NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
Prix des aliments et qualité : y a t-til un lien ?

Article publié le 8 juin 2009

L’idée galope : plus un aliment est sain, plus il est cher. Est ce vrai ? Plusieurs chercheurs se sont posé la question de densité énergétique versus le prix.. Alors oui : les aliments les moins énergétiques ont forcément les plus chers, question de prix à la calorie !

Prix des aliments et qualité : y a t-til un lien ?

Mais où est la vérité ?

Adam Drenowski a publié plusieurs travaux montrant que les aliments "sains" et permettant d’atteindre l’équilibre nutritionnel, comme les fruits, les légumes et le poisson, étaient les plus chers. Par les temps qui courent, le prix des choses alimentaires est souvent montré du doigt. Même Jean Pierre Coffe s’engage dans des publicités pour montrer que "manger bien pour pas trop cher, c’est possible". D’ailleurs, ceci a toujours été son crédo. Un pot au feu, c’est encore un plat bien économique...

 Le PNNS et ses experts se sont penchés sur ce problème, études statistiques à l’appui. Ces résultats sont publiés aujourd’hui sur le site de l’INRA, faisant suite à un colloque sur la question.

Ainsi, Mme Darmon et ses collègues (Darmon et al 2002 puis 2003, puis 2004 et 2005), démontrent que les aliments les plus énergétiques sont les moins chers.

En analysant la qualité nutritionnelle des aliments par rapport à leur prix, on voit qu’il est aisé d’avoir assez de protéines, lipides et glucides, un peu plus compliqué de respecter les limites en graisses saturées, sucre et sel. En calculant les rations consommées par les Français dans l’étude INCA I, et selon la qualité de celle-ci, on arrive à un cout par jour de 0,62 euros à 3,04 euros selon l’exigence nutritionnelle. Soit le simple au quintuple ! 

Et cette "top qualité" implique alors de pouvoir bénéficier d’une plus grand diversité alimentaire, une plus grande place pour les fruits et légumes, et une moindre densité énergétique.

La conclusion est qu’il est possible d’avoir une alimentation variée et équilibrée à moindre cout... mais il faut pour celà avoir des habitudes alimentaires qui s’éloignent de la moyenne : choisir certains aliments plutôt que d’autres, avoir des habitudes de menus et de cuisine qui ne sont plus celles de la moyenne des Français... bref : pour les plus favorisés, celà conduit à changer ses habitudes alimentaires !

Effectivement, bien des recettes traditionnelles de la cuisine française permettent de bénéficier de plats équilibrés, riches en légumes, mais elles demandent un minimum de soins devenus incompatibles avec une journée type "métro boulot TV".

Or, cuisiner un pot au feu pendant la film du soirne demande qu’un peu d’organisation. Pas de moyens financiers ni de compétences culinaires.

Une question de priorités ?

bien plus complexe d’atteindre les recommandations concernant les acides gras essentiels, les vitamines, les minéraux et oligo-éléments.

Bookmark and Share
17 votes

commentaires
votez :
par JeanYves Fromonot (IP:xxx.xx1.28.7) le 21 juin 2009 à 11H57

Il est vrai que l’on peut manger mieux pour le meme prix ; a condition de manger autrement ( http://www.intelligenceverte.org/st... ) Cependant si l’on veut avoir des maraichers qui nous fabriquent des bons aliments pres de chez nous il va falloir les rémunérer correctement. A part quelques passionnés, qui acceptent de travailler 8 heures par jour voire plus , parfois sous la pluie, dans le froid ou sous la chaleur, avec le risque que des maladies ou des animaux ou le climat détruisent leur travail ; tout ceci pour moins que le smic. Pour rémunérer les maraichers ethiquement par rapport à leur travail, le consommateur doit accepter de payer 2 fois plus chers ses légumes sur le marché. Autrement c’est de l’exploitation et c’est evidemment plus facile d’exploiter les paysans du tiers monde ; nos paysans eux, ont eu la possibilité de quitter la terre pour etre fonctionnaires, employés et ouvriers, quand ils en ont eu assez d’etre exploités. (ce sera l’un des thèmes du colloque des Entretiens de Millancay http://www.intelligenceverte.org/En... )

votez :
(IP:xxx.xx3.65.100) le 26 juin 2009 à 18H00

Pourquoi chercher compliqué. Il suffit de revenir à des fondamentaux que connaissaient bien nos grands parents qui se nourrissaient avec des moyens qui sont aujourd’hui ceux des habitants des pays pauvres. Ils mangeaient des lentilles par exemple, (55% glucides, 40% protéines, 5% lipides, 1.5 €/kg). On préfère aujourd’hui envoyer une pizza (45 % glucides, 15 % protéines, 40 % lipides, 7.5 €/kg), dans le micro-ondes. Ou un morceau de beef-steak (45% protéines, 55 %lipides 15 €/kg) sur le barbecue. Tout n’est qu’une question de culture, de volonté, et de moyens....


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]

Les Auteurs deAlimentation
BelleAuNaturel.net - 24 articles
Loïc - 5 articles
Béatrice de Reynal - 162 articles
Genfi - 28 articles
Gérard Piquemal n.d - 17 articles
Littlecelt - 21 articles
Marie-Laure - 23 articles
Sylvie Simon - 35 articles