Qui veut la mort des bons fromages français ?
Article publié le 12 février 2008
La logique européenne est-elle en train de sonner le glas de nos bons fromages au lait cru ?
La France va-t-elle devenir « l’autre pays du fromage » ?
En effet, notre pays qui comptait autant de fromages que de jours de l’année, a vu en quelques années ce chiffre chuter dramatiquement.
Nous aurions perdu en quelques années une cinquantaine de fromages, et les responsables sont connus.
Ce sont surtout les producteurs de fromages stérilisés, lesquels ont décidé de faire la chasse aux fromages à lait cru, en utilisant des arguments des plus discutables : les fromages à lait cru seraient porteurs de tous les germes du monde.
Pourtant cet argument est loin d’être prouvé : des expériences scientifiques ont prouvé que lorsqu’on est sous antibiotiques, il est préférable de consommer des produits à base de lait cru, afin de reconstituer la flore intestinale, laquelle a été détruite par l’absorption des médicaments.
De plus il est notoire aujourd’hui que les enfants qui mangent de plus en plus de produits pasteurisés perdent leur immunité naturelle, ceci expliquant peut être l’augmentation des cas d’allergies.
Pourtant, par lobbies interposés, ces « industriels du fromage stérilisé » se sont invités dans l’union européenne.
Ils demandent que les camemberts, pour ne citer qu’eux, soient fabriqués avec des laits thermisés ou micro-filtrés, à la place du lait cru.
Ils en fabriquent aujourd’hui 250 000 par jour.
Mieux, ils demandent de pouvoir acheter pour faire leur camembert, du lait du monde entier, sans limiter, comme aujourd’hui, sa provenance à la seule Normandie.
Ce qui est un crime de lèse majesté pour les tenants de l’AOC (appellation d’origine contrôlée).
N’ayant pas obtenu gain de cause, ces industriels du fromage ont quitté les bancs de l’AOC, mais continuent de vendre leur fromage sous la même présentation, convaincu que le consommateur ne verra pas la différence.
Mais pour les amoureux du bon fromage, la différence est plus que perceptible : ces nouveaux camemberts sont totalement insipides, à moins d’aimer un fromage qui est plus proche du plâtre que d’un aliment.
Le camembert n’est pas leur seul objectif : ils font aussi du brie, du coulommiers, en y rajoutant quelques ferments supplémentaires.
Une autre affaire fait grand bruit depuis quelques jours : deux réalisateurs (Joel Santoni, et Jean Charles Deniau) ont sorti récemment un documentaire sur FR3 (26 décembre 2007) : « ces fromages qu’on assassine ». dans leur documentaire, ils s’en prenaient nommément aux producteurs des fromages stérilisés (Lactalis), lesquels se sont émus d’être mis en cause sur une chaîne qu’ils sponsorisent grassement par des espaces publicitaires.
Or Lactalis c’est aussi la marque Président, Lanquetot, et le Cheese des Burgers.
Y a –t-il un lien de cause à effet ? toujours est-il que le film a été tronqué lors de sa diffusion, des passages les plus « délicats », sans l’accord des réalisateurs.
Tout cela a mis très en colère les réalisateurs du film et Périco Legasse, le journaliste qui servait de guide dans ce film engagé et sincère.
La bataille du lait cru continue donc de plus belle, et espérons qu’elle sera gagnée un jour définitivement, sinon nous pourrons dire adieu au roquefort, au salers et à bien d’autres joyeusetés gastronomiques.
Imaginez vous un réveillon 2008 sans l’inévitable Vacherin au mont d’or, si onctueux qu’il doit être dégusté à la petite cuillère ?
Car comme disait un vieil ami africain « ce n’est pas parce que le mouton n’a pas de dents, qu’il faut mettre la main dans sa bouche ».
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Je ne vois pas le lien entre la légende de l’article et le document. Les lobbys demandent à l’europe de passer au lait thermisé, mais jusqu’à preuve du contraire l’europe ne souhaite pas céder, ce qui était montré à la fin du reportage que vous citez (qui d’ailleurs est passé sur France 3 et non plus FR3... )
Bonjour
Tous les protagonistes sont d’une très grande malhonnêteté intellectuelle, y compris les défenseurs du lait cru. Il n’a jamais été dit que les laits crus sont tellement propres (normes sanitaires) qu’il est impossible d’en faire du fromage sans ajouter de ferments lactiques de laboratoire. (Sauf dans les toutes petites exploitations dont le lait est traité sur place). Il n’a jamais été dit qu’avec les produits de nettoyage et désinfection on a sélectionné (comme dans les hôpitaux) les germes résistants, sans parler des antibiotiques utilisés pendant des années dans les élevages.
Et cessez d’affirmer cette contre vérité comme quoi les fromages industriels sont stériles ... ils sont ensemencés avec des ferments, de laboratoire certes, moins "riches" que les ferments "sauvages" ... qui hélas ont disparu de l’environnement.
Seuls les fromages à pâte molle sont "potentiellement" dangereux. Dans le cas des pâtes pressées cuites il n’y a strictement aucune raison d’abandonner le lait cru puis que le caillé est cuit à une température supérieur à 60 °C. (Bruxelles voulait faire supprimer la mention "au lait cru pour ce type de produits) Il n’a pas non plus de risque pour les fromages à affinage long, le Roquefort a encore un bel avenir.
A l’époque où les experts européens voulaient interdire le lait cru, ce sont les industriels qui l’ont défendu (pas par philanthropie certes).
Le lait cru est autorisé sous réserve de normes sanitaires ... Mais n’est-ce pas ce qu’exigent les consommateurs ?
Enfin en cas de problèmes avec les antibiotiques le mieux est encore de consommer des Yaourts .. oui le Yaourt ordinaire de base (blanc comme aurait dit Coluche)..
Sans rancune..
Il y a encore un nombre incroyable de fromages qui ne sont pas protégés ... n’importe qui pourrait prendre un de ces noms et le déposer comme marque ... mais les procédures d’obtention des AOP ou IGP sont si lourdes que ce n’est pas possible pour les petites structures de le faire. Il y aurait un vrai combat à mener.
Cordialement







