L’information ne date pas d’hier, mais c’est un papier de Libération (merci aux lecteurs qui m’envoient les liens d’articles ;-)) qui en reparlait en début de semaine : Savez-vous que l’Equateur est un pays qui assure un tiers de ses revenus grâce à l’exploitation du pétrole ?
L’or noir n’est pourtant pas la seule ressource de ce magnifique pays où les indiens essayent tant bien que mal de vivre en paix : le parc naturel de Yasuni est reconnu depuis 1989 comme « réserve de biosphère mondiale » au patrimoine de l’Unesco. Ce n’est cependant pas ça qui va empêcher les avides entreprises pétrolières de piller la jungle amazonienne comme ils le font depuis des années.Il y a quarante ans personne ne se posait la question des répercutions sur les populations locales des gisements ; personne ne s’intéressait non plus à la déforestation, la perturbation de l’écosystème ou la diminution de la biodiversité.
Depuis 2007, le gouvernement de l’Equateur se préoccupe de sa forêt et se pose des questions éthiques et écologiques sur l’exploitation d’un des gisements, en pleine forêt de Yasuni justement. Ils proposent au monde entier une sorte de pacte, ou plutôt de promesse. De savants calculs ont permis de chiffrer à environ 700 millions de dollars annuels l’exploitation de ces réserves de pétrole. Le gouvernement propose à la communauté internationale (par le biais des ONG) de leur verser 50% de cette somme, donc 350 millions de dollars par ans pendant 13 ans, pour ne pas exploiter le gisement et ainsi préserver la forêt.
L’Equateur patientera jusqu’au 31 Décembre 2008. Si à cette date, la somme demandée n’est pas réunie, ils commenceront l’exploitation de ces gisements. En 2007, ils annonçaient avoir déjà reçu plus de 14 propositions d’exploitants …
Qu’en pense la communauté internationale depuis 2007 ?
Je ne sais pas si les gouvernements du G8 et des autres pays développés
y réfléchissent sérieusement, en tout cas je n’ai jamais entendu parler
d’une quelconque mobilisation de fonds à ce sujet depuis 2007.
Il semblerait qu’un des freins à la bonne marche de ce projet soient la moyenne confiance attribuée au gouvernement.
L’équateur est un pays extrêmement pauvre, endetté
jusqu’au cou (c’est le pays d’Amérique du Sud qui consacre la part la
plus importante de son budget au remboursement de la dette), coincé dans un climat de corruption et d’instabilité sociale et politique.
Cette situation ne fait pas pencher positivement la balance et la
communauté internationale craint par exemple qu’une fois le prix du
baril envolé, le pays décide d’annuler sa promesse et d’exploiter ses
réserves.
Les yeux et l’attention se tournent depuis quelques mois vers le pôle Nord. Ce
n’est pas le Père Noël qui aiguise la convoitise mais une fois encore
des nouveaux gisements de pétrole, prochainement accessibles avec la
fonte des glaces.
Pendant que les Inuits se désolent de la fonte de leurs igloos, le Canada, les Etats-Unis, La Russie, le Danemark et la Norvège commencent une « guerre froide »,
malheureusement sans mauvais jeu de mot, pour savoir qui exploitera le
premier l’or noir du pôle. C’est à grand renfort de brise-glaces, de
bombardiers, de soi-disant expéditions scientifiques que ces pays
tentent de prouver que l’arctique est bien une prolongation de leurs
plateau continental, ce qui les autorise, selon la convention de l’ONU,
d’exploiter les ressources naturelles à plus de 200 miles de leurs
côtes. Une vraie bataille de chiffonniers qui, en plus d’être
strictement affligeante, aura des conséquences irréversibles sur le
climat.
Je vous explique :
Le climat se réchauffe à cause des gaz à effet de serre, la glace fond
et libère par la même occasion d’autres gaz qu’elle emprisonnait depuis
des millénaires. A cause de cette fonte, la surface de réflexion des
rayons du soleil diminue et la terre mise à nue emmagasine au contraire
la chaleur, il fait donc encore plus chaud, ce qui accélère encore la
fonte des glaces qui restent ! Dans le même temps, les gisements de
pétrole sont exploités, on émet encore plus de gaz à effet de serre et
c’est un cercle vicieux qui s’engage … Belle perspective d’avenir !
Je suis reporter-photographe et j’ai ete dans la région du parc Yasuni l’année derniére. La situation est trés grave et G. Lliori, prefet de région est en prison depuis le mois de decembre 2007. Je dispose de tout un reportage sur les résistants anti-pétrole. N’hésitez pas a me contacter si ce reportage vous interesse.












