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Animaux clonés : les Etats-Unis autorisent la vente, l'Europe s'interroge

Article publié le 12 mars 2008

Alors que s’achève le salon de l’agriculture, où sont mis à l’honneur la richesse et la qualité des produits du patrimoine français, la FDA (l’organisme chargé de légiférer sur la sécurité des produits alimentaires, pharmaceutiques, vétérinaires et cosmétiques aux États-Unis) vient après quatre années de recherches et de polémiques, d’autoriser la commercialisation de la viande et du lait provenant d’animaux clonés.

Animaux clonés : les Etats-Unis autorisent la vente, l'Europe s'interroge

Bien que les médias débordent d’articles sur les OGM et les hormones de croissance, il semble que cette annonce n’ait pas encore suscité de réactions à la hauteur de son importance. L’Union Européenne, qui risque de voir certains de ses membres importer de la viande issue d’animaux clonés (ou de leurs descendants) a chargé l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) de mener une étude sur les risques du clonage pour la santé, mais aussi pour l’environnement.

Le clonage reste une technique relativement onéreuse, et les chances d’obtenir un animal sain et vivant sont seulement de 10%. De nombreux clones souffrent de déformations, ou meurent durant leurs 6 premiers mois, mais une fois passé ce délai, la FDA considère qu’ils sont aptes à être consommés, faisant ainsi bien peu de cas de l’opinion publique : selon un sondage réalisé par Gallup, 60% des américains trouvent qu’il est immoral de cloner des animaux. Une autre étude, réalisée en décembre 2006 par le "Pew Initiative
on Food and Biotechnology", montre que 60% des américains ne veulent pas acheter de viande clonée, tandis qu’une autre étude nationale conduite par la "Consumers Union" (l’Union des Consommateurs) trouve que 89% des américains souhaiteraient que les produits provenant d’un animal cloné soient étiquetés.

Malheureusement, aucun système de traçabilité n’a été imposé ni même préconisé par la FDA ; bien au contraire, elle maintient que l’étiquetage n’est pas nécessaire, et que le producteur est libre de choisir s’il souhaite ou non préciser l’origine "biologique" de ses animaux. Il n’est donc possible ni pour le
consommateur, ni pour le commerçant, de savoir si la viande qu’il achète provient d’un animal cloné.

Selon le Centre pour la Santé alimentaire ("Center For Food Safety"), les conclusions de La FDA sur l’évaluation des risques du clonage se basent sur des études en partie financées par des sociétés ayant un intérêt à ce que la vente de viande d’animaux clonés soit autorisée ; ainsi ViaGen, une des plus grandes sociétés de clonage des Etats-Unis, basée au Texas, a publié des études qui - surprise ! - prouvent que la viande "clonée" est parfaitement apte à la consommation. Le monde à l’envers, direz-vous ? Une charmante
expression américaine, qui se traduit littéralement par "faire garder le poulailler au renard", décrit parfaitement l’absurdité d’une situation pourtant loin d’être exceptionnelle : la FDA est en effet souvent critiquée pour son "manque d’indépendance" vis-à-vis des grandes sociétés privées.

Suite à l’annonce de la FDA, l’Union Européenne, qui n’a pour l’instant établi aucune loi pour réguler le clonage animal, a demandé l’avis du Groupe Européen d’Ethique, ainsi que celui de l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) sur les risques du clonage.

L’EFSA vient de publier son projet d’avis (l’avis définitif ne sera disponible qu’en Mai 2008). Selon elle : "au vu des preuves scientifiques disponibles actuellement, il est improbable qu’il y ait une quelconque différence, en termes de sécurité des aliments, entre les produits alimentaires issus de clones et de leur progéniture, par rapport à ceux dérivés d’animaux reproduits de manière classique. En même temps, le projet d’avis reconnaît l’existence d’incertitudes, notamment en raison des données limitées disponibles, ainsi que certains problèmes liés à la santé et au bien-être des animaux clonés."

Quant au Groupe européen d’éthique, il conclut : "Étant donné le niveau actuel de maladies et de problèmes de santé des mères porteuses et des animaux clonés, le groupe doute que le clonage d’animaux à des fins alimentaires soit justifié d’un point de vue éthique. La question de savoir si cela s’applique également à la progéniture demande une recherche scientifique plus poussée. À l’heure actuelle, le GEE ne voit pas d’arguments convaincants pouvant justifier la production d’aliments à partir d’animaux clonés et de leur
progéniture". Le Groupe européen d’éthique identifie également les actions nécessaires en cas d’introduction future en Europe d’aliments issus d’animaux clonés.

Une fois les techniques de clonage plus rentables, la viande et les produits laitiers issus d’animaux clonées et de leurs descendants inonderont dans un premier temps le marché américain, et plus tard le marché mondial. L’Union Européenne suivra-t-elle le chemin ouvert par les États-Unis, suivi par l’Australie, la Nouvelle Zélande et bientôt le Canada et l’Argentine ?

Les études réalisées ne semblent pas encore démontrer quels seront, à long terme, les effets de la consommation de viande d’animaux clonés sur l’être humain. L’homme, un cobaye comme les autres ?

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commentaires
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par Oncle Sam (IP:xxx.xx6.115.193) le 13 mars 2008 à 16H19

Cela semble très bon le mouton cloné.

Sérieusement, on peut raisonner sous trois angles :

- tout d’abord alimentaire. Ce que nous faisons depuis des siècles avec le croisement des espèces est ici automatisé. Il n’y a pas de risque si ce n’est l’évolution de notre éthique.

- ensuite scientifique. Le fait de développer le clonage va de facto limiter la resistance de l’espèce aux aléas sanitaires. De ce point de vue, on peut s’inquiéter.

- Enfin éthique. Allons-nous finir par respecter le monde qui nous a donné vie.

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par Didier Vardet (IP:xxx.xx5.61.44) le 19 mars 2008 à 01H20

La question que je me pose, c’est à quoi cela sert-il de cloner des animaux ? Il faut quand même les nourrir pour qu’ils grandissent.


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