutien total, limiter notre consommation de viande et favoriser toutes les protéines végétales. D’autant que moins de vache ferait également moins de lait et c’est tant mieux !

Nous pourrions aussi nous poser d’autres questions. Pourquoi va t-on chercher si loin des produits trouvables sur place ? L’exemple des prunes venant du Chili, le miel de chine, l’agneau ou les pommes de nouvelle Zélande ou comble du comble, le foie gras qui vient de Hongrie  ? Le prix ! Les frais de port (très polluants pourtant) ne compensent pas la différence de prix avec nos produits nationaux. Qu’est-ce qui compte le plus ? Le confort atmosphérique et environnemental ou l’économie mondiale ? Ce n’est pas au citoyen de répondre. Il fait ce qu’il peut, lui, pour se nourrir correctement au plus bas prix. Il deviendra plus écologique le jour où l’économie utilisera l’écologie pour ses profits.

Nous pouvons également aller plus loin. Peut-on être assuré que la Terre aurait évolué différemment sans la présence de l’Homme ? A t-elle vraiment besoin de lui pour changer de climat et d’atmosphère ? Ce n’est pas la première fois depuis son existence…Alors peut être devrions-nous simplement nous respecter les uns les autres. En tant que nature vivante accueillant des invités, la Terre ne pourra que s’en réjouir.

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commentaires
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par Archimédron (IP:xxx.xx6.141.52) le 25 février 2008 à 12H17

Ce que l’on met dans son assiette, qu’on le veuille ou non, est toujours un acte politique.

On peut bien sûr se voiler la face, "faire comme si", mais les circuits de production de la nourriture font tourner la part la plus importante de l’économie planétaire après celle de la production d’énergie.

Il y a donc des intérêts concurrents et antagonistes entre les besoins vitaux réels de l’être humain, et ce que l’industrie alimentaire voudrait nous faire avaler.

L’écologie, ou plus exactement l’écosophie (philosophie de vie respectueuse de l’environnement) offre un certain nombre de réponses naturelles aux problèmes artificiellement créés par l’homme : plus on consomme, plus on pollue. Donc consommons moins et surtout, consommons moins de conneries, gadgets et truc inutiles.

Au lieu d’acheter de la nourriture transformée (boîtes de conserve, produit surgelés, apertisés, plats préparés), ne prenons que des produits frais, issus de l’agriculture bio, et réapprenons à faire la cuisine, un passe-temps très agréable que les citadins semblent avoir complètement oublié.

Je le constate tous les jours en voyant comment les jeunes mangent : c’est un désastre. Soit c’est McDo tous les jours, soit c’est de la bouffe toute prête à faire réchauffer au micro-onde.

Cette distance vertigineuse avec les produits naturels ne présage rien de bon, non seulement en terme de pollution (trop d’énergie gaspillée pour congeler et ensuite dégeler) mais aussi et surtout en terme de santé publique (pas seulement l’obsésité, mais aussi les carences).

Que penser d’ailleurs de cette autre absurdité : les "compléments alimentaires" vendu dans les boutique diététiques et même dans les boutiques bio. On confine à l’absurdité totale. Si notre alimentation était vraiment saine et équilibrée, nous n’aurions pas besoin de compléments alimentaires. C’est donc bien la preuve que la bouffe est devenue merdique et il faut y remédier d’urgence.

La solution passe évidemment par une meilleure information, une rééducation des masses et faire la promotion de la bonne alimentation, non dénaturée, donc :
- le végétarisme
- le produit frais (ni congelé, ni en conserve)
- le produit bio
- le produit naturel (sans colorant, ni conservateur)

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par lachanonyme (IP:xxx.xx9.131.14) le 25 février 2008 à 13H46

Penti Linkola (grand gourou Ecolo) à des idées... et des solutions... ::sarcasme :: http://en.wikipedia.org/wiki/Pentti...

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par sobriquet (IP:xxx.xx7.219.19) le 25 février 2008 à 13H58

"Il faut", "il ne faut pas",... Si l’on écoute toutes les mesures à suivre pour pouvoir avoir la conscience tranquille, on va vite avoir le sentiment de vivre dans un pays totalitaire !

Je suis d’avis qu’il faut éviter à tout prix de tenir un discours prescripteur : à terme, cela risque de provoquer des blocages bien compréhensibles.

Non, une démarche écologique devrait être suivie librement, spontanément, et en conscience. C’est à chacun de choisir ce qu’il veut faire en fonction de ses capacités et de ses sensibilités !

Il me semble donc plus judicieux de ne faire qu’évoquer les problèmes causés par nos modes de consommation, sans chercher à proposer des solutions, pour se borner à une démarche de réflexion individuelle.

Au fait, on n’est pas obligé de garder son fromage au frigo, à moins de faire des provisions pour la guerre : les fromages dignes de ce nom révèlent bien mieux leur saveur s’ils sont gardés à température ambiante ou à la cave.

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par NonMaisDesFois (IP:xxx.xx9.192.97) le 25 février 2008 à 18H49

"une démarche écologique devrait être suivie librement, spontanément", elle est bonne celle la, mais c’est qu’il y’a exactement en ce moment. Quelqu’un vous oblige a acheter de l’eau en bouteille ? Y’a-t-il un pistolet sur la tempe de chaque personne mangeant dans les FastFood ou derriére chaque acheteur de 4x4 ou même des Hummer maintenant ? Bien sur que non. C’est bien l’inconscience, voire l’ignorance du cout écologique qui est a l’oeuvre. Sans parler tout simplement des personnes qui n’en ont rien a faire de l’environnement. Qui est "obligé" d’acheter ces 4x4 ou "familliale" de la taille d’un bus ? Réponse personne. Nous faisons tous nos choix et nos décideurs aussi en n’imposant pas un minimum de régle.

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par sobriquet (IP:xxx.xx7.219.236) le 25 février 2008 à 19H43

Des pistolets sur les tempes, il n’y en a pas. Par contre, des moralisateurs, des railleurs qui s’immiscent dan la vie privée des gens, on en rencontre de plus en plus. Non, on n’a pas besoin de lois ni d’armes pour imposer des choses aux gens ; le harcèlement moral, la culpabilisation et les pressions permanentes font très bien l’affaire également. Et ça, non seulement c’est néfaste, mais ça peut également devenir contre-productif.

J’en parle parce que j’en vois les effets dan la tendance écologiste actuelle. Je vois de plus en plus de gens dire "ne me dites pas ce que je dois faire" ou se plaindre de flicage de la part de fréquentations écolos. Dire constamment "il faut" et "il ne faut pas" relève du même genre de travers, et certain en viennent à parler de dogmatisme à propos de l’écologie ; pas terrible...

Donc non, je ne crois pas qu’aujourd’hui les démarches écologiques soient systématiquement adoptées en toute connaissance de cause, et je crois que ça ne s’arrangera pas à l’avenir, si on ne fait pas attention à la manière de laquelle on promeut ces démarches. Enfin, n’exagérons rien : je crois tout de même que la majorité des gens qui font attention à ces choses sont bien informées.

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par Pioupiou (IP:xxx.xx5.210.187) le 26 février 2008 à 09H37

J’aimerai bien être un bon écologiste mais par exemple l’eau de mon robinet est polluée par une haute teneur en plomb en raison de la tuyauterie vieillissante d’un immeuble ou je suis locataire. Et quand je lis toutes les polémiques sur les carafes filtrantes en terme d’efficacité je me retranche sur l’eau en bouteille (suis-je victime du lobbyisme des distributeurs d’eau diabolisant les carafe brita et consort ? comment le savoir ?).

On peu faire preuve de volonté, et être sensible à l’écologie, mais parfois d’autres facteurs font qu’on a pas le choix.

Sinon pour le reste je fais mes courses dans un magasin bio le plus souvent, mais le bio est loin d’être une solution satisfaisante telle quelle, combien de produits viennent du bout du monde ?

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par Atlantis (IP:xxx.xx3.70.22) le 5 mars 2008 à 20H35

c’est le retour des vacances, on lâche un article fourre-tout ? histoire ne noyer le poisson, de lancer les trolls, de créer du non-sens à l’alternativité ? Et tout ça en évitant soigneusement de jeter un œil sur soi-même, de peur d’y voir du déplaisant ? Oui, la vérité déplait, c’est même souvent à ça qu’on la reconnait.

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par Le Mendiant (IP:xxx.xx6.211.104) le 11 mars 2008 à 16H20

Un article intéressant avec de bonnes questions...

Si les considérations santé retrouvaient la place qui devrait être la leur dans l’alimentation (ou si les consommateurs étaient correctement informés des saloperies chimiques intégrés dans l’alimentation industrielle) , personne ne se sentirait accablé par les "il faut que" des écologistes puisque la décision de bien s’alimenter serait volontaire !

C’est toute la différence de philosophie entre le dogmatisme de la décroissance qui impose et la simplicité volontaire qui libère via une réflexion individuelle...

Accuser les citoyens est bien commode alors que la première pollution reste et demeure industrielle. Plutôt que d’inviter les consommateurs à fermer le robinet d’eau quand ils se lavent les mains, il vaudrait mieux par exemple s’interroger sur la pollution qu’engendre la production du savon chimique !

Salutations,

Le Mendiant

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par Lucie Vivien (IP:xxx.xx3.118.51) le 20 mars 2008 à 11H34

Les "Il faut" et "il ne faut pas" ne me gênent pas puisque avoir une bonne attitude envers la planète et penser à soi, à sa santé, cela va dans le même sens. J’achète bio autant que possible : je le fais autant pour la planète, comme le montrent bien les commentaires précédents, que pour ma santé car je n’ai pas envie d’ingurgiter des pesticides chaque jour. C’est aussi simple que cela.

Ce qui n’est pas toujours simple par contre, c’est de trouver les produits même s’ils sont de plus présents ici ou là, y compris dans ma supérette de village, et d’avoir accès près de chez soi aux circuits courts. Les réseaux s’organisent. En attendant, on ne peut pas avoir toujours le geste parfait.


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