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Le meurtre de la Bio

Quand les politiques se moquent des citoyens au nom du saint business...

Article publié le 10 octobre 2007

Pourquoi le meurtre de la bio traditionnelle n’a pas fait les gros titres des médias... et comment elle pourra ressusciter…

« Maintenant, il va falloir se méfier du logo AB » Est-ce un industriel de l’agro-alimentaire qui parle ainsi ? Non, un responsable d’un petit magasin Bio ! Soucieux de qualité et de préserver les valeurs de la Bio, il a décidé de se passer progressivement du fameux label français AB.

« La ministre de l’Agriculture, Christine Lagarde, aurait voulu torpiller le Grenelle de l’environnement, prévu à l’automne prochain qu’elle me s’y serait pas prise autrement. » écrivait le magazine Marianne du 19 juin 2007.

Que s’est-il donc passé ? Le 12 juin dernier, dans un élan des plus démocratique, la Commission Européenne a décidé contre l’avis du Parlement Européen et des consommateurs d’autoriser la contamination des produits estampillés Bio par les OGM à hauteur de 0,9%, comme les autres produits issus de l’agriculture conventionnelle !

Comme le soulignait le communiqué de presse des acteurs de la bio : « Nous avions pourtant alerté la ministre sur le risque majeur que représentait ce nouveau règlement pour l’agriculture biologique, une telle banalisation du cahier des charges la détournant de sa nature, de ses spécificités et de ses enjeux. »

En remerciement de son vote courageux (quatre pays ont voté contre le texte : la Belgique, l’Italie, la Hongrie et la Grèce), Christine Lagarde, a été depuis promue au Ministère de l’Economie, où elle a déjà eu l’occasion de faire des étincelles néolibérales sur le mode : « la France est un pays qui pense […] Assez pensé maintenant. Retroussons nos manches ! »

Les journaux ont-ils parlé de la mort de la Bio traditionnelle ? Ce crime a-t-il fait les gros titres du 20 heures ? Evidemment pas : surtout ne pas ébruiter que nous consommons en permanence des OGM sans le savoir… La grande majorité de la population y est farouchement opposée ? Aucune importance : voilà belle lurette que les politoquards ne suivent plus la volonté des citoyens mais celle des lobbies industriels. Et les lobbies «  génétiquement modifiés » sont parmi les plus puissants et les plus cyniques…

« Monsanto ne devrait pas avoir à garantir la sécurité de la nourriture à base d’OGM. Notre intérêt est d’en vendre autant que possible. La responsabilité d’assurer que le produit est sans danger revient au gouvernement. » déclarait ainsi Phil Angell, le Directeur de la Communication de Monsanto (New-York Times, 25 octobre 1998, cité par le film The Future of Food de Deborah Koons Garcia)

Un taux de moins de 0,9% d’OGM n’entraîne donc pas d’obligation d’étiquetage sur les produits et les consommateurs ne sont pas informés si les animaux qu’ils consomment ont été ou non nourris aux OGM alors que 80% des OGM sont destinés à l’alimentation animale…

Résultat : les OGM sont déjà partout ! La plupart des biscuits et confiseries seraient contaminés, de même que les produits light et les produits laitiers du grand commerce. Voir le guide de Greenpeace sur http://www.detectivesOGM.org

Voici donc la BIO transformée en BIOGM. Mais ce n’est pas tout… Le texte introduit aussi la notion de « flexibilité » dans l’agriculture biologique, en réalité un scandaleux nivellement par le bas  : certains pays européens seront autorisés à faire moins que le cahier des charges européens, tout en ayant droit à l’appellation Biologique !

Enfin, et ce n’est pas la moindre des inquiétudes lorsque l’on connaît les conditions d’élevages des animaux en batterie, le pâturage des herbivores n’est pas rendu explicitement obligatoire et les traitement vétérinaires autorisés ne sont pas listés. Des viandes bio pourront donc être produites à la chaîne et bourrées d’antibiotiques sans que le consommateur n’en sache rien !

L’intérêt pour les industriels et les gros distributeurs est évident. Déjà, la bio n’apparaîtra plus comme « aussi spéciale que cela » ! Surtout, la nouvelle réglementation permettra de multiplier les surfaces de culture et d’élevage, notamment dans les pays de l’Est à plus bas coût. Il sera plus facile et moins coûteux de produire bio et les industriels pourront inonder les linéaires des hypermarchés de produits bio « premier prix »… Et tant pis si ces produits auront parcourus des milliers de kilomètres par la route ! Nous ne sommes pas à une contradiction près…

Mais le consommateur est-il vraiment aussi stupide que son nom l’indique ? La Commission a sans doute commise une grosse erreur en n’arrivant pas à interdire, comme il était prévu dans la première mouture du texte, les labels privés comme « Nature & Progrès » (www.natureetprogres.org ) ou « Demeter » (www.bio-dynamie.org ), associations aux cahiers de charges bien plus rigoureux. Car les consomm’acteurs Bio sont généralement bien informés et ils ne se la laisseront pas conter par les technocrates corrompus. Le logo AB est décrédibilisé ? Et bien nous reporterons notre choix sur un autre logo et retournerons gaiement vers les magasins bio, seule manière au demeurant de faire des économies tout en consommant sainement.

Une anomalie était en effet apparue dans les linéaires des hypermarchés ces dernières années : des dizaines voire des centaines de produits bio y côtoyaient les milliers de références de la malbouffe « traditionnelle ». De même qu’avec les produits dits « éthiques », le logo AB permettait aux enseignes de se dorer un minimum le blason : « Mais si, vous voyez, nous vendons aussi de la qualité ! » Qu’importe que les valeurs de la Bio soient aux antipodes des pratiques commerciales des hypers. Qu’importe que les produits Bio y soient parfois de moindre qualité gustative. Du point de vue du marketing et de l’esbroufe, les labels font toujours de l’effet !

Avec la mort de l’AB, la tartuferie prendra donc fin. Désormais synonyme de « malbouffe de qualité », le logo AB pourra s’étaler sans honte sur les linéaires des grandes surfaces, tandis que les produits « sérieux » prendront le chemin exclusif des petits magasins.

La Bio est à un tournant dangereux et il convient à tous les acteurs de prendre la mesure de l’enjeu. En chinois, le mot crise est formé de deux caractères. L’un signifie danger, l’autre opportunité. Le monde de la Bio se voit offert l’opportunité de se distinguer une fois pour toute de l’agriculture productiviste.

Les magasins doivent dès à présent envisager une sélection rigoureuse afin que les consomm’Acteurs puissent continuer à acheter en confiance. L’esprit Bio ne perdurera, en effet, que s’il existe des labels vis à vis desquels le doute n’est pas permis. Et pourquoi ne pas en profiter pour limiter les emballages et les produits « made in trop loin  » ? Le consommateur devra dans un premier temps être mieux informé mais ce pourrait être l’occasion d’aborder avec lui un certain nombre de pratiques honteuses que l’on nous dissimule : les produits raffinés, les arômes, les exhausteurs de goûts, les cosmétiques nocifs pour la peau, les parfums d’ambiance cancérigènes,…

Les producteurs soucieux de qualité devront à terme rejoindre les labels indépendants, quitte pour cela à renforcer encore leurs exigences de qualité. Le développement d’un nouveau label reprenant les exigences de l’ancien AB permettrait certes de conserver les bonnes habitudes mais il ne faudrait pas multiplier les logos et les sources de confusion. www.fnab.org

Il serait peut-être opportun, enfin, que les labels deviennent plus abordables afin de ne pas rajouter inutilement aux coûts de production. Nombre de petits producteurs, qui produisent d’ores et déjà Bio, n’ont en effet pas les moyens d’estampiller leurs produits et risquent de souffrir de l’arrivée de la « vraie fausse AB ». Les accueillir permettrait de renforcer la présence des logos privés et de réduire d’autant l’influence des BIOGM. En ces temps troublés, la solidarité doit prévaloir sur la compétition afin de créer la synergie nécessaire à la relance de l’éthique Bio.

Alors, la Bio sortira renforcée de cette tentative d’assassinat !

Le Mendiant
Le pire n’est pas une fatalité ! Parlez-en autour de vous...

http://www.lemendiant.fr Les contes à rebours du système...
http://lemendiant.over-blog.com/ Réflexions, coups de gueule et propositions...

Ce qui précède vous révolte ? Participez à l’opération Lib’airté  !

Le Pacte de Nicolas Hulot a révélé un large consensus autour des idées écologiques et les articles ont fleuri pour rappeler à quel point la Terre souffre… mais jamais il n’y a eu autant de 4x4 dans les centres-villes…

Ce paradoxe, bien connu des lecteurs de Naturavox, illustre la difficulté de transformer les intentions en actes.

Comment convaincre que le pire n’est pas une fatalité, que « la pollution n’est pas un gros problème mais six milliards de petits problèmes » (Hubert Reeves) et que nous pouvons tous, individuellement, faire une sacrée différence ?

Infantiliser sur l’air du « polluer, c’est pas bien » n’est pas la solution.

Autre approche : démontrer à quel point le système est manipulateur et responsabiliser le citoyen en le plaçant au cœur de sa propre réflexion.

Tel est le pari de l’opération Lib’airté !

Nous vous invitons à y participer, naturellement :

Acte 1 : Découvrez le conte à rebours De l’air !

Benoît Saint Girons, auteur du conte Le Mendiant et le Milliardaire (Ed. Jouvence) a imaginé une petite histoire distrayante couplée à une analyse précise des manipulations du système. La problématique : que se passerait-il si l’air venait à être exploité comme une vulgaire nappe de pétrole ?

Le petit fichier pdf est disponible gratuitement via email : delair[at]lemendiant.fr (en précisant « Naturavox »)

Acte 2 : Diffusez le conte et le concept de Lib’airté.

Comme vous le savez, c’est l’information et la communication qui feront la différence ! Si chaque lecteur transmet le conte à son entourage, la réflexion sera enclenchée et le système aura du souci à se faire…

« La démocratie est l’organisation sociale qui tend à porter au maximum la conscience et la responsabilité civique de chacun » disait Marc Sangnier. Merci de nous aider, via cette opération, à rétablir une démocratie digne de ce nom !

Extraits et information sur le site http://www.lemendiant.fr

Thèmes

Alimentation Agriculture Bio Agro-alimentaire OGM

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commentaires
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par flohon (IP:xxx.xx9.131.14) le 10 octobre 2007 à 13H58

Que s’est-il donc passé ? Le 12 juin dernier, dans un élan des plus démocratique, la Commission Européenne a décidé contre l’avis du Parlement Européen et des consommateurs d’autoriser la contamination des produits estampillés Bio par les OGM à hauteur de 0,9%, comme les autres produits issus de l’agriculture conventionnelle !

Juste pour rappeller vos connaissances européennes. Si je ne me trompe pas, la Commission Europénne a proposé ce texte au vote au Conseil des ministres avec avis du Parlement Européen. Ce sont donc les ministres des Etats membres qui ont voté cette loi et demandée des modifications éventuelles et non la simple Commission qui n’est qu’une exécutante

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par Kou l’ahuri (IP:xxx.xx7.209.236) le 10 octobre 2007 à 16H06

Pour information, il existe aussi des Amaps un peu partout en France (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne). Il n’est là pas question de label, c’est la confiance en son producteur local qui s’est engagé sur une charte claire et « plus-que-bio » qui prime. Quelques infos se trouvent facilement en charchant un peu sur la toile, par exemple là : http://www.olivades.com/Amap/Pratiq...

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par Le Mendiant (IP:xxx.xx8.51.105) le 15 octobre 2007 à 13H18

Je viens d’apprendre que Christine Lagarde avait eu la firme Monsanto comme cliente dans le cabinet d’avocat d’affaires qu’elle dirigeait... Pourquoi ne suis-je donc pas plus surpris que cela ?

Le Mendiant

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(IP:xxx.xx3.62.129) le 22 octobre 2007 à 01H31

Quand on lis cet article du réseau Voltaire, on s’en étonne encore moins... http://www.voltairenet.org/article1...

Jusqu’où iront-ils ? :/-)

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par zygomar (IP:xxx.xx0.34.66) le 22 novembre 2007 à 17H10

Le réseau Voltaire, n’est-ce pas cette organisation qui entre autre attribue à un complot ourdi au sein même du gouvernement férdéral américain et de certaines agences gouvernementales les attentats contre les tours du World Trade Center ??

Alors d’&ccord, là on peut avoir tout confiance !! Bien entendu, l’arrivée de Mme Lagarde au gouvernement fait bien partie d’un complot palnétaire dont Monsanto serait le centre névralgique.

Au fait, son cabinet d’avocats américains a bien dû avoir d’autres sociétés fortement suspectes autres que Monsanto, en tout cas je l’espère pour leurs finances !!!

La théorie du complot planétaire derrière tout ce qui se passe sur la planète !!! Pitoyable.

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par Le Mendiant (IP:xxx.xx6.155.103) le 23 novembre 2007 à 02H14

Il n’y a que vous qui parlez de complot...

Pour ma part, c’est plus simple : c’est uniquement l’avidité et le goût du pognon et à ce petit jeu, Monsanto est effectivement un bon client.

Le Mendiant www.lemendiant.fr

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