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Locavores et éthique alimentaire

Article publié le 12 juin 2009

Locavores et éthique alimentaire

Les chercheurs de l’INRA ont voulu savoir si la notion de "distance des lieux de production" importait aux consommateurs lorsqu’ils achetaient leurs produits. Ils ont montré en prenant les exemples d’une eau minérale et de sel d’origine lointaine et exotique que ce qui importe aux consommateurs, c’est d’abord l’image positive de "l’exotique". Interrogés précisément sur la distance, les consommateurs évoquent les conditions de production, mais la dépense énergétique générée par le transport des produits n’est pas prise en compte par eux.
 
La distance parcourue par les produits alimentaires entre le lieu de production et les lieux de consommation ou "food miles" est utilisé comme indicateur du développement durable et de plus en plus comme un outil de communication à destination des consommateurs. C’est dans ce contexte que les chercheurs ont étudié la manière dont les consommateurs percevaient cette notion et si ils en tenaient compte dans leur processus de choix des produits.

La distance parcourue par les produits alimentaires s’avère en réalité un concept bien vague dans l’esprit des consommateurs. Elle est spatiale, temporelle mais aussi psychologique à tel point que les consommateurs ont le sentiment de "ne plus savoir plus ce qu’ils mangent". Beaucoup de mouvements consuméristes d’aujourd’hui s’appuient sur ce sentiment d’éloignement et sur le désir des consommateurs de savoir où a été produit la nourriture qu’ils consomment et par qui.

Les chercheurs ont réalisé une étude qualitative auprès de deux groupes de consommateurs dans le sud de la France (Montpellier) en prenant comme produits tests une eau minérale venant des îles Fiji "Fiji water" et du "Sel de l’Himalaya" - choisis parce qu’ils évoquent la distance, mais aussi parce que des produits substituables locaux existent quelle que soit la saison.

Les résultats ont confirmé que les consommateurs ne tenaient guère compte de l’éloignement géographique des lieux de production de ces produits, qu’ils apprécient pour leur nature "exotique". Interrogés précisément sur la notion de distance, les consommateurs se préoccupent surtout des dimensions environnementales et sociales des conditions de production. La notion de distance n’est pas pour les consommateurs une préoccupation en terme de kilomètres parcourus par le produit. Elle fait référence aux conditions de production qu’ils ne connaissent pas et sur lesquelles plane un doute. Au cours des discussions, les participants ont évoqué les produits du commerce équitable qui connaissent un certain succès notamment parce qu’ils rassurent sur cette question, mais le coût du transport et le gaspillage d’énergie ne sont pas encore des arguments avancés par les consommateurs. La dimension exotique des produits, et la part de rêves qui l’accompagne, l’emportent aisément.

Plus étonnant, les chercheurs ont interrogé un groupe de consommateurs de produits bio. Là-aussi la distance kilométrique n’est guère prise en compte. Ce qui importe à ces consommateurs c’est que le produit soit issu de l’agriculture biologique. Et lorsque les produits biologiques viennent de pays lointains, beaucoup vont jusqu’à dire qu’aider les pays en voie de développement en achetant leurs produits est plus important que de protéger l’environnement.
 
Merci à Lucie Sirieix
U.M.R. Marchés, organisations, institutions et stratégies d’acteurs (MOISA)
Montpellier SupAgro

photo : Brochettes de scorpions : entre délice exotique et food miles, mon
coeur balance...

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commentaires
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par JL (IP:xxx.xx9.119.168) le 13 juin 2009 à 09H49

Bonjour, depuis peu je n’achète plus de fruits ni légumes qui proviennent de l’étranger. A l’exception peut-être des citrons et des oranges. Ce qui me condamne à ne manger que des pommes la plupart du temps. On s’y fait. Cela me ramène des décennies en arrière, et je regrette seulement que cela ne soit pas possible pour bien d’autres produits, à commencer par l’eau. dans ma ville l’eau du robinet est imbuvable si l’on n’a pas pris le temps de la laisser reposer dans un endroit aéré et frais. Ce que je ne fais pas, si bien que je ne saurais dire si ainsi elle est buvable. Je vais essayer, quoique le goût ne soit pas le seul critère qui détermine mon choix de boire de l’eau en bouteille. Je pense que ce pb de l’eau est le pb Numéro un de l’humanité, riches comme pauvres. Les industriels qui ont pollué ou polluent l’eau ont commis ou commettent un crime contre l’humanité..

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par mr-bienetre (IP:xxx.xx5.191.200) le 18 juin 2009 à 11H06

"Les industriels qui ont pollué ou polluent l’eau ont commis ou commettent un crime contre l’humanité."

Et encore, s’il n’y avait que celui-là...

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par nonmaisdisdonc (IP:xxx.xx3.3.119) le 15 juin 2009 à 07H16

http://www.fruits-legumes.org/mois/ C’est bien de poser ce problème. J’ai moi aussi fait le choix de consommer local et de saison. Une adaptation certes, mais on s’y fait très bien . Cela n’empêche pas d’acheter un ananas en toute conscience mais juste un ou deux dans l’année à la place d’un nombre plus important. Pour ceux qui ne savent plus si les tomates poussent en décembre ou en été, ci-joint un tableau pour se réadapter à la réalité

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par Ma Cantine Bio (IP:xxx.xx5.163.55) le 15 juin 2009 à 18H31

Effectivement la distance ne fait rien à l’affaire. Ce qui compte c’est le mode de production écologique qui compte. Espérons que nous ne ne reviendrons jamais au régime commercial du Moyen-Âge qui plaçait des agences de douane à l’entrée de chaque ville. C’est à l’agriculture française de s’adapter au bio si elle veut survivre et à une nouvelle PAC de l’y encourager. Pour en savoir plus : http://macantinebio.wordpress.com/

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(IP:xxx.xx4.112.113) le 14 août 2009 à 10H59

Voilà le genre d’article qui nous indique que nous sommes arrivés au bout de l’absurdité. Des producteurs locaux ne peuvent plus vendre même à très bas prix, peut être même gratuitement, car nous n’en voulons plus. Nous sommes persuadés de la nocivité, de ces fruits produits industriellement, pour notre santé. Nous avons lu en début d’été des articles qui pesaient le pour et le contre de ces produits pour notre santé, j’ai traduit pour ma survie puisque d’autres articles nous ont montré la grande toxicité des produits phytosanitaires dont sont arrosés des produits fruitiers industriels. Cet arrosage se fait de plus dans des cabines de tracteurs très bien fermées et pressurisées. Mais, d’autres articles nous parlent de guerre économique et dans ce terme, il y a le mot "guerre" avec tout ce que cela sous entend. Je me méfie donc encore plus des produits venant de pays dont les producteurs sont ignorants de la composition des produits qu’ils utilisent et peut être même des pourcentages à utiliser ; un peu comme dans les années 1980 pour nos agriculteurs Français. J’applique pour l’heure le conseil donné ici même d’avaler le moins possible de fruits industriels mais d’ avaler un peu de fruits achetés avec le plus de garanties possibles, comme on prend des médicaments, pour ne pas manquer de vitamines et d’oligoéléments. Il faut constater que le plaisir de manger s’est éloigné de nos tables !

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par judel.66 (IP:xxx.xx1.117.94) le 18 août 2009 à 15H05

B2R aidez moi a hurler que le dit BIO n’est qu’un attrape couillons et que le bio n’exixte pas .... tout au plus peut on parler d’agriculture raisonnée .... il faut ouvrir les yeux des ( ) qui y croient...

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par marie (IP:xxx.xx2.57.3) le 23 octobre 2009 à 17H11

comme d’habitude AUCUNE MENTION N’EST FAITE DES INSECTES ABEILLES QUI pourraient souffrir de ces produits ; quant à celui qui veut hurler sur le bio ce n’est pas moi qui vais l’aider je dirais même plus j’hurlerais en sens contraire : LE BIO c’est BON ! vous ne ferez plus manger des légumes qui ne sont pas naturels et gouteux ! j’en ai trop souffert ! de cette insipidité ; alors que les épinards bios !!!!hum !!!!mais soyons clairs bio pour moi ç’est très simple cela veut dire que la plante a poussé à son rythme sans engrais, ni pesticides et parfois je vois des trous sur les salades bio si délicieuses.. çà veut dire qu’une bestiole a aussi gouté !

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par marie (IP:xxx.xx2.57.3) le 23 octobre 2009 à 17H13

je rajoute que je suis italienne et que dans mon pays nous aimons les bonnes choses naturelles et n’avons pas été envahi par les mac do comme chez vous par ex.bon bien sur il en existe aussi mais pour l’instant nous faisons barrage efficacement ; ils vont chez vous vous vous aimez bien.

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