Article publié le 14 avril 2008
La multiplication “d’émeutes de la faim” dans le monde inquiète. Les deux anciennes puissances coloniales Française et Anglaise ont appelé les pays riches à se mobiliser rapidement pour faire face à la hausse des denrées alimentaires. Un effet d’annonce qui cache le recul des aides publiques des pays industrialisés et leur impuissance à maîtriser un système économique devenu fou, où l’on peut spéculer sur les matières premières alimentaires quand on ne les transforme pas en carburant.

Sentant venir la chose, Gordon Brown avait demandé en début de semaine l’inscription de la question de la hausse des prix des denrées à l’ordre du jour du groupe des pays les plus riches de la planète (G8). Vendredi, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères annonçait la mise en place d’un groupe de travail “de haut niveau associant les ministères de l’Agriculture et des Affaires étrangères“. Etrangement, comme s’il ne saisissait pas la gravité de la situation, Nicolas Sarkozy autrefois si prolixe est resté silencieux.
Un
“choc alimentaire mondial se profile, moins visible que le choc
pétrolier, mais avec l’effet potentiel d’un vrai tsunami économique et
humanitaire en Afrique”, a pourtant averti le commissaire européen au
Développement, Louis Michel.
Le FMI souligne qu’il y a eu une hausse de 40% des prix alimentaires en un an avec des conséquences désastreuses. Au moment où les pays pauvres ont désespérément besoin des pays riches pour faire face, les budgets pour l’aide au développement ont été réduits, de 33% pour le Japon à 15% pour la France. Globalement, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui regroupe les pays riches, évalue la baisse des aides versées par ses membres à 8,4% en 2007 et ce pour la deuxième année consécutive. En Europe, l’aide de l’Union atteint péniblement les 0,38% de son PIB qui s’était pourtant engagée à la porter à 0,56% en 2010 et 0,7% en 2015.
En première ligne dans le combat contre la faim, le directeur général de la FAO a fait part de sa ‘’tristesse’’ face à la vague d’émeutes, une tristesse qui est d’autant plus forte que c’était la chronique d’une catastrophe annoncée. Jacques Diouf indique avoir prédit ces émeutes dès octobre.
‘’Il faut attaquer le problème de la rareté des denrées alimentaires par rapport à la demande, et prendre des mesures pour augmenter la production dans les pays déficitaires, surtout les pays en développement’’, préconise Jacques Diouf.
En termes moins diplomatiques, la responsabilité des pays riches est évidente. Les prix des semences ont augmenté de 36 à 72 %, ceux des engrais de 59 %, et les aliments du bétail de 62 %. En dehors des grandes multinationales du secteur, les institutions internationales n’ont pas de stratégie globale en terme d’agriculture. Pire, elles ont poussé les PVD à développer des cultures d’exportation au détriment d’une agriculture vivrière rendue non compétitive par les exportations européennes et américaines subventionnées.
Un combat inégal illustré parfaitement par la crise des tortillas en janvier 2007. L’agriculture mexicaine fragmentée et sous équipée , exposée par ailleurs à la dissémination d’OGM, s’était trouvée sinistrée face à celle de son puissant voisin nord américain. Le coût du maïs nécessaire à la préparation du plat de base, les tortillas, s’était envolé, suscitant des troubles dans la population.
Certes, il existe des facteurs objectifs à la crise alimentaire : les fortes demandes des pays émergents, les désordres climatiques et la hausse du coût des hydrocarbures qui interviennent dans la production mais surtout le transport par voie maritime. Pour autant, les spéculations sur les marchés à terme de Chicago, jusqu’à 31 % d’augmentation en une journée, ne peuvent être ignorées pas plus que le développement des agro-carburants qui se fait au détriment des productions alimentaires.
Selon la Banque mondiale l’envolée des prix alimentaires devrait se poursuivre jusqu’en 2009, avant de décroître sous l’effet de l’adaptation de la demande à cette augmentation. Rome accueillera à l’invitation de la FAO un sommet sur la crise alimentaire du 3 au 5 juin.”La communauté internationale doit faire corps, non seulement pour apporter immédiatement son soutien, mais afin d’aider les Etats à identifier les initiatives et les politiques nécessaires pour réduire les conséquences sur les plus vulnérables“, a indiqué pur sa part Robert Zoellick, le président de la Banque mondiale.
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"Selon la Banque mondiale l’envolée des prix alimentaires devrait se poursuivre jusqu’en 2009, avant de décroître sous l’effet de l’adaptation de la demande à cette augmentation"
Ça veut dire qu’il y aura eu suffisamment de morts pour que les prix se stabilisent ? Ils sont toujours aussi fins à la Banque Mondiale :-/
Mettons ces instances de coté , où est leur vraie place. Je me permets de continuer le raisonnement...les prix montent jusqu’en 2009 et vont baisser ET alors, d’autres cultures vont émerger comme pour faire tourner les moteurs ou bien comme pour aller ...’sur mars ou vénus ... ? ’ et les prix vont remonter puisque les denrées alimentaires se referons rares...la présence de nos technocrates et énarques aux leviers du pouvoir qui ne pensent qu’à leur biens à eux et non au Bien de l’Humanité ne pourra pas changer ce fait. De grands Hommes nous l’ont expliqué et ils se sont faits virés par cette racaille ET les faibles sont parqués dans des zup avec 22% d’illétrés ils ne sont pas là de revenir au pouvoir ...MAIS....












