Article publié le 29 octobre 2007
La bonne réponse à l’augmentation des cours du blé et du lait, ce n’est pas dépenser plus pour son pain et ses yaourts, c’est changer de régime alimentaire.
Voilà une situation que le regretté Dr Jean Seignalet aurait
observée avec intérêt : les prix du blé et du lait flambent. Il s’agit
des deux aliments qu’il avait identifiés comme principaux responsables de l’épidémie de maladies auto-immunes
à laquelle les pays développés – et maintenant les pays émergents –
sont confrontés. L’augmentation des cours du blé et du lait, et les
ondes de choc qu’elle adresse, révèlent le degré d’addiction dans
lequel nos sociétés se sont emprisonnées, alors que ces deux aliments
ne sont consommés (comme le sel et le sucre) que depuis le néolithique,
il y a moins de dix mille ans, c’est-à-dire hier. On pense bien sûr à
la place omniprésente des produits de panification, pain, biscuits,
pizzas, quiches. Mais aussi aux aliments d’origine animale : il faut 2
kg de céréales (blé et maïs) pour produire 1 kg de poulet, et près de
3,50 kg de céréales (blé, orge, maïs) pour 1 kg de viande de porc. Le 5
septembre dernier, à Rouen, premier port d’exportation des céréales de
l’Union, le blé est passé au-dessus de la barre symbolique des 300
euros la tonne sur le marché européen à terme. Depuis, à en croire les
medias, le ciel nous est tombé sur la tête.
- Energies alternatives
Sauf que, pendant plus de sept millions d’années, l’espèce humaine s’est développée sur un mode alimentaire excluant totalement blé et lait.
C’est encore le cas de pans entiers de la population humaine, à
commencer par l’Asie. L’inquiétude du gouvernement chinois face à la
hausse des cours du blé et du lait, deux aliments inconnus dans ce pays
il y a encore une à deux décennies, en dit long sur le succès désormais
planétaire du mode alimentaire occidental. De Pékin à New-Delhi le
monde veut désormais manger du pain, de la viande d’élevage et les
yaourts dont Danone a promis d’inonder la planète.
En réalité, la hausse des cours du blé et du lait pose exactement
les mêmes problèmes à notre société que celle des cours du pétrole, une
autre denrée « énergétique ». Elle devrait susciter en toute logique les
mêmes réponses : consommer moins, développer des sources d’énergie
alternatives. Pourtant, ce n’est pas ce qui se passe. Autant la hausse
du pétrole agit sur les gouvernements de la planète comme un aiguillon
pour selon le cas s’équiper de centrales nucléaires ou accélérer
l’implantation des énergies renouvelables, autant la hausse du blé et
du lait est vécue comme une calamité qui n’appelle d’autre solution que
celle de meugler ou enfouir la tête dans le limon fertile de la Beauce.
En Italie, plusieurs associations ont certes appelé à faire « la grève
des pâtes » mais ce n’était que pour inciter le gouvernement et les
producteurs à prendre des mesures pour préserver cette institution
nationale. D’ailleurs la grève n’a guère été suivie.
- Changer sans risque, manger sans crainte
Tout comme l’augmentation du prix du pétrole, la situation
actuelle pénalise incontestablement les économies des pays émergents.
Mais elle représente aussi une occasion historique de réduire la place
du blé et des laitages dans notre alimentation : mangeons-en moins, et
choisissons des produits de qualité. Un kilo de pain ou de lait
transformé coûte aujourd’hui autant sinon plus qu’un kilo d’un bon
nombre de fruits, légumes, légumes secs. Avec un peu de créativité, en
arpentant les marchés, en expérimentant, on peut diminuer de manière
significative sa consommation familiale. On peut sans risque renoncer au lait
(et au bol de céréales) du matin, à la plupart des yaourts et garder le
plaisir occasionnel d’un bon fromage fermier. Tout cela, non seulement
c’est possible, mais c’est probablement bon pour votre santé. Je sais :
les nutritionnistes vont certainement agiter l’épouvantail du calcium
et des os. La réponse est simple. Il n’existe aucune preuve qu’en
remplaçant tout ou partie des laitages par des fruits, légumes, légumes
secs on met en péril sa santé osseuse, au contraire. Les céréales de leur côté sont très acidifiantes
et de nombreux chercheurs pensent qu’un régime moins riche en laitages
et blé, plus riche en fruits et légumes est bon pour les os.
Le lait et le blé montent ? N’allez pas enrichir les gros propriétaires des plaines à blé, les opulentes coopératives laitières et les richissimes transformateurs de l’agro-business. Donnez vos euros aux maraîchers, aux petits producteurs, fermiers et éleveurs indépendants qui font vivre les saveurs et respectent l’environnement : le notre commun, et le vôtre intime.
Le lait et le ble sont chers ? Je propose de ne plus en manger ! Revenons a la viande : les eskimos vivent tres longtemps avec la viande et le poisson ! Faisons comme eux !
:)
Bonjour, je suis ravie de vous "voir". J’ai lu votre ouvrage sur le lait et ça a bouleversé totalement mon point de vue de diététicienne sur cet aliment.A dire vrai, de toutes mes recherches, vous êtes le seul à donner de véritables raisons à diminuer notre consommation. Je trouve que les détracteurs du lait mettent plutôt un frein aux réelles craintes. Je ne m’étais pas encore penchée sur le blé. Votre article va m’inspirer pour chercher plus loin que le bout de mes neurones de diét. Avec mes remerciements pour le travail immense que vous faites pour l’humanité VT












