Article publié le 23 juillet 2007

Déjà, pour tenir compte de la flambée des prix des céréales qui entrent pour 60% dans le prix de revient, le leader de la volaille, le groupe LDC (Loué et le Gaulois), a augmenté de 4% à 5% ses prix en juillet. « Les prix des produits de grande consommation comme les yaourts, les fromages, les crèmes et le lait devraient augmenter en moyenne de 4% à 5% d’ici la fin de l’année », a déclaré Olivier Picot, président de l’Association de la transformation laitière (industriels privés et coopératives).
Pourquoi
ces augmentations ? Les mauvaises récoltes mondiales dues aux
sécheresses et autres aléas climatiques, la poussée démographique et la
croissance du niveau de vie amenant les populations à se rapprocher de
plus en plus du mode d’alimentation à l’occidentale, entre autre en
consommant de plus en plus de viande. Il ne faut pas oublier le
développement des biocarburants qui va accentuer la pressions sur les
cours des céréales et la hausse des prix de l’énergie.
Producteurs, industriels et distributeurs assurent qu’ils s’efforceront de limiter l’impact de ces hausses pour le consommateur. Mais ces trois secteurs ont des intérêts divergents et la situation pourrait vite devenir hyper-conflictuelle entre eux. Les agriculteurs se frotteraient plutôt les mains, (sauf les éleveur), mais les industriels et la grande distribution sont plus inquiets. Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) sait bien que si les hausses sont trop importantes pour les consommateurs, ils se détourneront de leurs produits. Il s’engage à ne répercuter que les hausses indispensables à la survie des entreprises. Reste à savoir à quoi ça correspond, après tout ce ne sont que des mots. Je doute fort que quiconque soit prêt à voir ses bénéfices fondre. Quant à la grande distribution, elle va bien devoir rogner sur ses marges bien qu’elle n’en ai aucune envie, le ministère de l’Economie entendant bien surveiller de "très près" la façon dont elle répercutera les hausses des prix des matières premières dans l’alimentation. Sarkozy a fait du pouvoir d’achat des Français sa priorité et bien que les dépenses alimentaires ne comptent plus que pour 20% des budgets des ménages, toute hausse dans ce domaine provoque une grogne de la population. Aucun gouvernement n’aime ça. Trop dangereux.
Toutefois,
ce que je trouve hallucinant c’est que tout le monde s’accorde pour
dire que ces hausses des prix agricoles sont structurelles, mais je
n’ai lu nulle part qu’il serait peut-être temps de remettre en cause
notre joli modèle, ou notre volonté de développer les biocarburants. Au
contraire, on parle de hausse de production, de disparition des
jachères. Les questions environnementales vont passer au second plan,
il faut nourrir les gens et surtout pouvoir continuer à rouler. Même si
pour ça on exploite encore plus notre pauvre planète.
Sachant que
nous, pays occidentaux, sommes le modèle de tous les autres, il serait
bon que nous nous interrogions sur notre consommation excessive de
viande et de produits laitiers, sur la façon dont nous élevons notre
bétail, et sur la façon dont nous nous déplaçons. Les terres agricoles
ne sont pas extensibles à l’infini dans le monde, certaines sont déjà
terriblement dégradées, d’autres vont l’être avec le changement
climatique. Comment voulez-vous y faire pousser de plus en plus de
céréales servant à la fois à nourrir les troupeaux, faire rouler les
véhicules et à fabriquer du pain ? A vouloir le beurre, l’argent du
beurre et la crémière, on finira par ne plus rien avoir du tout.
Thèmes
la hausse du prix de la nourriture est un facteur favorisant la nourriture bio. peut-être même que le mal que sont les biocarburant seront in fine in bien, nous forçant à revoir notre approche de l’agriculture post-45.
Merci, Atlantis, de m’expliquer en quoi cette hausse favorise le "bio" !!!
Cette hausse étant due à une augmentation de la rareté de la nourriture, elle affectera toute nourriture, quel que soit son mode de culture, "bio" ou non.
Elle n’introduit aucune différence de compétitivité entre le "bio" et "l’intensif" : elle ne favorise donc pas le "bio" a priori.
hmm, la "rareté de la nourriture" elle a bon dos. Tous les étés (quand les consommateurs regardent moins les prix) le prix de bouffe prend sa hausse annuelle. c’est devenu une tradition. Et plus le niveau de base augmente, et le plus l’écart (en %) de prix entre le bio et le standard se creuse. Ce qui fait que se payer du bio plutot que du normal revient à un luxe de moins en moins honéreux. W8&see ...












