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Le lait animal et ses polémiques

Article publié le 2 juillet 2007

Le lait animal et ses polémiques
[Avant de commencer l’article je souligne qu’il ne concerne pas les nourrissons dont les besoins sont spécifiques et apportés par le lait maternel ou maternisé et en aucun cas du lait de vache.]

Le lait fait beaucoup parler de lui. Qui a t-il de vrai ou de faux ? Doit-on continuer à consommer les 3/4 laitages que les nutritionnistes recommandent ? Sont-il utiles et sans danger ? Tant de questions auxquelles nous allons essayer de trouver des réponses cohérentes.

Les détracteurs du lait affirment qu’il est toxique. Mais ils ne donnent pas de symptôme clinique (manifestation physique) ni para clinique (examens poussés) quant à cette toxicité. Elle reste donc très vague. D’autant qu’une interrogation s’impose : pourquoi tant de personnes consomment du lait toute leur vie sans se rendre compte du moindre effet néfaste ?

Nous pourrions alors nous arrêter là et dire que le lait c’est bien puisqu’il n’y a pas de preuve de toxicité. Mais j’ai envie d’aller plus loin. Certains détracteurs ont une logique pertinente. Certains éléments me semblent intéressants à retenir. De plus, les amateurs de lait, n’ont pas non plus de véritables preuves des bienfaits du lait. La polémique semble s’imposer.

Je vais commencer par rejeter les idées sans fondement des détracteurs afin de nous libérer d’éléments perturbateurs. Tout d’abord ils affirment que le code génétique serait présent dans le lait. Or, le lait ne transmet pas d’informations de ce type, ça reste dans la vache ! Les risques que l’être humain reçoive des informations destinées à un veau sont complètement nuls ! Donc, les cris d’alarmes des détracteurs annonçant dramatiquement qu’une seule goute de lait va modifier tout l’ADN humain est un parfait non sens.

D’autre part, les détracteurs du lait affirment que les protéines du lait de vache destinées à fixer le calcium seraient inopérantes chez l’Homme. Or, une protéine est constituée d’acides aminés, indépendants les uns des autres (hydrolyse des liaisons peptidiques). Ce sont ces acides aminés qu’utilise le foie pour fabriquer telle ou telle protéine selon les besoins de l’organisme (si on est veau, ce sera une sorte d’enchainement d’acides aminés, si on est Homme, ça sera un autre enchainement). La construction des protéines dont les êtres humains ont besoin pour fixer le calcium est donc tout à fait possible.

Ils affirment aussi que la présence de l’enzyme lactase provoque des ballonnements et diarrhées alors que c’est exactement l’inverse. Cette enzyme permet la digestion du lactose contenu dans le lait. Mais cette enzyme n’est pas produite en permanence. Donc si un être humain consomme du lait de façon irrégulière, le lactose aura du mal à être digéré, faute de lactase. C’est ce qui va lui provoquer ces désagréments. En consommant régulièrement du lait, la production de lactase sera également régulière et tout rentre dans l’ordre.

Enfin, pour finir sur du léger, certains détracteurs accusent le lait de ne pas saponifier (fabriquer du savon) les graisses du lait dans l’organisme. Je vous laisse juge sur l’importance de cette faiblesse du lait !

Toutefois, parmi ces idées sans fondement, se glissent d’autres idées, plus solides. Monsieur Thierry Souccar, membre de l’American College of Nutrition, nous servira de représentant de ce courant de pensées « attention lait ». Il a coécrit un livre intitulé « santé, mensonges et propagande. Arrêtons d’avaler n’importe quoi  ».

Dans cet ouvrage, il ouvre une enquête sur le véritable intérêt qu’ont les experts du PNNS (Programme National Nutrition Santé) et l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments). Ce qui l’a poussé à remettre en doute la cohérence de leurs conseils en matière de produits laitiers, c’est la proximité des experts de ces institutions nationales de nutrition et les industries laitières. De quoi se demander s’il existe vraiment des preuves irréfutables quand au rôle des laitages dans la prévention contre l’ostéoporose ainsi qu’ils nous l’annoncent.

Les conclusions de l’enquête furent flagrantes. Les résultats des 57 études publiées sur ce sujet ont été analysées par Roland Weinier (université de l’Alabama). Il affirme que les bénéfices des laitages sur la densité osseuse sont extrêmement faibles. L’OMS (Organisme Mondial de la Santé) de son côté, a constaté que les pays les plus grands consommateurs de produits laitiers étaient en même temps les pays où il y avait le plus de fractures du col du fémur !

D’autres études sont encore en cours de confirmation concernant par exemple le diabète insulino dépendant (diabète de type 1) des jeunes enfants. Ils seraient introduits trop tôt dans l’alimentation ce qui provoquerait une maladie auto-immune, responsable de la destruction de cellules pancréatiques.

Par ailleurs, une trop forte consommation de calcium peut abaisser le niveau de vitamine D. En effet, l’activation de la vitamine D est fonction du calcium dans le sang. Or, les doses officielles conseillées seraient trop importantes. Le taux de calcium, élevé, ne laisserait pas à la vitamine D la possibiité d’être activée. La vitamine D, étant protectrice d’un grand nombre de cancers, son abaissement est très néfaste. Les études publiées à ce jour suggèrent d’ailleurs l’idée d’une corrélation possible entre laitages et cancer de la prostate. Ces études sont suffisamment inquiétantes pour que l’école de santé de Harvard et l’institut américain de recherche sur le cancer recommandent de consommer les laitages avec modération. En fait, il ne faudrait pas dépasser deux sources de calcium par jour. Sachant que les fruits et légumes, les eaux minérales, les amandes, les sardines sont également riches en calcium, les laitages seraient à déduire de toute prise d’un autre apport calcique. D’ailleurs, il est exact que les japonais ont très peu de problèmes osseux (ostéoporose) alors qu’ils ne consomment pratiquement pas de produits laitiers. D’après Thierry Souccar, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, (l’Afssa), à son tour, aurait annoncé qu’une commission allait se pencher sur le cas des laitages. Mais je n’ai, personnellement, pas trouvé d’annonce officielle de ce genre. Il semblerait qu’en France, le maintien de 3 à 4 laitages par jour soit conservé. Le PNNS en est la preuve.

Le lait animal est-il vraiment néfaste à l’Homme ? Les industries laitières françaises ont-elles un trop fort impact économique ? De mon point de vue, c’est plus un problème de déséquilibre alimentaire. La consommation de produits riches en vitamine D (saumon, maquereau, thon, sardine, hareng, anchois, truite, beure, œuf) est insuffisante par rapport aux apports calciques. Ceci est accentué par le fait que le monde moderne nous pousse peu à prendre l’air. La synthèse naturelle de vitamine D se fait donc moins bien. Les carences en vitamine D sont donc fort possibles. Les aliments fibreux (céréales complètes, fruits, légumes, algues) qui favorisent l’élimination du calcium sont également peu consommés. Tout cela a comme conséquence une grande disponibilité du calcium dans le sang au dépend de la vitamine D. Etant elle même peu présente, son rôle d’antioxydant est diminué et elle ne permet pas une bonne fixation du calcium sur les os. C’est peut être l’une des réponses aux problèmes d’ostéoporose… En tous les cas, avant de supprimer totalement les produits laitiers, peut-être devrions-nous augmenter les aliments riches en vitamine D et en fibres.

Interview d’Isabelle Robard, coauteur de « santé, mensonge et propagande »
Débat dans l’express pour et contre le lait

Abécédaire de Thierry Souccar

Thèmes

Alimentation Santé Nutrition Prévention

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commentaires
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par simon ferniot (IP:xxx.xx7.60.115) le 2 juillet 2007 à 13H24

Vous faites bien de citer Thierry Souccar mais je recommande son dernier ouvrage consacré exclusivement àl’industrie laitière et aux conséquences possibles du lait de vache sur la santé humaine : Lait, Mensonges et propagande - Thierry Souccar Editions - 2007

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par alex75 (IP:xxx.xx7.108.64) le 2 juillet 2007 à 19H08

Qu’est-ce que le "lait" ? C’est une sécrétion corporelle féminine. Est-ce qu’on doit absorber ça toute notre vie à haute dose ? J’ai vu Thierry Souccar en interview sur Direct 8 , dans l’émission "Bien-Être", une émission grand public de santé naturelle (étonnante, sur la télé de Bollloré en plus…) et il est terriblement convaincant. Il n’interdit pas totalement le lait, il en consomme lui-même un peu (fromage fermier). http://www.direct8.fr/emissions/bie...

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par Diétimiam (IP:xxx.xx5.101.130) le 2 juillet 2007 à 19H25

Bien sûr, lorsque je le cite, je dis de ne pas abuser, pas d’arrêter.

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par simon ferniot (IP:xxx.xx7.60.115) le 3 juillet 2007 à 09H28

Cela me rappelle une explication simpliste mais assez imagée que m’avait donné un médecin convaincu des risques d’une consommation excessive de lait : Le lait, c’est une substance dont le but est de transformer en un an un veau de 40 kg en jeune boeuf de 250 kg. Cela n’aide pas à autre chose, notamment pas au développement du cerveau, les vaches n’étant pas réputées pour leur intelligence. On peut se demander légitimement si sa consommation régulière est vraiment adaptée à l’homme et en notamment à l’homme adulte.

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par Actias (IP:xxx.xx8.117.34) le 12 juillet 2007 à 15H16

on m’avait aussi predit que j allais souffrir de graves carences quand j’ai arreter la viande alors qu’en fait apres 6 ans je constate que je suis moins souvent malade et plus en forme. Alors dans le cas de remise en cause profonde d’habitude, la premiere chose a faire et d’oublier ce que l’on croit savoir, oublier ce que les gens croient savoir et penser par soi meme.

Le "mammifere" est par definition "un animal qui nourrit son PETIT avec ses mammelles". Pourquoi les humains auraient ils absolulment besoin du lait d’une autre espece toute leur vie ? (parce qu a entendre la propagande pro lait comme la propagande pro viande, qu on se passe de l’un ou de l’autre et l’on s expose a de tres graves ennuis).

Le lait c’est comme la viande, on le supporte plus ou moins bien, on peut en tirer quelques substances (proteines surtout) de bonne qualité mais globalement ça nous pourrit plus qu’autre chose, on est pas fait pour en s’en nourrir, en tout cas pas à dose quotidienne.

PS : parmis les critiques du lait on peut rajouter les rendement collossaux des vaches shootées aux steroides et antibiotiques (dont on recupere les substances dans le lait), le pue qu’il contient, le processus denutritif de la pasteurisation, les ajouts de substances douteuses etc etc ... c’est moins farfelu que les modifications d’ADN mais surement plus proche du vrai.

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