NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
La bouffe

Article publié le 9 décembre 2008

La bouffe

Un beau sujet, à l’approche des fêtes de fin d’année, mais un sujet délicat, à une époque où un milliard d’êtres humains ne magnent pas à leur faim, où l’obésité touche de plus en plus de monde, où l’érosion vécue du pouvoir d’achat conduit certains à se serrer la ceinture. Tout y est pour le développement durable, le côté social, la santé[1], des circuits économiques complexes, avec la difficile question de la traçabilité, et l’environnement, avec le respect de la terre[2] nourricière,  des prélèvements de poissons, le conditionnement et les pertes en lignes. On ne peut pas trouver meilleure terrain pour illustrer ce qu’est le développement durable. De nombreuses chroniques de ce blog abordent le sujet de la bouffe, avec des points de vue bien différents selon qu’il s’agît des modes de production ou de consommation, ou d’illustrations de pratiques riches d’enseignements pour le développement durable en général. 10 chroniques (mots en gras dans la présentation ci-dessous), datés du 20 mars 2006 au 22 septembre 2008, sont reprises dans ce bouquet, le troisième après ceux de la finance[3] et des dividendes[4].

Parlons de la bouffe bio, par exemple. Voilà semble-t-il, une excellente affaire pour le développement durable. Et bien, ce n’est pas si simple, car tout dépend de quel point de vue on se place. Pour l’individu, pour l’organisme qui ingère l’aliment, ça devrait être bon, si le bio ne se réduit pas à l’absence de produits chimiques, mais inclut aussi une qualité de culture. Mais est-ce bon pour l’environnement ? Oui, sans doute pour le champ où sont cultivés les produis, encore une fois si le protocole cultural est sérieux, et que le sol n’est pas épuisé progressivement. Il faut ajouter au bilan les transports, la conservation, la préparation culinaire et le sort des déchets de cuisine[5]. Autant d’étapes dans la vie du produit qui ont leur propre poids environnemental et social, et qu’il ne faut pas négliger.

La bouffe, bien nécessaire pour la vie, tout simplement, est souvent sacrifiée au superflu. Une fois que vous avez votre téléphone portable, que chaque membre de la famille a le sien, il faut bien payer chaque mois, même si ça pèse lourdement sur les budgets. L’alimentation, le logement, le chauffage ne sont guère valorisants, alors qu’il y a tellement d’autres consommations pour vous donner le statut[6] social auquel vous aspirez !

La bouffe, c’est l’agriculture[7], la pêche[8], des modes d’exploitation de la nature qui connaissent aujourd’hui des difficultés. Sans doute du fait d’une spécialisation trop intense, d’un manque de recherche d’une combinaison de bénéfices, telle qu’on la voit avec la truffe en complément de l’activité forestière. La culture des champignons est d’une manière générale pleine d’enseignement pour le développement durable, tout comme les pratiques culinaires. La technique de la mayonnaise nous donne des indications sur la manière d’intégrer des éléments disparates, de même que le découpage du saucisson en rondelles nous dit ce qu’il ne faut pas faire pour comprendre la complexité de la vie et en tirer profit. Il y a aussi les modes de consommation, entre le restau et le pique-nique, celui-ci ayant donné son nom à une taxe mort-née, mais l’essentiel est de respecter le rythme des saisons, et de tirer le leur cycle tout le plaisir de saveurs retrouvées. Suivre les variations de la nature au lieu de vouloir s’en affranchir à grand prix est source à la fois d’économies et de sensations originales, il ne faut pas s’en priver.

Pas de bonne bouffe sans bonne recettes. Le savoir faire se transmet et s’enrichit ainsi, le talent des cuisiniers reprenant les expériences acquises et les prolongeant, pour trouver des saveurs inédites. Le développement durable a aussi besoin de recettes, à reprendre, transgresser et enrichir, à adapter à chaque contexte, pour trouver des réponses inédites aux défis qu’il faut relever en évitant les accidents. Enfin, nous nous garderons d’oublier les restes, parfois importants au lendemain d’agapes, et qu’il convient d’accommoder avec art, c’est-à-dire de récupérer, les recycler, leur donner une nouvelle vie chaque fois que cela est possible.

 

Une belle inspiration que la bouffe, la bonne bien sûr. Bon appétit !

 

 

 

Les dix chroniques du bouquet pour la bouffe La-bouffe.pdf La-bouffe.pdf

Thèmes

Développement durable Alimentation Bio

Bookmark and Share
24 votes

commentaires
Les Auteurs deAlimentation
Valerie B - 1 articles
Béatrice de Reynal - 209 articles
Anissina - 5 articles
ble2 - 35 articles
La Nature dans la Peau - 6 articles
Samuel - 1 articles
BelleAuNaturel.net - 33 articles
Philippe - 6 articles