Depuis la nuit des temps, les hommes ont vécu des révolutions sociales et culturelles importantes. Ces mutations se sont toujours articulés autour de la nécessité vitale par excellence : l’obligation de se nourrir.
Nous sommes passés de la chasse à l’élevage transhumant, de l’économie de cueillette à l’agriculture sédentaire, avec le développement d’un artisanat de plus en plus sophistiqué.
Toute l’histoire de l’humanité jusqu’à ce tout dernier siècle peut se résumer avec ces quelques mots : garantir ou accroitre la sécurité alimentaire. Et les grandes périodes de famines étaient là pour maintenir l’actualité du problème et soutenir une agriculture de proximité.
Avec la révolution industrielle et le développement des transports nationaux et internationaux, la ressource alimentaire s’est globalisée, voir mondialisée. Et cela induit dans notre société occidentale, une modification profonde dans notre réflexion sur la garantie alimentaire. Ce n’est plus la maîtrise de la production qui est recherchée, mais la maîtrise de la distribution. Car cette ressource maintenant mondialisée n’est plus régulée par les aléas climatiques, mais par les flux économiques. La famine dans une région du globe n’est plus seulement déclenchée par une sècheresse ou un gel tardif, mais aussi par les vicissitudes des circuits financiers. Telle région d’Afrique meure de faim parce que sa production de haricot vert extra-fin est exportée à bas prix dans l’hémisphère nord à contre saison, alors que l’importation des denrées de première nécessité n’est pas rentable dans cette zone. Cette maîtrise de la distribution a aussi connu chez nous quelques grippages, pendant les dernières guerres mondiales, ou la crise pétrolière de 73, mais ils sont maintenant oubliés, et il règne une douce euphorie.
Et cette euphorie du pouvoir universel de la distribution, c’est à dire de l’argent, est renforcée par une autre mutation toute aussi profonde.
Jusqu’au début du XX ième siècle, une majorité d’homme vivait de l’agriculture ou des professions para-agricoles. L’exode rural a inversé cet état de fait, mais des relations familiales avec les ruraux maintenaient une passerelle ténue entre ces deux mondes. Les citadins de cette époque, au travers de week-end ou de vacances passés chez un oncle ou un cousin, avaient eu un contact avec une ferme et ses réalités. Mais aujourd’hui, c’est fini !
Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, une très large majorité d’homme n’a plus de rapport avec la terre, est coupée de ses racines rurales, n’a d’autres relations avec la nature que des activités sportives, de temps libres, de promenades, ou de villages dortoirs.
Cette nature se transforme en fantasme, l’activité agricole devient gênante, voir polluante, et le paysan se métamorphose en parasite. Cet accès facile et généralisé à la distribution donne une impression de garantie alimentaire. L’industrie agro-alimentaire dénature, aseptise, et finalement coupe le citoyen du produit de base frais. D’ou cette tentation de repousser les productions agricoles sous d’autres cieux que l’on considère hypocritement plus cléments, économiquement plus rentables, et environnementalement plus propices.
Une seconde partie est en préparation sur l’évolution de la PAC et des primes agricoles, suivi d’une troisième sur la vision écologique et environnementale.
pour se donner une idee de la vision ecolo des paysans bretons... Eaux et Rivieres de Bretagne"
La situation de l’agriculture en Bretagne ne se limite pas à la situation de neuf Bassins Versants.
La vision écolo des paysans bretons ne se limite pas non plus à l’extrémisme désespéré de quelques individus qui s’inspire d’un altermondialisme à la José Bové.
Le démontage d’un Mac d’eau et rivière n’a qu’un rapport lointain avec le sujet de cette première partie de l’article.
Flamant rose
Il n’y a aucun extrémisme désespéré à refuser les cultures OGM en plein champ. Le danger est a contraire de les accepter.
Am.
Entièrement d’accord, pour moi, l’extrémisme désespéré, c’est le saccage d’un Mac Do ou des locaux d’Eau et rivière en référence au lien de Troll.
Flamant rose
DUBITATIF
Pour moi, les agriculteurs représentaient il y a encore peu de temps encore des gens d’une grande sagesse, malgré des actions syndicales violentes et souvent révoltantes. Mais depuis quelques années quand on observe l’évolution des pratiques du monde agricole on ne peut être que dubitatif.
Chasse aux subventions européennes, saccage sans vergogne de l’environnement, production d’aliments dangereux pour la santé, incapacité à s’organiser face à la grande distribution, telles sont les pratiques qui jettent une ombre malsaine sur le monde agricole.
Même si ces pratiques ne sont pas généralisées il serait temps de réagir.
Il faut réagir ?
Il y a deux réactions possibles :
On marche dans le système et on produit ce (en quantité, à la qualité et au prix) que les grands groupes agro-alimentaires décident.
On refuse le système et on se débrouille pour commercialiser en direct au plus près du consommateur.
Et c’est là que le citoyen a réellement son mot à dire, et c’est le véritable pouvoir du citoyen sur l’orientation de la production agricole.
En achetant en direct au producteur ou dans la grande distribution, il vote pour une agriculture humaine ou une agriculture industrielle.










