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Chronique d'une hausse de la sous-alimentation annoncée

Article publié le 28 mars 2008

Le gigantesque glacier du Gantori, situé à 6600 m d’altitude, diminue à vitesse accélérée. Plus bas, le Gange ne sait pas encore qu’il aura bientôt soif pendant toute la saison sèche sans pouvoir se rassasier. D’autres glaciers de l’Himalaya, tel celui du haut plateau Tibet-Qinghai, fondent aussi de plus en plus rapidement, menaçant l’approvisionnement alimentaire de centaines de millions d’habitants de l’Inde et de la Chine. Ces glaciers sont des réservoirs naturels essentiels s’écoulant vers des régions agricoles clés de la planète.

La Chine produit deux fois plus de blé que les États-Unis. L’Inde aussi devance les Américains. Ces deux géants asiatiques réunis récoltent plus de la moitié du riz cultivé dans le monde. Quand on prend connaissance de ces chiffres, on réalise toute la menace que la fonte accélérée des glaciers représente pour des centaines de millions de personnes.

Selon le Panel intergouvernemental sur le changement climatique, le glacier du Gantori pourrait avoir complètement fondu en 2035 au rythme actuel. Au Tibet, le Directeur de l’Institut de recherche du Plateau tibétain, Yao Tandong, estime que les deux tiers des glaciers auront disparu en 2060 au rythme actuel.

Le Tibet est au cœur d’un ensemble de quelque 46,298 glaciers dans l’Ouest de la Chine, lesquels ont commencé à diminuer depuis le milieu du siècle dernier avec le réchauffement climatique. 

Le problème n’est pas uniquement celui du débit des cours d’eau. Au même moment où la fonte des glaciers fait peser une sérieuse menace sur la capacité des cours d’eau d’irriguer les terres cultivées pendant la saison sèche, les quantités d’eau pompées des nappes phréatiques (grandes quantités d’eau qui s’accumule dans le sol) sont telles que celles-ci diminuent.

Déjà, de nombreux puits sont à sec dans plusieurs régions de l’Inde.

On imagine facilement la catastrophe qui se prépare quand on apprend que plus de 407 millions de personnes vivent dans la vallée du Gange.

Avec une capacité de production de plus en plus affectée, à mesure que les glaciers vont fondre et les nappes phréatiques se vider, la demande va forcément dépasser l’offre et faire grimper le coût des aliments. Or, les prix sont déjà à la hausse, au point où le Programme alimentaire mondial doit trouver un demi-milliard de dollars de plus pour pouvoir assumer le coût des achats qu’il avait programmés pour l’année en cours. 

Si vous croyez que cette crise alimentaire ne concernera que l’Inde et la Chine, détrompez-vous ! La Chine a accumulé d’énormes réserves monétaires en dollars américains et elle va utiliser ces réserves pour acheter de grandes quantités de blés et de riz produits aux États-Unis. Les producteurs américains vont certes s’en réjouir, mais les consommateurs vont grincer des dents.

Ailleurs dans le monde des centaines de millions d’individus, en plus des 800 millions actuels, n’auront tout simplement pas les moyens de combler tous leurs besoins alimentaires.

À moins de renverser la situation.

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commentaires
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par Tartempion (IP:xxx.xx3.32.86) le 29 mars 2008 à 10H20

Il semble inconcevable que les deux immenses pays concernés (Inde et Chine pour ne nommer qu’eux) ne tirent pas ipso facto de ces observation les enseignements qui s’imposent, à savoir, la nécessité, eux aussi, de contrôler "écologiquement" et immediatement leurs développements industriels dont l’anarchie va de pair avec le taux de croissance. A ma connaissance, ce n’est pas le cas.Que les grands pays industrialisés du monde (E.U, Europe etc) montrent l’exemple et fassent plus est certes normal mais la globalisation de ce problème ne doit pas les exonérer de porter eux aussi effort réel et attention soutenue à cette problématique environnementale.Ma réflexion ne surprendra sans doute pas car je la pense empreinte d’un bon sens élémentaire mais les évidences les plus éclatantes sont aussi et parfois les moins usitées et les moins prisent en compte.

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par Michel Monette (IP:xxx.xx3.161.158) le 29 mars 2008 à 15H57

Le problème en est un de perspective. Globalement, la Chine a probablement atteint les États-Unis et l’Inde devrait les atteindre en 2015 en ce qui concerne la quantité de gaz à effet de serre émis. Quand on le calcule par habitant cependant, les Américains sont loin devant ces deux pays. En fait, ce sont les Américains (et nous les Canadiens ainsi que les Européens, en passant) qui devraient diminuer considérablement leurs propres émissions pour que les Chinois et les Indiens puissent améliorer leur sort tout en minimisant l’impact sur le réchauffement global de la planète. Va demeurer cependant tout le problème de l’épuisement des nappes phréatiques. Ce sont les Chinois et les Indiens qui doivent trouver une solution à ce problème auquel nous ne pouvons pas grand chose.


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