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Quels seront les carburants de demain pour nos voitures ?

Partie 1 - Qu’attendre des agrocarburants ?

Article publié le 4 février 2009

Cet article est le premier d’une série de trois :
1 - Qu’attendre des agrocarburants ?
2 - Voiture à hydrogène et voiture à air comprimé
3 - Voiture électrique et voiture 2.0


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"Nous vivons une époque aux défis extraordinaires -
une époque où nous avons appris à marcher sur la lune, mais pas encore à marcher sur la terre"

William S. Becker [Citation en exergue dans le rapport du , "A renewable Energy Community : key elements", US Department of Energy, Carlisle et al, janvier 2008]

De Shangaï à Los Angeles, de Paris à Mexico, les citadins du monde entier sont aujourd’hui asphyxiés par la pollution automobile. Les fameux et fumeux moteurs à combustion interne des véhicules actuels posent de sérieux problèmes au niveau sanitaire, ils émettent des particules et des gaz toxiques et sont très bruyants. Selon la commission européenne, plus de 400 000 européens meurent prématurément chaque année à cause de la pollution atmosphérique, et cette pollution a également un impact sur la productivité des travailleurs, impact dont les conséquences se chiffreraient à plusieurs milliards d’euros. La pollution automobile tue davantage que les accidents de la route. De plus, ces moteurs thermiques ont intrinsèquement un rendement très faible, 20% en usage normal (18% pour le moteur essence, 23% pour le moteur diesel [1] ). Cela signifie que quand vous achetez un litre de carburant, seul un cinquième de ce litre fera effectivement avancer votre véhicule, le reste sera perdu. Intéressant pour celui qui vend le carburant, beaucoup moins pour celui qui l’achète...

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Qu’attendre des agrocarburants ?

Concernant la voiture qui roulera demain sur nos routes, certains fondent leurs espoirs sur les agrocarburants. Rappelons que pour obtenir des agrocarburants, il faut faire pousser des plantes ! Or les plantes ont un rendement de conversion de l’énergie solaire en énergie chimique (biomasse) inférieur à 1%. Quelle que soit la filière envisagée et que ce soit pour les agrocarburants de première ou seconde génération, cette limite physique est incontournable, même avec les OGM les plus performants qui, par ailleurs, ne sont pas forcément souhaitables. Ajoutons qu’une fois la biomasse obtenue, il faut la collecter puis la transformer en agrocarburant, d’où une consommation énergétique très importante et parfois presque égale au contenu énergétique de l’agrocarburant obtenu... Enfin, de nouvelles pertes se produisent inévitablement au niveau du moteur thermique. Qu’il tourne avec de l’essence ou avec de l’éthanol cellulosique, avec du pétro-diesel ou avec de l’agro-diesel, le rendement d’un moteur thermique reste faible. Le bilan global de la chaîne énergétique « du soleil à la roue » est de 0,08% avec les agrocarburants [2]. Même si le rendement du moteur thermique était multiplié par 2 dans les 20 à 30 ans à venir, le bilan global de la chaîne resterait très bas. Comme souligné dans le rapport « Agrocarburants et Environnement » publié fin 2008 par le Ministère de l’écologie, "Les agrocarburants se situent dans la zone des rendements les plus faibles, ils sont de fait limités par le rendement de la photosynthèse qui est très faible (<1%). La troisième génération, utilisant des algues, restera largement moins efficace que les solutions « électriques » quelles qu’elles soient, notamment l’utilisation de l’énergie solaire." [3]

Un rendement aussi médiocre a des conséquences importantes sur le plan environnemental et social : il signifie qu’il faut cultiver des surfaces considérables. Pour remplacer les 50 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole) brûlés chaque année dans les transports en France, il faudrait cultiver en colza 120% de la surface totale de la France ! [4] L’équation est intenable ; les surfaces nécessaires étant immenses, on assiste dans les pays qui développent massivement les agrocarburants, comme par exemple l’Indonésie [5] ou le Brésil [6], a des pratiques déplorables : utilisation de terres qui étaient destinées aux cultures alimentaires, expropriation des petits propriétaires terriens, déforestation massive qui conduit à des conséquences dramatiques sur le plan de la biodiversité. De plus, et on l’oublie trop souvent, les cultures sont de grandes consommatrices d’eau douce, une ressource précieuse de moins en moins disponible dans de nombreuses régions de la planète et la population mondiale augmente. Enfin, de grandes quantités de pesticides (photo ci-contre) et d’engrais sont utilisées dans les cultures énergétiques et leur impact environnemental est également préoccupant (pollution chimique de l’eau, eutrophisation etc.).

Le département Énergie et atmosphère de l’université de Stanford a publié fin 2008 une étude multicritère [7] permettant de comparer sérieusement les différentes énergies renouvelables susceptibles de répondre aux besoins du secteur transport. Critères utilisés : émissions de CO2, consommation en eau douce, pollution chimique, surfaces utilisées, impact sur la biodiversité etc. Il ressort de cette étude majeure que les agrocarburants ont le bilan le plus médiocre. A noter que la combustion des agrocarburants pose des problèmes sanitaires sérieux, ce qui est tout sauf négligeable [8]. Les agrocarburants ne doivent donc être utilisés en substitution au pétrole que pour les applications où l’on ne peut pas faire autrement : les avions long courrier par exemple. Les carburants micro-algaux (qui restent cependant aujourd’hui très onéreux, 10 euros le litre selon l’équipe de recherche Shamash) offrent des perspectives intéressantes pour ce type d’application. Aucune évaluation de l’impact environnemental de ce genre de culture n’a cependant été effectuée à ce jour. Les entreprises qui développent ces technologies ont pour la plupart recours a des micro-algues génétiquement modifiées. Que se passera-t-il si ces micro-algues OGM se retrouvent dans la nature ?


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Il existe des plantes qui poussent en zone aride. C’est le cas par exemple de Jatropha curcas. Mais ces plantes, malgré leur résistance remarquable, sont des êtres vivants comme les autres : sans apports en eau et en engrais, elles survivent, et ont une productivité faible. Des expériences ont été menées il y a plusieurs années en zone aride avec la variété mexicaine de Jatropha curcas par des ingénieurs agronomes mexicains. Conclusion des expérimentations : sans apport d’eau réguliers, les rendements sont extrèment faibles, non rentables. Et l’eau est une ressource précieuse en zone aride...On assiste aujourd’hui, dans des régions pauvres voir très pauvres, à la mise en culture en masse de bonnes terres avec Jatropha curcas, terres où l’on peut cultiver des plantes alimentaires. Le ricin, une plante, comme Jatropha curcas, de la famille des euphorbiacées est par exemple cultivée aujourd’hui en Éthiopie, à la place des cultures alimentaires ! Le réseau international d’accès aux énergies durables en dénonce les conséquences de ces pratiques pour les populations locales [ Éthiopie : des paysans échaudés par les promesses des biocarburants 8’]. La culture de Jatropha curcas ou, mieux, de l’arbre fixateur d’azote Pongamia pinnata [8’’], a un intérêt pour les populations défavorisées qui ne peuvent pas, par exemple, acquérir des panneaux photovoltaïques pour produire de l’électricité. [8’’’] Avec l’huile, ces populations peuvent alimenter un groupe électrogène. L’électricité obtenue permet de répondre à des besoins de base : produire du froid pour conserver médicaments et aliments, alimenter un ordinateur pour avoir accès à l’information etc. L’huile peut servir à alimenter le moteur d’une pompe à eau ou d’une plateforme multifonctionelle. Elle peut aussi servir comme matière première pour la fabrication artisanale de savon et améliorer ainsi les conditions d’hygiène. Le marin et écologiste breton Jo Le Guen a par exemple monté un projet vraiment pertinent sur le plan social au Burkina-faso, "Vivre au village" [8’’’’]. Par contre, en Afrique, en Asie et en Amérique du sud, l’exploitation des terres et des populations locales défavorisées par des compagnies qui vendent l’huile de Jatropha aux USA ou en Europe pour en faire des carburants automobiles est un non-sens total sur le plan social et écologique.

Dans l’univers des agrocarburants, seule la voie de la valorisation des déchets en biogaz reste pertinente. Mais la façon la plus efficace d’utiliser ce biogaz, ce n’est pas de le brûler dans le moteur d’un véhicule spécialement équipé, mais dans une centrale à cogénération qui produit électricité + chaleur, électricité alimentant des voitures électriques. A noter d’ailleurs que si l’intégralité des déchets produits en France (stations d’épuration urbaines et industrielles, décharges, déchets solides et assimilables dont déchets de l’industrie agroalimentaire, digesteurs agricoles) étaient valorisés en biogaz, on obtiendrait 3,3 millions de tonnes équivalent pétrole (SOLAGRO, estimation haute [9]) ; or les besoins des transports sont de 50 Mtep en France.

 A venir dans un prochain article :
Partie 2 : Voiture à hydrogène et voiture à air comprimé.

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51 votes
commentaires
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par alex75 (IP:xxx.xx7.108.64) le 4 février 2009 à 13H41

Excellent article, ça fait toujours plaisir de lire de voir qu’il existe des "bosseurs" qui connaissent bien le sujet dont ils parlent. Petite critique : pas assez sévère avec le gazole qui est une horreur sanitaire (spécialité française) et le moteur diesel (ex-moteur des VRP et des camions, vendu aujourd’hui comme un produit de luxe ! — à juste titre car c’est une grosse arnaque financière, un équipement non rentable pour les particuliers comme le savent tous ceux qui lisent la presse automobile). J’attends avec impatience la suite de l’article, notamment ce qui concerne la voiture à air comprimé (mon nouveau dada).

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par Curieux (IP:xxx.xx9.69.174) le 5 février 2009 à 01H58

Vous n’allez pas être déçus : la base de l’article est à http://www.electron-economy.org/art...

et son contenu ne correspond pas vraiment au titre alléchant :-( Ce serait plutôt : "L’électricité est la seule solution pour les voitures, surtout ne regardez pas ailleurs".

Dans l’article original, le passage sur l’air comprimé ne sert qu’à dénigrer la solution, en continuant le travail de sape de l’ADEME et des autorités inféodés au pétrole et à l’industrie automobile à explosion.

J’aimerai être surpris avec cette nouvelle version ? Enfin une comparaison objective ?

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.18.136) le 5 février 2009 à 05H50

Curieux : "Enfin une comparaison objective ?"

Réponse avec votre question ici : http://www.electron-economy.org/art...

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(IP:xxx.xx8.194.61) le 5 février 2009 à 12H40

@Olivier Daniélo :

J’ai découvert ce matin que vous avez supprimé cette nuit tous mes commentaires sur 2 de vos articles de votre blog.

Enlever les commentaires qui ne vous plaisent pas ne me paraît pas une méthode acceptable : il serait plus constructif d’y répondre, et de laisser chacun juger par lui-même.

Souhaitez-vous aussi faire disparaître les technologies qui pourraient gêner les voitures électriques ?

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.18.136) le 4 février 2009 à 16H30

Dans l’actualité...

(...) Une étude publiée dans la revue Environmental Research Letters le 13 janvier 2009, réalisée dans 238 pays sous la direction de Matt Johnston et portant sur 20 espèces cultivées a démontré que l’on surestimait jusqu’à présent d’un facteur 2 les rendements en éthanol obtenus par de nombreuses plantes : maïs, blé, sorgho, orge, manioc, betterave sucrière ; même chose pour les rendements en huile concernant Jatropha, noix de coco, arachide, tournesol, colza etc. [http://www.iop.org/EJ/article/1748-...] (...)

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.18.136) le 4 février 2009 à 16H32

"for 238 countries, states, territories and protectorates" http://www.iop.org/EJ/article/1748-...

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par lio (IP:xxx.xx7.197.170) le 4 février 2009 à 17H39

les agrocarburants vont servir aux paysans (une minorité heureusement)chimistes gros consommateurs de subventions a devenir des producteurs de carburants polluants egalement gros consommateurs de subventions. la transition pour eux n’est pas bien importante les 2 metiers etant similaires.

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par Curieux (IP:xxx.xx9.69.174) le 5 février 2009 à 01H49

Vous dites :

"Avec l’huile, ces populations peuvent alimenter un groupe électrogène. L’électricité obtenue permet de répondre à des besoins de base : produire du froid pour conserver médicaments et aliments, alimenter un ordinateur pour avoir accès à l’information etc. L’huile peut servir à alimenter le moteur d’une pompe à eau ou d’une plateforme multifonctionelle."

et

"une centrale à cogénération qui produit électricité + chaleur, électricité alimentant des voitures électriques."

L’électricité semble vraiment une idée fixe :-)

Pourtant :
- Du solaire thermique qui produise de l’air comprimé la journée, sans perte de stockage et avec un meilleur rendement que les cellules photovoltaïques,
- Et une centrale/un groupe de cogénération qui produise de l’air comprimé et de la chaleur en absence de soleil,

auraient un meilleur rendement global.

Le solaire thermique peut aussi refroidir directement, évitant le passage par la case électricité moins rentable. Et le froid est un sous-produit, très utile dans les pays chauds, de tous les actionneurs à air comprimé.

L’air comprimé est le stockage énergétique de choix pour activer pompes et véhicules :
- la simplicité des réservoirs et des moteurs à pistons fait qu’ils peuvent être fabriqués et dépannés sans moyens technologiques,
- avec des coûts de revient ridicules, TATA a annoncé 2000$ pour une voiture ;
- des réservoirs fixes, pour lesquels la masse n’est pas un problème, ne coutent rien (béton, acier,...) ;
- la légèreté des véhicules obtenus permet des économies d’énergie importantes, car moins on déplace, moins on dépense...

Et la climatisation est cadeau :-)

Essayez d’expliquer dans un village en Afrique ou au Mexique comment fabriquer un moteur électrique à 98% de rendement et des batteries Lithium... et tant que vous y êtes, qu’il ne faut pas les jeter n’importe où, mais les recycler...

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.18.136) le 5 février 2009 à 01H57

Curieux,

Vous n’avez pas bien lu le paragraphe sur Jatropha curcas.

Voici ce que j’ai écrit :

"La culture de Jatropha curcas ou, mieux, de l’arbre fixateur d’azote Pongamia pinnata, a un intérêt pour les populations défavorisées qui ne peuvent pas, par exemple, acquérir des panneaux photovoltaïques pour produire de l’électricité. "

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par Curieux (IP:xxx.xx9.69.174) le 5 février 2009 à 02H11

Olivier Danielo,

"Vous n’avez pas bien lu" vous savez à distance comment je lis ?

1 Je ne dis pas dans mon commentaire qu’ils ne doivent pas cultiver de Pongamia pinnata ou toute plante en symbiose avec des champignons fixateurs d’azote ;

2 j’ai bien compris que vous parliez de personnes pauvres, incapables d’acheter des panneaux photovoltaiques, qui sont de toute façon un non sens avec les rendements ridicules qu’ils permettent ;

C’est pourquoi je proposais de manière constructive des solutions :
- de solaire thermiques ;
- de stockage d’air comprimé,

car un village incapable d’acheter des cellules photovoltaïques pourra encore moins s’acheter des batteries de véhicules électriques...

D’ailleurs, je suis surpris que mon commentaire ait été jugé non constructif... est-ce par vous ?

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.18.136) le 5 février 2009 à 02H18

"C’est pourquoi je proposais de manière constructive des solutions :
- de solaire thermiques ;
- de stockage d’air comprimé"

Réponse :

Le micro-CSP (solaire thermodynamique ; exemple : Sopogy, Infinia etc.) coûte aussi cher que le solaire PV aujourd’hui. Le CSP est intéressant à grande échelle (> 10-20 MW), pas sur des micro-projets. Or il est question dans le paragraphe d’alimenter des villages dans des régions défavorisées.

Un groupe électrogène à base d’huile de Jatropha produite sur place est la solution la moins onéreuse pour les populations défavorisées.

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par Curieux (IP:xxx.xx9.69.174) le 5 février 2009 à 02H41

@Olivier Daniélo :

"Le micro-CSP (solaire thermodynamique ; exemple : Sopogy, Infinia etc.) coûte aussi cher que le solaire PV aujourd’hui."

Oui car on en est au début de l’exploitation, par des sociétés occidentales, qui amortissent leur design, mais qui valident le concept technique.

Imaginez le même produit développé par le marché chinois ou indien, juste un bout de tôle ou de plastique, avec un moteur à air comprimé chaud...

Inonder le monde de produits électriques risque d’empêcher l’apparition de produits mieux adaptés aux pays à faible niveau de vie, qui ont pourtant une société plus durable que la notre, car consommant moins et recyclant plus.

Alors que si l’on mettait des efforts de développement sur ces produits simples et vraiment durables, alors cela profiterait à tous les terriens, et nous sauverait peut-être en retour...

Ne serait-ce que 10% des 400M€ que l’europe consacre à développer l’hydrogène...

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par Curieux (IP:xxx.xx9.69.174) le 5 février 2009 à 02H25

@Olivier Daniélo

"or les besoins des transports sont de 50 Mtep en France" c’est un chiffre intéressant, mais dans quelle situation est-il calculé ?

Est-ce avec les véhicules actuels, avec moteurs à combustion interne et masse importante ?

Parce que si on passe à des voitures 2 fois plus légères, alors le besoin serait directement divisé par 2...

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(IP:xxx.xx3.70.22) le 5 février 2009 à 08H07

je vais vous épargner l’écriture des deux autres articles : http://www.global-chance.org/spip.p...

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.24.119) le 5 février 2009 à 19H47

Je viens d’écrire à Benjamin Dessus : je trouve son article "La fée électricité sous le capot ?" très incomplet [ http://www.global-chance.org/IMG/pd... ].

Il ne parle pas de l’alimentation des voitures électriques par les renouvelables (éolien, solaire) ceci alors que les voitures électriques sont une formidable opportunité pour les fournisseurs d’énergies renouvelables, il ne parle pas du concept V2G/G2V (Vehicule to grid/Grid to vehicule), il ne parle pas des smart grids, il ne parle pas du concept BetterPlace.

Cela fait beaucoup d’ommissions.

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par Curieux (IP:xxx.xx9.69.174) le 6 février 2009 à 01H07

@Olivier Daniélo

Vous dites : "Il ne parle pas de l’alimentation des voitures électriques par les renouvelables (éolien, solaire)"

- > vous ne parlez pas non plus de la compression de l’air directement par les renouvelables (éolien, solaire thermiques) qui est plus efficace que la génération électrique tout en permettant un stockage sans perte ;

"il ne parle pas du concept V2G/G2V (Vehicule to grid/Grid to vehicule), il ne parle pas des smart grids, il ne parle pas du concept BetterPlace."

Peut-être préfère-t-il ne pas vendre la soupe marketing qui a déjà bien assez de zélés journalistes "indépendants" ?

Les producteurs d’électricité remontent de l’eau dans les barrages ou stockent de l’air comprimé pour conserver l’électricité produite en trop par les centrales nucléaires.

Ils ne sont pas assez fou pour utiliser des batteries peu efficaces, trop chères, polluantes et limitées à quelques centaines de cycles de chargement...

Et vous voudriez me faire croire que je dois payer le déplacement de ces lourdes batteries avec moi dans ma voiture, alors que les industriels les refusent ?

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par Olivier Daniélo (IP:xxx.xx9.24.119) le 6 février 2009 à 01H36

Curieux : "vous ne parlez pas de la compression de l’air directement par les renouvelables"

Réponse :

- Cela ne change rien au problème : le rendement du moteur à air comprimé (30%) reste toujours le même, que l’air comprimé ait été comprimé via un compresseur électrique ou directement par les renouvelables. Dans le cas d’une compression éolienne directe, le rendement de compression est au mieux de 70% avec les technologie les plus avancées (ceci au lieu de 60% avec le compresseur électrique).

60% x 30% = 18%

70% x 30% = 21%

Soit un gain de 3%.

- Cela ne change rien au problème, mais cela en crée d’autres : l’air comprimé serait alors produit au niveau des fermes éoliennes ou solaires, et il faudrait alors le transporter jusqu’aux stations-service...Compte-tenu des grands volumes en jeu, on perdrait alors certainement plus d’énergie en transport que le gain de 3%.

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par Curieux (IP:xxx.xx9.69.174) le 8 février 2009 à 14H11

@Olivier Daniélo :

Vous dites : "le rendement du moteur à air comprimé (30%) reste toujours le même,"
- un diesel, qui est un moteur à air comprimé, est déjà à 40% d’efficacité énergétique,
- dans http://www.enerzine.com/3/2492+EnBW..., il était indiqué en 2007 une efficacité énergétique de 40% pour le processus complet compression électrique/décompression/génération électrique. Il est mathématiquement impossible que l’efficacité énergétique du moteur soit inférieure à 40%. Le vrai ordre de grandeur est 60%, car 63%*63%=40% ;
- dans le même article, la prévision pour le même processus avec récupération de chaleur est de 70%, soit une efficacité énergétique pour le moteur de l’ordre de 80%, car 83%*83%=69% ;

Le fait de coupler mécaniquement le compresseur à l’éolienne va effectivement faire gagner environ 10% sur la phase de compression, passant de 60% à 70%, comme vous le dites. L’efficacité globale EnergieMécaniqueSource(Vent) à EnergieMecanique(AirComprimé) passe de : 60%*60%=36% à 70%*60%=42% car on gagne 60% de 10% soit 6%

Et beaucoup plus si l’on utilise intelligemment la chaleur produite au passage.

Vous dites : "Cela ne change rien au problème, mais cela en crée d’autres : l’air comprimé serait alors produit au niveau des fermes éoliennes ou solaires, et il faudrait alors le transporter jusqu’aux stations-service..."

Mais qui vous oblige à produire seulement dans des fermes ? il faut bien sûr produire où l’on consomme : dans des stations services, à la maison, dans l’entreprise, partout où l’on a besoin de la chaleur issue de la cogénération, quand il n’y a ni soleil ni vent.

On gagne alors 40% sur la chaleur en plus, et on économise 10% sur le transport électrique.

Quand il y a du soleil, on obtient l’air comprimé par chauffage : dans ce cas on gagne 100%

Donc bien sûr, cela change beaucoup, car on chauffe quand on veut, on stocke l’air comprimé sans perte, et on l’utilise quand on veut.

Et on n’a pas de batteries à fabriquer en polluant, à transporter et à recycler...

On peut aussi s’organiser pour produire les voitures localement, pour éviter leur transport inutile.


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