Article publié le 14 janvier 2008
Prendre conscience des risques majeurs à long terme : même si ce n’est pas le plus probable à court terme, le risque d’un emballement du climat qui provoque un empoisonnement de l’atmosphère et des extinctions massives doit constituer notre horizon, la menace qu’il faut absolument éviter et, pour cela, même si on n’arrive pas à limiter le réchauffement à 2°C, ce qui semble hors de notre portée, tout faire pour ne pas dépasser en tout cas les 4°C de réchauffement, ce qui n’est pas gagné d’avance et dépend entièrement des prochaines décennies...
La recherche climatique est de plus en plus active et tous les mois
sont riches de nouvelles dont la plupart sont inquiétantes et dérivent
par rapport aux modèles jusqu’à nous forcer à envisager le pire.
Certes, il faut souligner qu’on ne peut avoir aucune certitude, la
science du climat est d’une telle complexité qu’elle est encore en
construction, les dernières données en témoignent. Les incertitudes
sont immenses mais pas au point qu’on devrait faire comme s’il n’y
avait aucun risque, ce qui serait irresponsable ! Nous sommes bien dans
le cadre du principe de précaution mais par rapport à un risque majeur
qu’il faut tenter d’éviter à tout prix. La difficulté est non seulement
de se projeter dans le long terme, mais surtout de se prémunir de
risques dont on ne peut même pas prétendre qu’ils soient absolument
certains ! Le premier enjeu est bien cognitif, il est de constituer
effectivement une "vérité officielle" pour guider l’action publique
mais il ne peut être question pour autant de "vérité dogmatique",
seulement de "consensus scientifique" du moment sans que cela signifie
que le consensus actuel sera forcément celui de demain... Ceux qui
s’offusquent du poids du consensus et du nombre ne voient pas que c’est
le fonctionnement de la science elle-même, alternant "science normale"
et révolutions scientifiques, même si cette fois, cette "démocratie
scientifique" forcément imparfaite prend effectivement une dimension
véritablement politique. Ce n’est pas une raison pour condamner ceux
qui pensent autrement et bloquer ainsi la recherche. Au contraire, on a
besoin des arguments des sceptiques pour éprouver les points faibles
des modèles actuels, il faut simplement y répondre point par point, par
des mesures et par des faits. L’heure reste au débat autant qu’à
l’action.
- L’histoire mouvementée du climat

(il y a aussi l’inclinaison avec des cycles de 41 000 ans et la précession de 23 000 ans)
Ainsi, il y a 11 000 ans dans l’hémisphère nord, nous recevions en été 6% de plus d’énergie solaire qu’à l’heure actuelle. Inversement, en hiver il y a 11 000 ans, nous recevions 6% de moins d’énergie solaire qu’à l’heure actuelle.
Actuellement au cours de l’année, c’est en été (de l’hémisphère Nord) que la Terre se trouve le plus éloigné du soleil (configuration étés frais, hivers doux).
Cette situation va évoluer progressivement à l’établissement d’étés de plus en plus chauds en Hémisphère Nord. (diminution de la distance Terre-Soleil en juin, au cours des prochains milliers d’années).
Une des difficultés, c’est de juger une évolution de long terme sur des variations à court terme. Les cycles à long terme ne sont pas décelables en général par les acteurs, tout comme les fluctuations boursières à court terme ne rendent pas compte des tendances lourdes qui n’apparaissent souvent que vues de loin (au macroscope). Notre échelle de temps est relativement insignifiante par rapport aux temps géologiques, aussi les préhistoriens sont fondés à relativiser notre rôle dans un réchauffement caractéristique, à l’intérieur d’une glaciation depuis 3 millions d’années, de périodes inter-glaciaires qui durent 10 000 ans en moyenne, ce qui voudrait dire qu’on toucherait bientôt la fin, sauf que celle-ci pourrait durer 30 000 ans si nous sommes bien dans la même configuration qu’il y a 400 000 ans (4 cycles de 100 000 ans et 10 cycles de 40 000 ans) ! Cela semble être la seule époque où l’on ait trouvé des pollens de vigne sauvage dans le Vercors avec un niveau des mers plus élevé (une dizaine de mètres ?).
Cependant, on ne peut s’appuyer sur le passé pour prétendre qu’il n’y aurait jamais eu de dérapages ni d’extinctions massives, en général d’origine volcanique il est vrai ! La dernière extinction, touchant particulièrement le genre homo, dont très peu survécurent (2000 individus ?), daterait de l’éruption du Mont Toba, il y a 74 000 ans, mais aurait plutôt fait chuter les températures de 5°C et provoqué une nouvelle glaciation ! La plus grande extinction était celle du Permien, il y a 251 millions d’années (puis -201 et -64 millions d’années avec la fin des dinosaures). L’hypothèse la plus catastrophique envisagée actuellement c’est la crise climatique du maximum thermique paléocène-éocène (PETM), il y a 54 millions d’années, qui avait augmenté la température de 5°C par dégagement de CO2 volcanique :
La Terre aurait subi un effet de serre mortel à plusieurs reprises. cette nouvelle théorie explique les extinctions de masse à la fin du Permien, il y a 251 millions d’années, et de la fin du Trias 50 millions d’années plus tard. Un réchauffement global intense aurait empoisonné l’océan, semant la mort dans les mers et sur les continents. Voici le scénario de cette théorie : il commence quand une activité volcanique importante libère de grands volumes de dioxyde de carbone et de méthane dans l’atmosphère. Ces gaz entraînent un réchauffement global rapide. L’océan, plus chaud, absorbe moins bien l’oxygène de l’atmosphère, qui s’infiltre en quantité réduite dans les profondeurs océaniques. Il en résulte une déstabilisation de la "chimiocline" (le seuil d’équilibre entre les eaux oxygénées de la surface et les eaux riches en sulfure d’hydrogène, ou H2S, produits par les bactéries anaérobies des profondeurs). Les bactéries anaérobies prospèrent tellement que l’eau saturée en sulfure d’hydrogène atteint brusquement la surface de l’océan. Les bactéries photosynthétiques vertes et violettes qui consomment du sulfure d’hydrogène et vivent normalement au niveau de la chimiocline occupent alors les eaux de surface privées d’oxygène et riches en sulfure d’hydrogène, tandis que les formes de vie marine respirant de l’oxygène suffoquent. Le sulfure d’hydrogène diffuse également dans l’air, tuant animaux et plantes terrestres et s’élevant dans la troposphère où il attaque la couche d’ozone protectrice. Sans ce bouclier, rayonnement ultraviolet du Soleil tue ce qui reste de la vie...
Enfin, cette hypothèse ne s’applique pas qu’à la fin du Permien. Une extinction mineure de la fin du Paléocène, il y a 54 millions d’années, avait déjà été attribuée à une période d’anoxie océanique déclenchée par un réchauffement global. Des preuves biologiques suggèrent que c’est aussi ce qui s’est passé à la fin du Trias, au milieu du Crétacé et à la fin du Dévonien : les extinctions par effet de serre massif seraient récurrentes.
Les concentrations de dioxyde de carbone atmosphérique étaient élevées lors des grandes extinctions en masse, suggérant un rôle du réchauffement global dans ses événements. Aujourd’hui, le dioxyde de carbone atteint 385 parties par million (ppm) et devrait augmenter de 2 ou 3 ppm chaque année. A ce rythme, de dioxyde de carbone atmosphérique atteindra 900 ppm à la fin du siècle prochain, une concentration proche de celle qui régnait lors de l’extinction thermique du Paléocène il y a 54 millions d’années.
Revue des sciences 11/2006
Pour la Science, Un impact venu des profondeurs, Peter Ward
Les risques sont donc considérables, et l’écart de 5°C significatif des événements extrêmes. Or il est possible que notre réchauffement dépasse les 6°C ! Si on insiste bien en général sur le caractère catastrophique de ces valeurs extrêmes, on détaille rarement l’engrenage mortel qui pourrait en résulter et qui est plus effrayant que ce qu’on imagine d’habitude.
Pour résumer, nous sommes bien dans une phase de réchauffement longue, mais la question qui se pose est celle de savoir si le supplément de CO2 que nous dégageons, même relativement modeste par rapport aux émissions naturelles, pourrait à la longue nous faire basculer dans les événements extrêmes que la Terre a déjà connus et, surtout, si on peut l’éviter encore !

Nous nous sommes situés dans le très long terme mais il y a plusieurs temporalités à prendre en compte : le siècle, le millénaire et au-delà. On peut dire qu’il est difficile de se projeter au-delà du siècle, qui doit être notre référence principale, car la technique peut évoluer considérablement d’ici là, notamment la géoingénierie. On ne peut se désintéresser pour autant des conséquences à très long terme de notre mode de vie, au moins pour prendre conscience des ordres de grandeur :
A terme, (d’ici 3000), si toutes les ressources fossiles sont brûlées (pétrole, gaz et charbon), dans la seconde partie du millénaire, les concentrations en CO2 dans l’atmosphère atteindraient 1200 à 4000 ppm au lieu de 380 ppm actuellement, la température augmenterait de 4°C à 9°C et le niveau de la mer pourrait s’élever de 3 à 8 mètres... car les réserves en pétrole, en gaz et, surtout, en charbon sont considérables, si on les exploite à tout prix, contrairement à ce que certains avancent pour justifier l’inaction. Ces prévisions sont néanmoins à prendre avec précaution. En particulier, elles ne tiennent pas compte d’instabilités majeures comme l’effet dramatique que pourrait avoir le dégagement du méthane piégé dans le pergisol.
Dans tous les cas, ces prévisions dépassent largement la variabilité climatique des derniers 10 000 ans (1°C à 2°C).
La seule solution pour éviter un changement climatique majeur à long terme est d’imposer des réductions drastiques d’émission de CO2 dans les 50 à 100 ans à venir, et cela quelles que soient les solutions retenues.
La Recherche, Objectif Terre 2050, 01/2008
- Notre situation
Sur le plus court terme, pour prendre la mesure des changements climatiques actuels il faut savoir que, sans remonter à 7000 ans ni au déluge, il y a eu plusieurs périodes de réchauffement, favorables au développement de la civilisation, vers -600, au moment du miracle Grec, et au début du Moyen-âge (de 950 à 1100), les températures ayant pu dépasser les valeurs actuelles de 0,5°. Il y a eu aussi un petit âge glaciaire (1550-1850) à l’époque du roi Soleil, avec 1° de moins que maintenant !
A partir de 1910-1911, on a sous nos latitudes un premier réchauffement climatique de l’ordre de 0,5°C. Il culmine pendant la décennie 1940 et les plus anciens se souviennent de l’été torride de 1947. Puis on a un rafraîchissement lors des décennies 1950 et 1960. Le réchauffement recommence en Hollande et en Angleterre dès la décennie 1970, et en France, semble-t-il, seulement à partir de 1980. Une glorieuse décennie 1980 avec des bordeaux extraordinaires : Suit la décennie 1990, la plus douce du siècle, avec des bourgognes excellents !
Depuis, on n’arrête pas de battre des records mais on voit qu’on a beau être en phase de réchauffement accéléré, pour l’instant on n’a encore rien vu, on est dans la norme voire dans l’optimum, la difficulté étant de se projeter dans une situation toute autre au-delà de 2°C, sans parler de bien plus... LA TEMPÉRATURE MOYENNE a augmenté de 0,8 ºC au cours du dernier siècle, dont 0,6ºC sur les trois dernières décennies.
L’analyse des relevés de température tout autour du globe démontre que la décennie 1998-2007 a été la plus chaude jamais enregistrée.
Par ailleurs, l’année 2007 est en passe de devenir la septième année la plus chaude depuis 1850. L’augmentation de la température est de 0,41 degrés cette année par rapport à la moyenne calculée pour la période 1961 à 1990 (soit 14 degrés), ont précisé les scientifiques.
L’année 2007 a également été marquée par l’abaissement des niveaux de glace de mer dans l’Arctique. L’étendue de la glace se situait en-dessous de la moyenne chaque mois de l’année et pour la première fois au cours de l’histoire, le passage du Nord-Ouest canadien est resté ouvert pendant cinq semaines. Les niveaux de la mer ont également continué d’augmenter ; les mesures obtenues par satellite montrent que, depuis 1993, les niveaux moyens ont augmenté d’environ trois millimètres par an.
Malgré un léger refroidissement dans nos contrées de 2007 à 2009 à cause d’ El niña, la situation actuelle se caractérise surtout par une accélération inquiétante de la fonte de la calotte glaciaire (arctique, Groenland) et du permafrost sibérien, par la baisse des capacités d’absorption du co2 par la mer, la déforestation et l’augmentation des rejets de gaz à effet de serre. On peut craindre toute une série d’auto-amplifications (réduction de la glace réfléchissante, augmentation du méthane) alors que c’est déjà la rapidité du réchauffement qui est exceptionnelle, dépassant tous les modèles. Il est difficile d’évaluer la portée à long terme de ces phénomènes relativement récents, en particulier des risques d’emballement à l’échelle du siècle, sachant que plus le réchauffement sera rapide, plus il sera meurtrier et moins nous serons préparés à y faire face...

Une série de mesures indiquent que l’Atlantique nord remplit deux fois moins bien qu’il y a dix ans son rôle de puits à dioxyde de carbone. Entre les deux périodes de mesures, dans le milieu des années 1990 puis entre 2002 et 2005, elle aurait diminué de moitié ! « Des changements d’une telle ampleur constituent une surprise énorme, avoue Ute Schuster. Nous pensions que ces modifications ne pourraient survenir que lentement à cause du volume de l’océan ».
- Fonte de la banquise en Arctique : un emballement est possible
- L’emballement (bis) : nos émissions augmentent et l’absorption par la mer diminue...
- C’est le rythme du réchauffement qui est dramatique
- Regain d’émissions de gaz à effet de serre dans les pays riches
- Fonte record de la banquise arctique, événement météo de l’année au Canada
- Coup d’accélérateur pour la fonte des glaces du Groenland
- La zone tropicale s’étend avec le réchauffement de l’atmosphère

- Scénarios catastrophes

LA CONCENTRATION EN GAZ CARBONIQUE (CO2) dans l’atmosphère est passée de 280 parties par million (ppm) avant l’ère industrielle à 380 ppm aujourd’hui. Elle se situera entre 540 ppm et 970 ppm à l’horizon 2100.
L’élévation de température devrait être plus forte aux pôles qu’à l’équateur. L’Arctique devrait ainsi gagner 4 à 7 °C dans les cent prochaines années. Suivant les modèles, le réchauffement se manifesterait davantage sur les continents que sur les océans, la nuit que le jour et plus en hiver qu’en été. Le régime hydrologique devrait être modifié par l’accélération du cycle évaporation-précipitation. Tout comme les courants marins.
La Recherche du mois de décembre 2007 dressait la liste des incertitudes du climat : les effets des nuages, l’incidence des aérosols, l’adaptation des écosystèmes végétaux, la capacité d’absorption du CO2 par les océans, la circulation océanique, la stabilité des hydrates de gaz, le dégel du permafrost, la fonte des glaces, l’activité solaire et le rayonnement cosmique, les rejets humains de gaz à effet de serre, les événements extrêmes...
Ces incertitudes ont donné l’espoir que des phénomènes de rétroaction négative (comme les nuages à basse altitude) réduiraient l’impact du réchauffement, voire pourraient produire un refroidissement ! Ces espoirs ne semblent pas fondés, il y a plutôt des boucles de rétroaction positive qui accentuent les variations que ce soit vers le plus chaud ou le plus froid. Les périodes de stabilité sont rares et fragiles, en général perturbées par le volcanisme ou des astéroïdes.
A l’aide d’indicateurs paléoclimatiques et paléo-océanographiques, des chercheurs du CEREGE (1) ont mis en évidence un mécanisme de rétroaction de la circulation océanique sur le climat, qui renforce le réchauffement ou le refroidissement. Ce mécanisme repose sur un lien étroit entre la circulation Atlantique Nord et l’hydrologie tropicale de l’Amérique centrale.
Aujourd’hui, le fait que le réchauffement climatique pourrait perturber le cycle de l’eau et induire un ralentissement de la circulation Atlantique Nord est un réel sujet d’inquiétude. Les données océanographiques des 50 dernières années suggèrent que des changements hydrographiques (température et salinité) ainsi qu’une diminution du flux d’eau transporté par certains courants marins, en surface et en profondeur, se sont déjà produits en Atlantique Nord. Le risque d’une variation encore plus importante de la circulation océanique à l’échelle de la fin du siècle, ou du début du siècle prochain, doit être pris au sérieux et étudié activement.
Pour l’instant, le principal risque semble la fonte du permafrost et de la banquise arctique car c’est ce qui aggrave tout le reste. Disons tout de suite que les premières études sont plutôt rassurantes à court terme sur ce point mais, étant donnée l’enjeu vital, c’est ce dont il faudrait s’assurer un peu mieux et ce qu’il faut étudier en premier lieu.
- Le méthane est le grand oublié des modèles climatiques !
Or, justement, le supplément de La Recherche du mois de janvier 2008 (Objectif Terre 2050) insiste sur la mauvaise prise en compte du méthane dans les modèles :

Les modèles actuels ignorent les effets possibles du réchauffement sur un acteur important du système climatique : le méthane (CH4). C’est le 2ème gaz à effet de serre émis par l’homme après le gaz carbonique, puisque sa part relative dans l’augmentation de l’effet de serre d’origine anthropique est de 18%, contre 63% pour le CO2.
Plus inquiétant, les terres gelées (les pergisols) d’Alaska et de Sibérie risquent fort de dégeler en partie en cas de réchauffement. Ces sols, très riches en matière organique, saturés en eau, sont potentiellement d’énormes sources de méthane. A nouveau, il s’agirait d’une rétroaction où le cycle du méthane accentuerait le changement climatique. Le risque semble pour le moment limité, mais il nécessite d’être étudié.
Les premières études se veulent très rassurantes, établissant que les dégagements massifs de méthane seraient peu probables.

C’est la bonne nouvelle de ce début d’année, repoussant l’hypothèse d’un emballement du climat par la fonte du permafrost ou le dégagement des hydrates de méthane :
Une autre étude, effectuée à l’Institut d’hydrologie de Saint-Pétersbourg, démontre que le dégagement du méthane contenu dans la merzlota ne s’accroîtra que de 20 à 30 % maximum, entraînant un réchauffement de seulement 0,01° C, une valeur insignifiante comparée au résultat de l’industrialisation…
Ces arguments, confortés par le fait que l’accroissement de la concentration du méthane atmosphérique n’ait pratiquement plus été observé après l’an 2000, tendraient à démontrer que la théorie de la « bombe climatique » de la merzlota russe serait dénuée de fondements. Ce qui ne doit pas nous inciter à cesser les observations…"
D’autres études minimisent le risque actuel. Ce sont de très bonnes nouvelles mais qu’il faut relativiser un peu car ce n’est pas maintenant que les dégagements de méthane devraient se produire. C’est au-delà des 2°C que ça se gâte et il semble acquis qu’on n’arrivera pas à se limiter à 2°C malgré l’appel des scientifiques de Bali. Le dégagement du permafrost semble très sous-évalué et le dégagement du méthane marin qui est certes à plus long terme ne devrait pas prendre 10 000 ans si on en juge par le passé. Certes, l’extinction massive du maximum thermique paléocène-éocène (PETM) a été provoquée d’abord par un dégagement du CO2 d’origine volcanique, qu’il faudrait comparer au dégagement anthropique actuel, mais qui a bien déclenché un emballement mortel assez rapide (et qui a duré ensuite 100 000 ans, c’est-à-dire le temps d’une glaciation). Par ailleurs, nous ne sommes pas à l’abri d’un volcanisme qui viendrait s’y ajouter, même si nous sommes plutôt dans une période calme à ce niveau et que cela nous dépasse complètement encore.
Retenons que cette hypothèse extrême n’est pas la plus probable dans ce siècle, heureusement, mais elle doit rester malgré tout notre horizon et il faudrait en informer la population car cela constitue ce qu’il faut absolument éviter mais dont le risque augmente considérablement dès lors qu’on pourrait atteindre un réchauffement de plus de 5°C, ce qui n’a rien d’impossible, hélas !
- La 6ème extinction
Tant qu’il n’y a pas de rupture de seuil, ce qui est de l’ordre du tout
ou rien, le risque principal tient surtout à la rapidité du
bouleversement climatique, ce qui rend difficile l’adaptation des
populations mais aussi des plantes et des animaux.Un réchauffement de
1°C se traduirait par un déplacement vers le nord de 180 km des aires
de répartition des espèces. Et par des extinctions... Plus le
réchauffement sera rapide et plus la biodiversité devrait s’effondrer
(avant de se reconstituer mais à plus long terme). Notons que si la
biodiversité est vitale, c’est justement de pouvoir répondre à ces
brusques changements environnementaux, favorisant dans cette diversité
les organismes les plus adaptés aux nouvelles conditions.
L’effondrement de la biodiversité n’est pas forcément une catastrophe
dans un premier temps. C’est là où la biodiversité est déjà réduite que
le risque est le plus grand. Or, la 6ème extinction a bien déjà
commencé mais initiée par l’homme avant même que le climat ne s’en
mêle !
On connaît bien les causes qui précipitent l’extinction des espèces et qui sont en oeuvre dans la crise actuelle : la destruction et la dégradation des milieux (déforestation, fragmentation des habitats, pollution...), la surexploitation des populations animales et végétales (chasse, pêche, récoltes), l’introduction et l’expansion d’espèces exotiques et le réchauffement climatique. Et puisque l’on sait que les espèces dépendent les unes des autres à travers des réseaux alimentaires complexes, on comprend que l’extinction d’une espèce va induire, à son tour, une cascade d’extinctions. La Recherche
Ce sont les coraux qui sont les premiers menacés par la rapidité du réchauffement, et toute la chaîne alimentaire qui en dépend, mais on doit s’attendre plus généralement à une baisse de la productivité marine à mesure que la température de la mer monte, par baisse de l’oxygène et acidification de l’océan. Sur terre, on assiste à une extension des zones tropicales avec son lot de maladies et de parasites, mais surtout à un décalage des saisons qui perturbe les cycles reproductifs et désynchronise les associations symbiotiques. Les conséquences sur la faune et la flore marines et terrestres, et donc sur les famines qui peuvent en découler, dépendent de l’échelle de temps considéré dans un contexte d’une population qui pourrait commencer à décroître avant la fin du siècle. A court terme, le risque de famine est lié aux biocarburants et non directement au climat.
- L’eau douce

Les problèmes d’approvisionnement en eau dépendent aussi des périodes considérées. Il n’est pas si évident que le réchauffement soit une période de sécheresse, du moins c’est très difficile à prévoir. Le changement du régime des pluies peut profiter à l’un et nuire à l’autre mais les pluies devraient augmenter plutôt dans un premier temps. On ne peut en être sûr mais les plus gros problèmes viendront sans doute une fois les glaciers fondus (Himalaya, etc.), pas avant 2050 sans doute ?
- La montée des mers
C’est le risque le plus concret, déjà observable à petite échelle. Les plus exposés sont les populations côtières, surtout le Bangladesh, et les petites îles (très actives contre le réchauffement). C’est certainement la source du plus de problèmes dans les prochaines années.

Selon certains experts, il s’élèverait de 1 à 1,5 mm par an, soit 10 à 20 cm au total pour le 20ème siècle. Cette élévation serait principalement due à la dilatation des masses océaniques sous l’effet du réchauffement général.
Une élévation supplémentaire du niveau des mers due à la fonte des glaces polaires pourrait ajouter, d’ici à la fin du XXIe siècle, de 10 à 20 cm aux prévisions maximales (60 cm), et on ne peut pas exclure une élévation encore plus forte du niveau des mers à l’avenir".
Seulement quelques centaines d’années auraient été suffisantes pour une élévation du niveau des océans de six mètres. Plus précisément, la vitesse estimée est de 1,6 mètre par siècle, ce qui est presque trois fois plus rapide que les estimations fournies par le GIEC pour la montée du niveau des océans à la fin de ce siècle.
La vitesse de la fonte de l’Arctique et du Groenland pourrait accélérer la montée des eaux au-delà des prévisions et pousser vers les valeurs hautes (jusqu’à 7 mètres !). Le scénario catastrophe envisagé par "The age of consequences" prévoit un réchauffement de 5,6°C sur le siècle et une montée des eaux de 2 mètres (à plus long terme 12m, voire 25m !). Il faut savoir que si le niveau de la mer monte d’un mètre, cela se traduit par un recul des côtes de 100 mètres en moyenne et l’inondation des basses altitudes comme le Bengladesh, les Maldives et New York (par contre, avec 5 °C en moins, le niveau de la mer baisserait de 100 mètres !). L’inondation des côtes devrait gonfler les déplacements de population qui prendront sans doute encore plus d’ampleur dans la période qui s’ouvre.
- Evénements extrêmes
Les autres risques sont plus flous. La multiplication des événements
extrêmes n’est qu’une probabilité : une atmosphère plus chaude, plus
chargée d’énergie et d’eau devrait provoquer des phénomènes climatiques
plus violents mais il est difficile de dire si ce sont les petits
cyclones inoffensifs qui se multiplieront ou des méga-cyclones beaucoup
plus destructeurs. Il faut savoir qu’il y a quelques siècles les
ouragans qui dévastaient les Amériques étaient bien plus fréquents et
terribles que ceux d’aujourd’hui grâce au déplacement de l’anti-cyclone
des Açores.
Pour autant que je puisse en juger, il me semble qu’il faut plutôt insister sur le risque vital au-delà de 5°C et, en attendant, sur la montée des mers et l’extinction de masse qui a déjà commencée, sans oublier la question de l’eau. Il ne me semble pas raisonnable de garder la fiction qu’on pourrait maintenir le réchauffement à 2°C. Il vaut mieux s’y préparer, en s’attachant avec encore plus d’urgence à ne pas aller trop au-delà ! La conscience de l’inertie du réchauffement doit permettre de nous persuader que c’est maintenant qu’on peut encore agir, dans les 30 ans à venir, qu’ensuite il sera peut-être trop tard...
- Les principales conclusions du GIEC
- Les six scénarios du Giec
- Une vérité qui dérange (vidéo)
- Dossier sur le climat de Futura-Sciences
- GEO4, Global Warning, rapport de l’ONU (résumé, 7 pages)
http://jeanzin.fr/index.php?2007/12/08/121-l-hypothese-extreme http://jeanzin.fr/index.php?2007/09/27/113-le-point-sur-le-climat http://jeanzin.fr/index.php?2006/11/01/69-newsletter-11-06
Montréal 13 novembre 2007
Monsieur Gilles Monette
Pollu-Stop
14,041 rue Poitras.
Mirabel, (Québec)
J7N 1K7
Monsieur Monette,
Voici un petit témoignage afin de vous confirmer notre très grande satisfaction pour l’installation de 4 dispositifs sur 3 de nos voitures.
Ces dispositifs ont été installés depuis 2005 sur 2 taxis et sur notre Dodge Caravanne 1996 dont nous avons fait ajouter un dispositif pour la transmission.
L’été dernier nous sommes allés en Gaspésie (3,000 kl.) et sur la Côte-Nord (1,500 km.) avec la Caravanne qui avait plus de 400,000 kilomètres.
Nous avons fait 55o kilomètres par réservoir malgré les nombreuses côtes de ce coin du pays.
Nous sommes revenus tellement contents de voir la performance du véhicule malgré son grand âge et il continue à bien rouler.
Pour les deux taxis Honda ’01 et ’05 nous sommes également ravis de voir sa performance ainsi que son économie d’essence malgré le grand kilométrage qu’on lui fait faire car le Honda ’05 a deux chauffeurs continuellement.
Nous tenions à vous remercier pour nous avoir fait connaître votre produit et nous nous engageons à toujours faire une nouvelle installation sur toutes nos nouvelles voiture dans le futur.
Au plaisir,
Gilles et Suzanne Landry
Coop Taxi Laval
Dcarbon+ en bourse USA Stock Market Juillet 2009 OTC-BB Symbole LCOL
Voir Daly motion Dcarbon+ sur recherche
Merci pour cet article : bonne synthèse qui se veut objective et riche de sources informationnelles !
Cependant sur le principe de l’inertie du réchauffement rien ne prouve qu’on a pas franchi le point de non retour ? nous n’avons que le choix de rester optimiste !
Si au niveau individuel nous pouvons changer nos comportements cela ne suffit pas ! Les grandes puissances sont elles en mesure de dépasser les conflits d’intérêts pour réagir à court terme ? that is the question !
Non seulement, les grandes puissances ne sont pas capables de dépasser les conflits d’intérêt mais elles ne le veulent pas. Sous-entendu, les grandes familles, les lobbies,les banques mondiales...e.t.c... Hormis certains qui sont déjà bien installés dans cette économie de marché qui pour le moment leur rapporte gros tout en polluant de plus en plus car toute nouvelle découverte entraîne un besoin de matière première. Et pour le moment, ils n’ont qu’une envie c’est que nous nous comportions comme si la planète allait "sauter" ! Quand va t’on comprendre que ce n’est plus 1 planète dont nous avons besoin mais plusieurs car le seul véritable problème est la démographie galopante sinon nous n’en serions pas à ce point de pollution. Ceci dit, nous n’empêcherons jamais les phénomènes naturels qui polluent énormément, tels que les volcans, par exemple.
Très belle démonstration, austère et un peu compliquée à lire de bout en bout, mais elle a le mérite de nous faire comprendre que les prévisions des scientifiques sur l’avenir du climat n’ont rien de divagations "Nostradamusiennes" !
Tout cela est fort inquiétant. Certains de mes amis vivent la décroissance depuis une dizaine d’années (agriculture bio, yourte, pas d’éléctricité). Ce choix a le mérite de l’exemplarité, mais cet extrême est-il LA seule solution ?
Cette extrême sera sans doute bientôt la norme, et finalement ces gens qu’on gausse facilement seront les mieux préparés !
Monsieur Jean Zin,
c’est bien, vous avez passé en revue tout ce qu’on a pu voir d’officiel ces derniers temps. Tout ces rapports que j’ai aussi vus sont écrits dans un style aseptisé, neutre et factuel, parfois avec une pointe d’ humour détaché, de circonstance. C’est très bien ça fait sérieux et objectif.
On entretient un doute, on s’abrite derrière des "on ne sait pas encore", des "on a pas encore la preuve". Kathy McMahon, une psychothérapeute américaine analyse très bien ces mécanismes de censure dans la profession des climatologues et dans la population plus généralement. Ceux-ci ont, dans l’ ensemble, systématiquement sous-estimés la menace depuis plus de 20 ans alors que l’ idée de base de ce que peuvent être les conséquences est claire depuis longtemps.Curieusement, les super-ordinateurs n’ont pas fondamentalement changé les projections très alarmistes qu’on obtenait déjà dès 1980 par exemple. Il est facile de le prouver. J’espère que vous m’ accorderez ce point.
Ces mécanismes de déni, qui sont à mon sens ce qu’il y a de plus intéressant (un sorte de méta-débat) permettent de replacer dans son véritable contexte et dans une véritable perspective tout ce que l’on sait actuellement.
Il y a au moins une chose qui est sûre : aucun des modèles standards utilisés par les experts du GIEC ne rendent compte de ce qu’on observe actuellement. Quand on modifie les modèles pour expliquer ce qu’on voit (la fonte de l’ arctique par exemple), apparaissent des choses sur lesquelles pèse un lourd silence. On y discerne comme l’ombre de la grande faucheuse. N’oublions pas que la peste noire a tué, si je ne me trompe pas, entre 1/4 et 1/3 de la population en Europe, en l’espace de quelques années. Les grandes famines du passé ont aussi pas mal tué. Dans un contexte de pénurie énergétique et de conflits pour l’eau, cela pourrait se reproduire dans l’ avenir.
Il y a également un lourd silence sur l’obscurcissement global qui nous masque la véritable ampleur du réchauffement réel, d’où une difficulté pour estimer les véritables "forcings" induits par le CO2, comme on dit.
Le pronostic est sombre, au moins pour notre forme de civilisation, sans doute aussi pour une bonne part de l’ humanité.
Et a mon sens, on en aura le coeur net très vite.
Pour ma part j’ai bien du mal à me faire une opinion. Je n’ai aucune information confidentielle ni aucune compétence supérieure qui me permettrait d’en savoir plus que les autres et je dois dire que j’oscille entre la panique devant les signes d’accélération et l’optimisme devant les études plus rassurantes. Si le réchauffement n’est pas trop rapide on devrait arriver à s’en sortir, cela n’a rien de sûr pour autant.
Les explications psychologiques ne valent rien. On peut aussi bien prétendre que les catastrophistes sont des malades mentaux fascinés par l’apocalypse qu’on peut accuser les optimistes de refouler les mauvaises nouvelles. Il ne s’agit pas d’analyser les personnes mais d’évaluer les arguments.
Cet article est une base de discussion pour essayer de cerner les enjeux. Les sceptiques ont quelques bons arguments (et beaucoup de mauvais) et les projections les plus alarmistes ne sont pas raisonnables sur le court terme, elles ne tiennent pas compte de l’inertie du climat. On ne peut ni prétendre qu’on ne risque aucune catastrophe, ni juger des évolutions à long terme sur des variations à court terme. Comme souvent, la vérité est difficile à cerner entre le trop et le pas assez mais il ne faut ni faire comme s’il n’y avait aucune nouvelle inquiétante, ni faire comme si tout était déjà foutu.
Pour l’instant, dans l’état actuel des données, je pense qu’on risque effectivement le pire mais sans doute au-delà du siècle ce qui laisse peut-être le temps d’y faire face. L’essentiel me semble de comprendre que ce sont les 30 prochaines années qui seront décisives mais tout n’est pas perdu encore, du moins je l’espère...
Quelques petites précisions et je stoppe car je m’ efforce d’ éviter le ping pong intellectuel qui ne mène nul part. Il est plus fructueux de constater les divergences d’ opinion et de comprendre leur origine :
1) La psychologie joue un rôle qu’on le veuille ou non. Les "fous fascinés par l’ apocalypse" doivent exister, mais à ma connaissance la plupart de ceux qui voient les choses un peu comme moi, sont passés par une phase d’ agonie intérieure, qui s’est peu à peu muée en "abandon" ou "acceptation totale" sans peur ni angoisse démesurée. On est là dans un registre très profond qu’il serait idiot de qualifier de "folie". C’est beaucoup plus complexe. Pour C G Jung, la folie ou la névrose vient du refus (inconscient) d’une souffrance justifiée.
Dans le déni, dans cet abri derrière les " je n’ ai pas plus d’info que ", "j’espère que ça n’est pas si grave ..." etc se retrouvent toute la palette de cette non-acceptation de la souffrance parfaitement légitime que la réalisation de la réalité induit parfois.
2) maintenant la question de l’information. Nous avons désormais suffisamment d’information. L’information n’est pas une sorte d’ empilement de chiffres et de graphiques sur le web ou un bureau, dont on espère une illumination soudaine. Si on ne veut pas voir on ne voit pas. Ce n’est pas comme ça que l’information apparaît.
Pensons au MasterMind (le jeu de logique). On ne pose pas de fiches comme ça au hasard sauf la première fois. Après on interroge à partir d’ hypothèses qu’ on se formule. On interprète la réponse en fonction de ces hypothèses.
Vous balancez une masse d’info, sans avoir au préalable questionné pour pouvoir faire parler la réponse.
Les climatologues, eux se posent des questions. Du genre : "D’après mes modèles, si on vraiment dans la merde, alors la calotte polaire doit avoir fondu de 30 % cette année."
Cela ne prouve pas le modèle ou l’ hypothèse en elle-même ("on est dans la merde"), mais quand le même modèle est capable d’anticiper des dizaines de choses de ce type, qu’on peut voir et mesurer avec ses propres yeux, alors on peut commencer à accepter les prémisses du modèles avec une certaine sécurité.
Les climatologues qui partent du principe que "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes", s’accrochent avec désespoir à une ou deux bonnes nouvelles. Mais leur nombre se réduit comme peau de chagrin. Un exemple ? : "l’ accumulation de glace au pôle sud", il semble que des mesures récentes aient fait exploser ce mythe.
Je trouve ça incroyable d’ être obligé d’expliquer ça à un philosophe ! La philosophie ce n’est pas se tartiner la tête avec des concepts. Être philosophe c’est déterminer les chemins de connaissance valides, aussi bien extérieurs qu’intérieurs. Un philosophe peut se tromper, mais il doit à un moment dire : "ceci est le chemin de connaissance". Il ne peut se réfugier éternellement derrière des "je ne sais pas ..." bien qu’ au fond, on ne sache rien ou pas assez ! comme Socrates a dit. mais, Socrates a eu le courage d’ indiquer un chemin de connaissance : "Connais-toi toi même". Si on se connaissait nous-mêmes, alors on y verrait beaucoup plus clair dans le réchauffement climatique.
Il faut arrêter avec ces faux débats artificiellement entretenus. A ce rythme là, il n’ y aura jamais assez de preuves. En attendant, on perd un temps précieux de préparation contre les conséquences adverses, même si l’ évolution du climat ne nous appartient plus. Là une fois de plus, on revient à la psychologie. Solyenitsine a dit quelque part :
"Nous ne nous égarons pas parce que la vérité est difficile à voir. Elle est visible au premier coup d’ oeil. Nous nous égarons car c’est plus confortable."
Je ne pense pas que la psychologie n’a aucun rôle, hélas, simplement que les arguments sont réversibles et que mettre en cause la psychologie de l’autre ne mène à rien qu’à s’insulter mutuellement.
Il y a autant de déni à ne pas vouloir constater le réchauffement qu’à ne pas tenir compte des études qui en relativisent les conséquences. Il ne suffit certes pas d’ouvrir les yeux pour comprendre la climatologie qui est une science de la complexité ! Avouer les limites de son savoir est la première des exigences.
Je constate donc qu’il y a beaucoup de mauvaises nouvelles mais je tiens compte aussi de la seule bonne nouvelle qui nous est parvenue en ce début d’année. J’étais plus inquiet avant, je ne suis pas complètement rassuré pour autant depuis et je ne dénie certes pas le réchauffement et les risques majeurs qu’il comporte, la question reste entière de son rythme, des durées en cause. Le pire n’est certes pas à écarter mais cela ne veut pas dire qu’il est pour demain, peut-être pour après-demain... La fonte de l’arctique n’est pas seulement un effet du réchauffement car il est amplifié par un changement du régime des vents. C’est quand même inquiétant car cela diminue l’albédo et accélère le réchauffement mais c’est relativement local. Il faut certainement s’en préoccuper sérieusement, pas le dénier, mais pas se fier aux apparences non plus.
La philosophie doit mener à vérifier ses dires, confronter ses arguments aux arguments contraires, reconnaître ses erreurs et ne pas rejeter ce qui ne va pas dans notre sens avant un examen minutieux. Car certes la psychologie et notre rationalité trop limitée nous égarent si souvent... Cela n’empêche pas la vérité d’exister et qu’elle se rappelle douloureusement à nous et nous rappelle à nos responsabilités.
la grenouille d’ALGORE est toujours d’actualité : on ne sent rien ça ne fait pas mal ça avance doucement ; c’est sournois parce que c’est global et qu’on a pas prise sur ce qui est global. D’autre part il y a "toute une floppée" de gens , notamment ceux qui sont au pouvoir, ceux qui en tirent profits et ceux aussi qui sont trop meurtris trop atteints qui s’en foutent comme de leur première chaussette même s’ils disent le contraire. Tout est fait , politique et médias pour qu’on reste nez sur le guidon , engoncés dans chaque cas par cas insoluble, pesanteur énorme d’un système sur lequel nous ne pouvons pas nous appuyer pour nous en sortir ; nos divisions et luttes de classes et gros défauts annexes n’arrangeant rien : ce coup ci on nous présente une addition complète où nous devrons tout résoudre ou rien du tout. Tous ensemble ou personne.
Et là encore ,en constatant, moi aussi je n’ai rien apporté , pas la moindre idée pour collectivement s’en sortir parce qu’individuellement cette échéance là , elle est programmée depuis notre naissance.
Les seules pistes qui me semblent pertinentes seraient de poser effectivement ces préoccupations au coeur du débat public , non pas au coeur de la vie politique telle qu’elle est organisée et qui me semble complètement inadaptée et impuissante face à ce genre de probléme , mais comme moteur de cohérence d’une réponse sociétale en créant un outil politique et médiatique nouveau dédié à ces préoccupations et la recherche développement d’une réorganisation de la société.
Jean Zin,
Sur le plan purement philosophique, je trouve curieux que quelqu’un comme vous, dont j’estime énormément les réflexions sur la science (par exemple vos essais sur la décroissance selon Georgescu Roegen) n’ait pas réfléchi à l’absurdité de la proposition quasi-religieuse selon laquelle le climat actuel ou du 20e siècle serait le bon et qu’il faille à tout prix (littéralement vu le coût astronomique des mesures de mitigation) agir pour le maintenir tel quel. Qui sommes-nous pour décréter que tout écart à un prétendu équilibre qui du reste n’a JAMAIS existé, serait un désastre ?
Le climat n’a jamais été stable, à aucune échelle de temps. Vouloir "empêcher le changement climatique" n’est donc pas seulement une intention animiste vaniteuse, ce serait même un acte contre-nature.
De plus, vous en appelez constamment à "agir", tout en soulignant l’incomplétude de nos connaissances. Mais d’un point de vue logique, comment justifier l’action si l’on se sait pas ce qu’on fait ? Si on ne sait pas si les moyens qu’on dépense ne serait pas mieux utilisés pour d’autres urgences AVEREES, surtout dans un monde aux moyens et ressources limités, si on n’a aucun instrument pour mesurer les répercussions concrètes de nos actions sur le climat et enfin si quelques degrés DE PLUS par rapport aux 15°C de moyenne mondiale actuelle ne seraient pas mieux dans un monde où l’on meurt 10x plus de froid que de chaud et où la biodiversité prospère dans un climat à 26°C ?
Dans la société actuelle anesthésiée par le principe de précaution, où la moindre initiative se voit souvent étouffée dans l’oeuf par une levée de bouclier de nonnistes jaloux de leurs intérêts particuliers (il n’y a qu’à voir l’exemple des OGM, du tracé du TGV, des constructions de barrages voire d’éoliennes...), c’est illusoire de croire qu’on puisse se servir de la limitation du CO2 comme prétexte à une "grande" cause qui puisse inciter à l’action tout le monde, non seulement à l’échelle d’une nation mais du monde. D’autant plus qu’on a déjà un ample aperçu des multiples conséquences inattendues de ces "actions" décrétées en haut lieu par des bureaucrates, comme le désastre écologique causé par les biocarburants, l’effondrement du marché du carbone en Europe, les arnaques de la compensation carbone, la perte de revenu en export pour les paysans du tiers-monde due à la mode stupide des food-miles...
Quant à la climatologie en elle-même, je pense que vos interprétations des "bonnes" et "mauvaises" nouvelles sont plus dictées par votre pessimisme que par la rationnalité scientifique. Je vous invite à consulter Reid Bryson (considéré comme le père de la climatologie moderne, dommage qu’il ait engendré des enfants aussi médiocres et opportunistes) qui propose quelques outils pour se doter d’un détecteur rudimentaire d’insanité climatique. Rien que des paroles de bon sens de la part de quelqu’un qui connaît parfaitement le sujet.
Très cordialement.
En tant qu’agriculteur je suis bien placé pour confirmer le fait que le climat d’aujourd’hui est "bon" parce que je parviens à faire pousser quelque chose. Bien placé aussi pour dire que des variations trop brusques et durables peuvent menacer et condamner mon activité.Les observations scientifiques,se rajoutant aux miennes sur le terrain ne peuvent donc qu’être très inquiétantes. D’autre part ces observations sur le climat ne sont pas isolées mais font parties d’un regard global sur le monde qui ne peut aussi qu’être inquiétant. Moi aussi je récuse les actions programmées d’en haut depuis des bureaux d’experts parce que toutes ces mesures techniques ne prennent pas en compte un ensemble et seront donc indéfiniment réajustées ou remises en cause. Le principe de précaution doit s’appliquer à la globalité de notre logique sociétale. Les divers signaux et clignotants dans de nombreux secteurs essentiels à l’équilibre ,à la durée et qualité de vie sur le planète sont assez perceptibles pour agir. Cette action ne consistant pas seulement à enfouir du CO2 ou mettre des éoliennes , mais à nous changer nous mêmes et par voie de conséquence à nous organiser autrement. Ce qui bien sûr ne viendra pas des bureaux d’experts mais d’une analyse globale de la situation et d’une action politique.
Si vous étiez vraiment agriculteur, vous auriez su que l’histoire de la grenouille qui se laisse bouillir est une invention stupide d’Al Gore (une grenouille dès qu’elle a trop chaud, s’enfuit que ce soit de la casserole ou d’une flaque d’eau chauffée par le soleil), vous auriez su les variations brusques du climat, c’est entre l’hiver et l’été ou d’une année à l’autre et non par un réchauffement climatique de 0,7°C par siècle.
J’ai beaucoup de peine à croire qu’un agriculteur, (et j’en ai dans ma famille), confronté aux caprices du climat depuis la nuit des temps et qui s’adapte en permanence en changeant outils, méthodes et espèces, puisse croire une seule seconde aux catastrophes assistées par ordinateur du réchauffement climatique.
Je suis consterné par certaines positions qui tiennent de l’aveuglement volontaire ou du point de vue de Sirius, avec une certitude tranquille que rien ne peut déranger ! Je ne sais pas comment les "sceptiques" font pour ne pas lire les nouvelles qui s’accumulent et se contentent de répéter les mêmes arguments (sur le Kilimandjaro, etc.). Je ne sais pas plus comment les catastrophistes font pour être si sûrs d’eux et ne veulent rien savoir des études plus rassurantes. La climatologie pourrait effectivement être une science simple accessible au premier venu. Ce n’est pas le cas, dès qu’on l’étudie un peu on voit toutes les inconnues, même si le principe de base de l’effet de serre est l’un des principes les plus basiques de la physique. Qu’il y ait des scientifiques dissidents est indispensable mais s’ils ont quelques bons arguments, il y en beaucoup de mauvais et les nouvelles ne vont pas dans leur sens. La position raisonnable, c’est de progresser ensemble avec les avancements des sciences, sans jamais exclure qu’on se trompe mais en constatant aussi que les progrès des sciences ne se font jamais en annulant la science précédente qu’elle précise seulement même si elle en bouleverse les représentations.
Je n’ai jamais dit que le climat actuel était idéal. Il se peut que le climat idéal se situe à 0,5° de plus. Cela se juge sur des critères objectifs de prospérité, en premier lieu dans les cultures. Di Girolamo a bien raison. Faire comme si on ne savait pas ce qui est bon est idiot. Il n’y a rien de religieux à vouloir réguler son environnement et garder notre température du corps à 37° ! Bien sûr qu’il faut tenter d’éviter les accidents climatiques, comme tout autre accident. L’accident pourrait même être chiffré selon le rapport Stern ! Nous sommes actifs et pas des légumes indifférents au sort du monde.
Tout aussi absurde cette idée folle qu’on ne devrait agir que dans la certitude ! Dans quel monde vivons-nous ? Non seulement l’action reste toujours dans le probable mais il n’y a pas d’acte libre qui ne soit incertain et d’abord dans ses conséquences incalculables. On est ici dans ce que je dénonce dans le texte suivant, le "scepticisme dogmatique" qui prétend qu’on ne sait rien sous prétexte qu’on ne sait pas tout, ce qui sert de justification au laisser-faire néolibéral et la dérégulation. Sauf qu’à la première catastrophe on revient vite à la régulation étatique !
Le couplet sur le principe de précaution qui étouffe l’initiative est complètement irréel. On se demande de quoi on parle. J’ai créé une entreprise et je sais ce qui bride l’innovation qui n’est pas le principe de précaution dont on n’est pas obligé de faire une interprétation extrémiste pour mieux le déconsidérer. C’est reconnaître notre responsabilité et la part d’ignorance dans notre savoir, ce qui est très différent de tomber dans un scepticisme irresponsable.
Quand le risque est majeur, il n’est plus question de calcul, il y a une obligation de résultat coûte que coûte. Notre monde est réel, ce n’est pas une idée, et il est fragile.
Un militant écoligiste peut-il être objectif ? Un philosophe devrait avoir la réponse.. Pour résumer un peu ce que je pense de ce qui précède, je vous renvoie au site ci-dessous, il est bon de s’y promener et d’y réfléchir.
Rapellons l’explication de R. Boudon sur les "boîtes noires" de nos connaissances : on est obligé, car on ne sait pas tout, n’est-ce pas, de s’en remettre aux autorités compétentes qui elles savent.
Par exemple : E=MC² ? Je n’en sais rien (je ne suis pas physicien), donc je vais interroger les physiciens : ils confirment l’équation.
Quid du climat, immense boîte noire très complexe ? Les non spécialistes se tournent vers les scientifiques : tiens ils ne sont pas tous d’accord (mais alors pas du tout).
Sauf que (et là un philosophe devrait bondir, sauf si l’erreur arrange sa cause partisane mais passons), il arrive à nos oreilles un message faux qui est le suivant : bien sûr les scientifiques sont tous d’accord, ça se réchauffe, et c’est de notre faute.
Or bien sûr, si on se renseigne un peu (sans aller jusqu’à fouiller seul la boîte noire) on découvre bien vite que les scientifiques n’en savent rien et qu’il n’y absolument aucun consensus (sauf dans les médias, Al Gore...).
Et qu’on ne me sorte pas le principe de précaution : si on ne sait pas, on ne sait pas. Le risque est réel ? Ah, mais tous les risques sont réels (précisément parce que ce sont des risques !) Tant qu’à ne pas savoir, on peut affirmer qu’une réduction du CO2 entrainera un catastrophique refroidissement : les gens se polarisent sur le réchauffement et trouvent que c’est une précaution de réduire les émissions d CO2, même sans savoir, parce que c’est la peur du moment. Sans en savoir plus, si ils avaient peur du refroidissement, ils trouveraient que c’est une précaution d’augmenter le CO2. Le principe de précaution est fondamentalement irrationnel.
Et je vous fais grâce de l’arguement suivant : "peu importe que la science soit complètement bidon, il y a des bénéfices pour l’environnement dans cette affaire" (qui devrait ulcérer un philosophe (mais un militant je ne sais pas). Au fait, pour ce qui est des bénéfices sur l’environnement : on n’en sait rien...
Je n’ai pas autant de certitudes que vous et je ne me permettrais pas de prendre parti entre des scientifiques, même s’il n’y a pas photo entre les différentes opinions, je ne peux faire autre chose que de témoigner des mauvaises nouvelles du climat qui se multiplient de mois en mois.
Il n’est pas complètement idiot de réduire ses émissions quand elles sont excessives, de même qu’il est raisonnable de produire du CO2 quand on entre dans une glaciation mal venue, mais ce n’est pas pour tout de suite. Il n’est pas vrai qu’on ne sait rien, il est bien vrai qu’on ne sait pas tout et qu’on se trompe peut-être mais le plus stupide serait de ne rien faire pour éviter le pire. On évite bien sûr tous les jours des accidents qui ne se seraient pas produit mais on ne joue pas à la roulette russe !
Nous sommes devenus responsables du climat le jour où nous avons eu les informations sur les risques encourus mais il n’y a pas à prendre parti pour ou contre les découvertes de ces derniers mois, il faut essayer d’en savoir plus et tant mieux si les nouvelles sont rassurantes mais ce n’est pas le plus probable à ce jour.
Tous ces commentaires "sceptiques" et même "objectifs" de Jean Zin (avec qui je suis en désaccord sur un certain nombre de choses mais qu’ au fond je comprends), nous rappellent que cette question du réchauffement climatique ne sera pas résolue dans le cadre des "instances de validation" traditionnelles.
On ne voit pas "l ’ennemi", sauf si on le conceptualise dans son cerveau. On ne voit pas non plus que l’ ennemi est en aussi en nous. C’est un véritable angle mort de vision. Et oui ! Faire quelque chose contre les émissions de CO2 impliquerait une réduction de notre niveau de consommation, et donc une révolution socio-economico-politique qui est inimaginable. Si on a un bon boulot, qu’on vise une promotion j’en suis sûr méritée, une petite voiture, une petite famille et les prochaines vacances prévues en Sicile avec buffet à volonté, il est plus simple de regarder ailleurs pour le moment, même si la chute sera rude !
Je suis sûr que cela n’ arrivera jamais de notre fait. Donc au fond, toutes ces discussions sont stériles. Que chacun croie ce qu’il veut si ça lui fait plaisir !
Mais je donne un petit conseil d’ ami : prenez vos dispositions pour vous prémunir autant que faire se peut contre l’ effondrement qui va de toute façon venir du fait de l’ accumulation des crises systémiques.
Cet effondrement a gagné de nombreux pays, où l’ électricité n’est plus disponible que quelques heures par jour, où on chasse le bidon de diesel, et où on a du mal à trouver des antalgiques pour les cancers métastasés.
Il existe tout un faisceau de méthodologies, certaines reconnues, d’autres moins, qui pointent vers la période 2008-2012 comme une période charnière.
L’ expérience a commencé, faisons silence et observons !
Incroyable : j’explique qu’on ne peut prendre parti car les scientifique (l’autorité en l’occurrence) est partagée (réellement partagée) et on répond que j’ai tort de prendre parti (?) (cela par qqn qui prend largement parti).
« Nous sommes devenus responsables du climat le jour où nous avons eu les informations sur les risques encourus » : non nous n’avons pas les informations sur les risques c’est là que le bas blesse. Les scientifiques ne savent pas. Que faire ? Très peu de choses pour le moment.
« Tout aussi absurde cette idée folle qu’on ne devrait agir que dans la certitude ! »
Bien d’accord en soi mais en l’occurrence on ne peut s’engager à fond dans une voie (comme ce doit être le cas si le CO2 est pour beaucoup dans cette histoire de changement climatique) si la voie est fausse. C’est un engagement pluri-décennal, planétaire, qui complexifie le développement de plusieurs pays (c’est ce que vous voulez dire quand vous parlez du « laisser-faire néolibéral et la dérégulation » ?). Dans ce cas, oui, je regrette, il est complètement idiot de mettre des milliards d’euros pour baisser à peine une quantité de CO2 dans l’atmosphère si cette quantité ne joue aucun rôle dans les climats (ce qui est tout à fait possible (puisque les scientifiques n’en savent rien,) dire autre chose revient à prendre parti).
Alors qu’il y a mieux à faire de ces milliards d’euros en ce qui concerne la protection de l’environnement (lutte contre la pollution des eaux, la gestion des déchets, j’en passe) qui sont non des risques mais des problèmes réels, indiscutables et quantifiables.
« Il n’y a pas d’acte libre qui ne soit incertain » : bien d’accord, mais c’est gonflé en l’occurrence (l’environnement médiatique (qui vous fait dire qu’il n’y a pas photo entre les différentes opinions, ce qui me semble être un argument du calibre « tout le monde est d’accord donc tout le monde a raison »…) laisse les gens assez peu libre, non ?).
Quant aux nouvelles qui viennent mois par mois, d’une part elles sont tronquées (n’oublions pas que ce sont les médias (infiniment partiaux pour le coup) qui véhiculent beaucoup d’infos à ce sujet) et, d’autre part, si vous avez quelques notions de climatologie (ce qui semble pourtant être le cas) vous savez donc parfaitement que l’on ne peut pas faire grand-chose des observations de ces 10-20-50 dernières années car il n’y a aucun recul. Lister des changements actuels (changement relatif car par rapport à une situation pas très ancienne le plus souvent…) (en oubliant plus ou moins volontairement moultes infos), qqn de bien informé sait prendre du recul et avoir un regard global, mais pas la masse des gens (c’est dit sans dédain : le climat est bien sûr une boîte noire pour beaucoup) et alors, dans ce cas aussi il y une prise position évidente (n’y a-t-il pas même un part de malhonnêteté intellectuelle dans cette démarche, il faut y réfléchir).
:-)
Il est extraordinaire que vous vous présentiez comme ne prenant pas parti alors que vous prenez beaucoup plus parti que moi car je reconnais l’incertitude et même quelques arguments des sceptiques, que je trouve indispensables au débat scientifique.
Certes, nous ne sommes pas forcément les seuls responsables du réchauffement climatique, il est vrai que le CO2 est un effet autant qu’une cause du réchauffement. Il n’est pourtant pas absurde de craindre que nos émissions aggravent le problème. Que le CO2 augmente l’effet de serre est un fait, c’est de la physique, ce n’est pas du fantasme. Il est vrai que la vapeur d’eau est plus importante mais il n’est pas vérifié que cela changerait le bilan final. Il est vrai aussi qu’il ne servira plus à rien de vouloir baisser nos émissions si l’océan commence à relâcher du CO2 mais on n’est pas encore tout-à-fait dans ce cas. Il n’est certainement pas idiot d’essayer d’éviter une rupture de seuil dramatique tant qu’il n’est pas prouvé que cela ne sert à rien.
Je trouve curieux de prétendre ne pas prendre parti et de ne se fier qu’aux quelques dissidents qui ne sont pas si nombreux et dont les arguments sont bien connus et largement réfutés (pas complètement certes, pas la part d’incertitude). Pour ma part, je ne tiens pas compte du bruit médiatique, je n’ai pas d’admiration pour Al Gore qui dit pas mal de bêtises, je suis simplement l’actualité scientifique. Il faut supposer un drôle de complot pour que la masse de chercheurs et d’informations accumulent les mauvaises nouvelles (pas seulement sur le court terme mais aussi sur l’histoire du climat, les conséquences d’un réchauffement, etc.).
Rien à voir avec les médias. certes il faut prendre du recul, certes rien n’est sûr, mais il est absurde de ne pas tenir compte du tout de ces nouvelles et se rendormir tranquille en étant persuadé qu’il n’y a aucun risque. C’est prendre un parti pris imbécile, plus imbécile que ceux qui sont sûrs que le réchauffement est catastrophiste même s’ils peuvent avoir effectivement tort. Entre 2 maux, il faut choisir le moindre. Pour ma part, je tiens compte à la fois des bonnes et des mauvaises nouvelles et je ne suis sûr de rien, sauf qu’on ne peut ignorer les informations et rester les bras croisés quand les risques sont vitaux, jusqu’à ce qu’on me prouve le contraire...
""Pour ma part, je tiens compte à la fois des bonnes et des mauvaises nouvelles et je ne suis sûr de rien, sauf qu’on ne peut ignorer les informations et rester les bras croisés quand les risques sont vitaux, jusqu’à ce qu’on me prouve le contraire...""
Jean Zin, avec tout mon respect, il y a quand même quelque chose de bizarre dans votre approche, beaucoup plus néfaste que celle de david16 qui est manifestement à côté de ses pompes.
Que faîtes-vous sinon rester les bras croisés ?
En accréditant, comme vous le faîtes, l’ idée qu’il y aurait le moindre doute sur le fait que nous avons pris des risques colossaux avec le climat, que faîtes-vous d’autre sinon "rester les bras croisés ?" Là encore, je parle au prétendu philosophe.
Dans une situation comme celle-là, la définition de " ne pas rester les bras croisés" c’est au minimum affirmer quelque chose de clair et net, au risque de se tromper.
Si vous n’en êtes pas capable alors pourquoi ces articles sur agora vox et ailleurs ?
Qu’est-ce que vous apportez de plus au débat ?
Croyez-vous qu’on a besoin de vous pour lire les rapports qui sont publiés ?
Croyez-vous qu’on ne pourrait pas les comprendre sans vous ?
Jean Zin, si vraiment vous êtes convaincu que vous êtes un homme comme les autres, que vous n’en savez pas plus que les autres, alors de grâce fermez votre boîte à camembert une bonne fois pour toute sur ce sujet et laissez faire les grandes personnes !
Les participants au débat qui pensent apporter quelque chose de sérieux sur le climat, quel que soit leur orientation, doivent au moins avoir le courage de dire que leur réflexion fait avancer le débat et qu’il amène sur la table une info ou une analyse qui n’est pas évidente pour les autres.
Sinon, c’est du bruit en plus pour rien.
Nous sommes à un moment où il faut prendre parti, où il faut prendre ses propres responsabilités et mettre ses actes en accord.
C’est oui ou c’est non. Mais pas mouuainonnnnnnn.
Il ne fait aucun doute pour moi qu’il faut agir, malgré la marge d’incertitude, mais ce n’est pas une raison pour tomber dans un dogmatisme aveugle (stalinien).
Drôle de conception de la philosophie qui nous enseignerait à ne pas douter. On n’a pas besoin de certitude pour agir, je le répète, la probabilité du risque est suffisante. En tout cas ce texte est un texte préparatoire à une discussion sur les risques climatiques majeurs avec des spécialistes. Il ne peut y avoir aucun autre intérêt que d’essayer de cerner au mieux une vérité qui n’est pas si facile à établir. Ce qui est difficile à établir c’est la gravité entre très grave et absolument catastrophique.
Il faut se garer sur sa droite, se garer sur sa gauche, pas facile non, il vaudrait mieux déserter le champ de bataille entre les pros et les antis, sauf que je ne mets pas d’équivalence entre les deux et que les sceptiques sont bien des irresponsables, jusqu’à plus ample informé (quelqu’un comme Claude Allègre a mis beaucoup d’eau dans son vin et n’est pas du tout pour l’inaction). Il ne faut être ni indécis ni borné.
Jean Zin,
là nous sommes au coeur de ce qui nous différentie.
Vous êtes encore un mental/rationnel.
J’essaye de m’ acheminer vers une autre façon de co-créer la réalité qui est trans-rationnelle.
Vous érigez le doute en vertue cardinale.
Dans mon travail de chercheur le doute et les hypothèses ont pleinement leur place.
Mais il y a un moment où le doute doit céder la place à autre chose, qui n’est pas l’absence de doute, mais la "vision" ou "la mise en présence avec la vérité".
Je ne sais pas si les mers vont s’ élever de 5 m ou 50 m. Je ne suis même plus sûr de la faisabilité d’une réponse collective. De ce point de vue, je suis comme vous je doute. Mais là n’est pas la question.
La seule chose qui compte au bout du compte est "la vision" : et ce que je vois c’est une humanité prise au piège, indécise, qui fait face à une énorme merde (pas la seule en plus) et que tout le monde n’ y arrivera pas.
Je pense qu’un philosophe doit être là pour offrir une vision de cette nature, sinon la philosophie ne sert à rien.
Mainteant pour le reste, vous faîtes comme vous voulez. Et si vous vous êtes senti injustement attaqué, alors oublions tout...
Tiens, me voilà à coté de mes pompes (c’est un chercheur qui parle). Pourtant au vu du coût effarant de faire baisser les taux de CO2 je prône un autre investissement de ces milliards d’euros (comme vous le dites, l’homme a également d’autres problèmes environnementaux).
Et le problème est politique et mondial. Les investissements français, européens ou même américains ne sont rien si d’autres ne suivent pas. Devant ce fait on peut comprendre mon pragmatisme d’investir autrement dans l’environnement.
Inciter en plus par les doutes qui animent pourtant bien les labos et les amphis lors des conférences (mais je n’en rajouterais pas...).
Evidemment qu’il ne faut pas dépenser des milliards pour faire baisser le CO2 s’il n’y a pas de danger vital ! Cet argument de Bjørn Lomborg est d’ailleurs assez stupide car en l’absence de danger vital, rien ne sera dépensé pour personne...
Ceci dit il y a un véritable doute sur le fait qu’on puisse vraiment réduire le CO2. Prendre argument sur le fait qu’on ne peut être les seuls à agir est paradoxal alors qu’il y a une prise de conscience mondiale et que même la Chine est sensibilisée au problème. Les seuls à résister encore sont les USA (plus pour longtemps) et, depuis peu, le Canada.
Qu’il y ait des sceptiques chez quelques climatologues est un fait mais qu’ils produisent des recherches, des modèles, des réfutations, pas seulement des interviews tendancieux. Qu’ont-ils produit ? Je viens encore de voir des études alarmantes, ce n’est pas du cinéma. Il n’y a pas de complot, il y a des recherches qui avancent et des sceptiques qui bavardent. Que peut bien signifier prendre leur parti sinon qu’on serait plus intelligents que tous les autres et que le travail de milliers de chercheurs ne vaudrait rien ? On n’est pas très loin de ceux qui contestent l’évolutionnisme...
L’évolution est contestée par des fondamentalistes de je ne sais quelle église. Leurs contestations sont donc caduques : ils ne sont pas scientifiques (et ils le savent bien car ils essayent d’ailleurs de passer pour). En revanche ceux qui discutent, comme vous dites, sont des chercheurs, directeurs de laboratoire de climato, ou responsables de MIT... Comme je disais plus haut, c’est l’autorité elle-même qui discute. C’est une différence fondamentale. Comme vous dites, cette discution est normale et saine, comme dans toutes sciences. Les tentatives créationnistes sont à des années lumières de débats comme ceux-ci.
Comment se faire une idée claire et un jugement diagnostic acceptable sur notre situation si les dés sont pipés : à savoir que nos outils d’analyse , de réflexion et de débat ne permettent pas de le faire ? Il faut toujours refuser de jouer à un jeu perdant perdant dont on ne maîtrise pas les règles .Hors, le jeu politique , parce que c’est bien de cela qu’il s’agit , pas le droite ,gauche ,centre, la politique au sens d’effort collectif de compréhension et d’action , ce jeu là est faussé et a aujourd’hui complètement cédé la place à une gestion de société dont le moteur est le marché. Ces discussions ne sont qu’un épiphénomène d’une société qui a perdu ses ancrages traditionels et n’a pas su encore s’ancrer dans une démocratie véritable. Il manque cruellement un outil politique de diagnostic et de projet, pour au delà de la gestion désordonnée, chaotique , thématique, dispersée , penser global et pouvoir faire des choix colllectifs , quitte à se tromper . Nous sommes dans les rapports de force et la confusion ; le grenelle aurait du creuser cette piste de la mise en place d’un outil politique de recherche développement : élaboration de l’état des lieux et du projet . C’est selon moi par là qu’il faut commencer.Nous avons tous les moyens techniques pour faire qq chose de bien ( TV , internet..) et toutes les compétences humaines nécessaires à l’animation d’un tel outil.
Mike Ruppert, un américain qui est maintenant en retrait et qui animait le site http://www.fromthewilderness.com/ et qui a écrit le livre intitulé Crossing the Rubicon a très justement remarqué que les instances de validation dont nous disposons (universités, partis, églises) se retrouvent entièrement entre les mains de "politiciens", dont le but n’est pas de proposer des visions, mais de dire ce qui fait plaisir aux médiocres, et non pas ce qu’ils doivent entendre, pour avoir leur suffrages. Même les curés ne menacent plus les fidèles de l’enfer s’ils n’agissent pas ! C’est un comble.
C’est comme cela que tournent toutes les institutions actuelles, laboratoires de recherche compris (je dis cela pour david16).
De toute évidence, les "politiciens" ne nous sortirons pas d’affaire. Partis politiques, universités, industrie ont besoin de la croissance économique pour faire leur lessive.
Ce qu’il va se passer exactement est un mystère, mais ce qui est sûr c’est qu’une autre instance de validation, qui elle sera capable de décider, va bientôt faire son apparition parce que la nature a horreur du vide.
Mike Ruppert, un américain qui est maintenant en retrait et qui animait le site http://www.fromthewilderness.com/ et qui a écrit le livre intitulé Crossing the Rubicon a très justement remarqué que les instances de validation dont nous disposons (universités, partis, églises) se retrouvent entièrement entre les mains de "politiciens", dont le but n’est pas de proposer des visions, mais de dire ce qui fait plaisir aux médiocres, et non pas ce qu’ils doivent entendre, pour avoir leur suffrages. Même les curés ne menacent plus les fidèles de l’enfer s’ils n’agissent pas ! C’est un comble.
C’est comme cela que tournent toutes les institutions actuelles, laboratoires de recherche compris (je dis cela pour david16).
De toute évidence, les "politiciens" ne nous sortirons pas d’affaire. Partis politiques, universités, industrie ont besoin de la croissance économique pour faire leur lessive.
Ce qui va se passer exactement est un mystère, mais ce qui est sûr c’est qu’au moins une autre instance de validation, qui elle sera capable de décider et de trancher, fera tôt ou tard son apparition, tout simplement parce que la nature a horreur du vide.
La Nature a horreur du vide est absolument faux (que de vide dans la Nature !).
Spinoza ne connaissait rien à l’atome, ni aux forces interatomiques, osmotiques et j’en passe. C’est une formule fausse souvent reprise.
La Nature a horreur du déséquilibre. Voilà qui est bien différent, et beaucoup plus difficile a utiliser à tout va...
:-p
La nature a horreur du déséquilibre...
Tout à fait d’accord. C’est la plus sage approche universelle que j’ai pu lire depuis longtemps.
On ne se rends pas suffisamment compte à quel point et comment la vie a attendu des millions d’années et ces conditions tempérées idéales, pour s’installer et évoluer vers cette sophistication optimale. On a perdu de vue les paramètres indispensables à respecter pour que s’installe l’évolution des espèces jusqu’à l’humanité...On ignore même comment des civilisations prometteuses ont pu s’écrouler avant nous. Alors, on ne comprend pas non plus comment nos activités non durables mettent en péril ce fragile...équilibre











