L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a annoncé, mercredi 2 mai, un plan constitué de neuf points visant à réduire le nombre de patients décédés suite à des erreurs médicales. A travers le monde, des préjudices liés aux soins sont portés à des millions de personnes.
L’erreur médicale constitue, selon le rapport de l’Institute of Medicine commandé en 1999 par l’administration Clinton, la huitième cause de mortalité aux Etats-Unis.
La sécurité des patients est devenue ainsi un enjeu majeur pour l’OMS : "Consciente du fait que des erreurs commises au niveau des soins de santé affectent un patient sur 10 dans le monde, l’Alliance mondiale pour la sécurité des patients de l’OMS, ainsi que le Centre collaborateur ont rassemblé neuf solutions efficaces pour réduire de telles erreurs. La mise en oeuvre de ces solutions constitue un moyen d’améliorer la sécurité des patients", selon le Docteur Margaret Chan, Directeur général de l’OMS.
Pour optimiser la sécurité des patients, l’OMS a crée une
commission internationale sur les solutions pour la sécurité des patients.
Cette commission a permis de catégoriser les problèmes les
plus fréquents, de les évaluer et d’y apporter
des solutions adaptées.
Pour Sir Liam Donaldson du ministère de la Santé du Royaume-Uni et chargé de cette commission, « la sécurité des patients est désormais une priorité reconnue des systèmes de soins du monde entier ». Ce programme de travail "Solutions pour la sécurité des patients" propose ainsi des mesures simples et précises visant à réduire le nombre anormalement élevé de cas de souffrance dans le monde.
Bien qu’en France, le dispositif de gestion de ces risques
ou l’évaluation des pratiques professionnelles n’est pas en tête d’affiche,
plusieurs exemples démontrent son importance :
Avril 2007, la Timone à Marseille : un professeur
sectionne par erreur le nerf droit d’un jeune homme de 19 ans devenu
hémiplégique suite à un accident de la voie publique. La famille du patient porte plainte.
Selon le communiqué de l’OMS, les fondements des neuf solutions du plan de l’OMS s’appuient sur les interventions et les mesures mises en œuvre par cette commission internationale.
Accessibles par les Etats membres de l’OMS, ces neuf solutions peuvent ainsi être utilisées et adaptées par chaque pays en vue d’optimiser la sécurité des patients via une adaptation et une redéfinition des procédures appliquées aux malades. En effet, selon le communiqué de l’OMS, l’essentiel en matière de sécurité des malades est de comprendre et de savoir comment éviter les préjudices subis en raison de leur traitement, des soins ou des interventions qu’ils reçoivent.
Ces solutions se déclinent en neuf points :
1/ cohérence des noms des
médicaments et utilisation d’ordonnances électroniques ou pré-imprimées afin d’éviter les erreurs entre plusieurs médicaments dont les noms sont proches ;
2/ identification des patients grâce à une standardisation des méthodes d’identification des malades dans tous les
hôpitaux, et à leur participation dans cette identification ;
3/ communication durant le
transfert des patients via des protocoles standardisés de communication des informations vitales des malades transférés ;
4/ traitement comme il faut là où
il faut avec une identification pré-opératoire du patient par le chirurgien en charge de l’intervention ;
5/ contrôle des solutions
d’électrolytes concentrées ;
6/ précision de la médication
lors de transitions dans les soins ;
7/ évitement des mauvais
branchements de cathéters et de tuyaux grâce à la standardisation de la fabrication et de l’étiquetage des perfusions via des codes couleurs ;
8/ utilisation unique des
dispositifs d’injection ;
9/ meilleure hygiène des mains
pour prévenir les infections associées aux soins de santé via l’utilisation de gel désinfectant.
Rendre plus sûres les procédures de soins aux patients à travers ces solutions constitue ainsi l’objectif principal du plan proposé mercredi dernier : un défi supplémentaire que veut relever l’OMS via ces protocoles standardisés.





