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L'alimentation bio des grandes surfaces en question

Article publié le 16 février 2009

Les sondages le montrent : nous sommes de plus en plus nombreux à consommer des produits alimentaires bio. A croire que le bio ne connaît pas la crise ! Et les enseignes de grandes surfaces l’ont bien compris, avec une progressive généralisation de produits bio, la création de rayons spécialisés ou encore le développement de leur propre marque bio.

Ceci nous amène à nous interroger sur la qualité des produits bio proposés, les objectifs réels des enseignes à travers leur marque bio : leurs prix, quasi équivalents à des produits classiques de grandes marques, ne sont-ils pas synonymes d’une moindre qualité ? S’agit-il vraiment de produits issus de l’agriculture bio ? Sont-ils plus écologiques ?

Des produits bio sous contrôle

Sachez tout d’abord que les produits bio des marques de distributeurs (MDD) sont porteurs du label officiel AB, géré par le ministère de l’Agriculture, et donc soumis au moins une fois par an à un contrôle de l’un des six organismes certificateurs français (EcoCert, Qualité France, Agrocert…). Donc aucune crainte : vous consommez bien des produits issus de l’agriculture biologique, même s’il faut noter qu’ils peuvent contenir jusqu’à 4,99 % d’ingrédients non biologiques et des OGM  "accidentels" autorisés à hauteur de 0,9 %.


Developpement durable article

Des labels privés comme Demeter, Nature & Progrès intègrent des critères plus exigeants mais se font encore très rares en grande distribution.

Les gammes bio de nos grands distributeurs

En plus des grandes marques nationales, les grandes surfaces proposent de plus en plus de produits bio sous marques de distributeurs (MDD) à des prix plus compétitfs :

  • Carrefour  : propose la gamme bio la plus étoffée avec sa marque Carrefour Agir Bio créée en 2005 . Le distributeur commercialise aujourd’hui près de 900 produits issus de l’agriculture biologique dont 250 sous sa marque Carrefour Agir Bio (97% de références alimentaires) tous labellisés AB. 14 000 tonnes de fruits et légumes bio sont ainsi achetés chaque année avec 26 références de fruits et légumes bio. 64% des références de fruits et légumes Carrefour Agir Bio sont d’origine française. Sur le marché du bio, Carrefour représente 20% des parts de marché. D’ici 2010, la gamme devrait encore s’élargir et compter 350 références.
  • Monoprix (filiale du groupe Casino) : l’un des pionniers avec sa marque Monoprix bio lancée en 1994, et qui compte aujourd’hui 150 références de produits labellisés AB. À leurs côtés, Monoprix commercialise de nombreuses marques spécialisées comme Babybio, Vitabio, Bjorg, Jardin Biologique, Kalibio ou encore Luna.
  • E. Leclerc  : a lancé sa marque Bio Village en 1999 dont les produits sont certifiés AB et également cautionnés par "Marque Repère" au niveau de leur contrôle. Le distributeur affirme proposer la gamme bio la moins chère du marché.
  • Auchan  : propose une centaine de produits biologiques certifiés AB sous sa marque Auchan Bio lancée en 2006.
  • Et aussi : Cora avec Cora Nature Bio (AB), Casino avec Casino Bio (AB) ,Super U avec Bio U... 

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Et le Hard discount ?

Vous pouvez également trouver des produits bio chez une enseigne de Hard discount à des prix encore moins chers que les grandes enseignes nationales comme nous le rapportait le blog consommerdurable.com dans un comparatif établi en Septembre 2008, mais l’offre reste encore limitée.

 

Un "marketing" bio contraire à la "philosophie" bio ?

Le point fort des marques de distributeurs bio est de proposer des prix quasi équivalents à ceux des produits conventionnels de grandes marques. Ainsi, près des trois quarts des consommateurs font leurs achats bio en super et hypermarchés, au détriment de la distribution spécialisée et des circuits-courts (Amap, marché, biocoop, sites de vente directe en ligne..) qui, pourtant, représentent sans doute les mieux la philosophie de l’agriculture biologique.

Car la course aux premiers prix dans laquelle se sont engagées les grands distributeurs risque de faire deux victimes  :

  • les producteurs dont la rémunération n’est pas prise en compte, contrairement aux circuits-courts qui proposent des prix "équitables", c’est-à-dire à la fois juste pour le consommateur et le producteur,
  • la planète : du fait de cette recherche de prix bas et de la faible capacité de production bio en France (2% de la surface agricole), 50% des produits bio sont importés, ce qui signifie transports, émission de GES... Sans oublier les problèmes de suremballage des produits bio (mais, du coup, plus très écolo), les campagnes pub sous forme de prospectus pour, justement, promouvoir leurs gammes "super bio"...

Developpement durable article


Surfant sur la "vague bio", les grands distributeurs proposent ainsi, à côté des traditionnels produits bio (fruits et légumes, café, lait...) des produits bio surgelés, en conserve, ou encore sous vide, prêts en 2 minutes, certes très pratiques et plus sains que leurs équivalents "classiques" mais qui peuvent faire débat. Car, dans ces cas, il est difficile d’affirmer que les achats bio s’inscrivent dans une démarche écologique et de développement durable...

 

(source : consoglobe.com)

Thèmes

Ecologie Alimentation Bio Agro-alimentaire Commerce

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commentaires
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par cosmétique bio (IP:xxx.xx8.49.49) le 16 février 2009 à 14H47

article très juste... fred, webmaster http://www.aphibio.fr

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par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 19 février 2009 à 18H23

Bravo, « cosmétique bio », défendez votre label ! Ne vous laissez pas impressioner par ce malotru de raul01 alias « consoglobe » ! toutes les petites entreprises du bio doivent avoir droit à une place au soleil sur Naturavox. Faites donc comme vos confrères inakis, abonébio et j’en passe, devenez rédacteur !

Je profite de mon passage pour chaudement recommander à tous les écolos fréquentant ce site le documentaire de ce soir sur la 2 : Les précheurs de l’apocalypse

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par mr-bienetre (IP:xxx.xx7.214.121) le 7 mars 2009 à 07H44

Le problème avec vous capitaine Poltron c’est qu’avec votre esprit négatif et vindiatif apparamment, vous trouveriez quand même matière à critiquer même si l’industrie du Bio était parfaite ! On a pas besoin d’extrémistes ni d’un côté, ni de l’autre. Les cultures bio respectent l’environnement et sont une bonne alternative à l’industrie de l’agro-alimentaire et la consommation de masse excésive de produits traités chimiquement. On devrait plutôt s’en réjouir...après, qu’il y ait des dérivés de conservateurs non naturel dans certains poduits, c’est un problème sans grande importance puisqu’ils sont en quantité bien inférieur par rapport autres produits. On va quand même pas tout remettre en cause pour cela !

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par Eco Intelligence (IP:xxx.xx9.163.107) le 16 février 2009 à 16H29

Article effectivement très juste.

Je poserais juste un bémol sur la partie sociale qui a été oubliée, à savoir qu’une enseigne spécialisée Bio ou le magasin de quartier à souvent une gestion de la ressource humaine plus en accord avec les philosophies (j’ai mis un "s" à dessein) Bio.

Encore une fois notre acte d’achat détermine notre engagement à un modèle ou pas. Acheter du bio dans une grande surface c’est ne pas avoir de conseil, et privilégier une gestion humaine encore trop défaillante.

Au bout du compte n’est-ce pas notre condition humaine que nous cherchons à améliorer tant dans la production, la distribution que la consommation ?

Eco Intelligence

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par Delphicom (IP:xxx.xx9.205.90) le 18 février 2009 à 12H41

En effet, s’il existe un secteur d’activité qui ne connait pas la crise, c’est celui des produits issus de l’agriculture biologique ou du commerce équitable.

Nature & Equitable expo est un nouveau salon professionnel destiné à tous les acteurs de ces marchés : magasins spécialisés, commerce organisé, grande distribution, cash and carry, restauration traditionnelle et collective. Nature & Equitable expose tient les 25 et 26 mars 2009, dans le cadre du salon Foods&Goods, dans le hall 7-3, du parc des expositions de la Porte de Versailles.

Bien-être, recherche de produits de qualité et de sensations authentiques, souci de l’environnement et d’un développement plus responsable, traçabilité d’une filière agricole... autant d’éléments qui font des produits bio ou issus du commerce équitable des valeurs rassurantes pour le consommateur.

Face à ce phénomène, Nature & Equitable Expo se positionne comme le carrefour entre l’offre et la demande pour une meilleure intégration des produits bio, équitables et responsables dans les réseaux de distribution traditionnelle ou spécialisée ainsi qu’en Restauration Hors Foyer.

Pour cette première édition, Foods&Goods accueille des fabricants français et européens qui développent des gammes bio, naturelles et équitables alimentaires mais aussi sur les segments de l’’hygiène et des cosmétiques.

Également sur ce pôle, un concept de magasin bio mis en scène par Mobil Wood et Bio Linéaires, le magazine leader sur ce segment de marché.

Retrouvez toute l’actualité de Nature&Equitable expo sur www.foods-goods.com

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par Ma Cantine Bio (IP:xxx.xx5.163.55) le 17 mars 2009 à 21H44

J’ai publié un article sur mon blog sur le sujet : doit-on importer des produits bio ?

Nous l’avons vu l’agriculture biologique en France ne pourrait faire face aujourd’hui à une demande forte en provenance des cantines scolaires. D’où l’importance de créer des filières comme nous l’avons expliqué dans d’autres articles. La question se pose donc de savoir si l’on peut importer des produits bio d’Italie ou d’Allemagne par exemple en attendant que la France développe son offre agricole. A cette question le tollé général répond : “Quelle horreur, pas question, ce n’est pas développement durable”. Il est intéressant de constater que ce consensus est répandu à la fois chez ceux qui ne veulent pas du bio mais également chez ses plus fervents supporters. Tous nous assènent l’argument décisif : “importer mais voyons ce n’est développement durable, c’est mettre des camions sur la route, c’est émettre du vilain CO2..”

Cet argument est fallacieux et nous allons y répondre en deux temps.

1) Tout d’abord devrait-on cesser de consommer des produits agricoles sous prétexte qu’ils sont importés ? Dans ce cas nous ne mangerons plus ni banane, ni orange, ni clémentine. Nous ne pourrons plus nourrir nos animaux d’élevage car 80% des céréales nécessaires à la nourriture des bovins est importée.

Mais après tout, pourquoi pas ? Nous consommerons des pommes et des poires produites localement et nous mangerons moins de viande.

2) Plus gênant pour les adversaires de l’importation leur argument n’est pas prouvé loin s’en faut. A-t-on montré qu’importer des produits bio génère plus de gaz à effet de serre (GES) que consommer des produits agro-industriels produits localement ? Cette étude comparative n’a à ma connaissance pas été faite (mais je suis tout à fait disposé à la lire et à la publier si quelqu’un me la soumet). Je le regrette car ses résultats seraient probablement très instructifs et les conclusions certainement inattendues. En effet Une telle étude ne se contenterait pas d’examiner le sommet de l’iceberg, les transports, comme le font les opposants aux importations. Une étude scientifique et sérieuse mesurerait l’ensemble des émissions de GES et des coûts induits par chacune des activité : production locale de produits agro-industriels vs production et importation de produits bio. Cette étude nous rappellerait que l’agro-industrie est un des 1ers émetteur de gaz à effet de serre quand l’on prend en compte les consommations de pesticides, d’engrais, les opérations de déforestation etc.. Quant aux faibles coûts liés au transport (comparativement aux produits bio importés) ils seraient contrebalancés par le coût de dépollution des eaux et des sols généré par l’agro-industrie (coûts que ne supportent pas l’agriculture biologique).

En conclusion, et dans l’attente de preuve contraire, il est probablement plus “développement durable” d’importer des produits bio d’Europe de l’Ouest que de consommer des produits agro-industriels fabriqués dans la Beauce ou la Brie.

Prétendre le contraire c’est faire le jeu de ceux qui défendent le statu-quo et notamment les lobbys agro-industriels. Montrons-leur qu’il y a un marché pour le bio en France et tant pis si notre agriculture ne sait pas s’adapter.

Pour en savoir plus : http://macantinebio.wordpress.com/

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