Article publié le 29 août 2007
Quand on débouche une bouteille de vin, à n’importe quel prix, on doit surtout -pour en profiter pleinement- adapter les mets qui lui conviennent le plus. Historiquement, le vin a toujours été lié avec la gastronomie des régions. Si l’on fait un vin rouge puissant et épicé en Languedoc ou dans le Rhône, c’est, par exemple, une réponse à la multitude de préparation de gibiers dans ces régions, qui demandent des vins puissants et corsés. Autre exemple : le velouté des vins blancs bourguignons et leur persistance d’arômes, qui leut permet de "coller" parfaitement aux viazndes blanches à la crème...
L’Alsace est l’exemple caractéristique des grandes
régions vinicoles et gastronomiques françaises où le mariage des vins
et des mets peut surprendre le plus. Bien sûr, on connaît les
spécialités du pays, les choucroutes, les fromages, les charcuteries ou
le kouglof, et l’intensité aromatique des grands crus, alliant finesse
et richesse en bouche. On se doute bien qu’un vin d’Alsace se déguste
aussi avec des crustacés ou des fruits de mer mais on oublie parfois
l’extraordinaire osmose d’un Muscat avec des asperges, par exemple.
Les
vins peuvent se boire pratiquement tout au cours d’un repas. Sur la
choucroute (Riesling), avec une sole meunière (l’Alsace est riche
également de poissons de rivière), avec des crustacés. Plus original,
le fameux “poulet au Riesling”, une blanquette de veau à l’ancienne. La
puissance de son bouquet et sa persistance aromatique en bouche place
le Gewurztraminer comme un apéritif idéal. Il est superbe (comme le
Pinot Gris) avec un pâté en croûte ou une terrine de foies blonds,
ainsi que sur la tarte flambée. Les Vendanges Tardives se savourent sur
un foie gras d’oie d’Alsace, au naturel ou en brioche, et sur des
fromages forts comme le maroilles, le munster ou le roquefort.
Le beaujolais
Il
y a deux façons de déguster les crus du Beaujolais : dans leur
jeunesse, en profitant de leur couleur et de leur fruité avec des
charcuteries, des rillons, des fromages à pâte molle ou une viande
rouge grillée (les Beaujolais-Villages, les crus de Brouilly,
Côte-de-Brouilly, Chiroubles et Saint-Amour sont parfaits), ou
parvenant à maturité, notamment les crus plus charpentés, c’est-à-dire
avec un minimum de quatre à cinq années d’évolution, sur une cuisine
plus élaborée.
- Fleurie, Juliénas. Très parfumés, à dominante de
fruits rouges et de sous-bois, à présenter avec une oie farcie, un
fromage bleu (Auvergne ou Bresse), ou un gibier (perdrix).
- Chénas,
Morgon, Moulin-à-Vent, Régnié. Bouquetés et denses, parfaits sur une
terrine de gibier, du jambon fumé ou un foie de veau.
Le bordelais
-
Médoc et Haut-Médoc. Des vins riches et souples à la fois, de belle
couleur, parfumés, équilibrés, de bonne garde. Ils se goûtent avec
toutes les viandes rouges dont la fameuse entrecôte bordelaise cuite
sur les sarments, et plus le millésime est ancien, parvenu à sa
maturité, avec des plats complexes, gibiers, civets ou de l’agneau.
-
Margaux. Prédominance à l’élégance et la structure. Un vin concentré
dans sa jeunesse, au nez subtil, qui a besoin de temps pour donner
toute sa finesse. En dehors des viandes rouges, le gibier à plume.
-
Moulis et Listrac. De l’agneau, des viandes rouges, avec une
prédominance pour un foie de veau sur un millésime à maturité, ou des
ramiers aux cèpes en cocotte qui s’accordent bien avec le “moelleux” du
vin.
- Saint-Estèphe. Puissant et concentré dans sa jeunesse, un
très grand vin typé qu’il faut aussi savoir attendre, intense, à
savourer avec une viande en sauce ou une bécasse.
- Graves. En
blancs, les vins, alliant finesse aromatique et persistance en bouche,
s’associent à un veau en sauce ou une alose. Les rouges, bien typés,
allient richesse et distinction sur du veau rôti, de l’agneau ou un
gigot à la ficelle.
- Fronsac et Canon-Fronsac. Des vins corsés et
chaleureux, légèrement épicés, qui s’accordent bien avec un curry de
mouton ou de l’agneau rôti.
- Lalande-de-Pomerol. Couleur,
concentration aromatique et onctuosité en bouche en font un vin qui se
déguste avec la plupart des viandes, un magret de canard ou de l’agneau
en croûte.
- Lussac, Montagne et Puisseguin-Saint-
Émilion. Bonne
matière tannique, rondeur et bouquet. Idéal sur de l’agneau au four,
des brochettes de canard ou un curry de mouton qui fait ressortir le
caractère épicé du vin. Sur un vieux millésime, des mets plus riches
comme un canard farci, un curry et les civets.
- Saint-Émilion. Parfumé, corsé, un vin dense et ferme, pour viandes rôties et gibier à plume.
-
Pomerol. Ces vins riches, puissants en arômes comme en structure,
denses et veloutés en bouche “collent” avec la plupart des gibiers et
les truffes, dont on retrouve les arômes dans le vin. Essayez les œufs
à la broche aux truffes fraîches.
- Premières-Côtes-de-Blaye,
Côtes-de-Bourg, Premières-Côtes-de-Bordeaux et Côtes-de-Castillon.
Colorés, alliant charpente et rondeur en bouche, les Côtes-de-Bourg se
marient avec du veau (sans sauce), de l’agneau, des magrets de canard
et la plupart des gibiers à plume pour les vins parvenus à maturité. Le
caractère légèrement épicé de ces crus les prédispose à un curry de
poulet par exemple, des viandes en sauce légère ou des rognons.
-
Barsac et Sauternes. Pour profiter de leur richesse et de leur
typicité, à l’apéritif. Plus conventionnel, sur un foie gras, pour un
millésime assez jeune, et sur un dessert pas trop sucré comme une tarte
aux framboises. Plus rare, la lamproie, et des ris de veau à la crème.
-
Loupiac. Plus souple, plus fruité, un vin tout en nuances aromatiques,
onctueux, qui s’accorde avec les mêmes mets que ceux de Sauternes.
-
Entre-Deux-Mers. Francs, légers, fruités, des vins blancs secs
surprenants par leur rapport qualité-prix, à découvrir sur les fruits
de mer et les crustacés.
- Bordeaux Supérieur. Souples et colorés,
alliant charpente et bouquet, les vins se goûtent avec toutes les
viandes rouges, mais aussi, pour des millésimes plus évolués, sur une
escalope de veau ou un navarin de mouton.
La Bourgogne
- Auxey-Duresses.
Si le blanc est parfait avec les poissons de rivière ou une volaille,
le rouge, riche, bouqueté, tout en bouche, s’accorde bien à la plupart
des viandes rouges ou aux gibiers.
- Chablis. Ampleur, suavité,
vivacité et persistance aromatique pour ces crus de Chablis, à déguster
sur des poissons de rivière, des langoustines flambées ou une côte de
porc charcutière.
- Chambolle-Musigny. Charme, puissance, finesse,
couleur et concentration aromatique prédominent. Idéal sur un
dindonneau à la broche ou une bécasse.
- Puligny-Montrachet et
Chassagne-Montrachet. Bouquetés, secs et suaves à la fois, de beaux
vins tout en persistance aromatique, pour les poissons et les viandes
blanches cuisinées.
- Corton-Charlemagne. Il se savoure avec un
turbot poché, un veau Orloff ou une dinde aux marrons, un foie gras au
naturel ou du caviar.
- Côte-de-Beaune et Hautes-Côtes-de-Beaune.
Bouquet et souplesse en bouche en font un rouge à boire sur un poulet
rôti ou un jambon, du rosbif froid et un saint-nectaire.
- Fixin. Solide et coloré, un Fixin se goûte fort bien avec une palombe, un coq au vin, voire un curry de mouton.
-
Mâcon. Une escalope (ou une langue) de veau et des poissons grillés
pour le blanc, le gibier à plume pour le rouge qui s’accorde également
avec une raclette.
- Mercurey. Le rouge, ferme et fruité,
d’excellente évolution, se goûte avec des beignets d’aubergines, une
perdrix au chou ou un reblochon.
- Meursault. Riche, parfumé, suave
en bouche, un Meursault jeune se boit avec des ris de veau ou une dinde
aux marrons. À maturité, il lui faut une blanquette de veau, des
morilles à la crème ou des quenelles de brochet.
-
Nuits-Saint-Georges. Alliant charpente et finesse aromatique, ces vins
s’accommodent d’un ragoût d’agneau, d’un civet de lapin, de grives ou
d’un bourguignon.
- Pommard. Solide et coloré, un grand Pommard se
savoure sur des mets subtils et puissants à la fois, comme une palombe,
une poule au pot, les viandes en sauce et le gibier.
- Pouilly-Fuissé. Idéal sur un saumon grillé, des ris de veau, une poularde en croûte de sel ou des quenelles de brochet.
- Rully. Le rouge s’accorde bien avec un jambon de sanglier, un canard farci ou le gibier. Le blanc avec tous les poissons.
-
Santenay. Sa structure lui permet de se marier avec la plupart des
gibiers et les ragoûts (daubes). Idéal dans sa jeunesse avec une épaule
d’agneau boulangère.
- Vosne-Romanée. Concentration aromatique et
velouté demandent un pintadeau en sauce, un poulet sauté aux morilles
ou un râble de lièvre.
La Champagne
Pour
le Champagne, s’il est bien sec, à l’apéritif ; s’il est demi-sec ou
doux, au cours d’un repas ou en dessert (fruits et pâtisseries). Les
inconditionnels peuvent faire tout un repas au Champagne, délaissant
néanmoins les viandes rouges ou le gibier. Un vin idéal avec des
crustacés, ou, s’il est plus charpenté (une cuvée de Prestige), sur un
poisson en sauce ou un feuilleté de turbot. Le Champagne rosé
s’apprécie sur une viande blanche ou sur un gâteau au chocolat (pas
trop sucré).
Le Languedoc
-
Corbières, Côtes-du-Roussillon, Fitou, Coteaux-du-Languedoc et
Minervois. En rouge, le vin est marqué par des connotations fruitées et
épicées caractéristiques qui lui permettent de tenir sur le gibier, les
saucisses, le lièvre, avec un brie, sur les cassoulets du pays voire
sur les pâtés à base de viande de mouton, qui sont légèrement sucrés.
Le rosé se déguste sur les terrines ou un poulet basquaise, et les
blancs avec les poissons, des volailles rôties ou sur un lapin à la
moutarde.
La Provence
-
Bandol et Cassis. Des vins rouges riches en arômes et en saveurs, avec
cette touche vanillée, qui se marient avec des plats épicés. Pour des
millésimes plus anciens, sur un lièvre à la royale, une poularde en
croûte de sel ou un reblochon. Le rosé tient sur une ratatouille, une
saucisse grillée ou des brochettes de rognons, et le blanc sur une
escalope ou un sandre au beurre blanc.
- Coteaux-des-Baux et
Coteaux-d’Aix. Des rouges colorés, parfumés, aux notes de fruits rouges
mûrs et d’humus, au caractère affirmé, qui se goûtent fort bien sur un
foie, une selle d’agneau aux herbes ou un gigot. Goûtez le rosé, bien
frais, sur des paupiettes de veau ou un veau Orloff.
-
Côtes-de-Provence (et Corse). Des rouges alliant couleur, parfums et
souplesse en bouche, qui se marient avec une bonne potée, un rôti de
porc froid ou un carré d’agneau. Pour les blancs, fruits de mer et
bouillabaisse, tandis que le rosé se déguste avec une morue grillée ou
des calmars.
Le Sud-Ouest
-
Bergerac et Monbazillac. En Bergerac et Côtes-de-Bergerac, les rouges,
parfumés et souples, sont adaptés à des viandes grillées, une côte de
veau, un cassoulet ou une daube. Le blanc sec s’associe avec des
écrevisses, des sardines grillées. Les moelleux, très fruités, aux
connotations de miel, se goûtent à l’apéritif, en dessert sur une île
flottante ou un flan, sur un bleu et le foie gras.
- Cahors. Un vin
riche en couleur comme en charpente qu’il faut apprécier avec des
tripes, du gibier (chevreuil), un caneton aux figues, une oie rôtie aux
marrons et aux pommes.
- Gaillac. Le rouge s’adapte à la plupart des
viandes et des plats légèrement épicés. Le blanc est vif et rond à la
fois, à déboucher sur les poissons de rivière.
- Jurançon. En blanc
sec, un vin au nez de fruits secs, racé, tout en bouche, avec les
poissons de rivière, et, en moelleux, un vin bouqueté, onctueux et
typé, qui s’accorde avec les mêmes mets que ceux des autres liquoreux.
-
Madiran. Complexe et concentré, très parfumé, aux tanins fermes et
puissants, très typé, un vin qu’il faut savoir attendre, à boire avec
une viande en sauce, le gibier à poil ou un cassoulet.
Le Val de Loire
-
Chinon. S’il est jeune, avec une volaille ; s’il est parvenu à
maturité, il convient aux viandes rouges, à un canard ou à un gibier
cuisiné légèrement.
- Coteaux-du-Layon. Des moelleux à déguster à
l’apéritif, sur les charcuteries, avec un foie gras ou des fromages
bleus. Goûtez-les sur un saucisson brioché ou un homard.
- Sancerre
et Pouilly-Fumé. Sec, nerveux et fruité, le blanc se goûte avec les
fruits de mer, les rillettes, l’andouillette au vin et les poissons. Le
rosé s’adapte à toutes les charcuteries, et le rouge à un canard ou à
une dinde aux marrons.
- Saumur. Un blanc sec et floral, idéal sur
une côte de veau ou des rillons, et des rouges que la plupart des
dégustateurs apprécient avec du mouton, un magret, voire un faisan pour
un millésime plus ancien. Goûtez aussi les Crémants, très fins.
-
Touraine. Des vins frais et fruités, qui se boivent avec des rillons
quand ils sont jeunes (pour les rosés et rouges), puis sur une
volaille, des pigeonneaux, du veau grillé. Le blanc se marie avec les
mêmes plats que les vins de Saumur.
- Vouvray. Des blancs secs pour
les fruits de mer et les poissons, et des moelleux bien typés, frais et
fruités à l’apéritif ou avec les charcuteries du pays. N’oubliez pas
les Crémants.
La Vallée du Rhône
-
Châteauneuf-du-Pape. Des rouges riches et charpentés, très parfumés,
qui sentent la garrigue et les fruits surmûris, et s’apprécient sur le
gibier (sanglier, chevreuil, lièvre) ou avec les truffes. Les blancs
sur une cuisine riche.
- Cornas et Côte-Rôtie. De grands vins rouges
intenses et complexes, concentrés au nez comme en bouche, d’excellente
garde, qu’il faut savoir attendre et déguster sur des plats épicés.
-
Côtes-du-Rhône et CDR-Villages. Dans leur jeunesse, les rouges vont
parfaitement avec les viandes blanches ou les volailles (pigeonneaux).
Plus vieux, ils méritent un chou farci, une daube et du gibier
(perdrix). Les rosés “collent” aux terrines et aux poissons grillés, et
les blancs à une escalope panée ou à un sandre au beurre blanc.
-
Gigondas. Le vin est puissant au nez comme en bouche, ferme,
d’excellente garde et se marie aussi bien avec un gigot à la ficelle ou
une selle d’agneau qu’avec des mets plus riches comme une daube ou le
gibier.
- Hermitage et Saint-Joseph. Idéal sur une viande rouge ou
de l’agneau quand ils sont jeunes, puis, à maturité, avec un lièvre à
la royale ou un salmis de colvert. Les blancs, suaves et onctueux, sur
une blanquette ou un saumon grillé.
Thèmes
Excellent ce poste, je vous remercie d’avoir met ces bonne informations ! au plaisir de vos lires.












