Article publié le 14 mai 2008
Chaque année, près de 100 millions de requins sont massacrés dans le monde. 90% des espèces connues ont déjà disparu des océans. Et de nombreuses autres, notamment en Méditerranée, sont plus que jamais menacées d’extinction. Pourtant les pêches continuent, parfois même dans des zones protégées sous couvert des autorités locales. Car le requin, avant d’être une espèce en voie de disparition, est d’abord et surtout un produit de luxe.
En Asie, il peut s’échanger jusqu’à 500 $ le kilo. Ses ailerons sont particulièrement prisés. Une croyance ancestrale leur attribue des vertus fortifiantes. On en trouve partout : sur les étals des supermarchés, sur les cartes des restaurants et même en pharmacie sous forme de petites gélules. Un marché florissant qui s’exporte aujourd’hui à l’international, encouragé par l’effet de mode que connaît la culture asiatique.
Du Michaël Moore en moins bien …
Face à ce massacre en règle et devant l’apathie des instances gouvernementales internationales, Rob Stewart, jeune biologiste canadien de 27 ans, a décidé de réagir. Son témoignage a donné lieu à un film : « les Seigneurs de la mer », sorti en salle le 9 avril dernier. Un documentaire militant, dans la veine des films de Michaël Moore ; le professionnalisme en moins.
Car si l’engagement et la sincérité de cet apprenti-reporter ne font aucun doute, son enquête en revanche manque véritablement de sérieux. Certes, des tueries illégales de requins continuent de se dérouler quotidiennement. Certes, elles sont abominables et largement condamnables. Mais plutôt que d’analyser la situation avec distance, Rob Stewart essaie au contraire de prendre le public à partie. Comme un avocat qui défendrait la plaidoierie de son client.
De gentilles bestioles contre des pêcheurs barbares
On essaie tout d’abord de nous faire comprendre que les requins n’ont rien des dangereuses créatures que l’on veut bien nous présenter. Et que si des attaques (pour certaines mortelles) se produisent toujours, elles restent des cas isolés et ne sont jamais intentionnelles. Pour en faire la démonstration, Rob Stewart n’hésite pas à plonger sans protection dans des eaux infestées de ces « gentilles bestioles ». Attention ! L’exercice est réalisé par un professionnel, surtout ne pas essayer ça chez vous.
Reste que le requin est un prédateur redoutable et imprévisible. Et, même si les médias ont largement contribué à la psychose collective, certaines eaux du globe demeurent des zones à risque.
On nous assène ensuite d’images choc montrant la barbarie des pêcheurs de requins. Evidemment, on ne peut que condamner des méthodes aussi abominables (et pour certaines interdites) comme le « finning » qui consiste à ne prélever que les ailerons du requin et rejeter le reste du corps encore vivant à la mer.
Mais à y réfléchir, prenons-nous plus de soin pour le traitement de nos bétails ou de nos volailles ? Ces excès ne sont-ils pas le lot commun de toute activité intensive ?
Embarqué sur le Sea Shepherd de Paul Watson, ex membre de Greenpeace (mis à l’écart de l’ONG pour cause d’activisme trop virulent), Rob Stewart traque dans les eaux du Pacifique ces tueurs sans merci. Certainement ravi qu’une caméra prête attention à son combat, le capitaine Watson en profite pour démontrer toute l’étendu de ses « talents diplomatiques ». On assiste ainsi en direct à la coulée d’un bateau, surpris en train de pêcher du requin dans des eaux protégées. Après quelques minutes d’affrontement, les pêcheurs (coriaces mais pas suicidaires) se laissent finalement convaincre de rentrer à bon port.
Si légitime soit la cause que défend Paul Watson, ne se trompe-t-il pas de cible en attaquant un pauvre équipage de pêcheurs au Costa Rica ? La suite des évènements lui prouvera que oui.
Une thèse douteuse
Cet acte de « civisme » vaudra en effet à Paul Watson et tous ses équipiers (y compris Rob Stewart) un mandat d’arrêt du Costa Rica et la mise en quarantaine de leur bateau. Indigné, notre reporter intrépide décide alors de mener l’enquête et découvre que, derrière cette mascarade, se cache en fait un gigantesque trafic, cautionné par les autorités du pays. Le Costa Rica laisserait ainsi les bateaux asiatiques pêcher le requin dans ses eaux en échange d’une aide financière pour son développement.
Bien démuni face à l’ampleur d’un tel combat, Rob Stewart en appelle à la responsabilisation collective face à la catastrophe terrible que représenterait la disparition des requins. Le rôle des requins, explique-t-il, est indispensable non seulement pour l’équilibre des océans mais aussi pour notre propre survie. Car sans requin, les océans fourmilleraient de petits poissons. Et ces petits poissons mangeraient les plantes aquatiques qui produisent notre oxygène.
Mais ce scénario, s’il n’est pas faux au demeurant, n’a néanmoins jamais été vérifié et ne pourrait avoir, de toute façon, un effet aussi important.
Alors que penser au final de ce film « documentaire » ? Si l’on voulait être complaisant, on pourrait dire que c‘est une bonne chose que d’avoir médiatiser un problème méconnu. Mais le manque d’objectivité et de recul du reportage ternissent malheureusement le débat. Le risque étant de donner matière à une polémique sur un sujet qui, par ailleurs, appelle à une mobilisation urgente.
Jérôme Messina
Les autres critiques du film
Le Monde
Les inrockuptibles
Libération
L’express
Télérama
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Rien ne justifie, même leur dangerosité naturelle, le massacre annuel de 100 millions de requins, - 100 millions ! - dont la plupart sont rejetés VIVANTS à la mer, mais sans leurs ailerons, où ils coulent et crèvent lentement au fond des mers. Le film montre plusieurs de ces cimetières marins où ils agonisent en tas.
Le fait que nous maltraitions aussi nos animaux de boucherie ne saurait non plus servir d’excuse à tous ces massacres gratuits toujours perpétués pour une "bonne" raison. Celle que nous nous donnons pour tuer et détruire.
Si ce premier film est imparfait, nous sommes néanmoins aujourd’hui suffisamment intelligents et informés pour savoir faire la part des choses et comprendre la sincérité de ce lanceur d’alerte... et la nécessité de son engagement. ;-)
Votre article rend lui-même ce film intéressant. Je suis tout à fait d’accord avec le commentaire ci-dessus. Le compte-rendu que vous faites du film a le mérite d’attirer l’attention sur un problème méconnu, même des amoureux de la mer.
Par ailleurs, Michael Moore lui-même est loin d’avoir l’objectivité et le professionnalisme que vous lui attribuez. Il est souvent partiel, et joue le rôle aussi de redresseur de torts. Une attitude bien américaine...
La cause est juste, il fallé en parlé, mais pas comme sa...j’ai vrement trouvé ce film...nié...est j’en veu beaucoup au réalisateur de pas avoir pris le temps de fair quelques chose de mieux...des fraze a répétitions tout le long du film, des music totalement sorti du contexte, é cet mise en scene ridicule autour de lui...ma profondement enervé... Justement parck’il falé absolument parlé de cet cause, ke son combat é reel, ke sa motivation é sa franchise son réel mé que c’est a mon gout, trés mal realisé. Je repete que je félicite Rob pour sa passion et son engagement, mais qu’il auré pu tout de meme s’entouré de personne compétente en cinéma é documentaire pour faire de ce documentaire qu’elle chose de pro et non un pseudo film amateur de vacances...
Dsl de la violence de mé propos mais c cke g ressenti la plupar du temp...apar le générique de débu que g trouvé genial.
Je ne suis personne pour jugé, mé j’essaye juste de donné mon avis, ki je pense é pluto objectif...
Je par fair un documentaire sur l’humanitaire ds le monde (janvier 2010) é j’espere ne pas faire les meme erreurs que Rob.
Pr finir je tiens encor une fois a lui dir bravo pr son engagements.
nyko
Dans ton prochain documentaire évite le langage sms et les fautes d’orthographe merci
M. Messina votre article aura pour seule conséquence de rebuter les gens qui auraient voulu voir ce film. Travaillez-vous pour l’industrie de la pêche ? Comparer des vaches et des poules (même si elles méritent qu’on les respecte de leur naissance à leur abattage) qui ne disparaîtrons jamais de la surface de la terre à une espèce en voie d’extinction, et qui a déjà 90% de ses espèces connues décimées est vraiment puéril et irresponsable. Vous seriez sur un forum je penserais que vous êtes un troll. Je ne vous félicite pas du tout pour votre article qui n’est carrément pas à la hauteur du film. Je suis sûr que ça ne vous dérange pas de manger de la soupe aux ailerons de requin lorsque vous allez au resto chinois.









