NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
Terres à louer, attention danger !

Article publié le 24 juillet 2009

Terres à louer, attention danger !

Nous le savons depuis maintenant quelques temps, l’achat et la location de terres arables par des entreprises et des Etats étrangers est une pratique qui se généralise et qui connaît même une accélération subite selon Paul Mathieu de la FAO.

Ainsi, la Chine, La Corée du Sud, l’Inde et même l’Egypte se livrent à ce genre d’investissements en Afrique, en Amérique Latine, en Russie, etc. Ce phénomène prend une telle ampleur que 20 millions d’hectares de terres agricoles (la France compte 32 millions d’hectares de surface agricole !) sont entre les mains de ceux qui investissent sur des marchés désormais considérés à hauts rendements capitalistiques. Face à la crise financière et à la volatilité des matières premières, l’investissement en surfaces agricoles semble trouver grâce aux yeux de nombreux opérateurs. Ainsi on retrouve sur ce marché des entreprises comme Hyundaï Heavy Industries ou autres Daewoo logisitcs qui possède la moitié des terres agricoles de Madagascar !

Ces pratiques posent bien entendu de nombreuses et graves questions. Certains prétendent que cela permettra aux populations locales de développer la productivité agricole et le développement rural des pays concernés, une sorte de néocolonialisme en quelque sorte. Mais la production agricole escomptée n’alimentera certainement pas les besoins locaux, mais les marchés solvables, d’autant que la grande partie de ces productions sont destinés aux agrocarburants (huile de palme) ou l’alimentation du bétail.

L’objectif est bien entendu ailleurs, il s’agit pour des pays qui ont atteint la limite de productivité de leurs propres surfaces agricoles ou de leurs ressources en eau de se servir ailleurs. Il en va de l’agriculture comme de l’énergie, la sécurisation des approvisionnements est un secteur stratégique et autorise toutes les dérives.

Au-delà des troubles sociaux que provoqueront cette mainmise sur des ressources vitales, menant à la perte de l’accès aux terres par les producteurs locaux, dans quel état retrouverons-nous ces territoires après une exploitation par définition intensive et capitalistique ? Désastre économique et social pour les populations locales, désastre environnemental en perspective, il est urgent de définir un contrôle de ces nouvelles sortes d’investissements, bien souvent opaques et fondamentalement choquantes.

Alexis du Fontenioux. Juillet 2009

Thèmes

Agrocarburants

Bookmark and Share
33 votes

commentaires
votez :
par Scipion (IP:xxx.xx7.112.222) le 24 juillet 2009 à 20H03

Il conviendrait tout de même de préciser si les terres acquises sont déjà exploitées par des paysans du cru que l’on chasse, ou s’il s’agit de terres à défricher avant de les mettre en culture. L’Afrique étant ce qu’elle est, la seconde pssibilité est loin d’être exclue.

votez :
par action bleue handicap (IP:xxx.xx3.248.7) le 24 juillet 2009 à 23H02

Excellent article , mise en garde utile ... Bien cordialement. richard Kaminka www.action-bleue-handicap.org

votez :
par avérroès (IP:xxx.xx2.7.195) le 24 juillet 2009 à 23H49

Très bon article ! Bravo Alex ! C’est encore une fois la bulle spéculative qui se met en place. Il ne faut surtout pas se faire d’illusions, ce sera une exploitation capitalistique égocentrique. Du profit, rien que du profit. Si au moins on pouvait en tirer quelques astuces pour une agriculture durable ! Il n’en sera rien du tout, ce sera du profit à outrance. Une fois la monoculture mise en place, ce sera le désastre pour les paysans locaux. Qui iront tous s’inscrire sur la liste des laisez pour comptes. Car ce sera une mécanisation à outrance, qui ne laissera meme pas des miettes aux indigènes !

votez :
par beneolentia (IP:xxx.xx6.160.20) le 27 juillet 2009 à 07H52

les terres ne devraient pouvoir être vendues qu’à des particuliers, et uniquement aux citoyens du pays, avec obligation pour eux de résider dans le pays.

et un quota d’acquisition maximum devrait exister.

exemple pour la France,

seul un particulier français résidant en france pourrait acquérir des terres françaises, dans une limite de 20 hectares maximum par personne.

les entreprises, elles n’auraient droit qu’à des baux locatifs par exemple de 50 ans maximum.

il n’est pas normal qu’un pays étranger puisse devenir propriétaire d’une partie du territoire d’un autre pays que se soit par le biais d’une entreprise ou d’un particulier.

le pays "acheté" y perds en effet une partie de sa souveraineté.

qu’est ce qui empêcherais dès lors qu’un état riche s’accapare la majorité des terres d’un autre état en les achetant et détruise l’économie de celui ci par ce biais.


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]

Les Auteurs deConso
BelleAuNaturel.net - 23 articles
Biosphère Blog - 37 articles
Mobilité durable - 157 articles
Littlecelt - 21 articles
Jean Claude BENARD - 10 articles
Nicolas Palangié - 7 articles
Emma - 12 articles
Stefane Guilbaud - 6 articles