Article publié le 21 décembre 2007
La flambée actuelle des prix agricoles est due à une conjonction de plusieurs facteurs dont le principal et le plus déterminant est la faiblesse des stocks de fin de campagne. Le problème demeure l’insolvabilité massive de la demande alimentaire mondiale, qui ne peut qu’aboutir à une chute des prix agricoles à terme.
L’offre agricole et alimentaire mondiale :
On compte, dans le monde, environ 1,3 milliards d’actifs agricoles : un peu moins de la totalité des actifs du monde. La population agricole active et non active représente, elle aussi, une petite moitié de la population mondiale.
Or, on compte dans le monde environ 28 millions de tracteurs et 250 millions d’animaux de trait : environ un milliard d’actifs agricioles travaillent en culture manuelle, avec quelques outils de type houe, machette, daba, bâton fouisseur.
Avec un tel équipement, la pénibilité et le rythme du travail du sol empêchent tout paysan de cultiver plus d’un hectare. Le rendement obtenu est de l’ordre d’une tonne d’équivalents céréales par hectare : la productivité d’un milliard d’actifs agricoles est donc de l’ordre d’une tonne par actif et par an. A noter : 600 millions des actifs en culture manuelle sont orphelins de tout programme d’aide ou de tout projet de développement et travaillent sans engrais, sans produits de protection des plantes et sans semences "améliorées".
Parmi ceux qui disposent de l’équipement motorisé et mécanisé le plus performant, on trouve les paysans les plus productifs : ils peuvent obtenir jusqu’à 5000 tonnes d’équivalents céréales par actif et par an (environ 10 tonnes de rendements sur quelque 500 hectares cultivés). L’écart de productivité agricole dans le monde est donc de l’ordre à 1 à 5000 ; cet écart n’était que de 1 à 10 dans l’entre deux guerres et de 1 à 20 au lendemain de la seconde guerre mondiale.
La demande agricole et alimentaire mondiale :
On compte dans le monde plus de 2 milliards de personnes souffrant de malnutrition, c’est-à-dire de carrences en micronutriments (vitamines, minéraux, iode, fer) qui provoquent maladies graves et retards de développement.
En plus de cette population malnutrie, on compte environ 850 millions de personnes souffrant de sous-alimentation chronique : souffrant de carrences en macronutriments (protides, glucides, lipides), c’est-à-dire souffrant de la faim de manière chronique. Concrètement, ces personnes ne peuvent pas fournir un effort physique sans maigrir : ils ne couvrent pas leurs besoins énergétiques de base, qui sont de 2500 calories par jour pour un adulte.
Il meurt chaque année dans le monde 10 millions d’enfants de moins de 5 ans des suites de la malnutrition, dont 6 qui meurent carrément de faim. 6 millions d’enfants de moins de 5 ans, c’est la totalité des enfants de moins de 5 ans de France et d’Italie réunies et 10 millions d’enfants de moins de 5 ans, c’est la totalité des enfants de moins de 5 ans de France, d’Italie, d’Espagne et du Portugal réunis.
A noter : pour avoir 2500 calories par jour, un adulte doit consommer 200 kg d’équivalents céréales par an.
Une donnée saisissante étrangement mal connue et jamais commentée :
D’après les données de la FAO, on peut estimer que 80% environ des 850 millions d’affamés du monde sont des paysans. Les premiers à souffrir de la faim sont ceux dont le métier est de nourrir les hommes.
L’impact catastrophique de la baisse, en tendance, des prix agricoles
Même lorsque des variations brutales le masquent, les prix agricoles baissent, en tendance, depuis près de deux siècles. Cette baisse résulte plus particulièrement depuis l’instauration de marchés agricoles mondiaux de la mise en concurrence des agricultures du monde, le marché mondial n’étant, de surcroît, qu’un marché d’excédents (c’est environ 15% de la production mondiale de blé qui est échangée à l’international).
Cette baisse a un impact, naturellement, plus violent sur les petits paysans que sur ceux qui sont les plus compétitifs. Il y a 30 ans, un paysan andin, himalayen ou mailen en culture manuelle pouvait espérer 30 dollars pour 100 kg de grains produits. Sur la tonne produite en un an, il pouvait donc vendre ou échanger 200 kg de grains pour habiller et loger sa famille, et entretenir son équipement, même modeste (tout paysan sait travailler le bois, mais pas le fer). Avec les 800 kg restants, il pouvait nourrir une famille de 4 à 5 personnes.
Aujourd’hui, il ne peut plus espérer que 10 dollars pour 100 kg (avant la récente flambée des prix) : pour le même bien ou le même service, il doit se séparer de 600 kg de grains. Avec les 400 restants, il ne peut plus nourrir sa famille et migre vers un bidonville ou un camp de réfugiés.
Là, il cherchera du travail pour acheter ce qu’il ne peut plus produire : les 800 kg de grains, par an, dont sa famille a besoin pour se nourrir. Dans tous les pays du monde sans véritable protection sociale ni droit du travail, le revenu des actifs salariés non qualifiés est indexé, à la baisse, sur la baisse des prix agricoles. Cette baisse maintient l’insolvabilité massive de la demande alimentaire mondiale, essentiellement paysanne, et réduit le revenu du travail y compris salarié.
Quelle solution apporter à ce déséquilibre agricole et alimentaire mondial ?
Paradoxalement, il faut protéger le revenu paysan pour rendre solvable la demande alimentaire mondiale qui ne l’est pas. Au lieu de marchés agricoles mondiaux, il faut instaurer plusieurs marchés agricoles régionaux, par grandes régions du monde à peu près homogènes du point de vue de la productivité agricole et des habitudes alimentaires.
La flambée actuelle des prix agricoles, provoquée par de mauvaises récoltes simultanées dans des régions exportatrices mais fondamentalement due à une faiblesse chronique des stocks de fin de campagne qui s’aggrave depuis quelques années, porte à quelque 300 euros la tonne de céréales sur certains marchés à terme : mais c’est 400 qu’il faudrait pour qu’un paysan en culture manuelle puisse épargner et investir. Elle ne permet de rémunérer qu’une petite partie des actifs agricoles du monde pour nourrir quelques centaines de milliers de "nouveaux riches" dans les grandes villes de Chine et de l’Inde. Mais la Chine est en train d’affamer les 900 millions d’actifs agricoles qu’elle comptait encore lorsqu’elle a adhéré à l’OMC.
Si des marchés agricoles communs, protégés à leurs frontières, permettaient de soutenir les prix du manioc, de l’igname, du sorgho et autres mil et millet, il en résulterait un renchérissement du coût de l’alimentation dans ces zones. Ce renchérissement provoquerait un relèvement des salaires, mais pour être financé il faudrait que ces régions du monde disposent d’une marge de manoeuvre monétaire pour distribuer du pouvoir d’achat dans les mégapoles et les grandes villes. C’est pour cette raison qu’une telle organisation des marchés agricoles du monde nécessiterait la mise en place d’un fonds monétaire international réservé au financement du renchérissement du coût de l’alimentation.
Pour tous ceux que ces enjeux intéressent, je vous recommande le site internet du Mouvement pour une organisation mondiale de l’agriculture, le MOMA. Contrairement à ce qu’on aura pu lire ici ou là, même si ce mouvement a au départ été financé par le quatrième semencier mondial, Limagrain, c’est avec intégrité et sincérité que son Président a investi à fonds perdus dans ce type d’analyses.
Question bibliographie, on pourra aussi prendre connaissance de l’analyse remarquable de Marcel Mazoyer dans son "Histoire des agricultures du monde." Il a succédé en son temps à René Dumont à la chaire d’agriculture comparée de l’Institut national agronomique (devenu Agro Paris tech).
Bonjour, et merci d’attirer notre attention sur ce phénomène à dimensions planétaires.
Il est particulièrement choquant de voir sur ce site combien de personnens glosent sur la visite du président Sarkozy au Pape et ne s’intéressent pas du tout au problème de l’alimentation de nos semblables.
Agoravox, une France en miniature ?
compte tenu de la faim dans le monde la farication d’ethanol est une ineptie..il faut s’attacher a encourager les mises au point des voitures electriques et des batteries et, pour cela , il faut construire davantage de centrales nucléaires ,bien sur,... ! ! ! tout est lié ! ! ...
Ca y est, on le tient notre président pour 2012...
Tiens, ils sont curieux ces chiffres :
1,3 milliards d’actifs agricoles
Un hectare par actif
Une tonne par hectare
=> 1,3 milliards de tonnes par an
200kg pour nourrir un humain
=> 6,5 milliards d’humains nourrissables chaque année
Et malgré cela, et malgré ceux qui utilisent des grosses machines et des semences "améliorées", malgré le fait qu’une bonne part des humains n’aient pas besoin de 2500 cal par jour, malgré la prétendue optimalité du système libéral, il y en à qui trouvent encore le moyen de crever de faim ?? :-O
Toute ironie mise à part, cet article est très intéressant.
Excellent réflexe que ce calcul tout simple. Il révèle que le problème réside en effet dans la répartition de l’accès aux terres, aux biens agricoles et alimentaires, dans le monde. Quelques données complémentaires : plus d’un milliard de personnes dans le monde sont en surpoids (poids divisé par taille² > 25) et 300 millions d’entre elles sont obèses (l’OMS considère l’obésité comme une épidémie mondiale depuis 1998). On consomme plus de 120 kg de viande par individu et par an dans les pays développés, contre une dizaine de kg dans les PMA. Or, il faut environ 7 kcal végétales pour produire 1 kcal animale (c’est un ratio moyen mais il illustre bien à quel point les différences d’accès aux produits animaux ou végétaux, induisent des différences énormes dans la couverture des besoins énergétiques et minéraux).
Parce qu’il est proche du thème développé dans cet article, je rappelle l’article connexe :
« Les OGM, la dépendance alimentaire, la dépendance politique, la bio-uniformisation », lien :
http://www.agoravox.fr/article.php3...
En voici un extrait : Parmi les procédés agroalimentaires possibles, il faut favoriser les types de production et de distribution d’aliments qui ont le meilleur bilan écologique : le moins de consommation d’énergie ou de ressources non renouvelables, le moins d’émissions de polluants. Par conséquent une organisation des circuits de distribution de produits agroalimentaires, sciemment basée sur des transports sur de longues distances, par exemple entre le Brésil et l’Europe, serait contraire au principe de la gestion saine du potentiel écologique de la planète. Les points de production des aliments doivent être répartis de manière à être proches des points de consommation. La stratégie des orientations économiques de l’Union européenne devrait en tenir compte.
Oui, cet argument (de la proximité entre lieu de production et bassin de consommation) est essentiel. Mais j’émets deux réserves relatives à l’article en référence sur les OGM :
On ne parviendra pas à grand-chose en continuant à stigmatiser "la FNSEA" ou autres "lobbies". Aux dernières élections aux chambres d’agriculture, la FNSEA a obtenu plus de 56% des voix avec plus de 60% de participation. Peu d’interlocuteurs de l’Etat dont dotés d’une représentativité aussi bien établie. Quelle que soit l’issue du Grenelle de l’environnement, l’exercice aura eu l’immense mérite de mettre en contact des gens qui ne se parlent que par media et invectives interposées. C’est avec eux qu’il faut travailler, parce que rien de valable ne se fera sans eux, ni contre eux.
L’enjeu est bel et bien planétaire, et il n’est pas pertinent de préconiser des mesures de politique agricole en Europe sans débattre de ce qui doit être conduit comme politiques ailleurs. En d’autres termes, et peut-être vais-je en choquer en affirmant ceci, il n’est pas productif de critiquer "la Pac" dans son ensemble et de s’en prendre aux aides agricoles européennes : le soutien au revenu paysan doit être appliqué partout, y compris eu Europe. Ce qu’il faut "simplement" (si j’ose dire), c’est que ce soutien soit conditionné à des outils de maîtrise de l’offre mise en marché, de manière à cesser d’inonder de nos excédents les marchés des pays tiers...
Je n’ai pas la place d’en dire beaucoup plus, mais c’est un sujet qui mérite de longs et larges débats.
Article étonnant. Il fournit des infos intéressantes mais souvent incomplètes. Ca commence dans l’introduction : "La flambée actuelle des prix agricoles est due à une conjonction de plusieurs facteurs dont le principal et le plus déterminant est la faiblesse des stocks". La faiblesse des stocks n’est pas une cause mais une conséquence de trois facteurs : marchés émergeants (Chine, Inde), mauvaises récoltes et facteur majeur, la confiscation par les filières agrocarburants de millions de tonnes de produits agricoles... Autre exemple : "A noter : pour avoir 2500 calories par jour, un adulte doit consommer 200 kg d’équivalents céréales par an." L’auteur aurai pu rajouter que c’était la quantité nécessaire de céréales pour faire le plein d’un 4x4 en agrocarburants... Je pense que ces oublis sont volontaires puisque l’auteur termine son article en nous recommandant le MOMA... Il suffit de lire le nom de certains des membres fondateurs pour comprendre que le MOMA n’est pas une organisation philanthropique. On y trouve des partisans de la "vocation exportatrice de l’agriculture française", des partisans acharnés des OGM et d’ardents promoteurs des agrocarburants ! Alors plutôt que d’aller voir le MOMA, je conseillerais plutôt de lire, concernant les conséquences que la poliique agricole notamment européenne (donc française) poussée par certains membres du MOMA a pu avoir ou a encore, l’article de Meena Ramman sur "OMC et l’Agriculture : ruine et exode rural pour des millions de paysans du Sud". http://www.amisdelaterre.org/OMC-et... Sinon, sur les problème de l’agriculture du Sud, je préfère le site du Forum pour la Souveraineté Alimentaire : http://www.nyeleni2007.org/ Souveraineté alimentaire, est je crois un terme rarement employé par le MOMA... MH
Je vous remercie pour la pondération de votre réaction, parce que je pense que vous vous êtes efforcé d’être pondéré. Je m’étonnais que mon article n’ait pas donné lieu à un commentaire critique de ce type. Je vais moi-même tâcher d’être le plus succinct et précis possible dans ma réponse. En premier lieu, vous n’êtes pas forcé de me croire, mais je vous affirme n’avoir passé sous silence aucun élément d’information dans le but de manipuler ou d’abuser le lecteur. C’est même par souci de sincérité et de transparence que jai fait référence au site du MOMA, dont je sais très bien que la démarche est très critiquée par de nombreuses ONG et de militants, disons, de sensibilité écologiste ou de mouvements de gauche. Ensuite, je vais reprendre quelques-uns de vos arguments en les numérotant : c’est un peu agressif comme forme, mais c’est pour aller à l’essentiel.
1. C’est un point qui serait débattu par des économistes chevronnés et je n’en suis pas un, mais je pense que la faiblesse des stocks de fin de campagne est due à l’insolvabilité massive de la demande alimentaire mondiale et pas aux causes que vous lui attribuez. J’en veux pour indice le fait que cette faiblesse, chronique, est inquiétante depuis des années, avant que l’industrie des biocarburants ne soit significative et avant l’émergence des "nouveaux" marchés de l’Inde et de la Chine. Cette faiblesse chronique est le socle à partir duquel des mouvements spéculatifs, déclenchés par les mauvaises récoltes simultanées, dans un contexte de débouchés nouveaux, ont fait flamber les prix agricoles : c’est annoncé par Marcel Mazoyer depuis près de 10 ans. Et ce qu’il prédit encore, c’est une future chute de ces cours sur le modèle de celle du milieu des années 70, après quelques campagnes de prix du blé mutiplié par 3 à 4. Les débouchés des agrocarburants et l’alimentation des populations riches d’Inde et de Chine n’y changera rien du tout.
2. Même à un peu plus de 6 milliards d’habitants, compte tenu des différentes habitudes alimentaires (manioc, mil et millet en Afrique centrale, taro et igname en Afrique australe, riz en Asie du sud-est...), des déséquilibres offre / demande par grande région du monde et des écarts de productivité, il faudrait, pour que tous les habitants du monde soient convenablement nourris (sans carrences alimentaires, ni en micronutriments ni en macronutriments) :
Plus de 30% de la production et de la consommation mondiales actuelles,
Plus de 100 fois l’aide alimentaire mondiale,
Plus de 50% de la consommation du 1,5 milliard d’habitants nourris à suffisance,
Plus que le volume total des échanges agricoles et alimentaires mondiaux (source : Marcel Mazoyer et Laurence Roudart, articles et ouvrages récents dont je peux vous fournir les références si vous le souhaitez... je ne les ai pas en tête au moment où j’écris ces lignes).
Le problème dépasse largement toute solution ne portant "que" sur la solidarité, les échanges, l’aide, ou même l’orientation des surfaces les plus productives vers les agrocarburants ou l’alimentation. Il y a lieu de luttre contre cette illusion de nouveaux débouchés agricoles pour plusieurs raisons, mais focaliser sur cet enjeu, c’est passer à côté de l’essentiel du problème.
3. Le MOMA est né d’une volonté de Pierre Pagesse, Président de Limagrain, à la suite du rapport d’orientation du syndicat des Jeunes agriculteurs de 2001, intitulé : "Paysans, le prix de notre avenir." Le Président du CNJA de l’époque, Jean-Luc Duval, a écrit un plaidoyer pro "souveraineté alimentaire des peuples" dans un livre intitulé "Fin des paysans, faim du monde", publié aux éditions du Cherche-Midi. Pierre Pagesse n’est pas un enfant de choeur et il est indubitable qu’il défend les intérêts du quatrième semencier mondial qu’il préside, mais je ne l’ai jamais entendu parler de "la vocation exportatrice de la France" comme d’une ligne de politique agricole et, pour financer et créer le MOMA, il s’est heurté à bon nombre de ses pairs, céréaliers en particulier.
4. Il ne s’agit pas pour moi de défendre les intérêts de l’artiellerie lourde de la paysannerie française, il s’agit seulement de situer le prioblème là où il doit être : à l’échelle mondiale. Contrer les intérêts agricoles européens au nom de la petite paysannerie des PMA est, fondamentalement, contre-productif : il est absolument vrai que nos excédents ont des effets catastrophiques ailleurs que chez nous, où ils sont écoulés sans vergogne, mais on n’empêchera pas "nos" agriculteurs d’exporter si leur revenu dépend de ces exportations... et il est possible de préconiser une politique de soutien du revenu agricole qui a. n’aurait pratiquement pas de conséquences sur les prix alimentaires : cf. prix du blé dans la baguette de pain ou du lait dans un yaourt et b. conditionnerait ce soutien au revenu à une maîtrise de la mise en marché, précisément pour que les exportations subventionnées cessent. Mais tout le problème, c’est qu’une telle formule n’est tout simplement pas pensable si elle n’est pas négociée à l’international, de manière à ce que tous les marchés agricoles soient protégés par grandes régions du monde.
Voilà, je ne suis pas plus long... c’est presque un second article que j’étais en train d’écrire.











