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Poissons contaminés : consommation interdite

Article publié le 8 août 2007

Suite à une contamination aux polychlorobiphényles (PCB) de type dioxine, la consommation de poissons issus du Rhône a été interdite. Prise entre l’Ain et la Drôme, l’arrêté d’interdiction a été signé par les préfets du Vaucluse, du Gard et des Bouches-du-Rhône.

En cas d’ingestion régulière sur une logue période, les PCB, plus communément appelés pyralènes, sont connus pour leurs impacts sur la santé humaine : stérilité, cancers et problèmes de croissance. Classés parmi les douze composants chimiques les plus dangereux, la consommation est interdite à Lyon (septembre 2006), dans l’Ain et l’Isère (février 2007), et depuis peu dans l’Ardèche et la Drôme (juin 2007).

L’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) définit les PCB comme étant « des mélanges industriels fabriqués et utilisés en agriculture et dans l’industrie à partir des années 30 pour leurs propriétés isolantes (transformateurs électriques) et leur stabilité chimique et physique (huiles de coupe, encres, peinture). Leur présence dans l’environnement provient de ces utilisations, qui, au cours des années 1970, ont été restreintes aux systèmes clos (transformateurs, condensateurs). La production et l’utilisation des PCB sont interdites en France depuis 1987. En raison de leur grande stabilité chimique et physique et leur faible biodégradabilité, la présence des PCB demeure remarquablement stable dans certains « réservoirs » comme les sédiments marins ou des rivières. »

Ces polluants environnementaux, appelés par l’ONU « polluants organiques persistants », ont été utilisés massivement dans les années 80 et déversés dans le Rhône. Très stables et peu solubles, les PCB ont eu ainsi le temps de s’accumuler dans les sédiments mais aussi dans la matière grasse des poissons contaminés. Interdits depuis 1987, ils ont été longtemps utilisés dans les transformateurs électriques. Leur utilisation est limitée jusqu’en 2010 aux anciens systèmes clos tels que les condensateurs électriques et les transformateurs.

La Diren (Direction régionale de l’Environnement) s’est vue confier par le préfet de la région Rhône-Alpes le dossier, l’objectif étant de déterminer l’origine de cette contamination, ses impacts et de mettre en place un plan de gestion. Un pré-rapport a déjà avancé que les origines de la contamination étaient « anciennes, multiples et difficilement identifiables ».

François-Xavier Temple, directeur des services vétérinaires du Vaucluse, tente toutefois de rassurer la population en précisant que le contact des PCB avec la peau « ne présente pas de danger » et que la pêche sans consommation ainsi que la pratique de sports nautiques ne font office d’aucun risque sanitaire. De son côté, la directrice départementale des services vétérinaires des Bouches-du-Rhône, Joëlle Feliot, a indiqué que les taux relevés sont « supérieurs aux normes mais pas catastrophiques (...). L’origine à ce stade n’est pas connue mais il y a des suspicions. La pollution ne peut venir que du relargage de déchets ». Suite aux interrogations portant sur un lien éventuel entre les rejets de l’usine Trédi de Saint-Vulbas dans l’Ain, autorisée à rejeter de faibles quantités de ce composant dans le Rhône suite au traitement des appareils contenant des PCB, Joëlle Feliot a ajouté : « Ce sont des installations classées soumises à des normes très strictes. (...) La Drire de l’Ain suit cela. »

L’usine Trédi est autorisée à rejeter de faibles quantités de ce produit dans le Rhône, « mais cela ne peut être la seule cause », a indiqué à l’AFP le directeur des services vétérinaires du Vaucluse, François-Xavier Temple, qui donne l’exemple de « gens qui jettent les batteries dans l’eau ».

Un communiqué de la Préfecture du Vaucluse précise qu’ « une exposition accidentelle de courte durée aux PCB n’a pas de conséquences sanitaires. Par ailleurs, la pêche (sans consommation), la baignade et les sports nautiques ne présentent aucun risque sanitaire pour l’Homme ».