Les allergiques à la fraise espagnole, plus enclins à défendre les produits français, vont être heureux. Le WWF vient en effet de lancer un cri d’alarme à l’égard des consommateurs et des distributeurs concernant la vente de fraises espagnoles qui sont en train de détruire des espaces naturels ibériques parmi les plus importants d’Espagne (et d’Europe).
Les allergiques à la fraise espagnole, plus enclins à défendre les produits français, vont être heureux. Le WWF vient en effet de lancer un cri d’alarme à l’égard des consommateurs et des distributeurs concernant la vente de fraises espagnoles qui sont en train de détruire des espaces naturels ibériques parmi les plus importants d’Espagne (et d’Europe).
En effet, les zones humides du Parc National de Coto Donana dans le sud du pays s’assèchent, l’eau servant à irriguer en partie les fraises sur 5000 hectares, soit 95% de la production nationale. Pourtant, le parc est classé patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1984. Situé en Andalousie, il présente un ensemble d’écosystèmes remarquables (lagunes, marais, dunes fixes et mobiles, buissons et maquis) qui en fait un des sites de prédilection pour des oiseaux menacés. Plus de 500.000 oiseaux d’eau hivernent dans le Parc.
Mais cela ne semble avoir eu aucun effet sur les plantations de fraises... dont 40 % des surfaces seraient cultivées illégalement (plus d’une centaine d’hectares empiètent sur des espaces protégés). L’irrigation provient massivement de forages dont 50 % sont non déclarés, ce qui réduit considérablement (environ 50%) l’alimentation des zones humides alentours.
Cerise (fraise ?) sur le gâteau, l’importation de toutes ces fraises génère près de 4.500 tonnes de plastique chaque année dont la majeure partie des 300.000 tonnes produites alimentent nos étals français et ceux de nos voisins allemands. De surcroît, vous aurez remarqué que ces fruits sont apparus dès le mois de janvier dans les marchés. Or, même en supposant que le climat andalou est plus doux, de sacrées quantités de pesticides ont du être nécessaires pour la production de fruit en plein hiver, histoire de pouvoir acheter des fraises de janvier à avril (voir l’article du blog "Semaine sans pesticide")...
Au final, le bilan environnemental est catastrophique : kilo de pesticides inutiles, eau pompée, parc menacée, forages illégaux et surplus de plastique pour protéger des fruits très fragile sur des distances importantes...
Bien que l’article de la BBC indique qu’un porte-parole de Carrefour Espagne affirme se fournir en fraises provenant du seul fournisseur dont les méthodes de production sont suivies et respectent les standards Européens, quelque chose me dit qu’il n’en est rien côté français (et encore me faudrait-il croire ce porte-parole...).
Moralité : attendez le mois de MAI avant d’acheter des fraises, ce n’est pas encore la saison ! Goûtez plutôt à des variétés anciennes de pommes et surtout, surtout, évitez les fruits qui ont du parcourir 13.000 km pour atteindre votre assiette...
Sources :
- Fiche des sites inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco : Parc National de Doñana
- "Call for Spain strawberry boycott", BBC (16 mars 2007)
- "Acheter des fraises hors saisons favorise la destruction du milieu naturel espagnol", Notre-Planète.info (17 mars 2007)
Ce raisonnement est valable pour les fraises espagnoles mais aussi pour bien d’autres choses : Poires du Chili ou d’Argentine, raisins d’Afrique du Sud, etc...
Pourquoi devrions nous absolument (à toute faim inutile ?) nous offrir le luxe de manger hors saison des fruits qui ne sont même pas exotiques ? D’autant qu’ils sont beaucoup plus cher que la normale.
Mieux vaut manger "des-produits-frais-bien-de-chez-nous", du jardin si possible, ou des produits tropicaux (oranges, bananes, etc.), et réserver ses achats lointains pour des produits secs (fruits secs, cafés, thés, vanille, épices, etc.) dans des magasins de commerce équitable. Au moins on participe un peu au rééquilibrage des richesses mondiales et au maintien de variétés d’espèces.
D’accord avec le minijack....c’est vrai, pourquoi à tout prix vouloir des fraises en plein hiver ?Et si en tout prix on en veut, on peut encore les manger en confitures....sinon, pour 5 minutes de bonheur dans la bouche on aide à détruire la planète pour des années entières, du coup, les fraises ont mauvais gout !











