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La convivialité passe à table !

Article publié le 4 mai 2007

Aujourd’hui lorsque les gourmands lancent des invitations, c’est plus pour étancher leur soif de convivialité que pour se remplir l’estomac. L’important n’est plus de manger mais de faire plaisir.

La convivialité passe à table !

Insatiables ! Les Français se redécouvrent un appétit gargantuesque pour les repas entre amis et les instants magiques qu’ils procurent. Dernièrement, une étude du CRÉDOC souligne que les cadres comme les agriculteurs, les retraités comme les étudiants, reçoivent de plus en plus. Ces cinq dernières années, près de deux millions de Français ont augmenté la fréquence de leurs invitations. Aujourd’hui, selon l’Insee, 73% d’entre eux organisent des petits dîners au moins une fois par mois. Objets de toutes nos attentions : la famille, les collègues et surtout les amis. Les magazines de recettes de cuisine sont littéralement dévorés tandis que le rayon cuisine des librairies est pris d’assaut. Cette avalanche de parutions, destinées aux néophytes avides d’apprendre, a trouvé un large public. Car la France compte toute une génération perdue en matière de gastronomie. Souvent, les mères issues de la génération de 1968 ont refusé de transmettre à leurs enfants l’image avilissante de la ménagère aux fourneaux. Résultat : bon nombre de trentenaires, véritables « handicapés » de la cuisine, se retrouvent incapables de préparer le plus simple des repas. Les seniors ont donc une belle carte à jouer dans la transmission de leur savoir-faire culinaire. Désormais, les petits-enfants ne se privent plus d’aller quérir auprès de leurs grands-parents la recette facile et originale qui épatera leurs amis lors d’un dîner. La tarte flamande de Mamie Yvonne, le lapin chasseur façon grand-mère ont encore de beaux jours devant eux.

Le traditionnel repas du dimanche est relégué aux oubliettes

Néanmoins, les « apprentis chefs » ne passent pas plus d’une heure ou deux aux fourneaux. Il faut aller vite et pas question de s’embarrasser de conventions ni de rituels contraignants. Toutes les occasions sont bonnes pour lancer des invitations qui ne se dérouleront plus forcément à 20 heures. Concurrent de l’éternel dîner, le goûter s’impose tandis que le brunch attire de plus en plus une génération en perpétuelle quête de nouveaux concepts. Plus branché encore, le « drunch ». En clair : le « dinner-lunch », équivalent modernisé de l’apéritif dînatoire. Le repas guindé est désormais passé à la trappe : 20% des Français reçoivent dans le salon, sur la table basse, voire dans la cuisine. Parfois, les invités participent à la fête en mettant le couvert ou sont même convoqués en cuisine pour assister le maître de maison dans ses oeuvres. On tente des expériences saugrenues et l’on s’autorise quelques manquements à la bienséance : manger avec des baguettes un fricassé de poulet, piocher dans les plats, apporter la poêle sur la table. Les réunions entre amis ressemblent plus que jamais à des dînettes-parties et le décorum s’adapte : les sets de table remplacent la nappe, les assiettes deviennent carrées et plus grandes pour contenir, par exemple, une ribambelle de tapas servis avec un bol de riz basmati. On mélange l’argenterie avec de longs verres à champagne en plastique bleu électrique et le saladier multicolore est transformé en panier à pain. Bref, le mot d’ordre demeure l’originalité.

L’esthétique règne désormais en maître dans les maisons

Dans le domaine culinaire, l’innovation doit, paradoxalement, beaucoup à la diététique. La dictature des aliments allégés et la chasse aux calories s’immiscent dorénavant dans les maisons. Les desserts compensent leurs réductions en sucre et en taille par une originalité à toute épreuve. Ainsi, un cake à la rose et au thé vert pourra ravir des hôtes blasés par le traditionnel et trop lourd fondant au chocolat. Cette apparente décontraction n’empêche pas la recherche de l’excellence : il faut séduire nos hôtes par les cinq sens et les étonner. Pour ce faire, on soigne la présentation des plats, même les plus simples. Une salade de roquette est désormais servie dans une assiette triangulaire sertie de tomates cerises confites, parsemée de lamelles de parmesan et finement arrosée de vinaigre balsamique.


Mais décontracté ne veut pas dire bâclé, on l’aura compris. Depuis qu’un repas réussi ne se résume plus à manger un magret de canard à la cuisson parfaite, il faut aussi assurer l’ambiance et le décor. Les bougies parfumées en accord avec les mets servis, une musique d’atmosphère choisie avec soin font désormais partie intégrante d’un dîner réussi. Bien entendu, les éclats de rire d’une tablée complice seront facilités par la dégustation d’un vin léger et généreux. Les meilleures histoires naissent souvent autour d’une table chargée de bonne choses à manger... Et à boire !

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55 votes

commentaires
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par aquad69 (IP:xxx.xx5.100.34) le 4 mai 2007 à 10H15

Bonjour Cioran,

Eh bien oui, c’est un des derniers actes sociaux et familiaux qu’il nous reste.

Profitons-en tant qu’au nom de la santé obligatoire ce n’est pas encore interdit...

Cordialement Thierry

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par Zkyx (IP:xxx.xx9.34.107) le 4 mai 2007 à 10H59

Il y a une certaine logique économique à cette tendance : les sorties au resto c’est cher, et on peut faire aussi bien et aussi convivial chez soi.

Enfin pour ce que j’en dit :)

Hop ça me donne faim tout ça ! Bon ap’ les gens

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par la Mouche du coche (IP:xxx.xx6.245.233) le 4 mai 2007 à 11H00

Article sympa :-)

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par alberto (IP:xxx.xx3.158.107) le 4 mai 2007 à 13H00

Oui, article sympa : une bouffée d’air aux parfums de fines herbes, pour chasser ceux, délétères, de la cuisine électorale...

Et puis, au cours de ces soirées où règne la convivialité, quel bonheur d’échanger nos recettes !

Bien à vous.

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par LE CHAT (IP:xxx.xx1.75.49) le 4 mai 2007 à 13H10

loin de la cuisine elctorale des arrières cuisines politiciennes , bon idée que cet article consensuel sur un sujet essentiel aux yeux des français , la bonne bouffe ! c’est l’une des préocupations principale " qu’est ce qu’on va manger ce soir " qui vient à l’esprot de nos concitoyens et ils ont bien raison . J’adore faire la cuisine , pour ma famille et mes amis .

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par Plus robert que redford (IP:xxx.xx9.130.226) le 4 mai 2007 à 23H11

Absolument !

Je pense néanmoins que le décorum, s’il est important comme faisant partie du "rituel", n’excuse jamais une préparation bâclée ou à base de produits médiocres !

Et la convivialité ne s’arrête pas à la salle à manger ! Que dire du plaisir de donner un coup de main en cuisine si on est arrivé en avance, ou, même, à la vaisselle, dernier salon où l’on cause !

Rien n’arrête le plaisir d’être ensemble !

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par OG (IP:xxx.xx6.54.169) le 5 mai 2007 à 18H21

Un article sympa, mais je me demande si ce phénomène décrit n’est pas plutôt courant en milieu urbain. "Il faut vivre pour manger", c’est un peu cela dans cette tendance à déjeuner ou à dîner avec le plaisir de ses convives. J’en profite pour redonner le lien sur mon article, concernant l’inscription de la gastronomie française au patrimoine mondial de l’humanité, via l’UNESCO : http://www.agoravox.fr/article.php3...

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par CIORAN (IP:xxx.xx9.4.118) le 6 mai 2007 à 15H26

Bravo pour votre article sur la cuisine française richement documenté et aux arguments imparables !

Je vous rejoins aussi sur cette convivialité à table qui se vit beaucoup en milieu urbain… Mais n’oublions pas les campagnes avec l’arrivée depuis quelques années de ces rurbains qui mêlent astucieusement art de vivre rural et habitudes culinaires des villes. Et puis les gens qui vivent à la campagne ont toujours été des exemples en matière d’hospitalité et d’invitation à manger. C’est une tradition bien ancrée en France.

Cioran

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par Le furtif (IP:xxx.xx7.227.10) le 6 mai 2007 à 09H24

C’était il y a près de trente ans , à l’occasion de la parution d’un livre que je n’ai jamis lu, à la tele la découverte d’un couple splendide tenant un discours absolument incongru, à l’époque.Sans arguer aucunement de leurs titres , comme certains hélas abusent, ils nous révélaient les risques de la pente sur laquelle nous glissions et nous invitaient à un retour à la "commensalité" et au goût.Ils étaient beaux , élégants ils tenaient un discours absolument hors normes.

Waouh ! Ils en jetaient un max. Et en plus ils faisaient du Surf !

Ils n’ont pas perdu leur temps

  • La malbouffe de Stella et Joël de Rosnay

Cordialement

Le furtif

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par CIORAN (IP:xxx.xx9.4.118) le 6 mai 2007 à 14H54

C’est devenu une gourmandise à laquelle je peux résister… Assister à l’implosion en plein vol de la frustration virtuelle comble d’aise les papilles d’un lecteur affamé de joyeusetés délirantes et de ratages en tout genre !

Quel bonheur de lire autant d’aigreur et de mauvaises fois rassemblées dans un seul post vibrant d’autosuffisance et de mépris. On a rarement atteint un tel degré d’inutilité avec un texte pensé à bétonneuse et écrit à la truelle.

Fort heureusement des fulgurances dignes des plus belles pages d’un auteur de salle de garde traversent le post de notre champion. Notre gentil prGroKrouk pourrait postuler pour quelque médaille d’or. Oh ! Pas le grand prix de la courtoisie urbaine, bien sûr, mais au salon du bricolage, pour la truelle d’or…

Cioran

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(IP:xxx.xx5.98.134) le 6 mai 2007 à 15H55

"Décontracté ne veut pas dire bâclé". Je rêve... devant cette invitation, ô combien virtuelle.

L’article de sieur "Cioran" ci-dessus (pardon à son maître, qui n’y est pour rien), laisse présager les soins commis envers le produit original ! quant au post ci-dessus, il indique le soin en cuisine.

Bonnes gens, qui n’êtes pas invité à cette bonne Auberge, vous partagez ma chance et mon bonheur.

... On vous servirait du "Côte du rhône" bien peuple, plutôt que du Côteau d’Aix. Et pour amuser la gallerie à vos dépens, on montrerait bien l’étiquette à la dérobée...

Comme moi, manants, vous êtes connecté pour admirer Môssieur ! Aaah, quelle prose ! Mais quel talent de cuisine...

... supposé. Finesse et Convivialité sont les deux mammelles qui nourrissent l’esprit bien né.

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par Le furtif (IP:xxx.xx5.14.123) le 16 mai 2007 à 20H58

Eh ho !!

Alors comme ça , j’fais un petit salut au patron et à sa dame , je retire ma gapette et je ponctue d’un M’sieurdame et pour toute réponse je m’fais saquer !!!

j’t’en donnerai moi d’la "commensalité"

Froissé

Le furtif


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