Ces 35 ppm vous sont offerts par...
Notre point de vue dit des
Douze Salopeurs montre qui, chaque année, ose extraire de son sous-sol le carbone fossile qui
s’échappe dans l’atmosphère.
Un
article récent d’ICE a attiré notre attention sur le
fait que
"davantage
que la trajectoire de concentrations atmosphériques de CO2 (rester sous
les 400, les 450ppm, avec quelle dynamique, etc...), c’est le total
d’émissions accumulées qui compte".
Sans chercher à remonter jusqu’Ã
l’invention de la machine à vapeur, on peut donc valablement
s’intéresser à la quantité totale de carbone fossile émis par chaque
pays, disons depuis 1990 puisque c’est l’année qui est souvent choisie
comme référence pour mesurer les progrès réalisés par chacun en matière
de contrôle des émissions.
De plus, en 1990, on était encore aux alentours de 350 ppm, considérée par certains climatologues comme la limite à ne pas dépasser ; rappelons qu’à ce jour, nous sommes au-dessus des 385 ppm, soit 35 ppm "de
trop".
On peut donc lire le
graphique ci-dessus comme la répartition des responsabilités dans le
"froissage de tôles" climatique que nous avons collectivement provoqué,
en attendant le futur accident catastrophique et lointain. La Chine y voisine les USA, mais la France apparaît également en tête du classement malgré son
électricité nucléaire climato-vertueuse, faute au pétrole dont nous continuons à nous régaler goulûment.
Comme d’habitude lorsqu’on manipule les chiffres, il y a pas mal
d’incertitude, notamment dûe au fait que la consommation nationale de
pétrole brut n’est pas corrigée des importations/exportations de
produits pétroliers : les pays qui exportent les produits de leurs
raffineries sont donc légèrement défavorisés. Quoiqu’il en soient, les
grands coupables des 35 ppm de trop aujourd’hui dans l’atmosphère y
sont nommés sans erreur possible.
Le protocole de Kyoto reposait sur le paradigme d’une OCDE responsable
de l’essentiel des émissions et autorisait de ce fait les autres pays
soi-disant "en développement" - des pays
comme la Corée du Sud ou le Mexique avaient réussi à être classés comme tel - ou à l’économie "en transition" - cas de la Russie et de ses anciens satellites - à émettre bien plus de
CO2 que les Occidentaux.
Ces pays émergents ne s’en sont pas privés, puisque depuis 1990, si on
en croit les chiffres de BP dont découlent notre analyse, les pays
non-membres de l’OCDE sont responsables... de 60% du cumul des
émissions.
l sera intéressant de voir si
les "négociateurs climatiques" resteront cette fois-ci encore campés
sur une position tiers-mondiste qui n’a plus guère de sens pour les
années 2010. Les règles du jeu ont changé : à en croire notre magnanime lectrice Karine, la Chine est désormais le premier marché automobile mondial, alimenté par une industrie chinoise qui ne connaît pas la crise.
Et si l’OCDE demandait à Copenhague le statut d’économie en transition ?
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