NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
De quoi les OGM sont-ils l'avenir ?

Article publié le 15 janvier 2008

On pourrait sans doute résumer les arguments des pros OGM de cette façon : les OGM c’est bon pour la science, la santé, et pour l’économie. Pourquoi pas...Quelques arguments condensés, tout de même, pour revenir sur le sujet maintes fois abordé.

Bien sûr car c’est un domaine de recherche, tout comme celle sur les embryons humains. Pourtant, ce point avait suscité bon nombre d’interrogations légitimes.Le seul sujet en danger dans cette affaire-ci était d’enjeu philosophique et de croyances religieuses : la place de l’Homme entre les mains de l’Homme. Quels droits détient le premier sur le genre de l’autre autrement dit. Le monde scientifique se faisait plus discret que sur ce sujet, ou en tous les cas, moins revendicatifs dans les medias.

Est-ce parce qu’aucune firme au moins française n’avait encore breveté ou suffisamment lancé la recherche sur cette technologie du vivant ? Peut-être aussi parce que Rabelais nous avait enseigné que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme  ».

Pourtant, lorsqu’il s’agit de notre environnement, notre biotope, le sujet devient moins tabou. Pour qui a effleuré la génétique, le risque de contamination de tout le biotope par une variété de plantes OGM est flagrant. Une petite quantité de matériel génétiquement modifié pourrait ainsi écraser le reste du patrimoine génétique naturel.

L’actualité porte à traiter davantage des plantes génétiquement modifiées, mais l’exemple des saumons issus de cette technologie avec la dissémination consécutive des gènes en question dans la nature est parlant :

«  En Norvège, on constate que des Saumons atlantiques (Salmo salar) d’élevage s’échappent chaque année de leurs cages grillagées (Anonyme, 1999). Un pic a été observé en 1992 avec 1,6 millions de poissons à s’être échappés. Un certain nombre de mesures ont permis de réduire ce nombre à 282 000 en 1995. Mais, comme l’aquaculture s’est développée, le nombre de poissons échappés s’est lui aussi accru (642 000 en 1997). Durant la période 1988-1997, les captures de saumons sauvages étaient de 150 000 à 250 000 par an. Bien sûr, tous les saumons sauvages ne sont pas capturés, loin s’en faut, mais ces chiffres donnent une idée de l’importance des évasions. Entre 1989 et 1996, les poissons d’élevage échappés représentaient 34 à 54% des captures de saumon le long de la côte et 10 à 21% dans les fjords. » (1)


Une étude canadienne montre quant à elle que lorsque saumons naturels et modifiés sont en présence l’un de l’autre et que les ressources naturelles s’épuisent, les saumons modifiés prennent l’ascendant sur la population naturelle. Selon une info diffusée récemment, il suffirait d’une dizaine de saumons génétiquement modifiés pour bouleverser l’ensemble de l’écosystème.

Quant à la dissémination des gènes de plantes, lorsque les OGM sont plantés en plein champ, le risque est connu et une étude a cherché à l’évaluer aux Etats Unis, avec un périmètre de contamination mesuré à une centaine de kilomètres !

C’est bon pour la santé

Rien n’est démontré. Toutefois, il n’est pas exclu qu’une modification de la structure ADN de ce que nous ingurgitons ait une incidence sur notre propre patrimoine génétique. L’avantage de consommer des espèces sélectionnées par la nature est qu’elles ont fait la preuve de leur compatibilité, voire de leurs bienfaits sur l’humanité, et ce sur la durée ! Pour les génômes brevetés, quels effets à court et moyen terme ? Comment le savoir alors que l’on peine à évaluer les risques et effets secondaires des traitements plus classiques dans notre culture ?

Actuellement le maïs planté en plein champs résiste à un parasite (la pyrale du maïs). Actuellement en tous les cas, car tout comme l’utilisation abusive d’antibiotiques dans le corps humain peut provoquer une résistance à certaines bactéries, le risque est pointé ques les parasites combattus par ces maïs BT (les seuls plantés en France actuellement ) provoquent des générations de pyrales résistant à cette protéine.

D’autres plantes sont aussi crées pour résister aux pesticides ou aux herbicides que les agriculteurs pourront pulvériser davantage. On voit bien que,grâce aux OGM, les quantités de ces produits dans ce que nous consommons risquent d’augmenter de par une forme de déresponsabilisation des agriculteurs au regard de l’utilisation des pesticides/herbicides.

C’est bon pour l’économie ?

Sans doute. Enfin, essentiellement pour les entreprises qui ont breveté les plantes. Mais est-ce bon pour l’agriculture ? En Inde lorsque l’entreprise Syngenta a voulu installer son riz doré, ce sont des variétés naturelles qui ont été déplantées pour lui faire de la place. Ses variétés représentaient comme on l’a dit l’avantage d’être adaptées à son milieu mais aussi.... d’être gratuite et profondément ancrée dans la culture des habitants. L’histoire de riz doré semble peu documentée, ou du moins les documents disponibles sont ils peu actualisés sur la toile. Il semblerait que la firme suisse ait passé contrat avec le gouvernement indien afin de donner leurs semences brevetées aux paysans locaux gagnant moins de 10 000€ annuels. Aujourd’ hui ou demain, les plantes qui en seront issues seront-elles porteuses des gènes « Terminator » qui empêchent leur reproduction naturelle ? Dès lors quelle dépendance de la population à l’égard de la société qui aura vendu, ou donné les semences ? Quelle dépendance de l’économie du pays,donc, à l’égard de ces firmes, puisque l’agriculture est partie intégrante de l’économie.

Bref, souvent cantonnée à la science, qu’une interdiction empêcherait d’avancer, la problématique OGM a un retentissement bien plus vaste qu’il y paraît de prime abord.

Quel en sera le dénouement ? Le Canada, les Etats-Unis et l’Argentine ont d’ores et déjà porté plainte contre les pays européens ayant activé le moratoire sur les OGM pour entrave au libre échange économique.

La décision de l’OMC ne manquerait pas de sel si elle condamnait les pays pour l’usage que leur population décide de faire de leur propres sol (si tant est que la dissémination des gènes s’arrêtait aux frontières !)

Notes :
(1) source  : Direction nationale de la pêche de Suède, laboratoires d’Eau douce publiée et traduit pour partie sur le site de l’INRA : http://www.inra.fr/internet/Produits/dpenv/pdf/petersd26.pdf)

Bookmark and Share
65 votes

commentaires
votez :
par Alpo47 (IP:xxx.xx6.212.125) le 15 janvier 2008 à 10H28

Oufff, en lisant votre titre, je pensais lire un énième plaidoyer en faveur des OGM.

Félicitations, donc, pour votre texte, exhaustif, et reprenant nos craintes vis à vis de cette supposée avancée scientifique, porteuse de grands dangers, tant économiques que sanitaires.

votez :
par geo63 (IP:xxx.xx3.60.39) le 15 janvier 2008 à 10H34

"Le monde scientifique se faisait plus discret que sur ce sujet, ou en tous les cas, moins revendicatifs dans les medias" Cher auteur,merci pour cet article. A propos des scientifiques, je voudrais dire que ceux qui sont les plus revendicatifs sont souvent des scientifiques autoproclamés (particulièrement sur internet), parfois très loin du sujet dont ils prétendent être des experts. Je sais (par expérience ancienne)que les vrais scientifiques sont souvent des gens modestes, surtout devant des sujets qu’ils étudient depuis longtemps !

votez :
(IP:xxx.xx5.180.103) le 15 janvier 2008 à 14H23

@geo63 scientifiques autoproclamés...aux analyses partiales pour ne pas dire partielles ! Vous devez faire référence aux 2 scandaleux articles publiés récemment !

@l’auteur merci pour cet article. Je ne connaissais pas l’exemple empirique des saumons ! Autrement dit le saumon ""sauvage à l’étal est peut être génétiquement modifié ? Ca devient de plus en plus difficile d’y échapper !

C’est bien toute la chaîne alimentaire que quelques industriels sont en train de modifier !

votez :
(IP:xxx.xx2.109.12) le 15 janvier 2008 à 12H26

On peut rajouter quelques éléments :

C’est bon pour l’environnement ?

Certains avancent que l’usage des plants OGM réduit l’usage des pesticides. En fait, s’ils dispensent l’agriculteur d’en acheter et de l’épandre, c’est parce que les plants le produisent eux même. Alors que les agriculteurs peuvent contrôler leurs dosages et n’effectuer des épandages aux moments opportuns, les OGM produisent ces pesticides en permanence et dans des quantités difficiles à contrôler, mais souvent supérieures.

Certains avancent aussi que les OGM permettraient de lutter contre les famines ou favoriseraient l’indépendance des peuples. D’une part les PGM capables de résister à la sécheresse sont loin de voir le jour, que les famines ont très souvent des causes politiques et économiques contre lesquelles ils ne peuvent rien. D’autre part, la dépendance technologique peut être bien plus aliénante que la dépendance politique, surtout quand on connaît un peu les firmes qui produisent ces technologies.

votez :
par alberto (IP:xxx.xx9.243.231) le 15 janvier 2008 à 13H47

Bonjour, Funkynachou :

J’ai apprécié votre article bien interessant, mais vous avez la chance qu’il ait été publié sur "Natura" plûtot que sur "Agora" !

En fait, je m’interroge toujours sur les critères de sélections qui font que deux articles sur un sujet semblable soient publiés l’un sur Agora, l’autre sur Natura...

Quoiqu’il en soit votre chance réside dans le fait que vos lecteurs sur Natura seront dans l’ensemble des personnes sensibles à la préservation de l’environnement dans le respect d’une la nature sans artefact et ainsi vous encourerez d’autant moins le risque de vous faire traiter de nul, d’incompétant, ou d’intégriste anti-OGM, d’être hors sujet, voir de traiter la question sous un angle religieux...

Ceci dit, je pense aussi que le bricolage génétique des espèces est dangereux, mais pourra-t-on y échapper encore longtemps ?

Bien à vous.

votez :
par Tybo (IP:xxx.xx5.40.61) le 15 janvier 2008 à 18H16

Merci ! Merci d’apporter le sujet sous un nouvel angle qui parraît bien plus réaliste que certains articles de scientiques. En effet ces articles se retranchent derrière tonnes d’arguments "scientifiques" pourtant très contestables qui me pousse à m’interroger sur les raisons d’une telle volonté de voir se développer les plantes génétiquement modifiés.

Les agriculteurs mais surtout les consommateurs qui ne sont les premiers concernés par ce débat devraient y être placés au coeur. Tous consommateurs nous avons le droit de choisir ce que nous voulons manger ! Si nous laissons les entreprises choisir ce que nous devons manger pour qui le choix sera-t-il avantageux ?

votez :
par karva (IP:xxx.xx0.33.59) le 15 janvier 2008 à 19H32

En aucun cas les defenseurs des OGM ne disent que c’est systematiquement bon pour la sante. Ils disent que l’on doit examiner chaque OGM et lui faire subir des tests avant de les accepter pour culture. Parmi ces tests, il y a necessairement des essais en plein champ, comme il y a toujours en phase finale des tests sur des volontaires pour les medicamants. Il faut bien a un moment verifier en grandeur reelle ce que ca donne avant de mettre sur le marche !

Par contre, ils s’estiment fondes a dire si leurs tests sont positifs ou non, et ils ont tendance a nier qu’une quelconque personne refuse dogmatiquement tout OGM par principe.

C’est la qu’il y a debat : l’equation :

OGM=mauvais

est une equation fantaisiste. Je suis stupefait de la simplicite et du manque de nuances des reactions a cet article si peu fonde scientifiquement : jamais les scientifiques ne vous diront que tout OGM est bon !

Dans le cas du mais discute, ces etudes ont deja ete menees, il est cultive depuis 10 ans, comment des "representatnts de la societe civile" se croient fondes a donner un avis inverse ? Si le gouvernement choisit de l’interdire, qu’il ne fasse pas semblant de chercher des arguments scientifique !

Vous devez comprendre que de telles decisions font qu’a l’avenir cette recherche ne se fera plus qu’a l’etranger. Ca sera la premiere fois qu’une recherche sera interdite dans notre pays pour des raisons ideologiques (non, il y a eu les cellules souche embryonnaires, pour des raisons religieuses, et c’est maintenat legal). Quand notre pays aura rejete tous les travaux sur les biotechnologies, nous serons condamnes a ne produire que des fromages qui puent et des vins qui piquent ? Ce sarait une stagnation historique !

Voila ou est le probleme. Il ya un refus de principe de la nouveaute.

Karva

votez :
par Tybo (IP:xxx.xx5.40.61) le 15 janvier 2008 à 20H09

Votre vision de la recherche me paraît erronnée. Personne n’exclut la recherche en milieu confiné, bien au contraire. A partir du moment où ce milieu est confiné aucune association environnementale ne réclame l’arrêt de la recherche. Les essais en plein champ ne font pas partis de la recherche, c’est un prétexte pour faire entrer les ogm dans notre pays. Plus de 20 000 ha, cela fait beaucoup de tubes à essais !

votez :
par geko (IP:xxx.xx4.96.26) le 15 janvier 2008 à 20H23

ces etudes ont deja ete menees

Financées par ceux là mêmes qui ont imposé ces OGM ?

il est cultive depuis 10 ans, comment des "representatnts de la societe civile" se croient fondes a donner un avis inverse ?

Ha oui ou sont les études épidémiologiques ?

votez :
(IP:xxx.xx8.39.231) le 16 janvier 2008 à 01H03

J’ai beau ne pas être d’accord sur le fond avec certains commentateurs, je suis agacés de voir que -parce qu’ils défendent une position minoritaire sur ce site- ils se voient affublés d’une "note" négative.

Non, je ne suis pas d’accord avec karva, mais oui, je trouve son commentaire constructif.

A force de moinsser ainsi ceux qui ne partagent pas notre avis, on va finir par les faire fuir, chasser ainsi tout débat contradictoire, et tourner en rond autour de nos convictions. Ce qui est idéologiquement suicidaire !

votez :
par karva (IP:xxx.xx0.33.59) le 16 janvier 2008 à 09H56

Il me parait evident que les plantes genetiquement modifiees sont destinees, si elles apparaissent utiles, a etre cultivees. Dans ce cas, on demande de faire des tests en plein champ. C’est tout a fait normal, et indispensable a toute utilisation etendue.

Ce que vous dites me parait etre simplement du a un a-priori refusant toute culture : en effet, le refus des essais en plein champ vise uniquement a ce que jamais une plante genetiquement modifiee ne soit cultivee.

Il est evident que je ne puis approuver une telle regression historique du rapport de mon pays aux innovations scientifiques :

- Il faut pouvoir cultiver les OGM qui apparaissent utiles

- Les experiences en plein champ sont indispensables a la phase finale des etudes avant commercialisation.

Karva

votez :
par karva (IP:xxx.xx0.33.59) le 16 janvier 2008 à 15H34

Je remarque monsieur, pour la premiere fois qu’on peut donner des notes sur "Naturavox" !!!Merci ! Je trouve ca rigolo.

Mais je ne vois pas ce que ca peut amener, surtout dans un debat qui a comme ici une composante scientifique. Cela veut-il dire que les gens qui ont fait ce site considerent que la VERITE se decide a la majorite ? Je suis democrate, mais un scientifique sait bien que la Raison n’est pas souvent opinion !

Moi, j’aime beaucoup la citation de Karl Marx :

"Les Hommes font l’Histoire, mais ils ne savent pas l’histoire qu’ils font !"

Mais merci quand meme pour votre appel a la tolerance !

Karva

votez :
par aurelien (IP:xxx.xx3.128.229) le 15 janvier 2008 à 19H45

On veut nous faire croire qu’il existe des "anti-OGM"

c’est absurde, ça n’existe pas : un anti-ogm

Par contre il y a des personnes qui refusent la dissémination des OGM dans l’environnement et qui sont contre principalement l’usage d’OGM agricoles.

votez :
par lisa SION (IP:xxx.xx1.136.181) le 16 janvier 2008 à 03H52

Habitant le centre de la France, depuis vingt ans, j’ai pu observer la réelle différence entre l’agriculteur et l’éleveur. Ce dernier se doit de protéger l’ensemble de son espace, préservant une « bio-diversité » indispensable au bien-être de ses bêtes. Chaque champs est ici entouré d’une belle haie végétale épaisse, qui, taillée à la main, interdit à l’animal toute divagation. Tous le vingt mètres, un chène de bouchure assure l’ombre dont s’accoutume l’animal en cas de canicule. La richesse et la qualité de la flore commune à ces champs garantit la qualité des sous-produits directement issus de cet élevage. Plus naturel est le biotope, et meilleurs seront le lait, le fromage et la viande.

L’agriculteur, lui, pense autrement. Pour lui, tout ce qu’il n’a pas planté est nuisible. Afin de garantir le meilleur rendement à sa production, il n’hésite pas à tuer et empoisonner tout le reste, jusqu’au dernier. Et les O.G.M. N’interviennent que pour les derniers quintaux à l’hectare, c’est çà dire, le petit dixième de plus.

Ayant débouché les toilettes de la collectivité pendant des années, je puis affirmer que l’organisme humain n’assimile nullement les maïs américains que l’on retrouve flottant dans la cuve commune.C’est à la fois une bonne nouvelle de savoir que l’organisme rejette ce qui lui semble étranger, mais alors, on peut se poser la question de savoir que deviennent-ils et pourquoi tout ce chemin pour finir perdu ?

Pardonnez moi si je survole de loin le sujet, mais, n’étant ni agriculteur, ni expert, je me pose malgré tout une grande question : Afin de régler tous ces problèmes entremèlés, et d’un seul coup, ne suffirait-il pas de s’interdire toute consommation d’aucune viande. Radical, n’est ce pas ? Si le seul intérêt des O.G.M. est de venir à bout de la pyrale, cet animal qui a progressé de façon parallèle à la culture intensive, demandons à la vache si elle ne se régalerait pas de cet apport non négligeable de protéines.

Mais, surtout, je me pose la question de savoir si par hasard, l’O.G.M. Ne serait pas l’outil que le second, (l’agriculteur ) met au point pour contaminer la nature du premier ( l’éleveur ) ? Pardonnez moi si je survole de loin le sujet, mais un certain recul est indispensable pour percevoir succintement ce que le manque d’information entraîne comme réflexion.

votez :
par funkynachou (IP:xxx.xx9.126.3) le 16 janvier 2008 à 13H28

pardon de ne pas répondre à tous, mais le temps me manque. @Karva

Vous concluez par un raccourci habituel : être méfiant à l’égard des OGM et s’opposer à leur culture en plein champ, au moins en l’état actuel des connaissances, ce serait être rétrograde et participer aux difficultés concernant la recherche en France.

Si vous voulez vous plaindre de l’état de la recherche en France, questionnez plutôt les chercheurs sur leurs possibilité d’évolution de carrière en France, sur l’état des dotations publiques dans ce secteur, sur le fait que l’Etat cherche désormais à orienter les recherches du CNRS en supprimant son autonomie de ce point de vue . Mais revenons en à nos moutons.

La comparaison avec les tests médicamenteux sur les humains est intéressante. Mais lorsqu’un médicament est mauvais, même après validation des autorités sanitaires, il est toujours temps de le retirer. Si vous transposez cet exemple à l’environnement, comment ferez vous pour stopper la disséminations des gènes ? Pousserez vous sur « stop » l’interrupteur des insectes pollenisateurs ? Parviendrez vous à arrêter le vent ?

Vous parlez de régression historique. Il ne s’agit pas de régression, mais de sauvegarde de votre environnement. Je vous parle de sauver les espèces que l’évolution a sélectionnées au fur et à mesure du temps durant lequel l’Homme s’est adapté à son environnement (et non l’inverse). Il ne s’agit pas de dogme, mais simplement d’un rappel : le concept de sélection naturelle, et quelques bases de génétiques facilement accessibles partout permettent d’envisager le sujet.

Même si votre commentaire est intéressant, il ne fait que renouveler les critiques que l’on connaît déjà à l’égard de ceux qui cherchent à prendre du recul sur cette technologie.

votez :
par karva (IP:xxx.xx0.33.59) le 16 janvier 2008 à 15H08

Il ne faut pas idealiser le vivant : si un OGM presente des problemes, on peut l’arreter : ce ne sont pas les petits essais en plein champ qui auront ete faits, apres evidemment deja de nombreuses expereinces en labo, qui seront bien mechants.

Il me semble que la conception de la genetique que vous avez ressemble beaucoup a celle de certains eugenistes qui voulaient a tout prix preserver la race, et supprimer tout gene deplaisant. Comprenez que de maniere naturelle et non dirigee, il y a toujours beaucoup d’echanges de genes et qu’on fait deja pas mal de manipulations genetiques (les greffes sont apres tout des clonages...) depuis des millenaires, et on a deja pas mal agi sur le vivant.

Que quelques genes "indesirables" se baladent dans la nature, c’est ancien. Par exemple les resistances qui se developpent, disons les moustiques aux insecticides, et qui obligent deja a bien reflechir a la planification des epandages...

Au fond, il faut comprendre que les OGM ne sont qu’une nouvelle methode d’action de l’homme sur la Nature. C’est vrai qu’elle est introduite a une epoque ou le naturalisme rousseauiste est a la mode, et ou les gens sont tres sensibles aux peurs millenaristes. Mais je trouve dommage que le bruit mediatique remplace l’exploration scientifique.

Karva

votez :
par Mikhal (IP:xxx.xx1.96.32) le 16 janvier 2008 à 23H18

Je suis stupéfaite par les commentaires de Karva, même s’ils sont ni plus ni moins emblématiques des idées reçues au sujet des OGM et révélateurs de l’ignorance de ce qu’est un OGM.

Non, un OGM n’est pas du tout une manipulation génétique de plus comparable à celles faites par l’Homme depuis des millénaires en sélectionnant les semences à partir des pantes les plus résistantes ou encore en faisant des hybridations. Cela, la nature le fait aussi. Là, il s’agit d’introduire des gênes d’une espèce dans une toute autre espèce, des croisements totalement improbables à l’état naturel, comme par exemple, prendre le gêne d’une méduse et l’introduire dans une carotte, prendre le gêne d’une fraise et l’introduire dans un poisson…

A l’heure actuelle, l’évaluation des risques des OGM est insuffisante, non indépendante (menée par les firmes biotechnologiques elles-mêmes) et opaque (classée secret industriel). Alors que les analyses sur les produits pesticides durent 2 ans avant leur commercialisation, les analyses sur les OGM (pourtant des "plantes pesticides") durent moins de 3 mois !

On sait parfaitement aujourd’hui que les cultures d’OGM sont nocives sur l’environnement à plus d’un titre : perte de la biodiversité (notamment des insectes, végétation, micro-organismes qui fertilisent le sol… uniformisation des espèces cultivées), développement de la résistance chez les insectes et les "mauvaises herbes" entraînant l’augmentation de l’utilisation des pesticides… Des études commencent aussi à apparaître au sujet des impacts sur la santé (anomalies chez les rats, allergies, résistance aux antibiotiques).

Je confirme ce qui a été dit ici déjà plusieurs fois : l’application du principe de précaution ne consiste pas à arrêter la recherche sous prétexte que ses résultats seraient potentiellement nocifs, mais à continuer la recherche en milieu confiné et maîtrisé jusqu’à ce que l’on ait la certitude que l’objet de la recherche est totalement sûr et sain. Or, ce n’est pas du tout le cas des OGM, qui sont cultivés en plein champ "à titre expérimental", et les cobayes, c’est nous.

Il y a encore bien des choses qu’on aurait pu ajouter au sujet des OGM, dont la question du brevetage du vivant, l’inversion de responsabilité en cas de contamination (principe du "pollué-payeur"), l’opacité (emplacement confidentiel des champs d’OGM, manque d’étiquetage sur les produits issus d’animaux nourris aux OGM…), dépendance financière des paysans du tiers-monde à l’égard d’entreprises semencières multinationales, et j’en passe.

L’activation récente de la clause de sauvegarde au sujet du maïs transgénique MON 810 est une bataille de gagnée, mais la guerre est loin d’être vaincue, car le projet de loi débattu par les parlementaires très prochainement reste une totale non-application du principe de précaution et s’avère contraire à la réglementation européenne qui impose aux États européens la prise de mesures pour la protection contre la contamination d’OGM. Ce projet de loi prône la "liberté de consommer et de produire AVEC ou sans OGM"), or la coexistence entre filières OGM et non OGM est désormais reconnue comme impossible. La contamination est incontrôlable et irréversible. Il faut bien se rendre compte que les OGM rendent à terme impossible toute culture sans OGM (qu’elle soit biologique ou conventionnelle !).

Ce début d’année est décisif pour la sauvegarde de notre liberté de pouvoir choisir de produire et de consommer sans OGM ! Aussi, je vous invite tous à vous mobiliser rapidement pour cette cause essentielle, en signant d’une part la pétition sur le site www.stop-ogm.org puis en écrivant à votre député et à vos sénateurs comme recommandé par Greenpeace.

Chers lecteurs de NaturaVox, de grâce, d’abord informez-vous sur les véritables enjeux des OGM, et ensuite mobilisez-vous, tant qu’il est encore possible d’inverser la tendance !

votez :
par karva (IP:xxx.xx0.33.59) le 17 janvier 2008 à 09H50

Je vois que vous semblez stupefaite que l’on ne pense pas comme vous, et comme le "Landerneau ecologique" qui s’est ridiculement "bourre le mou" sur ce probleme. Comme le disait le Boucher, dans le Monde (que je n’approuve guere par ailleurs), c’est "le nouveau totem des ecolos", maintenant que l’energie nucleaire semble plus difficile a combattre.

Je voudrais que votre stupefaction ne vous empeche pas de reflechir. Si je comprends bien votre intervention, vous refusez de maniere absolue toute plante issue d’une manipulation genetique. Je pense qu’il s’agit d’une peur religieuse, mais je sais par experience qu’il est difficile de combattre un tel blocage. Pour avoir essaye de dialoguer avec des opposants a l’avortement, a la contraception ou avec des fanatiques de la revelation biblique (temoins de Jehova), je sais que c’est tache difficile et la n’est pas mon propos.

Il est de reflechir a ce qu’est "une expertise scientifique". Si on cree comme cela a eu lieu un organisme pour donner un avis "scientifique" sur un OGM, on aura le resultat que l’on voudra entre une communaute "ecologiste" plus ou moins autoproclamee et violemment anti-OGM et de l’autre cote une communaute scientifique qui, massivement ne s’oppose pas par principe aux dits OGM. Ce qui s’est passe : le Comite forme avait une minorite de scientifiques. Il a essaye de rediger un avis, et ca a donne ce que le pouvoir politique voulait, et celui-ci a eu de la bouche de son rapporteur les mots qu’il voulait pour prendre la decision POLTIQUE qu’il voulait prendre.

Evidemment, il faut un avis "scientifique" pour pouvoir faire jouer la clause de sauvegarde au niveau europeen.

Mais le scientifique peut legitimemnt s’interroger, et mes collegues l’ont fait : s’agissait-il d’avoir un avis specifique sur un mais cultive depuis une dizaine d’annees sans qu’un quleconque dommage ait jamais ete rapporte, ou s’agissait-il de donner une satisfaction aux opposants a tout OGM ?

Je pense que votre intervention montre bien que c’est la le probleme : vous voulez etre entierement exempte de tout OGM. A quoi peut vous servir une expertise scientifique ? L’eglise ne demande plus d’expertise scientifique sur la Bible depuis longtemps !

Ce que je trouve riducule, c’est que le probleme qui est pour moi un debat scientifique soit pour vous l’enjeu d’un combat. Croyez-vous que la Verite scientifique s’etablisse comme dans un match de boxe ou comme une bataille entre deux armees ?

Karva

votez :
par Mikhal (IP:xxx.xx1.96.32) le 17 janvier 2008 à 20H06

Je ne vois là ni un match de boxe ni une bataille entre deux armées, mais un dialogue de sourd… Non, vous n’avez pas bien compris mon intervention, puisque je ne refuse pas du tout "de manière absolue toute plante issue d’une manipulation génétique". Ce que je refuse c’est l’expérimentation en plein champ. En France, en 2007, 22 000 hectares d’OGM ont été plantés. Savez-vous combien aux États-Unis ? Les derniers chiffres officiels* au sujet de la culture mondiale concernent l’année 2006 : 102 millions d’hectares, dont 54,6 sont cultivés aux États-Unis ; le nombre d’agriculteurs cultivant des plantes transgéniques dans le monde a pour la première fois dépassé les 10 millions. Qui peut bien gober l’idée que tout cela a des fins purement scientifiques ? Comme bien d’autres problématiques écologiques, les intérêts financiers priment au détriment de la santé publique et de l’environnement.

Comprenez bien que les écologistes ne sont aucunement opposés à la recherche sur les OGM, mais à un certain type de recherche, une recherche irresponsable et aveuglée par l’argent. Il suffit de comparer les "études" menées pour l’instant au sujet des OGM : celles qui se montrent favorables et confiantes sont menées par les industries semencières elles-mêmes et celles qui dénoncent des impacts nocifs sont indépendantes. Ça ne vous fait pas réfléchir ?

On arrive à des aberrations sans nom. Pour vous donner qu’un exemple, celui du fameux "riz doré" mentionné dans l’article. C’est un riz enrichi en pro-vitamine A, présenté comme étant la solution miracle pour faire face aux carences en vitamine A, responsables chaque année dans les pays pauvres de la mort de millions d’enfants. Mais pour que l’organisme humain assimile la précieuse vitamine contenue dans ce riz en quantité suffisante, on estime qu’il faudrait ingurgiter une ration quotidienne de 9 kg de riz cuit (ou 2 kg de riz cru)…

* chiffres de l’organisme américain ISAAA (International service for the acquisition of agri-biotech applications)

votez :
par Karva (IP:xxx.xx0.33.59) le 18 janvier 2008 à 09H50

Je sais bien qu’il ne s’agit pas seulement de recherche scientifique. Si on fait des experiences en plein champ, c’est que c’est un prealable a une mise sur le marche, bien probablement. Je veux simplement dire que le refus de cette experience, qui est NECESSAIRE a une mise sur le marche (mais pas suffisante, j’ajoute) est lie a un refus absolu de toute culture d’OGM. Je ne pense pas que ce refus ait un quelconque fondement scientifique, c’est une vision religieuse (ideologique si vous voulez).

Il est impossible de faire une culture sans avoir fait une experience en plein champ.

Par ailleurs, vous posez le probleme des relations entre recherche scientifique et mise en application economique des decouvertes. Je travaille plutot en Physique, et le nombre de decouvertes de la Physique qui sont appliquees de maniere courante est inimaginable ! L’humanite ne fait pas de la recherche seulement pour le plaisir de connaitre le Monde, mais aussi de le transformer. Vous croyez qu’on ferait de la recherche en Physique si on interdisait d’exploiter les decouvertes ? J’aime beaucoup la Recherche pure, mais je n’ai pas ces illusions...

Ca donne dans le cas des semences des industries semencieres, et les OGM sont aussi des semences. Pourquoi idealiser : il y a des comagnies comme Limagrain ou Monsanto, comme il y a Sony en microelectronique et Renault dans les bagnoles. Ce sont des societes capitalistes...et alors ? Il y a beaucoup d’activites indutrielles qui ne le sont pas ? Je ne vois pas pour l’instant un autre fonctionnement possible. J’ai cherche, et j’espere trouver..

Karva

votez :
par lisa SION (IP:xxx.xx1.4.36) le 20 janvier 2008 à 18H10

Vous avez écrit.

il y a des comagnies comme Limagrain ou Monsanto, comme il y a Sony en microelectronique et Renault dans les bagnoles. Ce sont des societes capitalistes.

Vous ne vous rendez pas vraiment compte des risques qu’encourent les alternatives, qui sont ni plus ni moins des organes privés de recherche, face à ces monopoles. Le roi de la jungle n’est plus personne, s’il a tout mangé autour de lui.

votez :
par karva (IP:xxx.xx7.123.12) le 21 janvier 2008 à 00H10

Je reviens sur le sujet de la recherche. Il y a toujours eu des organismes de recheche d’etat et des entreprises. Ces derniers ont apporte des choses parfois tout a fait fondamentables (P. EX. le transistor a la Bell telephone...). Il n’y a pas d’opposition irreductible, plutot un partage des taches : les universsitaires et le CNRS sont plutot dans le fonadmental, et ils ont peu vocation p.ex. a prendre des brevets. Il y a des recheches plus appliquees, plus ou moins liees a l’industrie (p. ex ; le CEA, l’institut Francais du petrole..) et les laboratoires industriels qui developpent plutot les applications en vue de produire et de vendre les innovations.

Ca fait un ensemble complexe, et ca serait sans doute difficile de vraiment separer les uns des autres. Nous travaillons plus ou moins en interaction.

Ne croyez pas cependant que les gens fassent n’importe quoi ! Les applications ne sont mises sur le marche qu’apres des etudes poussees. Voyez par exemple la pharmacie. Cela n’empechera jamais tout probleme. Dans le cas des medicaments, il faut regulierement retirer des medicaments du marche. De meme on ne peut garantir qu’on n’aura plus d’accident grave avec l’energie nucleaire.

Il faut admettre que rien n’est parfait, mais il faut savoir acceuillir les nouveautes sans cette peur que je qualifie de "millenariste", en pensant aux peurs de l’an mille...Je vois de votre part beaucoup d’interventions sur ce site. J’aimerais que cela s’accompagne d’une volonte de comprehension et d’ouverture devant tous ces extraordinaires changements, ces inventions qui se apparaissent devant nous, et de ne pas cultiver des peurs steriles et sterilisantes.

Ce monde est merveilleux, le comprendre est la meileure maitrise qu’on puisse en avoir !

Karva

votez :
par lisa SION (IP:xxx.xx1.145.165) le 22 janvier 2008 à 13H47

Ce que je reproche à la recherche, est de très souvent chercher les remèdes à un mal plutôt que les causes. afin de comprendre et de remèdier à des fuites profondes d’une baignoire située au dernier étage d’une habitation, le plus urgent n’est-t-il pas de fermer provisoirement le robinet ? Plutôt que barrer une à une les ouvertures causées par une surpression dans un labyrinthe, ne serait-il pas plus simple d’en barrer provisoirement l’entrée ?

Je ne rejette pas le progrès systématiquement, puisque j’en profite, ne serait-ce qu’en communiquant avec vous, mais, ayant développé très jeune, un esprit critique permanent, je m’applique à toujours chercher la solution plus efficace à un problème, mais surtout la plus simple. Je trouve que nous avons donné à nos autorités les moyens de viser très haut, très grand, alors que le progrès nous enseigne qu’il existe aujourd’hui des solutions absolument locales qui pourraient nous permettre de nous passer des dirigeants. D’autant plus que ceux-çi ne remplissent pas toujours leurs objectifs premiers.

Un bon exemple : Mise au point au début des années 1990, la TOXICOGENOMIQUE est une méthode qui permet d’évaluer la toxicité d’une substance chimique en mesurant les variations de l’expression de certains gènes au sein de cellules humaines cultivées en présence de la substance. La connaissance du rôle des gènes affectés permet de comprendre quel type de toxicité la substance pourra avoir (cancérogénicité, neurotoxicité, toxicité pour la reproduction, etc.) et par quels mécanismes moléculaires. Le test d’une substance par la toxicogénomique est bien plus rapide et moins cher que les tests actuellement employés, basés sur l’EXPERIMENTATION ANIMALE.

Les progrès de la recherche privée ont développé l’informatique, qui, en trois jours, remplace les études de divers chercheurs sur dix ans...et les souffrances causées aux animaux de laboratoire.

Autre exemple, Preston Tucker, a inventé une voiture révolutionnaire en 1954, équipée de ceintures de sécurité. Il a été terrassé par les banques et le monopole des grands constructeurs américains. Peut-être cent mille personnes sont passées à travers le pare-brise de leur voiture avant que l’Autorité ne décrète l’usage obligatoire de cet organe de sécurité.

Depuis la hausse brutale du pétrole, sortent des cartons des quantités de fruits de recherches privées qui entrainaient les rires et les moqueries des soumis à l’Autorité ! Monsieur Nègre a vendu récemment son brevet de voiture à air comprimé que les indiens lui ont permis de développer au point qu’il va nous produire bientôt un modèle de base à 3500 Euros !

La recherche publique a pour but de créer une dépendance sociale à laquelle peuvent échapper les plus aisés. Mais heureusement, le monde évolue.

Cordialement.

votez :
par david16 (IP:xxx.xx3.150.220) le 17 janvier 2008 à 16H42

Plusieurs manques de rigueur de logiques dans votre raisonnement anti-OGM (mais en est-ce seulement un ?) En effet les principaux griefs (justifiés) à l’encontre des OGM résident dans la toute puissance des quelques entreprises qui les ont lancés sur le marché (Monsanto...). Face à cela : il n’y a que la concurrence d’autres groupes industrielles d’agroalimentaires qui puissent régler ces problèmes (et non "STOP" à tout va).

De plus il est impossible en sciences de montrer qu’un produit est sans danger, on peut montrer qu’il est dangereux mais non l’inverse (rappelons que tout, absolument tout ce que nous mangeons est dangereux, c’est une question de dose). Et ce n’est pas une pirouette épistémologique c’est la base de la science (cf Popper...). Les USA ont très peu testé les productions OGM, certes, donc il faudra veiller à le faire chez nous en Europe. C’est pour cela qu’il faut nos propres centres de production d’OGM français. Il y a maintenant des millions d’hectares d’OGM cultivés dans le monde (hé oui...). On sait qu’on va importer de plus en plus de produits contenant des OGMs : la décision rationnelle consiste donc à en autoriser la culture et la commercialisation éventuelle avec un suivi particulier.

Enfin, les OGM se propagent partout, donc les labo se développent... sauf en France : or l’agroalimentaires est une part majeure de nos exportations : aïe, ça va faire mal quand notre industries agroalimentaire sera dépassée (car les défauts actuels des OGM qui peut dire qu’ils ne seront pas dépassés dans 10 ans avec les recherches mondiales (sauf en France)).

Les disséminations doivent être remises à leurs places (celles d’une possibilité loin d ‘être évidente ou probable et dangereuse (c’est un scientifique qui parle) qui ne devrait pas provoquer un blocage des tests pour en savoir plus, justement sur ce phénomène. Et comment étudier la dissémination sans cultures extérieures ? Pas facile. Donc pas de tests dites-vous. Voilà donc votre logique :

1. Il y a peut-être un problème

2. Donc il faut faire des expériences pour l’étudier, le traiter.

3. Mais la mise en place des expériences pose problème car, justement, il y a peut-être un problème.

4. Donc on ne fait pas d’expériences.

Le 1er greffé du cœur a tenu 18 jours : quel échec ! Sans doute eut-il mieux valu stopper là les transplantations cardiaques. Vous allez me dire que ce transplanté avait besoin d’un autre cœur. C’est vrai qu’on n’a pas besoin des OGM", tout dépend qui est ce "on". (Orienter les OGM vers une résistance aux insectes pourrait sembler intéressant mais passons…)

C’est ce type de raisonnement fallacieux qui est asséné avec aplomb qui est rageant. Une naissance d’idéologie, nous dit R. Boudon, vient de ceux qui ne savent pas qu’ils ne savent pas et sont convaincus de savoir… à méditer peut-être… Le principe de précaution doit être un moteur d’avancée et non un frein moteur à toute avancée. Pour garder l’image, avec le principe de précaution tel qu’il est prôné, on interdirait les voitures.

Bien sûr en employant les OGM certains dangers apparaîtront, et pourront être traités, c’est ainsi que l’équilibre a lieu (ce n’est pas un schéma théorique mais empirique). Mais comment lutter contre une idéologie qui transparaît dans tous ces posts ? Pas en raisonnant malheureusement…

votez :
par funkynachou (IP:xxx.xx7.214.218) le 17 janvier 2008 à 20H21

karva

Je ne veux pas justifier les propos de ceux qui réagissent et dont ils sont les seuls responsables. Néanmoins, il n’est pas nécessaire d’être religieux pour être convaincu d’une idée. Qu’il s’agisse d’idéologie, c’est autre chose. Ensuite, peut-on affirmer que notre sol nous appartient à nous, citoyen ? Je pense que c’est une autre question qu’on ne peut peut être pas traiter ici, mais si tel est le cas, alors chacun a le droit de vouloir le préserver, sans pour autant être aveuglé par un obscurantisme écologique dont vous êtes convaincu. Et puis s’il vous plaît ne tentez pas de faire déraper le débat en recentrant sur des sujets tels que le nucléaire. Ce n’est pas le sujet.

Quant à moi j’ai essayé de m’appuyer sur quelques faits et interrogations pour développer mon raisonnement. Merci donc, de ne pas me ranger dans le rayon de ceux que, à votre tour, vous n’entendez pas, au seul motif qu’ils ont un avis différent du vôtre.

david16

Je trouve votre point de vue intéressant. Néanmoins, pour schématiser votre raisonnement (à mon tour ;-) ), il s’agirait donc de

1. Développer les structures travaillant sur les OGM (Pourquoi pas ? Chacun sait que la recherche se porte mal en France, et à ce jour, je ne crois pas que le monde scientifique ait été satisfait de l’intervention du gouvernement pour la développer, dans ce domaine, comme dans les autres)

2. Faire des essais en plein champs

3. Voir si cela a des effets qu’on peut controler.

4. Si on ne peut pas les contrôler, tant pis, au moins on le saura.

Alors ? ne faut il pas trancher entre ces deux raisonnements ? Est-ce que le principe de précaution ne doit pas s’appliquer des lors ?

votez :
par david16 (IP:xxx.xx5.185.203) le 17 janvier 2008 à 21H02

Votre schématisation est une caricature ( :-p) Pour schématiser :

1. Développer les structures travaillant sur les OGM

2. Faire des essais en plein champs

3. Voir si cela a des effets qu’on peut controler.

4. Si on ne peut contrôler les effets ou si les effets sont effectivement malsains et/ou dangereux donc des problèmes sont identifiés et les recherches se poursuivent (et la nature n’est pas irréversiblement contaminée par le passage de quelques milliers de gênes dans la nature, cela est une vision paranoïaque, non scientifique et pas renseignée). Il est étrange de penser que cela s’arrête à votre "4. tant pis on le saura". Evidemment non, quand on sait qu’il y a des labo de recherches dans tous les pays (hors France...) très financés car les enjeux sont énormes. Et la saine concurrence (si si ça existe) entre en jeu.

Reprenons l’exemple des greffes : on essaye : ça rate : donc on arrête ? Evidemment non, le "ratage" est déjà riche en enseignement, on cherche, on réessaye, c’est déjà mieux, etc, aujourd’hui les greffes sont très bien maitrisées (reste le problème du rejet de greffe mais cela avance).

votez :
par funkynachou (IP:xxx.xx7.214.218) le 17 janvier 2008 à 22H01

@david16

Sans vouloir monopoliser les commentaires, le résumé de votre raisonnement n’est pas plus caricatural que celui que vous me prêtez. Ca n’est qu’un résumé de ce que vous exposiez plus haut.

En fait, votre optimisme sur les cultures semble tenir dans le fait que les gènes modifiés une fois disséminés, le mécanisme peut être enrayé.

et la nature n’est pas irréversiblement contaminée par le passage de quelques milliers de gênes dans la nature, cela est une vision paranoïaque, non scientifique et pas renseignée

Me voilà donc malade mental... Bon, bon. Cela voudrait donc dire que les gènes, conçus pour être adaptés à leur environnement, à rendre dans certains cas les plantes résistantes à leur prédateur, pourraient ensuite résister à la sélection naturelle ? J’avoue que le raisonnement m’échappe. Sans doute du fait de ma pathologie mentale.

J’ai tâché de soutenir mon propos par des exemples ou des sources, peut être y a-t-il des ouvrages de référence ou des liens que vous pouvez nous conseiller pour nous persuader que les règles habituelles régissant la reproduction et les transmissions de gènes ne s’appliquent pas pour ce qui est des plantes génétiquement modifiées ?

Je ne voudrais pas me répéter alors qu’avez vous à dire sur le rôle des insectes pollenisateurs, et de la faune qui va approcher, voire se nourrir, ou simplement porter sur elle les semences de ces plantes avant de les transporter ? Qu’avez vous à dire sur les certitudes que les gènes modifiés ne modifient pas à leur tour le patrimoine de cette faune ?

Lorsque vous parlez des greffes, faites vous le parallèle entre ces croisements et les modifications du patrimoine génétique que l’on va retrouver dans les gamètes des plantes ?

votez :
par lisa SION (IP:xxx.xx1.170.135) le 23 janvier 2008 à 11H02

"""les gènes modifiés une fois disséminés, le mécanisme peut être enrayé.""" avez vous écrit.

Il me semble me souvenir que les gènes modifiés sont stériles.

Savez vous ce qui risque de se passer si ceux-çi contaminent les autres exploitations naturelles ?

votez :
par david16 (IP:xxx.xx6.164.153) le 17 janvier 2008 à 22H36

Mais il n’est en aucun cas fait allusion au fait d’être malade mental (! ?).

Hé, pas de mauvaise foi : les greffes c’est un parallèle pour expliquer comment ça se passe la recherche lorsque elle fait fasse à des problèmes. (elle rennonce rarement et surement pas dans ce cas où les enjeux sont mondiaux)

Vous pensez vraiment que ces plantes avec leurs gênes résistants vont être inattaquables ? Que elles se développerotn etc, etc.

Au contraire la génétique s’applique très bien, évidemment. Mais c’est de la génétique des populations, la réactivité génétique de populations animales et/ou végétales, la coévolution (cf les théories de Van Valen, par exemple).

Et il faudrait connaître la fréquence des transferts de gènes (les hypothèses sont un transfert possible mais très faible et sur des espèces proches génétiquements), difficile de savoir, me direz-vous sans cultures expérimentales, c’est ce que je me tue à expliquer...

votez :
par lisa SION (IP:xxx.xx1.164.32) le 19 janvier 2008 à 14H12

Vise un peu le débat !

.....et ca a donne ce que le pouvoir politique voulait, et celui-ci a eu de la bouche de son rapporteur les mots qu’il voulait pour prendre la decision POLTIQUE qu’il voulait prendre.....

Arrête ta polémique, Victor !

votez :
par david16 (IP:xxx.xx6.20.210) le 19 janvier 2008 à 16H39

No comprendè ??

votez :
par lisa SION (IP:xxx.xx1.37.251) le 22 janvier 2008 à 17H34

J’ai reproduit un bout de post précedent édifiant.

votez :
par tsé (IP:xxx.xx5.192.211) le 19 janvier 2008 à 20H34

je constate que vous continuez à raisonner à coup de sophismes.
Il n’est nullement utile, contrairement à ce que vous tentez de nous faire prendre pour une réalité indiscutable, de terminer une expérience OGM en plein champ. Une expérience scientifique se mène jusqu’au bout, résultats et preuve d’inocuité plusieurs fois vérifiés, en milieu clos et confiné.
Votre lourde insistance me donne à penser que vous travailler pour un laboratoire agro-alimentaire commercialisant ces OGM.  :-((

votez :
(IP:xxx.xx6.20.210) le 20 janvier 2008 à 01H08

Il est toujours incroyable de constater à quel point une démarche scientifique emmenée jusqu’au bout (hypothèse, protocole monté, stade exérimental en laboratoire, analyse des résultats, ... jusqu’au stade expérimental sur d’autres suports (s’approchant du réel ou sur une autre échelle est nécessaire (valable en biologie, microbiologie, génétique, médecine, virologie, physique appliquée, acoustique, etc)).

Les résultats expérimentaux n’empêchent nullement le passage à des tests plus avants (vraiment pas, lisez la littérature consacrée). Les risques sont absolument faibles, les scientifiques sont tous d’accord, même ceux très anti-OGM reconnaissent que c’est une possiblité "très peu probable". Et je ne biaise rien ni ne cherche à convaincre, bon sang, mais renseignez vous, et ailleurs que dans des propos ou des lectures rapportées par des médiateurs (journalistes spécialisés, porte paroles...).

Et cette démarche universelle dans son approche, effectuée par tous les labos dans tous les domaines est qualifiée de sophisme.

C’est très instructif. Et un peu navrant.

votez :
par léonard (IP:xxx.xx6.178.51) le 21 janvier 2008 à 09H36

de Léonard

S’il vous plaît,

Que ceux qui prêchent pour que la technoscience nous construise un monde idéal aient au moins la curiosité de regarder les reportages nombreux sur les résultats des cultures PGM( et non OGM car cette définition est générale et ne concerne pas uniquement les plantes mais tout organisme sur lequel on réalise un transfert de géne, comme vous le savez du reste). Qu’ils aient également la patience d’écouter les scientifiques qui s’opposent à la vision idyllique des PGM s’appuyant sur une démarche scientifique construite, et surtout qu’on leur donne les moyens financiers de "produire" des expériences contradictoires.

Par exemple j’ai lu certains commentaires dans lesquels les auteurs tiennent absolument à ce que les essais sur la ou non possibilité de pollinisation croisée et déssimination éventuelles du matériel génétique des PGM soient faits en plein champ.

Aucun scientifique en biologie ne remet en question les transferts de gènes de plante à plante, d’organismes non végétal à d’autres organismes( au passage un virus qui contamine un mammifére peut parfois intégrer une partie de son matériel génétique à celui de la cellule cible) Aucun scientifique en biologie moléculaire, en génétique, ne remet en cause le fait que les transfections péchent sur le fait que l’on ne peut prévoir l’exact lieu d’insertion du gène sur le chromosome "récepteur" et de ce fait n’induisent repression, activation, mutation et instabilité des génes avoisinants, et/ou de la matrice ADN(introns et exons et activation d’oncogénes par exemple)

Aucun agronome ou chercheur de l’INRA ne remet en cause que les micro-organismes et petits animaux(rongeurs) ou grands animaux(tel l’humain) lorqu’ils ingèrent un végétal qui a les capacités d’absorber sans périr et en grande quantité un herbicide parce qu’il posséde un géne qui interdit le blocage d’une voie métabolique dû à la présence de l’herbicide, n’absorbent pas cet herbicide(même monsieur de Lapalisse l’aurait deviné) peuvent l’accumuler dans certains tissus en raison du fait que la voie métabolique pour le dégrader n’est pas présente ; que cette présence peut induire des allergies et autres réactions inflammatoires ou modifications du métabolisme endocrinien (voire biochimistes, immunologistes, physiologistes pour ces divers domaines de compétences)

Aucun fabricant de pesticides, de PGM, aucun technoscientifique travaillant pour Monsanto ne peuvent prouver l’innocuité et la plus grande utilité( en termes d’alimentation, de coût de production, de maintien de l’équilibre naturel de la flore et de la faune) des OGM par rapport à une agriculture faisant appel au rotation des culture, à des variétés hybrides sélectionnées pour leur physiologie, leurs qualités nutritives et leur résistance à certains parasites.

Aucun fabricant de PGM ne donne un quelconque argent à des scientifiques indépendants pour conduire des études contradictoires.

Les PGM ne sont pas un progés si l’on entend par progrés l’émancipation de l’homme vis-à-vis de la pauvreté, la sous-alimentation, la possibilité qui lui est donnée à l’accés aux soins, à la culture, à la science et à la conscience de la nécessité de faire perdurer ou non son espace-temps.

Que les pro PGM aillent en Inde, au Brésil, en Argentine et même aux Etats-Unis pour constater les résultats souvent mitigés, parfois très en-deça de l’intérêt des PGM( toujours plus d’herbicide, variation qualitative et quantitative non contrôlable de la réponse du géne "greffé", résistance acquise de certains parasites, irrigation non réduite,production décevante par rapport aux promesses, etc...) sans évoquer le bilan économique et écologique qui fait froid dans le dos( bravo le Brésil, l’Argentine pour leur soja et leur maïs transgénique qui dévorent des milliers d’hectares par an de forêt et de terres arables qui ne seront plus dans quelques décennies que des déserts biologiques, tout cela pour nourrir correctement les populations( ça ce serait un vrai progrés pour ces êtres) mais pour nourrir nos vaches qui manqueraient d’herbe et remplir nos réservoirs de voitures en biocarburant.

Et l’on ose nous parler d’un futur radieux offert grâce à cette techniooscience dévoyée.

"La technoscience qui utilise ou se pare de science n’est que trop souvent ruine de l’âme". Rabelais ne pouvait pas encore le dire.

léonard

votez :
(IP:xxx.xx7.171.238) le 21 janvier 2008 à 09H45

L’autre jour, je revenais d’une réunion avec des dirigeants agroicoles et je racontais à un ami que j’avais essayé d’avancer des arguments, des preuves mais sans succès . Voici sa réponse : "Fais comme eux. Ils ne donnent aucune justification ou preuve de ce qu’ils avancent. Ils affirment avec force et s’imposent comme ça." C’est malheureusement ce que je rerouve souvent dans ces messages et le pire par des gens qui se prétendent scientifiques ou défenseurs du monde scientifique... J’ai essayé sur ce site d’avancer des arguments (MON810 : pour essayer d’y comprendre quelque chose : http://naturavox.com/article.php3?i... ou en réponse à Ca dérange : http://naturavox.com/article.php3?i... ) Comme par hasard, ces mêmes personnes qui se répandent autant d’habitude, n’ont répondu à AUCUN des faits que j’avançais preuve à l’appui ou alors dans des termes très désobligeants n’ayant rien à voir avec la discussion. Encore merci à l’auteur du texte et aux internautes qui essayent de s’enrichir dansle respect mutuel. MH

votez :
par léonard (IP:xxx.xx6.178.51) le 21 janvier 2008 à 09H49

en relisant un de mes derniers paragaphes, lire : "...tout cela non pour nourrir....

Merci

votez :
par ben (IP:xxx.xx6.219.129) le 28 octobre 2008 à 17H56

les ogm sont tres cool


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]

Les Auteurs deAlimentation
BelleAuNaturel.net - 24 articles
Loïc - 5 articles
Béatrice de Reynal - 162 articles
Genfi - 28 articles
Gérard Piquemal n.d - 17 articles
Littlecelt - 21 articles
Marie-Laure - 23 articles
Sylvie Simon - 35 articles