Article publié le 27 décembre 2007
A l’origine, la
vigne (qui existait avant la présence de l’Homme sur Terre) est une
liane qui pousse sur les arbres des lisières et des forêts en bord de
rivière. La vigne peut mesurer jusqu’à plusieurs dizaines de mètres de
hauteur. On en trouve encore en Europe dans certaines conditions
d’inondation des forêts.
Les premières traces de vignes cultivées remontent au 8ème millénaire avant JC en Géorgie puis en Chine.
La Bible fait allusion à la vigne de Noé (3 millénaires avant JC) dont
il but le breuvage. En même temps, d’après des bas-reliefs, l’Egypte
découvre les procédés de vinification. Grâce à divers voyages, tout le
bassin méditerranéen sera implanté de vignes en 500 avant JC.
Par la suite, les chrétiens vont jouer un rôle important dans le
maintien, la prospérité et l’expansion de la culture viticole dans
toute une partie du monde. En effet, le vin est le symbole du sang du
Christ.
Le rôle du vin a évolué durant les siècles. Au 19ème
siècle, le vin était le soda d’aujourd’hui, bu comme boisson
énergétique. Un travailleur des champs pouvait en boire jusqu’à 8
litres par jour… Il y était aidé par le fait que le vin participait au
salaire. Depuis, la consommation s’est nettement modérée.
En Europe, le vin est défini comme le produit obtenu exclusivement par fermentation
alcoolique de raisins. Mais c’est la macération (contact entre la peau,
les pépins et le jus) qui donne au vin corps et couleur grâce aux
propriétés du tanin.
La macération, et la couleur qu’elle apporte, ne concerne que les
raisins rouges. Elle est plus ou moins longue. De ce temps, dépendra la
couleur du vin. Une macération de quelques heures fera du vin rosé, une
macération de plus de 5 jours fera du vin rouge.
Le vin blanc, quant à lui, est fabriqué à partir de raisins blancs ou
de raisins rouges à jus blanc. Il n’y a pas de macération, pas de
contact avec la peau et les pépins de raisin après la clarification. Le
vin blanc n’a donc pas de tanin. En outre, l’un de ses composants,
l’histamine, est un allergène. Il peut être à l’origine de maux de tête.
En dehors de ces différences de couleur, le vin se classe également
sous des labels de qualité. La plus recherchée par les amateurs est l’AOC (l’Appellation d’Origine Contrôlée). L’institut National des Appellation d’Origine (INAO)
recense tous les produits ayant gagné ce titre. Pour l’obtenir, le vin
doit avoir un degré d’alcool supérieur à 12°C. De plus, les vignes
cultivées pour fabriquer ce vin doivent appartenir à une aire
géographique précise et limitée, ce qui fait de ce vin un produit du
terroir. Les techniques de fabrication doivent également être
prédéfinies pour des résultats de haute qualité de dégustation.
Bien qu’étant également des vins d’appellation d’origine, Les Vins De Qualité Supérieur (VDQS)
sont de moins en moins présents, au profit des AOC, plus valorisants.
Leur taux d’alcool varie entre 10,5 et 11,5° selon la région des vignes.
Les vins de pays ont un taux d’alcool de minimum 10°. Ils proviennent d’une région spécifique de
France.
A la différence des vins de pays, les vins de table peuvent être le mélange de plusieurs vins français ou européens. Son
critère alcoolique est de minimum 9°.
Même si le taux d’alcool est essentiel dans la classification des vins, c’est loin d’être sa seule caractéristique. Par exemple, l’acidité du vin (pH = 2 à 2,5) lui donne des propriétés digestives en stimulant la
sécrétion des sucs gastriques. Par ailleurs, le vin rassemble environ 300 constituants !
Chacun amène son rôle au niveau du goût, de la couleur, de la texture.
L’interaction des constituants entre eux ou avec le bouchon, l’oxygène…
rentrent également dans les propriétés du vin.
En dehors de la couleur et du corps, ces constituants sont également à
l’origine d’actions physiologiques. En effet, les tanins et les anthocyanes sont des composés phénoliques dont
les effets antioxydants ne sont plus à démontrer. Ce pouvoir bénéfique
du vin est d’autant plus marqué que le vin est rouge, de très bonne
qualité et riche en tanins et en colorants naturels. La qualité du vin
dépend du terroir, du cépage et surtout des procédés de vinification
qui donnent aux tanins et aux colorants naturels le temps de diffuser
dans le vin. Attention au vin blanc : il ne contient pas de tanin.
Les qualités antioxydantes du vin en général ont un rôle protecteur contre de nombreuses
maladies sauf sans doute les maladies cardiovasculaires
alors que nous entendons souvent que « le vin est bon pour le cœur ».
Ce n’est pas si sûr que cela. Le vin n’est pas un remède, même si
certains comme Pasteur avait classé le vin dans les médicaments. A
suivre…
Aujourd’hui, le vin, plus que toute autre boisson alcoolisée, est
consommé, la plupart du temps, en quantité modérée et au cours des repas
(ce qui diminue la rapidité d’absorption de l’alcool). Ce contexte
limite les dégâts liés à la consommation d’alcool. C’est sans doute
ceci qui permet aux Français d’avoir l’un des plus faibles taux de
mortalité par maladies coronaires, tout en étant de grands
consommateurs d’alcool (le paradoxe français).
Mais évidemment, l’abus d’alcool, même sous forme de vin, est très dangereux. Non seulement les
bénéfices des tanins n’augmentent pas avec la quantité de vin absorbée, mais en plus, l’alcoolisme est une maladie grave et
insidieuse.
Pour savourer son vin sans risque, les recommandations de lutte contre l’alcoolisme préconisent un verre de vin de
qualité à chaque repas et au maximum 3 doses de boissons alcoolisées par jour.
D’ailleurs,
on peut comprendre ainsi que l’alcool rentre dans la ration
nutritionnelle d’une journée. Il est à considérer comme un aliment.
Outre ses quelques minéraux et vitamines qui complètent légèrement
notre ration, le vin ne doit pas dépasser 10% de la totalité
énergétique de la journée.
En
dehors d’être une boisson, le vin, et l’alcool en général, font partie
de la cuisine traditionnelle française. Les boissons alcoolisées
relèvent les plats grâce à leurs composés aromatiques (comme le tanin
pour le vin). Selon les régions, on trouve du vin dans la daube
provençale, du Madère dans les rognons, du Xérès dans la zarzuela, de
l’Armagnac sur les crêpes... Dans ces conditions de cuisson, les
alcools ajoutent une saveur spécifique sans ses effets néfastes. En
effet, en chauffant, l’alcool s’évapore, ne laissant que ses parfums.
Symbole de la société française, le vin joue un rôle social et
convivial (et même religieux parfois). Quand on sait limiter sa
consommation à ce cadre, le vin détient, en plus, la noble faculté de
nous protéger contre un certain nombre de maladies liées aux radicaux
libres. Le vin, oui ! Mais pas trop…












